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La Flagellation à travers le monde

Amoureux transi

Le fouet à Londres (Première partie : chapitre VII)



Auteur :

Mots-clés :

Jean de Villiot (Hugues Rebell), Le fouet à Londres, roman-étude de moeurs anglaises, La Flagellation à travers le monde, Éd. C. Carrington, Paris, 1906 (In-8°, 220 pages).


VII
AMOUREUX TRANSI

Le révérend Daniel Gowerson dînait ce soir-là à ***. Il y avait plusieurs de ses hôtes réunis dans la salle de billard, lorsque Lady Helling fit son entrée. Une robe soyeuse et souple, d’un ton gris argent, moulait ses formes harmonieuses, un collier d’émeraudes sur le cou nu en faisait valoir la blanche matité.

Ce fut un murmure d’admiration.

Jenny avait conscience de sa beauté.

La douce langueur qui mettait dans ses regards une flamme amoureuse la transfigurait. Elle fut très gaie. Le colonel fut étourdissant de verve et d’imagination dans ses récits.

Le pasteur, galant, semblait fort ému de la grâce affectueuse de Lady Helling. Elle le plaça, comme d’habitude, à table, auprès d’elle, sentant avec plaisir son regard d’admiration, lui, craignant que les hommes de la société ne vinssent à s’apercevoir du trouble que lui causait ce soir-là ce trop séduisant voisinage.

Lady Helling devenait coquette, décidément.

Les gais propos circulaient avec les vins fins, autour de la table luxueusement servie. Maurice, le vigilant sommelier, toujours attentif, présentait les précieuses bouteilles poudreuses, annonçant les crus par leurs noms et leurs dates, et versant, sans secousse, comme un véritable artiste épris de son art.

Le clan de la jeunesse semblait moins communicatif. Le départ précipité du lieutenant Robert Master, mis sur le compte d’un ordre supérieur, avait sans doute étonné les jeunes filles. Elles étaient correctement mises, sans doute, mais sans recherche ; on voyait que les robes de broderies blanches n’avaient pas été essayées longtemps ni admirées devant la glace ; coiffées sans prétention aucune, elles paraissaient indifférentes et leur manque d’entrain gagnait leurs camarades.

Le docteur et Mistress Farmer se plaisaient en ce souriant lieu. Lui, songeait à l’effet de sa médication sur l’état de santé, si rapidement amélioré, de Lady Helling, se demandant si, réellement, il était bien l’auteur de cette cure merveilleuse. Les yeux de Jenny étaient animés d’une clarté inaccoutumée, une tendresse lascive se lisait en son regard humide et brillant. Le docteur observait avec satisfaction le bon appétit de sa cliente, et l’attitude du jeune pasteur, bien que n’étant visible que pour celui qui observait, contribua à lui ouvrir un horizon.
- Je suis vraiment candide, se disait-il, le révérend est amoureux de notre aimable hôtesse et Cupidon est un praticien bien capable de nous mettre tous dans sa poche.

Il observa si bien que, vers la fin de la soirée, il était certain de la justesse de ses observations et qu’il partit, absolument convaincu, tandis que le colonel, tout au feu de ses spirituels récits, et le grand Maurice, impassible sous sa livrée, laissaient ainsi à un autre toute la gloire de leurs savants et vigoureux exploits.

Voir en ligne : Chapitre VIII : Le Troisième !…

P.-S.

Texte établi par EROS-THANATOS.COM d’après le roman érotique de Jean de Villiot (Hugues Rebell), Le fouet à Londres, roman-étude de moeurs anglaises, La Flagellation à travers le monde, Éd. C. Carrington, Paris, 1906 (in-8°, 220 pages).



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