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Les Aphrodites

Dernier ajout – mercredi 11 octobre 2006.

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Cet ouvrage est brodé par Nerciat sur les aventures probables des membres d’une société secrète d’Amour qui exista réellement.

La lettre connue adressée à M. de Schonen par le marquis de Château-Giron donne un détail précis sur cette compagnie. Cette lettre accompagnait l’envoi d’un exemplaire de l’Alcibiade fanciullo de Ferrante Pallavicini « J’y joins, disait le marquis de Château-Giron, les Aphrodites dont je vous ai parlé ; cet ouvrage du chevalier de Nerciat est presqu’inconnu à Paris, ayant été supprimé à l’étranger pendant la Révolution. Il est assez remarquable, comme historique, car il peint, dit-on, au naturel une société qui s’est formée aux environs de Paris, du côté de la vallée de Montmorency, et dont un certain marquis de Persan était président. Cette association, à laquelle chacun des initiés concourait dans une proportion convenue, n’avait d’autre but que le libertinage. »

Nerciat donne aussi des renseignements historiques sur la société dans un préambule nécessaire qu’on lira plus loin.

« Les Aphrodites, dit Monselet, sont une association de personnes des deux sexes, association qui n’a d’autre but que le plaisir. Des femmes de la cour, des abbés, des princes, de riches étrangers, des ex-nonnes, paradent dans une série de tableaux dont la nature trop exclusive restreindra nécessairement nos citations. Nous le regrettons, au point de vue de l’esprit et du style, deux qualités que M. de Nerciat possède à un rare degré ; que ne les a-t-il déployées dans des livres avouables ! Il a surtout une science et une aisance de dialogue on ne peut plus remarquables, et qui ne se sont jamais manifestés, plus abondamment que dans les Aphrodites. Il jargonne comme les petits maîtres de Marivaux. »

Au début, l’Ordre avait fait du libertinage une sorte de culte religieux, mais telle que la décrit Nerciat l’institution s’est débarrassée de toute pratique superstitieuse. L’admission parmi les Aphrodites ou Morosophes est difficile et très coûteuse, mais pour les hommes seulement, les dames ne payent rien. L’association se réunissait aux environs de Paris, du côté de Montmorency dans une propriété merveilleusement agencée, comprenant de beaux jardins, des bâtiments magnifiques, aux chambres commodes, aux salles spacieuses et disposées pour les grandes fêtes que donnaient parfois les Aphrodites. Cette propriété appelée l’Hospice, est administrée par Mme Durut, surintendante des menus. Elle est aidée par une belle blonde nommée Célestine, par une jolie brune appelée Fringante et au-dessous d’elles, on trouve encore Zoé, une négrillonne de 14 ans, enlevée à l’Afrique. On y trouve encore, selon la mode du temps où le livre a été écrit, des jockeys charmants et beaucoup de jeunes domestiques des deux sexes qu’on désigne sous les dénominations de Camillons et de Camillonnes.

« Camilli et Camillae, dit Nerciat, ita dicebantur ministri et ministrae impuberes in sacris. »

L’Ordre comprenait environ deux cents adeptes, en comptant les deux sexes et recrutés parmi les gens de qualité, l’armée, le haut et le petit clergé, etc., personnages ardents et pourvus des vices les plus agréables et les moins avouables. Outre les adeptes appelés intimes, on admet dans l’Ordre, des auxiliaires qui ne sont pas mis au courant des secrets de l’Association. Les uni-sexuels ne sont pas favorisés par les règlements des Aphrodites. Les initiations donnent lieu à de somptueuses orgies, à de voluptueux banquets. L’association fut dissoute aux premiers troubles de la Révolution et reconstituée hors de France.

Nerciat est très explicite sur ce point dans la Postface de son ouvrage que l’on trouvera à la fin des extraits.

« Il y a dans les Aphrodites, ajoute Monselet, quelques parties dramatiques et même fantasmagoriques ; — l’histoire d’un baronnet qui se fait suivre partout de l’image de sa défunte maîtresse, en cire, de grandeur naturelle ; — les jalousies, les fureurs sentimentales et la mort d’un comte de Schimpfreich ; — mais ce sont des parties faibles et hors leur place. En outre, M. de Nerciat ne perd jamais l’occasion de donner son coup de griffe aux événements et aux hommes de la Révolution. »

Nerciat a fait de Félicia la principale dignitaire de l’Ordre des Aphrodites. Plusieurs sociétés de ce genre ont existé au XVIIIe siècle. Elles avaient chacune leur vocabulaire, et leurs adeptes y prenaient des noms de guerre. C’est ainsi que le vocabulaire de l’ordre de la Félicité était emprunté à la marine, tandis que les Aphrodites choisissaient des noms dans le règne minéral, pour les hommes et dans le règne végétal, pour les femmes.

Guillaume Apollinaire (L’Œuvre du Chevalier Andrea de Nerciat, (introduction, Essai bibliographique, Analyses et notes par Guillaume Apollinaire), Paris, Bibliothèque des curieux, collection « Les Maîtres de l’Amour », Paris, 1927, pp. 205-207.)



  • Les Aphrodites

    C’est toi ! C’est moi !

    ou Fragments thali-priapiques pour servir à l’histoire du plaisir (1793)

    par Andrea de Nerciat

    « L’ordre, ou la fraternité des Aphrodites, aussi nommés Morosophes, se forma dès la régence du fameux duc d’Orléans, tout ensemble homme d’État et homme de plaisir, au surplus bien différent de son arrière-petit-fils, qui s’est aussi fait une réputation dans l’une et l’autre carrière.
    - Soit qu’un inviolable secret ait constamment garanti les anciens Aphrodites de l’animadversion de l’autorité publique (si sévère, comme on sait, contre le libertinage porté à certains excès), soit que dans le nombre de ses fidèles associés il y en eût plusieurs d’assez puissants pour rendre vaine la rigueur des lois qui auraient pu les disperser et les punir, jamais avant la Révolution leur société n’avait souffert d’échec de quelque conséquence ; mais ce récent événement a frappé plus des trois quarts des frères et soeurs ; les plus solides colonnes de l’ordre ont été brisées ; le local même, qui était dans Paris, a été abandonné.
    - Des débris de l’ancienne institution s’est formée celle dont ces feuilles donneront une idée » (Andrea de Nerciat, Les Aphrodites).


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