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La Flagellation à travers le monde

Chagrins d’amour

Le fouet à Londres (Première partie : chapitre X)



Auteur :

Mots-clés :

Jean de Villiot (Hugues Rebell), Le fouet à Londres, roman-étude de moeurs anglaises, La Flagellation à travers le monde, Éd. C. Carrington, Paris, 1906 (In-8°, 220 pages).


X
CHAGRINS D’AMOUR

Le lendemain, lorsque la voiture emportant Margaret et ses malles eut disparu au tournant de la route, Ethel demeura prostrée, anéantie de désespoir et s’en fut à travers le bois pour cacher ses larmes.

Elle revivait par la pensée l’instant de leurs adieux, l’énergique Margaret dominant son chagrin, essuyant de ses baisers les larmes de son amie, la conjurant de croire en elle, et de se dire qu’à tout instant de sa vie, sa pensée la suivrait à travers la distance, et que ses efforts parviendraient bientôt à les rapprocher.

Leur ambition était de partir en Amérique et de s’y créer une existence nouvelle. La pauvre Ethel se représentait une vie d’enchantements où, libres de s’aimer sans contrainte, elles auraient la joie de ne rien redouter de personne. Margaret lui avait parlé bien souvent de ses souvenirs d’enfance, l’existence si libre des Américaines la séduisait d’avance. Là, elles passeraient pour deux soeurs, et jamais, jamais ne se quitteraient plus.

La jeune fille passa une partie de la journée dans le parc. À la nuit tombante, elle remonta dans sa chambre où tout lui parlait encore de Margaret. Elle chercha, dans les menus objets de leur toilette, quelque chose lui ayant appartenu. Un petit mouchoir garni de dentelles était resté ; elle le regarda longuement et le porta à ses lèvres ; il gardait le parfum de l’aimée, elle le couvrit de baisers, et pleura, pleura abondamment.

La femme de chambre vint, de la part de Lady Helling, savoir si Miss Ethel n’avait besoin de rien, lui offrant à son gré de la servir dans son appartement. Elle acquiesça.

Si je n’avais pas la foi de la retrouver un jour, je me laisserais mourir, se disait-elle, ma vie sera un martyre sans Margaret, et qui sait si les événements ne viendront pas maintenant nous séparer à jamais ?

La saison des pluies arriva. Ethel ne descendit plus de sa chambre. Elle était devenue maigre à faire pitié.

Lady Helling prit inquiétude de cet état de prostration, et décida de retourner à Londres, afin de donner à sa fille des distractions qui l’obligeraient à oublier son chagrin.

Tout fut préparé pour le retour à la ville ; les domestiques mettaient et rangeaient tout en ordre. Jenny surveillait et dirigeait ses gens.

Enfin le jour du départ arriva. Ethel avait recueilli tous les objets venant de Margaret, afin de s’en entourer, et de vivre au milieu de ses chères reliques.

Voir en ligne : Chapitre I (deuxième partie) : Le roman d’une vieille fille

P.-S.

Texte établi par EROS-THANATOS.COM d’après le roman érotique de Jean de Villiot (Hugues Rebell), Le fouet à Londres, roman-étude de moeurs anglaises, La Flagellation à travers le monde, Éd. C. Carrington, Paris, 1906 (in-8°, 220 pages).



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