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Traité du Fouet

Dernier ajout – samedi 16 février 2008.

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Mots-clés :

TRAITÉ DU FOUET
ET DE SES EFFETS SUR LE PHYSIQUE DE L’AMOUR
ou
APHRODISIAQUE EXTERNE

Ouvrage médico-philosophique, suivi d’une dissertation sur tous les moyens capables d’exciter aux plaisirs de l’amour par D***, Médecin. 1788.

Delicias pariunt veneri crudelia flagra ;
Dum nocet, illa juvat, dum juvat, ecce nocet.
Meibomius, Def lagrorum usu in re veneria.

DISCOURS PRÉLIMINAIRE

J’ai longtemps balancé avant de me déterminer à publier cet ouvrage ; mais quelque singulier [1] qu’il paraisse à beaucoup de personnes, j’ai jugé qu’il ferait toujours plus de bien que de mal, et qu’on me pardonnerait de m’y être quelquefois servi d’expressions un peu libres en faveur des vérités importantes que j’ose annoncer.

Quoique persuadé de l’utilité de mes réflexions, j’ai cependant cru devoir garder l’anonymat. Je n’ignore pas qu’il y a des erreurs qu’il est très dangereux de combattre, et qu’il ne serait pas toujours prudent d’attaquer tous ceux qui s’y livrent. Si mon ouvrage est condamné, je m’en consolerai d’autant plus facilement que je n’ai eu, en l’écrivant, que l’intention d’être utile : mais si je voyais une cabale injuste et puissante ne pas se contenter d’en faire griller les exemplaires et poursuivre quelque innocent écrivain, j’atteste que je ne balancerais pas de me nommer. Je le répète, ce n’est pas à dessein qu’on persécute quelqu’un à ma place que je tais mon nom.

La matière que je traite n’est pas entièrement neuve ; J. Henri Meibomius [2] nous a laissé un traité intitulé De flagrorum usu in re veneria : mais ce traité est peu connu, et l’auteur n’y est pas entré dans tous les détails les qui ont rapport à cet objet ; il a seulement voulu rendre raison de l’effet que le fouet peut produire sur le physique de l’amour. J’ai consulté cet écrivain sans le suivre, et j’ai joint de nouvelles réflexions à celles de ce savant médecin.

Pour mettre de l’ordre dans la variété des objets que je vais présenter, il est indispensable de diviser mon ouvrage en différents chapitres ; mais je préviens le lecteur qu’il ne devra me juger qu’après avoir parcouru tout le livre ; en ne lisant qu’un chapitre isolé, l’auteur ne serait à ses yeux qu’un écrivain scandaleux. Que l’on parcoure le tout, on verra si j’ai eu tort d’avancer que je n’ai d’autre but que celui d’être utile.

Je parlerai dans le premier chapitre de l’effet des flagellations sur le physique de l’amour.

On expliquera, dans le second, pourquoi et comment le fouet produit cet effet.

Le troisième démontrera de singulières erreurs.

On trouvera dans le quatrième chapitre des raisons bien puissantes pour changer les peines qu’on inflige à l’enfance et à la jeunesse.

La conclusion sera enfin le résumé de tout ce qu’on aura dit, pour en faire ensuite une juste application ; et j’y prouverai comment des abus qui ne paraissent rien en eux-mêmes, influent sur la santé et les bonnes moeurs.

Mais, dira-t-on, comment un médecin a-t-il pu s’occuper d’un ouvrage de cette nature ?… Eh ! qui voudrait-on qui s’élevât contre des erreurs préjudiciables à la santé ! De qui le public est-il en droit d’attendre des notions sur ce qui peut lui nuire, si ce n’est d’un médecin ?

On me reprochera sans doute d’avoir écrit mes réflexions en langue vulgaire… Y aurait-il, par hasard, des mots qui deviennent obscènes dès qu’on les prononce en français ? Si cela était, il faudrait renoncer à ce langage, qui sera bientôt celui du monde entier, et même le défendre, puisqu’il ne peut dire le nom de certaines choses sans alarmer la pudeur. Pauvres esprits que nous sommes ! où plaçons-nous la délicatesse ? et pourquoi faut-il qu’un médecin soit forcé de faire tant de questions pour demander à une prude si elle est bien ou mal réglée ? Quelques ecclésiastiques ne sont pas si scrupuleux, lorsqu’ils ont une jeune fille à leur confessionnal, ils parlent de tout… ils interrogent sur tout… on répond à tout… c’est presque le seul endroit où la langue ne soit jamais obscène.

Je pense que chaque chose doit porter son nom, que l’on peut et que l’on doit le proférer sans faire rougir personne. J’ai vu, dans une de nos grandes villes, des imbéciles qui avaient fait une société de savantes [3] ; elles commencèrent entre elles un cours d’anatomie ; lorsque le démonstrateur en vint aux parties de la génération, elles plantèrent là la leçon, et s’enfuirent en se couvrant le visage ; ces dames trouvèrent très indécent qu’il fût question de ces bêtises dans des démonstrations anatomiques. Je dispense les êtres de cette nature de porter leurs chastes regards sur mon ouvrage.



  • Aphrodisiaque externe

    Catalogue des substances aphrodisiaques

    Traité du Fouet (Dissertation)

    par F.-A. Doppet

    « Le satyrion ; il y en a de deux sortes, le satyrion mâle et le satyrion femelle. Le mâle, qui est celui qu’on tient dans les boutiques, a deux racines de figure ovale, aussi grosses qu’une petite olive, d’une couleur blanchâtre et pleines d’un suc visqueux. On ne se sert que de ses racines. Le satyrion femelle est une plante un peu plus petite que l’autre ; elle a à peu près les mêmes vertus, mais il faut la prendre en plus grande quantité. C’est un grand cordial et un grand restaurant. Elle a un grand pouvoir pour exciter aux plaisirs de Vénus. C’est certainement pour cela qu’on regarde comme un grand corroboratif l’électuaire diasatyrion, qui prend son nom de cette racine. Cet électuaire réchauffe et produit des sensations agréables dans tout le genre nerveux. Quelques médecins ne croient pas aux vertus de cette plante, mais qu’on essaie d’en faire usage et l’on verra que l’opinion de ces docteurs et l’expérience ne sont pas d’accord à ce sujet. Dioscoride, Pline et autres ont parlé du satyrion comme d’un puissant aphrodisiaque ; ces autorités valent bien celles de quelques modernes, qui déprisent les anciens et qui cependant n’ont d’autre mérite que celui de débiter des aphorismes à côté du lit des malades, leur ordonner vingt sortes de remèdes dans un jour et les expédier pour les antipodes.
    Le gingembre ; c’est une racine des Indes, qu’on transporte ordinairement séchée et quelquefois en conserve. C’est une racine tubéreuse, noueuse, branchue, un peu aplatie. Sa substance est un peu fibreuse, pâle ou jaunâtre ; son odeur est très agréable, son goût est âcre, brûlant, aromatique ; sa chaleur ne se fait pas sentir si promptement que celle du poivre, mais elle dure plus longtemps. » (François-Amédée Doppet, Traité du Fouet).


Notes

[1Singulier… Mes censeurs ne se serviront pas de ce terme pour désigner mon livre ; les prudes diront, quelle horreur ! les dévots crieront à l’impiété… la populace de règ. de pr. de mo. fera grand bacchanal… enfin, que sais-je, chacun déraisonnera de son côté ; il n’y aura que quelques gens raisonnables qui diront que j’ai raison, encore n’oseront-ils pas le dire tout haut.

[2Il y a eu trois auteurs qui ont porté le nom de Meibomius. L’auteur de la dissertation que je viens de citer, fut professeur en médecine à Helmstadt, ensuite premier médecin de Lubek ; il a publié plusieurs autres ouvrages et vivait dans le commencement du siècle dernier.

[3Ii en est, parfois, des sciences comme des habits, elles sont aussi sujettes à la mode. Tantôt nos élégantes Parisiennes sont chimistes, tantôt botanistes ; l’invention des globes les avait même rendues physiciennes, astrologues, mathématiciennes ; elles sont toujours tout, hormis ce qu’elles devraient être.

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