Eros-Thanatos Bibliothèque de littérature érotique : histoires, textes, récits et confessions érotiques

Accueil > Mots-clés > Définition > Libertinage

Navigation



Libertinage

Articles « Libertin », « Libertinage », « Libertiner », Dictionnaire universel de la langue française, par M. Bescherelle aîné, t. II (4e édition), Éd. Garnier, Paris, 1856, p. 366.


LIBERTIN, INE. adj. Déréglé dans ses moeurs, dans sa conduite. Il est devenu fort libertin. Cette femme, malgré sa mine hypocrite est fort libertine. Il n’y a pas de plus mauvaise compagnie pour une femme qu’un mari libertin. (Mme de Puysieux.)
- substantiv. C’est un libertin, un vrai libertin. La liberté donnée à des peuples corrompus est une vierge livrée à des libertins. (Boiste.) Le libertin débauché n’est aux yeux de la société qu’un être repoussant, qui soulève le dégoût, dont elle redoute le contact, parce qu’il souille et flétrit tout ce qui approche. (Encycl.)

Pour le coeur d’un libertin,
Il n’est pas d’éternel chagrin ;
Un rien le trouble, le désole,
Mais un rien aussi le console. (A. De Montesquieu)

- Se dit aussi d’un enfant, d’un écolier dissipé, qui joue plutôt que de faire ses devoirs : Il est fort libertin. || subst. Dans le même sens : C’est un petit libertin qu’il faudra punir.
- Esprit fort, incrédule, qui proclame un mépris systématique pour tout principe religieux. Dans ce sens il s’emploie surtout substantiv. Le libertin ne s’attaque pas toujours aux dogmes, à la morale que consacre la religion ; il peut même sacrifier jusqu’à ses convictions les plus profondes à une puissance qui l’entraîne vers les plaisirs matériels, parce qu’il n’a pas le courage de faire les sacrifices que la religion lui impose. (Encycl.)

On doit craindre le ciel, et jamais libertin
N’a fait encor, dit-on, qu’une mauvaise fin. (Corn.)

- Dans plusieurs sens, il se dit aussi des choses. || Des contes, des discours libertins. Des contes, des discours licencieux. || Cet homme mène une vie libertine. Une vie déréglée. || Il est d’une humeur libertine. Il hait toute espèce de contrainte, de sujétion. Revoit-on cet armant ? Il faut un épanchement modeste de tendresse, mais cependant plus tendre que ne pourrait être une joie libertine. (Mariv.)
- Ce mot, s’est pris quelquefois en bonne part dans le sens d’indépendant, qui aime la liberté sans cependant blesser l’honnêteté. J’ai l’esprit libertin, et je n’aime pas à traduire. (Voiture.)

Je veux avoir une maîtresse
D’esprit tant soit peu libertin. (Sarlenum.)

- Hist. relig. Membre d’une- becte anabaptiste qui croit toute servitude contraire à l’esprit du christianisme. || Il s’est dit aussi d’une secte qui professait une espèce de panthéisme.
- Hist. rom. Dénomination qu’on donnait à un affranchi dans ses rapports avec les citoyens nés libres ; mais on l’appelait libertus dans ses rapports avec son maître. Ces deux mots ont été confondus dans la suite, et ont signifié également affranchi. Selon quelques auteurs, libertins, libertini, étaient les descendants des affranchis.
- Fauconn. L’oiseau de proie qui s’écarte et ne revient pas.

LIBERTINAGE. s. m. Débauche ou mauvaise conduite ; abandon aux plaisirs charnels ; désordre, dérèglement de moeurs. C’est un homme qui vit dans le libertinage, dans un libertinage continuel. Donner, tomber dans le libertinage. Mourir de libertinage. Libertinage crapuleux. Le libertinage corrompt le coeur le plus parfait. (Trad. de Fielding.) Le prince de Condé était éloigné du libertinage. (Lenet.) Le dernier degré du libertinage est de s’en vanter. (Sall.)

L’hymen est ordinairement
Le tombeau du libertinage,
À moins qu’on ait le diable au corps. (La Chauss.)
Je ne suis point du tout né pour le mariage
Des parents, des enfants, une femme, un ménage,
Tout cela me fait peur. J’aime la liberté,
Et le libertinage. (Regnard.)

- Irréligion, incrédulité ; licence des opinions dans les matières religieuses. Il fait profession de libertinage. Cela sent le libertinage.
Le libertinage philosophique voue le mépris, une haine implacable à toute croyance religieuse. Le libertinage philosophique s’allie quelquefois avec des moeurs pures et mêmes austères.
- Libertinage d’esprit, d’imagination. Légèreté, inconstance dans les idées qui fait qu’on passe d’un objet à un autre sans s’arrêter à aucun. C’est un bon écrivain, mais il s’adonne à un libertinage d’imagination qui l’entraîne dans beaucoup d’écart. Il se laisse aller à un libertinage d’esprit qui l’empêche d’approfondir aucun sujet.

LIBERTINER. v. n. 1re conj. Être dissipé, courir beaucoup, vivre dans le libertinage, faire le libertin. Depuis qu’il a fait la connaissance de cette femme, il ne fait que libertiner.
- Il se dit des enfants, des écoliers très dissipés. Cet enfant ne fait que libertiner, jamais ses devoirs ne sont faits.
- SE LIBERTINER. v. pron. Se dissiper beaucoup, s’écarter de son devoir. Il commence à se libertiner. Ce verbe est familier dans toutes ses acceptions.


  • Lire sur Eros-Thanatos

0 | 40 | 80 | 120

 RSS 2.0 | Mode texte | Plan du site | Notice légale | Contact
Psychanalyse Paris | Psychanalyste Paris | Annuaire Psychanalystes Paris | Annuaire Psychanalyste Paris | Blogs Psychanalyse Paris