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Par le fouet et par les verges

Chute des Vierges - IX

Roman érotique (1907)



Auteur :

Mots-clés :

Tap-Tap (Alphonse Momas), Par le fouet et par les verges : La Chute des Vierges, Isidore Liseux [Éd. Charles Carrington], Paris, 1907.


IX

Miss Sticker débarquait au chemin de fer comme Hippolyte y arrivait. Elle avait le visage renfrogné des mauvais jours. Dans son voyage, elle s’était souvenue qu’elle devait Hilda au spectacle de la scène de suçage où elle la vit entre les cuisses de ce valet. En somme, cet homme la débaucha ; il était de retour la veille et elle partit sans prendre ses précautions pour éviter qu’ils ne se rencontrassent. À quoi pensait-elle là ! Sa petite Hilda, si fine et aussi douillette, pouvait sucer ce rustre lorsqu’on s’opposait aux éveils de sa luxure ; mais depuis qu’elle la traitait en favorite, depuis qu’elle l’avait dépucelée, depuis qu’elle lui accordait toutes sortes de licences, elle dédaignerait ce subalterne et elle rougirait de s’être abaissée à le faire jouir par sa bouche. Miss Sticker avait beau faire, une inquiétude la tourmentait et elle faillit revenir plus tôt. Que ne se décida-t-elle ! La vue d’Hippolyte, s’épanouissant dans une joie bête, lui serra le coeur. Elle avait l’intuition que le cochon l’avait cocufiée avec sa gentille favorite. Oh ! si elle les surprenait jamais ensemble, elle les tuerait. Hilda lui tenait fort à l’âme et aux sens. Miss Sticker donna ses paquets à porter au valet et on se mit en route pour l’Institution. Elle passa dans le pavillon d’entrée dont il avait la garde et y pénétra sous le prétexte d’examiner divers objets rapportés d’Écosse. Dans la maison, elle alla droit à la chambre, aperçut le lit saccagé qu’il avait eu le tort de ne pas arranger, et tout à coup tressaillit. Au pied du lit s’étalait un pantalon de demoiselle, et ce pantalon, elle ne pouvait pas ne pas le reconnaître ; il appartenait à Hilda. Elle se précipita dessus et ramassa tout près un mouchoir de dentelle, un de ses dons. Le visage empourpré de colère, soulevant en l’air le pantalon et le mouchoir, elle demanda comment ils se trouvaient là ?
- Je les ai ramassés dans une allée, madame la directrice, et comme j’avais juste le temps de me vêtir pour aller à la gare, je les ai laissés sur le lit d’où ils sont tombés par terre.
- Voilà qui est par trop étrange ! Lorsque vous partîtes pour l’Écosse, je surpris chez vous l’une de nos élèves ! Vous revenez d’Écosse, et je trouve un pantalon et un mouchoir appartenant à cette élève. Vous vous placez dans une bien vilaine situation. Je vais interroger miss Hilda et suivant sa réponse, je verrai la suite à donner à cette affaire !
- Mais, madame la directrice !

Hippolyte ressentait une terreur folle. En Angleterre, comme du reste partout ailleurs, on ne plaisante pas avec un domestique mettant à mal une fille de bonne famille. Les galères, peut-être la pendaison, se présentaient comme l’épilogue de ce foutu coup de queue. Pas un mot ne lui vint pour se justifier. Il n’eut confiance que dans le sang-froid d’Hilda et il ne retint pas la directrice qui le planta là et se dirigea vers les bâtiments scolaires en emportant le pantalon et le mouchoir. Miss Sticker monta droit à son appartement. La fureur la dominait. Elle rêvait de faire attacher Hilda au chevalet et de donner l’ordre qu’on l’écorchât vive sous les verges. Elle s’enferma dans sa chambre pour quitter sa toilette de ville et revêtir la robe de soie noire, insigne sévère de sa fonction. Le pantalon et le mouchoir gisaient sur un fauteuil. Elle ne cessait de les contempler, et un subit attendrissement la saisissait. La pauvre petite ne porterait plus ces jolies et longues robes qu’elle revêtait pour exciter ses paillardises ; elle n’ornerait plus ses jambes de ces coquets pantalons sous lesquels elle cherchait avec tant d’amour son petit con et son gentil petit cul. Oh ! le misérable valet : avoir profané une si exquise et si mignonne chair ! Sous le flot de nouvelles pensées qui l’assaillaient, elle tombait à genoux devant le fauteuil et, la tête sur le pantalon, elle, la sauvage, la farouche, l’intraitable miss Sticker, elle pleurait, comme ça ne lui était jamais arrivé ! Elle embrassait le cher vêtement intime, fouillait tous les coins et les recoins pour découvrir s’il avait été pollué ; elle n’y apercevait aucune trace suspecte. Elle prenait le mouchoir de dentelle, ce mouchoir qu’elle lui posait quelquefois sur le con pour qu’il s’imbibât de la cyprine, afin de le conserver la nuit à sa portée ; ce mouchoir dans lequel elle enveloppait aussi sa queue pour la faire bander et qu’Hilda lui retirait délicieusement avec les dents ; elle le baisait avec des transports fous. Non, non, elle n’aurait pas le courage de sévir contre la chère enfant ! Puis, elle pouvait ne pas être coupable. Que prouvait ce lit défait ? Que prouvait la trouvaille du pantalon et du mouchoir chez Hippolyte ? S’ils avaient fait l’amour, pourquoi signer leur faute en oubliant de tels accusateurs ? Elle se troublait à tort, elle allait interroger sa chère petite qui ne mentirait pas et le soir, il y aurait de grandes réjouissances pour toute la maison. Elle embrassa encore les objets aimés, se rendit dans son cabinet de travail et sonna ; Rosine parut.
- Prévenez miss Hilda que je l’attends, dit-elle.
- Bien, madame la directrice, mais miss Hilda prend un bain et ne peut venir sans se revêtir.
- Dans ce cas, je vais la retrouver.

Miss Sticker quitta son cabinet et se dirigea vers la salle de bains, une vaste piscine avec un bassin au milieu, autour duquel, donnant sur une large plate-forme recouverte de linoléum, se trouvaient quelques cabines. Elle demeura saisie en apercevant, assise sur un fauteuil en osier, Clary toute nue, que gamahuchait Hilda. Son saisissement égala du reste celui des deux gougnottes. Clary se redressa immédiatement, non sans quelque embarras, et Hilda, restant agenouillée, essaya de cacher la tête sous ses bras en l’appuyant sur le fauteuil.
- Voilà un genre de bain que je ne connaissais pas, murmura avec froideur miss Sticker.
- Nous nous sommes baignées ensemble, répondit Clary, et en sortant de l’eau, j’ai prié miss Hilda de me lécher les jambes.
- En vous léchant entre les cuisses ! Beau travail !
- Eh ! madame la directrice, quel crime y aurait-il à vouloir connaître un travail que vous appréciez au point de placer cette élève au-dessus même des professeurs de l’Institution !
- Clary !
- Vous ne pouvez qu’être flattée de remarquer combien on rend justice à votre bon goût et comment on y applaudit en le partageant.
- Vous dépassez les bornes du permis.
- Ne les avez-vous pas franchies ?

Hilda, roulant comme une boule, vint se jeter aux genoux de miss Sticker, lui embrassant le bas de sa robe et, gémissant, pleurant, dit :
- Ah ! Miss, pardonnez-moi, mais puis-je résister quand on vous commande, vous ne vous doutez pas des méchancetés auxquelles je m’exposerais.
- Qu’est-ce à dire, Hilda, vous violentait-on ?
- Je n’étais pas là de mon plein gré.
- Que signifie ceci ?

Clary croisa les bras et répondit :
- Entre une élève et moi, vous ne pouvez hésiter, miss Sticker ! Je vous assure qu’ayant vu cette petite ordure rentrer sournoisement, je l’ai rejointe dans sa chambre au moment où elle faisait sa toilette, et il m’a été permis de relever, dans la cuvette, des taches témoignant qu’elle devenait le réceptacle d’une faute autrement grave que celle-ci.

Miss Sticker sentit la colère qui s’emparait de nouveau de son coeur, elle repoussa du pied Hilda et reprit :
- Dites la faute, Clary, dites-là, je vous en conjure, et la coupable l’expiera cruellement.
- Grâce, pitié, implora Hilda, enlaçant les jambes de miss Sticker par-dessus la robe, tout le monde est après moi parce que vous me protégez, parce que j’obtiens de votre bonté de grandes joies pour l’Institution, et il y en a, surtout dans les maîtresses, qui me jalousent, m’espionnent, me tendent des pièges.

Miss Sticker éprouva de l’hésitation, oh ! cette fillette-femme agissait sur sa cérébralité et sur ses nerfs ! Oh ! elle la désirait en cet instant même, elle luttait contre la tentation de l’emporter pour la baiser, la reprendre, la garder bien à elle ! Bah ! elle la baiserait plus tard, si le désir ne se calmait pas ; mais il importait de lui donner une rude et sévère leçon, si vraiment elle avait été coupable. La maîtresse de Jean Sticker pouvait se livrer au saphisme avec ses compagnes, elle ne pouvait pas nouer des relations avec un autre homme. Sans lui répondre, elle dit :
- Parlez, Clary, je dois tout savoir.
- Cette élève n’est plus pucelle : dans l’eau il m’a été possible de le constater, si toutefois j’ai eu des doutes. Dans la cuvette, il surnageait les résidus d’un récent contact mâle, et la chemise d’Hilda que je vous invite à examiner dans la pièce du déshabillage, est maculée de marques spermatiques.
- Ah ! monstre de fille, monstre de femelle, qu’as-tu fait ?

Une énorme gifle jeta Hilda de tout son long sur le linoléum ; elle s’abattit, couvrant sa figure de ses mains. Miss Sticker, accroupie sur elle, la frappait avec une rage féroce lui tirant les oreilles, la fouettant, la criblant de coups de poings, risquant réellement de la tuer tant la fureur l’aveuglait. Clary attrapait miss Sticker par les mains, luttait pour l’enlever de dessus Hilda, sans y parvenir. La pauvre petite s’abandonnait à la peur, à la honte, au désespoir : elle prit le parti le plus sage, simula un évanouissement, ferma les yeux, poussa un gros soupir et ne remua plus. Cela produisit l’effet d’une douche d’eau froide sur la colère de la directrice : elle suspendit les coups et murmura :
- L’aurais-je tuée !

L’imprudente Hilda eut tort de croire à un regret et elle fit un faible mouvement. Espérait-elle, sur la tristesse effarée de l’exclamation, retrouver son prestige de petite maîtresse ! Miss Sticker rassurée, se redressa, et, d’un ton sec, reprit :
- Vous êtes vivante, miss Hilda, le ciel en soit béni, debout.

Toujours persuadée, malgré le changement de la voix, que la tempête se calmait, la favorite se releva, les yeux humides, l’attitude humble et soumise. Miss Sticker agita une cloche d’appel et une servante accourut.
- Jenny, lui dit la directrice, la chemise de toile et les sandales pour miss Hilda.

La pauvrette recommença à trembler, l’affaire tournait mal, très mal. Quelques secondes après, Jenny lui passait au cou une chemise de toile commune, lui ramenait le bas sur la tête, pour l’entortiller et l’attacher autour des épaules, étalant tout nu l’arrière de son corps, depuis le haut du dos jusqu’aux pieds chaussés des seules sandales. Quand elle fut ainsi prête, miss Sticker ordonna :
- Vous allez sonner le rassemblement de toutes les divisions devant leurs salles d’études, et vous ferez marcher miss Hilda en vue de toutes les élèves en lui donnant des coups de martinet sur les fesses. Attachez les mains. Si elle se laisse tomber, prenez la férule et tapez sur les épaules, sur les bras, sur les reins et sur les cuisses.

Hilda voulut s’agenouiller pour demander encore grâce, miss Sticker continua :
- Attachez ses mains. Quand elle aura passé devant toutes les divisions, vous la descendrez au cachot et vous l’enfermerez dans le numéro 2. Vous donnerez alors l’ordre d’arranger la salle de punition pour la flagellation à la Brunehaut. Clary vous préviendrez toutes les maîtresses de faire revêtir les toilettes de châtiment aux élèves. L’exécution aura lieu ce soir, à neuf heures.
- Oh ! Miss Sticker ! Oh ! Miss ! gémit Hilda, vous allez déchirer un corps qui vous aime, c’est mal, c’est très mal !
- Emmenez-la, commanda durement miss Sticker.

Dans une marche lente, où les genoux s’entrechoquaient sous la douleur, la confusion, le repentir, miss Hilda, la gentille petite favorite, subit un réel supplice moral et physique. Elle marchait, les mains liées par les poignets, flagellée par le martinet dont les coups retentissaient sur son joli postérieur en pleine formation de rondeurs blanches et fournies, se teintant de lignes rougeâtres ! Ah ! comme il se resserrait sous le châtiment, et comme la fente s’évasait avec peine sous le pas en avant : les rebords bombés et satinés qui surmontaient le gras des cuisses, s’agitaient en frémissements convulsifs et il semblait par instant que la vulve oscillait sous le claquement de l’extrémité d’un des crins. On s’arrêtait quelques secondes devant chaque groupe d’élèves et, le visage sillonné de larmes, la tête penchée sur la poitrine, Hilda craignait de défaillir en affichant l’affaissement de son prestige en face de celles à qui elle valut des faveurs particulières, de celles qu’elle gougnotta dans la superbe audace acquise par la haute protection de son amant. À chaque arrêt, la justicière Jenny, disait :
- Grande punition de miss Hilda, surprise en vilaine faute par miss Sticker. Prenez garde à vous-mêmes et ne fautez pas.

Un coup de martinet sur le pauvre cul d’Hilda soulignait ce conseil, et la marche reprenait. Ainsi toute l’Institution apprit que miss Hilda venait de commettre quelque chose d’horrible, qui, malgré son favoritisme, rouvrait l’ère des atroces corrections et c’était à qui s’effarerait, à qui tremblerait. Que s’ensuivrait-il ? Hélas ! sans doute plus de ces récréations prolongées, qui adoucissaient ces temps si pénibles de l’internat ; plus ces laisser-aller où l’on s’appliquait à épeler les plaisirs de la chair ; même celles que dégoûtaient la débauche et la luxure, redoutaient à cette heure un changement de régime.

Voir en ligne : La Chute des Vierges - X

P.-S.

Texte établi par EROS-THANATOS.COM d’après le roman érotique de Tap-Tap (Alphonse Momas), Par le fouet et par les verges : La Chute des Vierges, Isidore Liseux [Éd. Charles Carrington], Paris, 1907.



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