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L’Ardente passion

Amants, maîtres et esclaves

Roman érotique (Chapitre XVIII)



Auteur :

Mots-clés :

Maurice de Vindas, L’Ardente passion, Éd. Librairie Franco-Anglaise, Paris, 1929.


XVIII

Devant le maître qui la dominait, Marthe manquait chaque jour davantage de l’énergie nécessaire pour se révolter.

Cette faiblesse la rendait honteuse vis à vis d’elle-même et souvent, elle se la reprochait avec amertume. Mais il suffisait à Louis de la fixer un peu durement, pour que tout son courage s’évanouisse ; alors elle lui pardonnait tout, supportait les plus misérables avanies. Sa gaieté des premiers jours avait disparu, elle éprouvait comme une sensation d’isolement, qui exultait en elle, une mélancolie insurmontable. Ce qui la chagrinait surtout, c’était de ne point se savoir la seule aimée, ce que le jeune homme lui montrait ave un égoïsme ingénu.

Odette et Berthe avaient naturellement à souffrir des mêmes avatars, leur âge cependant leur permettait d’en moins sentir la blessure morale.

Quant à lui, il ne remarquait rien, il continuait à mener joyeuse vie, le fouet à la main, distribuant cinglades de ci de là, à quiconque n’obéissait point avec rapidité. Il voyait autour de lui, trois houris jolies et dociles et n’en réclamaient pas davantage.

Un soir, après une journée de folles sensualités, il chassa Marthe de son lit. Tristement, elle s’éloigna et la nuit entière, réfléchit, durant une perpétuelle autant qu’amère insomnie.

Ce dernier outrage cependant fit déborder la coupe et elle prit une résolution ferme justement parce qu’elle avait peur de faiblir à l’ultime minute.

Une semaine s’écoula dans le calme, le train-train coutumier allait son train. Puis un matin, une vieille dame à la mine revêche apparut. Elle eut avec Marthe un long entretien secret.
Louis intrigué, chercha la jeune femme pour l’interroger, mais ne la découvrit pas. Au soir, elle lui glissa à l’oreille qu’il devait reprendre sa chambre, l’intruse étant une espionne envoyée par son père. Il la crut et obéit, mais au matin, il apprit par la bouche de la vieille dame elle-même, que Marthe était partie pour ne plus revenir.

Il eut un accès de désespoir qui dura trois bonnes heures… et l’après-midi, il rejoignit Odette dans les champs.

Marthe s’était enfuie, le cœur en lambeaux. Décidée à rompre cette liaison, elle avait écrit au père qu’il lui envoyât une remplaçante.

Malheureusement, il lui était impossible de trouver une consolation au chagrin sourd qui la dévorait. Elle avait goûté aux lèvres d’un adolescent et ne pouvait oublier aisément la saveur de ses baisers.

Paris l’engloutit comme tant d’autres et elle trouva dans les bras de compagnes amies, quelques bribes de souvenirs qui lui donnaient l’illusion de serrer contre elle encore, l’amant qui l’avait vaincu après avoir été son esclave.

FIN

P.-S.

Texte établi par Nathalie Quirion et EROS-THANATOS d’après le roman érotique de Maurice de Vindas, L’Ardente passion, Éd. Librairie Franco-Anglaise, Paris, 1929.



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