Eros-Thanatos Bibliothèque de littérature érotique : histoires, textes, récits et confessions érotiques

Accueil > Confessions érotiques > Journal intime d’une soubrette

Navigation



Journal intime d’une soubrette

Dernier ajout – dimanche 8 juillet 2012.

Mots-clés :

Le Journal intime d’une soubrette

INTRODUCTION

Certaines existences semblent être placées sous le signe de l’amour. Les hommes naissent avec le génie, la force, l’ambition, parfois au contraire avec la bêtise ou la lâcheté. Germes profonds et indéracinables, les traits saillants de leur nature les conduiront vers le triomphe ou vers la déchéance.

Les femmes sont moins souvent orientées vers tant de traits excessifs. Elles sont presque toujours gouvernées toute leur vie par ce sentiment complexe, fait d’instinct et comme pétri de chair, que l’on nomme la féminité. L’amour domine leurs cœurs, leurs têtes, leurs cerveaux. C’est là leur véritable raison de vivre. La plupart l’admettent en elles comme un sentiment bourgeois et calme, fait de passions et d’appétits assouvis dans l’adoration d’un seul homme.

Mais il en est d’autres, au contraire, qui savent dominer l’amour et s’en servir, au lieu d’être dominées par lui. On les nomme les grandes amoureuses, justement peut-être parce qu’elles ne le sont pas. Ces privilégiées peuvent dominer le monde. Autrefois, elles laissaient un nom dans l’histoire. Aujourd’hui, elles se contentent d’amasser des fortunes, ce qui, au fond, est bien plus intéressant.

Que faut-il à ces femmes pour atteindre un tel but. La beauté ? certes, mais ce n’est pas la seule qualité nécessaire. L’intelligence est aussi un élément indispensable, ainsi que la hardiesse. Enfin, les sens ; on aurait tort de croire qu’une femme galante ne doit pas avoir de sens. Il est simplement préférable de savoir les dominer ; mais il faut savoir prendre plaisir à toutes les caresses, rechercher sans crainte les sensations les plus excessives, les plus diverses.

Mais surtout, il faut qu’une femme qui réunit ces qualités (ou si vous préférez ces défauts), possède par dessus tout cet élément rare : être née sous le signe de l’amour. Ce signe saura coordonner en elle tous les sentiments, tous les instincts : vicieuse, cupide, effrontée, rusée, sensuelle, la femme saura malgré tout paraître une déesse, et user toute sa vie de ce don inestimable qui lui permettra de devenir l’une des Reines de l’Amour.

Au risque de paraître monstrueusement inconsciente et orgueilleuse, j’affirme que je suis de celles-là. Modeste femme de chambre, je suis arrivée à une situation enviée, à la richesse, au luxe, et tout cela par l’amour. Je n’en rougis pas, et je vais essayer de raconter dans ce petit livre quelques épisodes de ma vie.

Que l’on me pardonne certaines descriptions qui pourront paraître osées, certains sentiments intimes qui pourront paraître choquants. J’estime que les faits doivent être racontés avec franchise tels qu’ils se sont passés. Ceux que j’offense n’ont qu’à ne pas me lire. Ceux qui ne craignent pas la vérité ou qui savent ce qu’est le grand problème des sens, me comprendront.



  • Journal intime d’une soubrette

    Très riche par l’amour

    Confessions érotiques (IV)

    « Mon amie avait eu la fantaisie de s’unir, pour la soirée, à une petite jeune fille vierge qui lui plaisait fort. Connaissant les caprices sans suite de l’américaine, je n’en étais nullement jalouse. J’errais dans les chambres pleines d’amoureux soupirs, jetant sur toute cette luxure un œil froid et indifférent. C’est alors que je fus abordée par un homme d’un certain âge, que je n’avais pas remarqué durant le souper. Il paraissait éperdu de désir, et chercha à m’enlacer, avec des hoquets d’ivresse. Par lassitude, sans envie, je cédai à son caprice amoureux.
    Nous nous installâmes sur un divan, à l’abri d’un coin sombre. Et bientôt, j’étais mollement étendue, renversée en arrière, cachant sous l’écran de mes jupes la tête de mon partenaire, qui me prodiguait avec fougue d’ardentes caresses. Ces caresses me laissèrent absolument froide, mais mon fluide opérait sur l’homme : il était conquis. Je ne lui accordai rien de précis, et ne lui permis pas de déboutonner ma culotte. C’était là une tactique de ma part, et qui m’avait si souvent réussi. Enfiévré, énervé par la prison soyeuse qu’il ne pouvait franchir, l’homme était à ma merci. Je devais apprendre bientôt que c’était l’un des plus grands financiers, l’une des plus grosses fortunes de la capitale. Je résolus donc de me l’attacher. Rendez-vous fut pris pour le lendemain ; quelques jours après, j’étais devenue sa maîtresse, et il décida de m’entretenir princièrement.
    À l’heure qu’il est, je suis encore avec lui, et cette liaison dure depuis plusieurs années. J’ai lâché mon américaine, peu de temps après la fameuse soirée. Mais mes goûts sont demeurés lesbiens, et mon seul vrai plaisir sensuel est de conquérir les jeunes femmes qui éveillent mon désir.
    Je suis riche, très riche. Comblée par un ami prodigue et peu jaloux, je n’ai plus rien à attendre de l’existence. Et cependant, je ne suis pas heureuse. J’ai tout essayé : je méprise les hommes dont l’argent seul m’intéresse ; les stupéfiants, dont j’use un peu, ne me laissent qu’amertume et dégoût ; seules les femmes contentent ma chair, mais n’éveillent plus jamais en moi des sentiments profonds.
    Arrivée par l’amour, je suis l’ennemie de cet amour même.
    Parfois, dans le secret de mon cœur j’évoque ma vie passée, et son long cortège de souvenirs traîne dans mon esprit las comme un grand fleuve de boue. Peut-être, sans me l’avouer, revois-je avec tristesse la petite fille de dix ans qui s’amusait avec l’eau bourbeuse du ruisseau ; pourquoi ne s’amuserait-elle pas plutôt avec les rayons de soleil…
    Mais ce qui est fait est fait. Je n’ai plus qu’à suivre maintenant, d’un cœur las et indifférent, le cours de ma brillante et pitoyable destinée... » (Le Journal intime d’une soubrette).


 RSS 2.0 | Mode texte | Plan du site | Notice légale | Contact
Psychanalyse Paris | Psychanalyste Paris | Annuaire Psychanalystes Paris | Annuaire Psychanalyste Paris | Blogs Psychanalyse Paris