Eros-Thanatos Bibliothèque de littérature érotique : histoires, textes, récits et confessions érotiques

Accueil > Le Salon de l’érotisme > De l’utilité de la flagellation > À propos de la réédition de l’utilité de la flagellation

Navigation



La flagellation dans les plaisirs du mariage et dans la médecine…

À propos de la réédition de l’utilité de la flagellation

Extrait de la réponse de H. Meibomius à T. Bartholin



Auteur :

Mots-clés : |

Jean-Henri Meibomius, De l’utilité de la flagellation dans les plaisirs du mariage et dans la médecine et dans les fonctions des lombes et des reins…, Traduit du latin par Claude-François-Xavier Mercier de Compiègne, Paris, 1795. (In-12).


EXTRAIT DE LA RÉPONSE DE H. MEIBOMIUS, FILS,
À T. H. BARTHOLIN.

J’ai appris que vous vouliez faire réimprimer l’ouvrage de Jean-Henri Meibomius, mon père, sur l’utilité de la Flagellation dans les plaisirs de l’amour, et sur les fonctions des lombes et des reins, et rien ne pouvait m’être plus agréable. Cet ouvrage doit sa naissance à la gaîté d’une orgie, et il a été publié, à l’insu de mon père, à Leyde, par les soins du personnage illustre auquel il est dédié. Les hommes les plus signalés de l’Europe l’ont accueilli, et plusieurs écrivains lui ont donné des éloges. Comme on n’en avait tiré qu’un très petit nombre d’exemplaires pour être donnés à des amis, il devint rare, et l’objet des avides recherches des amateurs et des curieux, à cause de la singularité piquante de son titre.

J’étais fâché de ne pouvoir contenter tous ceux qui voulaient l’avoir, et ne voulais pourtant pas en faire une seconde édition, non seulement parce que je n’étais pas toujours de l’avis de mon père, mais encore, parce que je ne voulais pas évoquer sur moi les traits de la censure, dans le moment où ma réputation commençait à s’établir, en éditant un ouvrage plein d’images un peu libres. Je sus quelques temps après qu’il venait de l’être, j’en fus ravi et regrettai de n’avoir pas été averti assez tôt, pour lui donner toute la pureté et l’élégance dont il était susceptible. Je me réjouis sincèrement que vous ayez bien voulu donner vos soins à cet ouvrage et l’enrichir de vos observations, vous que l’Europe savante met au premier rang de ses littérateurs. Vous ne craignez pas que le sourcilleux Caton jette sur lui un regard farouche, en ridant ses lèvres. Mais enfin, nous n’écrivons pas pour les Vestales ni pour les Sabins, mais pour les médecins. Ce sujet mérite d’être approfondi, et je ne doute pas que vous n’ayez tiré le plus grand parti de tout ce qui pouvait le rendre précieux et intéressant. Je vous envoie les notes manuscrites dont mon père avait chargé les marges de son exemplaire. Je ne crains pas d’avouer qu’il y a dans cette lettre des passages qui se trouvent en contradiction avec les systèmes d’Harvey, et j’aime mieux convenir des erreurs de mon père, que de les défendre, surtout lorsqu’elles lui sont communes, non seulement avec quelques savants, mais encore avec quelques siècles précédents.

Les bons effets de la Flagellation pour guérir les maniaques, attestés par Coelius Aurelianus, Rhasès et autres, sont connus depuis un siècle en Angleterre, quoique les médecins ne s’en soient point souvenus, et je lis dans Bodin, (liv. 5 de la république), que la folie dégénère souvent en fureur, et se guérit par la Flagellation.

Meibomius répète ici que Bartholin a dit des Lupercales, et de leurs cérémonies ridicules et superstitieuses.

Il dit que les somnambules peuvent être guéris de cette maladie par la Flagellation, et qu’il en a vu plusieurs expériences satisfaisantes. Il discute ce que son père a dit des effets de la Flagellation, pour exciter à l’amour, de l’influence des astres, de l’habitude, des parties sur lesquelles le remède doit être appliqué, d’après les autorités des écrivains sacrés et profanes, des historiens et des poètes. Il répète ensuite tout ce qu’on a déjà vu sur le physique des lombes et des reins, leurs fonctions et les travaux du sang dans cette partie. Il cite le coucher trop doux et l’usage de se coucher sur le dos, comme les causes ordinaires des pollutions nocturnes : l’équitation est encore un exercice qui dispose à l’amour, comme Aristote le démontre dans le Centon des problèmes qui ont paru sous son nom (Section IV, problème 12). Hyppocrate dit au contraire qu’il est une des causes d’impuissance, et tous deux ont raison. Hyppocrate a entendu parler de l’usage des Scythes, d’être toujours à cheval, et en effet cet exercice continuel fatigue, épuise ; il endurcit les parties de la génération, et leur ôte cette précieuse sensibilité qui est le premier aiguillon de la volupté. Aristote, au contraire, n’a en vu que l’usage modéré propre à échauffer les lombes, mettre les humeurs en mouvement, et subtiliser le sang [1].

Je ne crois pas nécessaire de pousser plus loin la discussion sur tout ce que mon père a dit à ce sujet. Il a compulsé avec trop de soin tout ce qui pouvait compléter son ouvrage. Math. Highmorus, (liv. 1, part. 3, chap. 4 de son anatomie), l’a fait d’une manière lumineuse. Quelques auteurs essayeront peut-être d’expliquer les phénomènes de la nature, à l’aide de ses hypothèses, semblables à cet écrivain qui s’était persuadé que la semence est le chyle et non le sang, et que ce chyle épais, trop échauffé par la flagellation, se portait vers les parties génitales. On pourrait s’égarer encore davantage dans la région des commentaires sur le suc nerveux qu’ils croient être le premier agent du suc organique, mais mon intention n’est pas de les suivre dans le dédale des conjectures. Je pense avec Columella, que les hommes ont plutôt la manie de mettre en crédit les idées nouvelles et hasardées, que d’approfondir et d’appuyer celles qui sont reçues. Quant à moi, je crois avoir suffisamment prouvé tout ce que j’ai avancé sur la circulation et l’effervescence du sang dans les lombes, et je m’y tiendrai, si vous me donnez votre suffrage.

P.-S.

Texte établi par EROS-THANATOS.COM d’après l’ouvrage singulier de Jean-Henri Meibomius, De l’utilité de la flagellation dans les plaisirs du mariage et dans la médecine et dans les fonctions des lombes et des reins…, Traduit du latin par Claude-François-Xavier Mercier de Compiègne, Paris, 1795. (In-12).

Notes

[1Je ne suis plus étonné de voir nos élégantes parisiennes parcourir légèrement à cheval les boulevards et le bois de Boulogne. Elles savent à merveille la théorie des jouissances, sans avoir lu Meibomius, elles savent par expérience que la fatigue du plaisir les délasse des fatigues du cheval. (Notes du trad. de l’Éd. de 1795.)



 RSS 2.0 | Mode texte | Plan du site | Notice légale | Contact
Psychanalyse Paris | Psychanalyste Paris | Annuaire Psychanalystes Paris | Annuaire Psychanalyste Paris | Blogs Psychanalyse Paris