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L’Anti-Justine

Dernier ajout – samedi 18 juillet 2009.

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Quelle excuse peut se donner à lui-même, l’homme qui publie un ouvrage, tel que celui qu’on va lire ? J’en ai cent, pour une. Un auteur doit avoir pour lui le bonheur de ses lecteurs. Il n’est rien qui contribue autant au bonheur, qu’une lecture agréable. Fontenelle disait : « Il n’est point de chagrin qui tienne contre une heure de lecture ». Or, de toutes les lectures la plus entraînante est celle des ouvrages érotiques, surtout lorsqu’ils sont accompagnés de figures expressives. Blasé sur les femmes depuis longtemps, la Justine de Dsds me tomba sous la main. Elle me mit en feu ; je voulus jouir, et ce fut avec fureur : je mordis les seins de ma monture ; je lui tordis la chair des bras… Honteux de ces excès, effets de ma lecture, je me fis moi-même un Erotikon savoureux, mais non cruel, qui m’excita au point de me faire enfiler une bossue bancroche, haute de deux pieds. Prenez, lisez, et vous en ferez autant.

L’ANTI-JUSTINE.

Personne n’a été plus indigné que moi des sales ouvrages de l’infâme Dsds ; c’est-à-dire, de Justine, Aline, le Boudoir, la Théorie du Libertinage, que je lis dans ma prison. Ce scélérat ne présente les délices de l’amour, pour les hommes, qu’accompagnées de tourments, de la mort même, pour les femmes. Mon but est de faire un livre plus savoureux que les siens, et que les épouses pourront faire lire à leurs maris, pour en être mieux servies ; un livre où les sens parleront au coeur ; où le libertinage n’ait rien de cruel pour le sexe des Grâces, et lui rende plutôt la vie, que de lui causer la mort ; où l’amour ramené à la nature, exempt de scrupules et de préjugés, ne présente que des images riantes et voluptueuses. On adorera les femmes, en le lisant : on les chérira, en les enconnant ; mais l’on en abhorra davantage le vivodisséqueur, le même qui fut tiré de la Bastille avec une longue barbe blanche le 14 juillet 1789. Puisse l’ouvrage enchanteur que je publie, faire tomber les siens !

Mauvais livre fait dans de bonnes vues.

Moi, Jean-Pierre Linguet, maintenant détenu à la Conciergerie, déclare, que je n’ai composé cet ouvrage, tout savoureux qu’il est, que dans des vues utiles ; l’inceste, par exemple, ne s’y trouve, que pour équivaloir, au goût corrompu des libertins, les affreuses cruautés, par lesquelles Dsds les stimule.

Floréal, an 2.



  • Les Délices de l’Amour

    Histoire des phénix dénichés

    L’Anti-Justine (chapitre XLVIII)

    par Restif de la Bretonne

    « Je vais (dis-je en m’essuyant la bouche, et baisant les tétons de mon active fouteuse) vous conter comment j’ai dépucelé Victoire-Beauxtalons ; Virginie-Moteblonde ; Rosalie-Con-Rose, ainsi que Suzonète, sa soeur cadette ; Manon-Aurore-Sourismignard ; Léonor-Robé, femme de Margâne le parfumeur ; la seconde et la troisième Consfriands, Saccadine et Voixflûtée.
    La première fois que je vis la voluptueuse Beauxtalons, elle était en déshabillé brun, bas fins de coton, souliers de maroquin noir ; talons plus hauts que ceux de Conquette. Elle me donna des désirs violents ; je la suivis ; c’était le soir. Elle entra dans l’allée à côté de la boutique de sa mère. L’escalier était obscur. J’étais sur ses talons. Elle ouvrit le premier, dont les volets étaient fermés. Nuit profonde. J’étais entré avec elle.
    - Ah ! c’est vous, Monsieur Copahü, dit-elle en m’entendant respirer… » (Restif de La Bretonne, L’Anti-Justine).


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