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Aphrodisiaque externe

Catalogue des substances aphrodisiaques

Traité du Fouet (Dissertation)



Auteur :

François-Amédée Doppet, Traité du Fouet : Ouvrage médico-philosophique, suivi d’une dissertation sur tous les moyens capables d’exciter aux plaisirs de l’amour par D***, Médecin, Paris, 1788.


CATALOGUE DES SUBSTANCES APHRODISIAQUES

La camphrée ; cette plante ne se cultive que dans les jardins botaniques. Elle fortifie les nerfs et répare la perte des esprits. On ne s’en sert pas dans la pharmacie.

Le cheiri, ou la giroflée jaune ; il vient sur les murailles, il fleurit en mai et juin. Quelques apothicaires en préparent une huile.

La marjolaine ; cette plante est très connue.

La roquette ; on la cultive dans les jardins ; il y en a aussi une sauvage qui n’est pas moins bonne.

Les feuilles d’Inde ; c’est une feuille oblongue, pointue, compacte et luisante, distinguée par trois nervures qui vont de la queue à la pointe ; son odeur approche un peu de celle du clou de girofle. C’est la feuille d’un grand arbre commun dans les jardins des Indes orientales. Elles entrent dans la composition de la thériaque de Venise.

Le marum vulgaire ; c’est une plante ou un arbrisseau chargé de branches rondes, larges, avec deux feuilles à chaque articulation un peu plus grandes que celles du thym, mais semblables du reste. Elle est d’une odeur agréable et a, à peu près, les propriétés de la marjolaine.

Le marum de Syrie ; c’est une plante plus basse et plus tendre que la précédente. Elle vient dans l’île de Candie et dans la Syrie. Son odeur est fort piquante et fort agréable. On tire de cette plante un excellent sel volatil.

L’origan vulgaire ; c’est la marjolaine sauvage. Cet origan n’est pas si fort que le suivant.

L’origan de Crète ; cette plante naît dans l’île de Candie et dans d’autres parties de la Grèce ; elle a des feuilles plus longues et plus blanches que la marjolaine. C’est une plante aromatique fort chaude, mais elle n’est pas d’une odeur bien agréable.

Le ros solis ; il y en a deux espèces ; une à feuilles rondes, et l’autre à feuilles oblongues. La première espèce est la plus en usage. C’est une petite plante basse, qui a une racine fibreuse ; il sort de petites feuilles un peu creuses autour des tiges longues d’un doigt ; les feuilles sont couvertes et frangées d’un velouté rouge qui donne une teinte rouge à toute la feuille. Elle vient dans les terrains humides dans une mousse d’un rouge pâle, et fleurit dans le mois de mai. C’est un grand restaurant et un échauffant. On dit que l’application extérieure de cette plante facilite l’accouchement.

La sauge ; il y en a de plusieurs espèces, mais la grande sauge des jardins est la meilleure. Cette plante a été en si grande estime que les anciens poètes en ont dit : cur moriatur homo cui salvia crescit in horto ?

Le jonc odorant ; il est commun dans l’Inde et dans quelques parties de l’Arabie. C’est un aromatique fort agréable. Il entre dans la thériaque et autres compositions.

Le serpolet ; cette plante est très commune.

Le thym ; celle-ci n’est pas moins commune, aussi on n’en fera aucune description.

La sauve-vie ; elle vient dans les rochers ; c’est une plante petite et basse ; ses feuilles sont en petit nombre, ressemblant à celles de la rue. Elle n’a que deux ou trois pouces de hauteur. On la fait entrer dans les compositions pectorales.

Le romarin ; les fleurs de cette plante sont le principal aromatique qui vienne dans nos pays. C’est avec ces fleurs qu’on fait l’eau de la reine de Hongrie.

Les fleurs d’orange ; ces fleurs sont fort connues.

Les clous de girofle ; c’est le fruit cueilli avant sa maturité d’un grand arbre qui a les feuilles semblables au laurier, qui croît dans les Indes orientales.

Les œillets de jardin ; c’est un bon aromatique. On en fait un sirop et une conserve qu’on trouve chez tous les apothicaires.

Le jasmin ; ses fleurs sont de la même nature que celles d’orange.

La lavande ; ses fleurs ont les propriétés de celles du romarin.

Le muguet ; ses fleurs sont d’une odeur fort agréable, mais elles la perdent en les faisant sécher.

Le stœchas d’Arabie ; c’est un grand cordial et qui fortifie les nerfs. Les apothicaires en font un sirop.

Le tilleul ; ses fleurs sont bonnes pour fortifier les nerfs.

La moutarde ; sa graine est très échauffante.

L’anacarde, ou la fève de Malaga ; c’est une graine qui vient au sommet d’un fruit de figure conique, des Indes orientales. Il a la couleur et la figure du coeur d’un petit oiseau. Il est couvert d’une pellicule forte qui renferme une substance spongieuse ; au bas est enfermé dans une autre pellicule le noyau qui a le goût d’une amande. Ce fruit est fort chaud et excite singulièrement au plaisir de l’amour.

L’acajou, ou l’anacarde occidental ; il est commun à la Jamaïque ; il ressemble à un rein de lièvre pour la grosseur et pour la figure. Ce fruit a les mêmes vertus que le précédent.

La graine d’écarlate, ou alkermès ; c’est une baie d’une espèce de chêne. Il fait le principal ingrédient d’une confection qu’on trouve dans les pharmacies sous le nom de confection alkermès ; ce médicament est propre pour fortifier le coeur, l’estomac, le cerveau, et pour exciter la semence. La dose est depuis un scrupule jusqu’à un gros.

La vanille ; elle vient de la Nouvelle-Espagne. On la mêle au chocolat pour l’aromatiser et le rendre plus échauffant.

Les cubèbes ; ce sont de petits grains ressemblant au poivre. Ils sont fort aromatiques et fort chauds. On en trouve chez les droguistes et les apothicaires.

La noix muscade ; c’est le fruit d’un arbre qui vient principalement dans l’île de Banda aux Indes orientales. Sa dose en substance est depuis un scrupule jusqu’à un gros. C’est un aromate délicat et un grand confortatif.

Le poivre ; il a beaucoup des propriétés des cubèbes, mais il est encore plus chaud.

Le cacao ; il est très connu comme un bon aliment ; c’est le principal ingrédient du chocolat. C’est une amande de la grosseur d’une olive, qu’on cultive principalement dans les îles de Cuba et de la Jamaïque.

Les pistaches ; ce sont des fruits oblongs de la grosseur d’une aveline, anguleux, plus élevés d’un côté, aplatis de l’autre ; sous une écorce mince est contenu un noyau d’un blanc verdâtre, d’un goût huileux, un peu doux. Elles sont chaudes et restaurantes.

L’écorce de Winter ; c’est une écorce aromatique, chaude, qui prend son nom de celui qui la fit le premier connaître en Europe. Elle passe pour une espèce de cannelle. Elle a une odeur qui ne diffère pas beaucoup de celle de l’écorce du citron ; elle est subtile et pénétrante. La dose est un demi-gros en substance.

La cannelle ; cette écorce est très connue.

Le roseau aromatique, ou acorus verus ; c’est une racine aromatique qui a un peu d’amertume, qui a une odeur qui approche du poireau et de l’ail.

Le galanga ; c’est une petite racine pleine de noeuds ; on croit que c’est une espèce d’iris. Son goût âcre, aromatique et un peu amer pique et brûle le gosier comme le poivre.

Le ginseng ; c’est une racine apportée du Japon ; la racine du ginseng est d’un pouce ou deux de long, de la grosseur du petit doigt, un peu raboteuse, brillante et comme transparente, ayant le plus souvent deux branches, quelquefois plus, garnies de fibres menues vers le bas ; sa couleur est roussâtre en dehors et jaunâtre en dedans ; son goût est légèrement âcre, un peu amer et aromatique ; son odeur n’est pas désagréable. C’est un puissant aphrodisiaque.

Le salep ; c’est une racine oblongue et quelquefois transparente, d’une couleur blanc-jaunâtre, de peu d’odeur et d’un goût visqueux. On la met en poudre et on en fait une décoction qui restaure et fortifie.

Le satyrion ; il y en a de deux sortes, le satyrion mâle et le satyrion femelle. Le mâle, qui est celui qu’on tient dans les boutiques, a deux racines de figure ovale, aussi grosses qu’une petite olive, d’une couleur blanchâtre et pleines d’un suc visqueux. On ne se sert que de ses racines. Le satyrion femelle est une plante un peu plus petite que l’autre ; elle a à peu près les mêmes vertus, mais il faut la prendre en plus grande quantité. C’est un grand cordial et un grand restaurant. Elle a un grand pouvoir pour exciter aux plaisirs de Vénus. C’est certainement pour cela qu’on regarde comme un grand corroboratif l’électuaire diasatyrion, qui prend son nom de cette racine. Cet électuaire réchauffe et produit des sensations agréables dans tout le genre nerveux. Quelques médecins ne croient pas aux vertus de cette plante, mais qu’on essaie d’en faire usage et l’on verra que l’opinion de ces docteurs et l’expérience ne sont pas d’accord à ce sujet. Dioscoride, Pline et autres ont parlé du satyrion comme d’un puissant aphrodisiaque ; ces autorités valent bien celles de quelques modernes, qui déprisent les anciens et qui cependant n’ont d’autre mérite que celui de débiter des aphorismes à côté du lit des malades, leur ordonner vingt sortes de remèdes dans un jour et les expédier pour les antipodes.

Le gingembre ; c’est une racine des Indes, qu’on transporte ordinairement séchée et quelquefois en conserve. C’est une racine tubéreuse, noueuse, branchue, un peu aplatie. Sa substance est un peu fibreuse, pâle ou jaunâtre ; son odeur est très agréable, son goût est âcre, brûlant, aromatique ; sa chaleur ne se fait pas sentir si promptement que celle du poivre, mais elle dure plus longtemps.

La racine du chardon raland ; c’est l’eryngium des boutiques. C’est un grand restaurant.

Le panais ; on s’en sert dans les aliments et il est bien connu de tout le monde. On reconnaîtra qu’il excite aux plaisirs de l’amour, si l’on en fait un grand usage.

Le baume du Pérou ; c’est le produit d’un arbre des Indes occidentales. Le meilleur est d’une couleur rouge, noirâtre, et d’une odeur suave. La dose est de douze à quinze gouttes.

Le musc ; le bon est d’une couleur de fer, noirâtre, onctueux, d’un goût agréable, amer, et d’une bonne odeur. On le trouve dans le corps d’un animal des Indes qui ressemble au bouc.

Le castoreum ; il est d’un goût âcre, amer, dégoûtant, et d’une odeur forte. On le tire du castor qui est un animal amphibie. On nous l’apporte de la baie d’Hudson, de la Nouvelle-Angleterre et de Russie. On le prend en substance jusqu’à un demi-gros. Il est d’un usage fort étendu en médecine.

L’ambre gris ; c’est une sorte de bitume qui se forme dans les rochers et qui est lavé par les eaux de la mer et jeté sur le rivage par les vagues. C’est une substance grasse, solide, légère, de couleur de cendres, semée de petites taches blanches.

Le succin ; il est dur, aride, fragile, transparent, tantôt jaune ou citrin, tantôt blanchâtre, tantôt roux ; d’un goût de bitume un peu âcre et un peu astringent. Il a une odeur agréable de bitume lorsqu’on l’échauffe. S’il est échauffé par le frottement, il attire la paille.

Outre les substances que je viens de nommer, il y en a beaucoup d’autres qui sont échauffantes de leur nature et dont on se sert comme aliment : mais elles sont fort connues et je les passe sous silence. Pour ne rien laisser à désirer sur cette matière, je vais donner la recette de différentes compositions qui sont très utiles à tous ceux qui sont d’une constitution froide.

TEINTURE APHRODISIAQUE

Prenez du ros solis, quatre poignées ; de la cannelle, de la noix muscade, du macis, des clous de girofle, du gingembre, une once de chacun ; du musc, quatre grains ; de l’esprit de vin, huit livres. Mettez le tout ensemble en digestion pendant vingt jours ; après quoi coulez la teinture, dissolvez-y une livre de sucre et mettez-la dans un vaisseau fermé pour l’usage. La dose est d’une petite cuillerée à café.

CONSERVE APHRODISIAQUE

Prenez des racines de satyrion ; faites-les cuire dans de l’eau jusqu’à ce qu’elles soient en bouillie et passez-les. Prenez une livre de cette pulpe et une livre de sucre cuit dans la décoction de la racine jusqu’à la consistance du miel. Mêlez-les et faites une conserve suivant les règles de l’art. La dose est d’un gros.

POUDRE APHRODISIAQUE

Prenez de la cannelle, de la racine d’angélique, des clous de girofle, du macis, de la noix muscade, des feuilles d’Inde et du galanga, trois gros de chacun ; du nard des Indes, des grands et des petits cardamomes, un gros de chaque ; du gingembre, un gros et demi ; du bois d’aloès, du santal jaune, du poivre long, deux gros de chaque ; réduisez-les en poudre. La dose est d’un demi-gros, dans du bouillon ou du bon vin.

ÉLECTUAIRE APHRODISIAQUE

Prenez du chocolat en poudre et des amandes douces blanchies, une once de chaque ; du sucre fin et de la conserve de roses rouges, une once et demie de chaque. Battez le tout dans un mortier avec une suffisante quantité de suc de kermès ; ajoutez-y deux scrupules de baume de La Mecque, une once de sirop de baume, et faites-en un électuaire. On peut en user trois ou quatre fois par jour de la grosseur d’une noix muscade.

Il serait inutile de multiplier davantage les recettes de cette espèce ; en voilà, je pense, assez pour satisfaire différents goûts. Je n’ai pas voulu m’en tenir à une seule composition, parce qu’il y a certaines substances qui déplaisent ou qui répugnent à certaines personnes.

Après avoir traité des moyens capables d’exciter aux plaisirs de Vénus, je dois encore, pour satisfaire tous les lecteurs, parler des secours propres à ralentir la passion de l’amour. Il y a plus d’un célibataire qui ne peut éteindre les feux qui le dévorent sans s’exposer à être la victime de quelques prostituées ; cela étant, n’est-il pas nécessaire de les instruire de la nature des remèdes qui leur sont propres pour tempérer en eux l’ardeur de la déesse de Paphos ? Ce n’est pas, il est vrai, bien nécessaire qu’il y ait des célibataires ; cet état afflige et répugne à la nature ; mais ne pouvant changer nos moeurs, nos préjugés, nos sottises, cherchons au moins à adoucir le sort de nos semblables.

Les remèdes froids et tempérants sont non seulement utiles aux célibataires, mais encore à certains mariés. Lorsque, par exemple, l’homme est si vigoureux que ses caresses altèrent la santé de sa femme, il doit avoir recours aux médicaments rafraîchissants plutôt qu’aux catins : si la femme est de même la plus emportée sur l’article, il faut qu’elle tempère ses humeurs plutôt que de prêter l’oreille aux fleurettes de ses voisins.

Pour ralentir la passion amoureuse, on doit se mettre à un régime rafraîchissant, se priver des liqueurs spiritueuses, des aliments trop nourrissants et aromatisés, prendre des bains de rivière si la saison le permet. Avant de se mettre au lit, on prendra de deux jours en deux jours une émulsion faite de la manière suivante.

ÉMULSION TEMPÉRANTE

Prenez de la semence de melon, de courge, un gros et demi de chaque. Vous les pilez dans un mortier et, en triturant, vous versez par-dessus un demi-setier d’eau commune. Passez et clarifiez le tout. Ajoutez à la colature une once de sirop de nénuphar. On prendra toute cette dose à la fois, deux heures après le souper.

Le sel de nitre possède au suprême degré toutes les vertus qu’on attribue à quelques plantes dont on fait un grand usage dans les couvents. Celui qui prendrait pendant quatre ou cinq jours deux gros de sel de nitre par jour ne serait certainement pas importuné par des érections ni des pollutions.

La laitue, la scarole, le pourpier, le melon, sont des substances très rafraîchissantes et dont l’usage continu éteint à coup sûr le flambeau de l’amour. Aussi remarque-t-on que les femmes voluptueuses préparent rarement les aliments de cette espèce et ne les servent presque jamais sur la table de leurs époux : elles trouvent mieux leur compte en leur présentant l’artichaut, le céleri, etc.

Ceux qu’un trop fort tempérament importune useront de l’apozème suivant, dont je conseille cependant de ne pas faire un long usage, car il rendrait absolument impuissant. Une forte dose de ce remède nouerait certainement l’aiguillette au nouveau marié le plus intrépide.

APOZÈME TEMPÉRANT

Prenez de la graine de chanvre broyée, trois onces ; de la laitue, du pourpier, du plantin, une poignée et demie de chacune ; des quatre semences froides deux onces ; faites bouillir le tout dans six livres d’eau, jusqu’à ce qu’elles soient réduites à quatre ; coulez la décoction ; adoucissez-la avec du sucre fin ; ajoutez-y encore trois gros de sel de nitre.

Tous les acides conviennent aux personnes qui ne veulent pas connaître les plaisirs de l’amour ; ainsi les célibataires, qui sont jaloux de conserver leur chasteté, ajouteront à leur boisson (qui sera toujours de l’eau) du sirop de limon, ou de celui de vinaigre jusqu’à agréable acidité.

Il m’en coûte, sans doute, de me voir forcé de fournir des armes contre l’amour ; mais, comme je l’ai dit, il est certains préjugés qu’il faut respecter ; et ces pauvres êtres, qui ont fait voeu de n’être plus hommes, seraient bien à plaindre si l’art médical ne pénétrait dans leur solitude pour les mettre à même de triompher des pièges de Satan et de résister aux tentations de la chair.

FIN

P.-S.

Texte établi par EROS-THANATOS.COM d’après l’ouvrage de François-Amédée Doppet, Traité du Fouet : Ouvrage médico-philosophique, suivi d’une dissertation sur tous les moyens capables d’exciter aux plaisirs de l’amour par D***, Médecin, Paris, 1788.



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