Eros-Thanatos Bibliothèque de littérature érotique : histoires, textes, récits et confessions érotiques

Accueil > Romans érotiques > Amours d’un gentleman > Amours secrètes d’un gentleman

Navigation



Charles Sackeville

Amours secrètes d’un gentleman

Roman érotique (Avant-propos)



Auteur :

Mots-clés :

Toutes les versions de cet article :

Charles Sackeville (Edward Sellon), Amours secrètes d’un gentleman, traduit de l’anglais The New Epicurean or the Delight of Sex, [London, 1865], Paris, 1890.


Aimable lecteur,

Avant de vous transcrire ma correspondance avec mes amies, il me faut vous faire la description des lieux où se passèrent les scènes auxquelles elle fait allusion et vous dire quelques mots sur le principal acteur, c’est-à-dire sur moi-même.

J’ai dépassé la première jeunesse et suis arrivé à cet âge où les passions demandent un autre excitant que celui qu’on rencontre ordinairement dans une courtisane maquillée.

Afin donc de pouvoir, sans bruit et en toute sécurité, mettre en pratique mes philosophiques plans de plaisir et mes jouissances raffinées et voluptueuses, j’achetai dans la banlieue de Londres une villa située au milieu d’un parc immense entouré d’arbres touffus et de hautes murailles. J’y apportai tous les changements nécessaires à mes goûts et m’y ménageai un pavillon charmant ouvrant sur la pelouse, entièrement séparé du reste de la maison. Pour rendre cet endroit plus secret, je l’avais fait clôturer également de murs élevés. On y avait accès par une porte dissimulée au fond du parc, donnant sur une route et dont je possédais seul la clef.

Je m’étais ainsi réservé un espace d’environ cinq arpents de terrain sur lequel on n’avait vue d’aucune part et où tout ce qui pourrait s’y passer serait un mystère pour les domestiques de la villa.

J’avais transformé le parc en un véritable jardin anglais avec sentiers couverts, grottes, fontaines et tout ce qui pouvait ajouter à sa rustique beauté. En face de l’appartement secret s’étendait une magnifique pelouse couverte de parterres où s’épanouissaient les fleurs les plus variées, autour d’une statue de Vénus en marbre blanc sortant d’un énorme bouquet de roses ; dans le jardin, étaient disséminées des statues de différentes formes, les unes mâles et barbues, comme la tête antique du Bacchus indien, les autres féminines et délicates avec les attributs puérils d’une jolie fillette.

De beaux poissons dorés nageaient dans les fontaines, tandis qu’au fond des bassins la nacre étincelait mêlée aux cristaux les plus rares. Dans un endroit très retiré j’avais fait construire une petite piscine en marbre pour nos ébats en plein air.

Les jardiniers qui prenaient soin de cette vallée du bonheur n’y étaient admis que les lundis et mardis de chaque semaine, lesquels jours étaient entièrement consacrés par moi à l’étude, les quatre autres étant uniquement réservés au culte de Vénus.

Voilà pour les arrangements extérieurs ; il ne me reste plus qu’à vous dire quelques mots sur l’agencement de ma chambre d’amour.

Cet appartement secret était très spacieux et meublé dans le style Louis XV. Sur des étagères en marqueterie s’alignaient les œuvres érotiques des meilleurs auteurs, illustrées de gravures excitantes et admirablement reliées.

Les sièges en or moulu étaient recouverts de satin gris et rembourrés de duvet. Un divan de style, garni de coussins, servait à nos voluptueux exercices. Il y avait aussi une superbe table avec pieds dorés et dessus de marbre, sur laquelle étaient servies nos délicieuses collations, au moyen d’une trappe pratiquée dans le plancher.

Les rideaux des fenêtres étaient en soie grise et des stores vénitiens de couleur rose pâle répandaient dans la chambre une voluptueuse clarté. La cheminée de marbre, très large, supportait un magistral bas-relief représentant d’adorables enfants nus des deux sexes, dans des attitudes galantes, entrelacés. Les côtés et le devant de cette élégante cheminée étaient incrustés de sujets en porcelaine représentant le Triomphe de Vénus.

Dans des vitrines étaient rassemblées des collections très rares de tabatières à double fond et quantité de sujets érotiques japonais en ivoire.

Le reste de la villa était meublé comme toute autre maison honorable de notre époque.

Mon personnel, très discret et largement rétribué, se composait d’une vieille femme de charge, d’une cuisinière robuste et d’une femme de chambre espiègle et coquette.

Quant aux jardiniers, ils habitaient au dehors et comme ils étaient payés, pour leurs deux jours d’ouvrage, aussi largement que pour toute la semaine, ils connaissaient trop bien leurs intérêts pour manifester la moindre curiosité sur ce qui pouvait se passer chez moi quand ils n’étaient pas de service.

Maintenant que je vous ai esquissé les lieux, je vais immédiatement vous recopier mes lettres amoureuses, en vous priant, aimable lecteur, de vouloir bien fermer ce livre s’il n’est pas à votre goût, plutôt que de médire de

Votre très humble serviteur,
L’AUTEUR.

Voir en ligne : Amours secrètes d’un gentleman : Lesbia (chapitre 1)

P.-S.

Texte établi par Nathalie Quirion et EROS-THANATOS d’après le roman érotique de Charles Sackeville (Edward Sellon), Amours secrètes d’un gentleman, traduit de l’anglais The New Epicurean or the Delight of Sex, London, 1865 pour la version originale anglaise, Paris, 1890 pour la traduction française.



 RSS 2.0 | Mode texte | Plan du site | Notice légale | Contact
Psychanalyse Paris | Psychanalyste Paris | Annuaire Psychanalystes Paris | Annuaire Psychanalyste Paris | Blogs Psychanalyse Paris