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Confession sexuelle d’un Russe du Sud

Aventures avec des femmes adultes

Études de Psychologie sexuelle (8)



Mots-clés :

« Confession sexuelle d’un Russe du Sud », in Havelock Ellis, Études de Psychologie sexuelle, t. VI, Éd. Mercure de France, Paris, 1926.


Comme élève du gymnase, j’ai eu d’autres liaisons sexuelles. Un camarade de classe me raconta qu’il coïtait avec des collégiennes qui venaient le voir chez lui. Il n’avait pas ses parents à Kiev et logeait en pension dans une famille qui ne le surveillait pas du tout. En sortant de classe, il emmenait chez lui les collégiennes quand, habituellement, il n’y avait personne à la maison ; sa chambre avait une entrée indépendante. Du reste, au point de vue des moeurs russes, il n’y avait rien de scandaleux dans le fait que les collégiennes vinssent, isolément ou en groupe, visiter un collégien. Personne n’avait rien à y redire. Il fit la connaissance d’une de ces fillettes au moment où elle sortait du gymnase, c’est-à-dire tout simplement dans la rue. Il lui glissa dans la main un billet pornographique avec des dessins appropriés ; le lendemain, en sortant de classe, elle consentit à venir chez lui. Ensuite, elle amena avec elle deux de ses compagnes. Mon camarade m’assura que plusieurs collégiens de notre classe avaient des liaisons du même genre. Il m’invita à venir chez lui quand il recevait les fillettes, c’est-à-dire immédiatement après la classe. Je fis donc chez lui la connaissance de trois collégiennes à peu près de notre âge. Après des baisers et des attouchements, deux d’entre elles se couchèrent sur le dos en travers du lit, les fesses au bord de ce lit, les jambes écartées et pendantes. Nous les prîmes en nous tenant debout entre leurs jambes. La fillette avec qui j’étais n’avait pas les parties sexuelles aussi jolies que celles de Sarah ; le mont de Vénus avec les grandes lèvres était moins grassouillet et les teintes de la fente génitale étaient d’un pourpre moins éclatant. Néanmoins, c’est avec un sentiment de félicité que j’introduisis mon pénis dans le vagin de la fillette. Je fis à cette occasion une observation qui excita mes ardeurs. Le vagin serrait mon pénis étroitement, comme un gant, et, par suite, le mont de Vénus suivait le pénis dans tous ses mouvements, s’élevant et s’abaissant avec lui. Pendant que je besognais, toute la motte génitale, entraînée par le pénis, dansait éperdument, semblant faire des glissades dans tous les sens sur l’os du pubis. La troisième collégienne était vierge et ne tolérait que le coitus in ore vulvæ et le cunnilingus. Il paraît qu’un autre camarade la dépucela quelques mois plus tard. Elle avait une particularité quand, après lui avoir sucé le clitoris (très développé et allongé), je le lâchais, l’extrémité de l’organe, au lieu d’aller s’effondrer dans la fente désormais close, continuait à s’ériger, comme une verrue et d’un air mutin, entre les brunes grandes lèvres refermées ; chez les autres jeunes filles, au contraire, l’extrémité du clitoris, une fois mise en liberté, ne se dressait entre les grandes lèvres refermées que pendant quelques secondes, puis se contractait, se retirait au fond du sillon génital et devenait invisible.

Ces relations continuèrent, plus ou moins régulièrement, jusqu’à la fin de l’année scolaire. D’autres collégiennes, avec le pubis glabre ou poilu, vinrent se faire besogner par les garçons. Quelquefois nous nous réunissions plusieurs garçons et plusieurs filles ensemble et chaque garçon prenait plusieurs filles, l’une après l’autre, tant qu’il en avait la force. Cela se passait tantôt dans les chambres des collégiens, tantôt à la promenade dans les bois des environs de Kiev, notamment dans une maison de bois abandonnée au milieu de la forêt.

J’ai dit que je lisais de préférence à cette époque les romans français. Les romans russes n’étaient pas suffisamment érotiques pour moi. La littérature russe était alors très chaste elle a bien changé depuis, surtout dans ces dernières années. En ce qui concerne la manière de traiter des relations sexuelles, il y a autant de différence (mais dans le sens inverse) entre la littérature russe d’il y a vingt à trente ans et celle d’aujourd’hui qu’entre la littérature anglaise du temps de la reine Anne et celle de la période comprise entre 1830 et 1862. Nous avons aujourd’hui des écrivains dont raffole le public (Artsibacheff, par exemple) qui poussent la pornographie aussi loin que les naturalistes et décadents français les plus libidineux. Il n’en était pas ainsi alors. Les belles lettres étaient austères. Je lisais aussi, avec grande excitation et quand je pouvais me les procurer, les livres ou chapitres scientifiques sur l’anatomie et la physiologie des organes sexuels. Une lecture surtout me donna la plus forte émotion érotique. C’était un article publié dans un périodique médical qui tomba entre mes mains chez un médecin, ami de mon père. Pendant que les grandes personnes causaient dans le salon, je lisais fiévreusement, dans le cabinet du médecin, la revue médicale. C’était le compte rendu détaillé d’un procès qui fit alors beaucoup de bruit en Russie. Une jeune personne excentrique, fille d’un marchand très riche, tua, avec la complicité de ses compagnons de débauche, dans un lupanar de Moscou, un homme appartenant, comme elle, à la bonne société. Cette jeune fille de moins de vingt ans était homosexuelle et le mobile du crime fut la jalousie : elle voulut se venger de ce qu’on lui avait enlevé une amante. Il résulta du procès que cette riche héritière, nageant dans le luxe, avait coutume de se déguiser en homme et de visiter, en compagnie de jeunes gens de la jeunesse dorée, les lupanars de Moscou, les plus luxueux comme les plus misérables. Telles sont les circonstances de ce procès, si j’ai bonne mémoire, car jamais, depuis, je n’ai eu l’occasion de lire quelque chose au sujet de cette affaire. Mais je me souviens avec précision que, dans le compte rendu publié par la revue en question, il y avait la reproduction complète de l’expertise médicale. Il y avait, entre autres, une description des parties sexuelles de la jeune fille, description tellement complète que je n’ai vu, depuis, rien de pareil : le moindre détail était indiqué, tantôt en termes pittoresques, tantôt avec des mesures exactes en centimètres, millimètres, etc. En lisant cela, je m’excitais à penser de quelle façon ces mesures avaient été prises, comment on avait mesuré la longueur du clitoris, les dimensions des petites lèvres dans leurs différentes parties, la profondeur du vagin ; je me représentais les savants appréciant les teintes de la coloration de la vulve sur différents points… Cette phrase me faisait rêver : « La sensualité de la patiente se décèle par la grande excitabilité des petites lèvres et du clitoris qui entrent en érection violente au moindre attouchement. » Comme la jeune fille n’était plus vierge, il y avait des détails sur les sensations qu’elle éprouvait, d’après son propre témoignage, dans le coït normal ou bien dans les relations homosexuelles. Bref, cette lecture agit sur moi comme un puissant aphrodisiaque. Je suis constitué, en effet, de telle façon que c’est par l’imagination que je reçois la plus forte excitation sexuelle. Les images mentales ont sur moi, à cet égard, autant et plus d’action que les images physiques. Mais ce n’est pas tout à fait de l’auto-érotisme : enfermez-moi entre quatre murs et l’obsession sexuelle m’abandonnera bientôt. Mon imagination, pour travailler dans la direction érotique, a toujours besoin d’un stimulus extérieur vue des organes sexuels de la femme, vue d’un dessin obscène, lecture pornographique, conversation grivoise. Il ne suffit pas qu’il y ait auprès de moi une femme, jolie et appétissante ; la vue de la plus jolie, de la plus charmante femme, si elle est habillée avec décence et a un maintien honnête, ne me suggère jamais le désir de coïter avec elle, ne provoque jamais chez moi une érection. Pour que l’appétit érotique se réveille chez moi, il est absolument nécessaire que la femme se comporte d’une manière provocante, que j’entende des paroles lascives, que je voie des nudités ou bien que je sois sous l’impression d’une lecture érotique, d’une conversation obscène toutes fraîches. Les souvenirs érotiques anciens cessent de m’exciter, une lecture lascive me laisse généralement froid si elle n’est pas neuve pour moi, c’est-à-dire si elle date car, au commencement, les mêmes grivoiseries m’excitent, même si je les relis plusieurs fois de suite : au bout de quelques jours l’aiguillon s’émousse. Ainsi je puis rester pendant longtemps dans un état de neutralité sexuelle absolue : une image voluptueuse qui, par hasard, se présente du dehors (il est absolument nécessaire qu’elle vienne du dehors et ne soit pas engendrée par mon propre esprit) vient brusquement rompre cet équilibre et m’enflammer d’ardeurs charnelles. Je ne sais pas jusqu’à quel point ces dispositions psychologiques sont anormales et morbides c’est à un spécialiste de se prononcer là-dessus.

Je n’ai jamais éprouvé de sentiments homosexuels véritables [1]. Je me souviens cependant qu’entre douze et treize ans, la vue d’un certain camarade de classe du même âge que moi me causait une légère excitation sexuelle. Il avait la peau très fine, les cheveux naturellement frisés et ressemblait tout à fait à une fille. C’est sans doute pour cette raison que sa proximité m’était agréable ; j’aimais à lui pincer le cou un peu gras, à lui prendre la taille. Je ne pensais jamais à son sexe, ni à la possibilité de relations charnelles avec lui, je ne souhaitais même pas le voir nu et pourtant son image se présentait quelquefois à mon esprit dans les rêves érotiques ; je voyais en rêve, nue, une partie de son corps (pas le sexe, mais, par exemple, les bras ou les épaules), l’embrassais, le baisais sur les joues et cela aboutissait à des pollutions. Dans toute mon existence, c’est le seul souvenir ayant quelque rapport avec l’homosexualité. Du reste, nous n’avons jamais échangé aucun propos tendre, aucune démonstration d’amitié particulière. Je crois que la finesse féminine de l’épiderme de l’enfant a été la seule cause de mes émotions érotiques. Les organes sexuels d’un petit garçon me sont indifférents ; ceux d’un homme fait provoquent mon dégoût je ne consentirais pas à les toucher avec la main.

Vers la fin de cette année scolaire, j’eus trois aventures avec des femmes adultes. Une jeune femme mariée, assez jolie brunette, venait souvent nous voir, seule ou avec son mari. Ma mère me chargea un jour d’aller rendre à cette dame un livre prêté par celle-ci. La dame me retint assez longtemps chez elle, causa avec moi littérature et me fit promettre de revenir chez elle le lendemain soir pour lire ensemble des romans, mais de n’en rien dire à mes parents. « Mon mari, dit-elle, s’en va le soir au club, je m’ennuie toute seule et la lecture me fatigue la vue. Vous lirez à haute voix et je vous écouterai. » J’ai déjà dit que je sortais quand je voulais ; je sortis donc de chez moi à l’heure convenue, me contentant de dire à mes parents que j’allais voir un camarade, et me rendis chez la dame. Elle me fit asseoir auprès d’elle sur un sofa et me fit lire un roman de Goncourt. Arrivé à un passage érotique, je me sentis un peu gêné et ma voix tremblait. Alors la dame m’arrêta et se mit à m’interroger pour voir si je comprenais bien les allusions érotiques. Comme je le faisais toujours dans les cas semblables, je fis l’ignorant. Cela parut enchanter mon interlocutrice, elle plaisanta doucement mon ingénuité à mon âge (j’avais douze ans et demi), me dit que je devrais déjà avoir une amourette et me proposa de me montrer comment les femmes étaient faites et comment on faisait l’amour. Elle m’embrassa sur la bouche, puis déboutonna mon pantalon et saisit mon membre érigé. S’extasiant sur ses dimensions, affirmant qu’il était très gros pour mon âge (mes organes sexuels, en effet, ont toujours été très volumineux), elle l’embrassa et me dit : « Vous avez un si joli instrument et vous ne savez pas vous en servir ! Voyez comme il est dur et chaud, ça prouve qu’à l’insu de son maître, il désire déjà la femme ! Avec un pareil objet, vous pouvez rendre heureuse une femme. » Je faisais comme si je ne comprenais pas. Alors elle poursuivit l’explication, décrivit, en termes lascifs, la copulation, puis leva son jupon et montra ses jambes nues et ses organes sexuels qu’elle me fit palper. Elle n’avait pas de pantalon. À demi-couchée, elle m’attira sur elle et, de sa main, introduisit mon membre dans le vagin. Nous coïtâmes très voluptueusement. Après l’opération, elle me recommanda de ne parler à personne de notre aventure et ajouta qu’elle avait fait cela exclusivement en vue de mon bien, pour me préserver de l’onanisme et des méchantes femmes. Nous eûmes depuis plusieurs autres tête-à-tête, qui se terminaient toujours par la copulation.

Les deux autres aventures ont eu lieu avec des élèves des classes supérieures du gymnase, de dix-sept et de dix-huit ans, qui ont eu aussi l’idée charitable de m’« éclairer sexuellement ». J’étais en visite chez l’une d’elles, nous causions de chevaux et je feignis d’ignorer la différence entre l’étalon et le cheval hongre. La jeune fille en fut étonnée, me demanda si je savais comment on faisait les enfants, et voyant mon ignorance, me coucha sur le dos, fit sortir du pantalon mon pénis érigé et, levant le jupon, se coucha sur moi en plantant mon pénis dans l’intérieur de son ventre. Puis, en faisant des mouvements rapides avec son ventre et ses cuisses, elle me chevaucha jusqu’à ce que se produisit chez elle l’orgasme qui lui fit presque perdre connaissance. Pendant qu’elle coïtait, elle me baisait sur la bouche more columbarum : c’était la première fois que je goûtais ce plaisir. Je me souviens encore de la sensation du pénis fortement comprimé et tiraillé par les muscles de la vulve de la jeune fille. Au moment suprême de la jouissance, son visage eut un aspect cadavérique. Je n’ai pas eu l’occasion de renouveler les rapports sexuels avec cette jeune personne.

L’autre grande collégienne me parla des choses sexuelles la première fois que nous nous trouvâmes seuls. Je fis le nigaud selon ma coutume. Elle me décrivit la différence des organes de l’homme et de ceux de la femme, exposa la manière dont s’accomplissait l’acte sexuel et, sur ma prière, me montra ses parties génitales. Je n’ai pu cependant obtenir d’elle quelque chose. Elle disait qu’elle était vierge et ne voulut pas me permettre de la prendre même in ore vulvæ. Elle me permit par contre, de lui tâter et chatouiller la vulve avec les doigts et même de mettre mon doigt dans le vestibulum vulvæ, ainsi que de caresser ses seins dénudés. Je voyais que tout cela l’excitait comme le prouvait non seulement l’expression de son visage, mais aussi le fait que la fente génitale dans laquelle je promenais mon doigt était toute mouillée, chaude et frémissante. Nous nous revîmes souvent pour renouveler cet amusement. Chaque fois, j’étais obligé de la prier avec instance et longtemps de me montrer ses parties sexuelles. Après plusieurs refus, elle cédait à mes prières, s’asseyait au bord d’un meuble quelconque : lit, canapé, coffre, fauteuil, relevait son jupon et écartait ses jambes. Je m’agenouillais pour mieux voir et explorais avec mes doigts l’ouverture génitale. Mais elle ne me permit jamais de l’élargir suffisamment ou d’y enfoncer mon doigt assez profondément pour voir ou toucher l’hymen. Elle disait que, par un mouvement rude ou maladroit, on pouvait facilement déchirer cette membrane. Elle ne me permettait pas non plus de la masturber véritablement, c’est-à-dire par un frottement continu, ne tolérant que des attouchements légers, rapides et discontinus. Puis elle me faisait asseoir à côté d’elle et jouait avec mon pénis rigide, sans toutefois me masturber, ce que, du reste, je n’aurais pas supporté non plus. Pendant ce temps, je lui caressais les seins nus et nous nous embrassions sur la bouche. Ces pratiques ne provoquaient pas chez moi d’éjaculation, mais seulement une érection agréable. Chaque fois je la suppliais de m’accorder le coït, au moins le coït in ore vulvæ, mais jamais elle n’a voulu y consentir pas plus qu’à l’onanisme buccal ou lingual.

Voir en ligne : Confession sexuelle d’un Russe du Sud (9) : Érotisme rustique et simplicité bucolique des moeurs

P.-S.

Texte établi par EROS-THANATOS.COM d’après la « Confession sexuelle d’un Russe du Sud », in Havelock Ellis, Études de Psychologie sexuelle, t. VI, Éd. Mercure de France, Paris, 1926.

Notes

[1De même, les tendances sadiques ou masochistes, même à un degré infime, sont pour moi subjectivement incompréhensibles.



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