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Par le fouet et par les verges

La Chute des Vierges - V

Roman érotique (1907)



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Tap-Tap (Alphonse Momas), Par le fouet et par les verges : La Chute des Vierges, Isidore Liseux [Éd. Charles Carrington], Paris, 1907.


V

À moitié seulement ! l’oeuvre n’était pas achevée et ne devait pas l’être dans cette journée. Mais la nuit, Jean s’éveilla au milieu de la solitude qui l’entourait, en proie à une frénésie de désirs encore plus indomptables. Cette jeune pucelle, cette enfant, en qui il découvrait un excellent terrain de culture, lui trottait par l’esprit et par les sens, plus que ses trois concubines. Gertrie, sa soeur absente, Nelly, la maîtresse de classes toujours bien disposée, et Reine, si débauchée et si savante en cochonneries ! Jamais à son souvenir, il ne ressentit de telles morsures suscitées par les appétits charnels. Hilda se montrait à ses yeux la plus mignonnette créature de la terre, et il en adorait même les maigreurs, même ses fluettes formes non encore féminisées. Un feu infernal le surexcitait : en somme, il était le maître de la maison, personne ne pouvait oser se jeter en travers de ses volontés, il lui était impossible de différer plus longtemps à satisfaire la bête féroce qui le tourmentait dans sa sensualité. Il ne lutta pas, il revêtit une robe de chambre, quitta son appartement pour se diriger avec prudence vers la chambre où il avait fait installer Hilda, l’ancienne chambre de sa favorite Reine. Le sommeil régnait dans l’Institution. Selon les règlements, la porte n’était pas fermée à clef ni au verrou : il tourna avec précaution le pêne et entra. La clarté d’une lampe de nuit lui fit voir la fillette endormie, le corps hors des draps, par suite de la température assez élevée, un bras pendant sur le côté, la main de l’autre placée juste sur le con, comme si elle se fût branlée avant le sommeil. Une délicieuse expression de béatitude errait sur ses lèvres et Jean Sticker, la porte refermée et verrouillée, contempla en silence les jambes de l’enfant. Il réfléchissait. S’était-elle branlée avant de s’endormir, ou se branlait-elle à son entrée ? Dans son esprit troublé par la soif de la possession, Jean ne pouvait le scruter. Il croyait voir un doigt s’agiter mollement sur le clitoris, sans doute un effet d’hallucination. Il posa la main sur celle qui couvrait ainsi le paradis convoité, et Hilda ouvrit instantanément les yeux. Elle dormait certainement, car elle demeura quelques secondes à se remettre ; puis apercevant Jean penché sur son ventre, elle murmura avec un accent indéfinissable :
- Jean, est-ce toi, je rêvais que tu étais là !

Elle le tutoyait à cette heure ; donc elle s’attendait à la reprise du dépucelage. La robe de chambre et la chemise de Jean Sticker roulèrent sur le sol : il se coula près d’Hilda, la prit dans ses bras, la pressa contre son coeur, colla sa bouche sur la sienne, et répondit :
- Hilda, tu n’as plus peur, tu rêvais de moi, tu m’attendais.
- Non, je n’ai plus peur ; je sais tout le bonheur dont tu me combleras, si tu me rends femme !

Elle donnait à ses lèvres les baisers qu’il appliquait aux siennes, et elle frissonnait sous ses attouchements, la caressant sur tout son corps ; elle se laissa serrer de plus en plus, et palpait la queue qui s’égarait déjà dans ses cuisses. Oh ! elle avait déjà perforé la petite peau, il ne restait plus qu’à la fendre de plus en plus pour pénétrer dans le vagin, et elle serait femme ! Femme, elle s’entendrait souvent avec Reine pour s’amuser ensemble, sans l’inconvénient de la saleté masculine ; elle se lierait aussi avec d’autres jeunes filles de la maison, même avec des maîtresses. Elle deviendrait plus jolie qu’elle ne l’était, on lui courrait après, et elle partagerait les succès de Reine. Elle poursuivrait aussi les jupes qui ne demandent qu’à se retrousser pour permettre de lécher, de sucer ce qu’elles cachent, et elle s’amuserait, s’amuserait à être bien cochonne au lieu de s’embêter dans les salles d’études. Elle n’agirait pas comme Reine qui craignait encore d’être surprise dans ses plaisirs ! Elle écouterait ses désirs et les imposerait. Jean se portait sur son corps : l’affaire allait recommencer, elle aurait du courage pour ce petit mauvais moment à passer. Reine l’avait assurée que le dépucelage accompli, on ne souffrait plus ; qu’au contraire, on jouissait et qu’on aspirait à faire toujours l’amour, ou tout au moins les bonnes cochonneries qui l’accompagnent. Elle écartait les cuisses, elle soupirait bien un peu, le gland de la queue appuyait sur la déchirure et la tenaillait. Oh ! elle souffrait encore beaucoup, et elle se raidissait pour ne pas crier ; mais Jean semblait être fou de rage, il la soulevait dans ses bras, il la poussait des épaules et lui disloquait les cuisses à les maintenir fendues, bien fendues de ses mains crispées ; elle avait des larmes qui ruisselaient le long des joues ; non, non, elle ne supporterait pas cette torture jusqu’au bout ; elle ne retint pas un cri de détresse : la main de Jean s’appliqua brutalement sur sa bouche, à l’étouffer ; elle mordit cette main ; non, non, il y en avait assez ; elle ne voulait plus être dépucelée, cela devenait une horrible souffrance ; elle se convulsionna pour lutter avec l’énergie du désespoir, elle eut une contraction nerveuse, elle allait pousser des hurlements. Oh ! mon Dieu ! Jean l’assassinait, il lui pressait la gorge, il l’étranglait ; ah ! ah ! elle mourait, sa langue s’échappait de sa bouche, elle perdait connaissance, elle ne sentait plus rien. Si, si, elle se figurait qu’on tapait sur son ventre à coups de marteau, qu’avec un couteau on lui fendait les cuisses, que tout son sang coulait d’une immense blessure coupant son corps en deux, et elle ne respirait plus, elle était morte. La main de Jean l’avait trop serrée à la gorge. Combien cela dura-t-il ? Elle s’éveilla comme d’un affreux cauchemar ; elle était étendue sur un drap au milieu de la pièce, et Jean la lavait, la nettoyait, tout en lui faisant passer sous les narines des sels. Elle était brisée, moulue, elle souffrait dans tous les membres, surtout de la gorge, de la tête ; des sanglots l’agitaient, mais de voir Jean, fou de joie à ses yeux qui s’ouvraient, elle souriait en pleurant, et murmurait :
- Tu as donc voulu me tuer, Jean ? Oh ! comme tu m’as fait souffrir !
- Pauvre enfant chérie, tu ne souffriras plus, tu n’es plus pucelle, et tu éprouveras de la joie lorsque nous recommencerons.
- Je ne suis plus pucelle, bien vrai ?
- Touche, tu as un petit trou qui te donnera bien de la volupté !
- Je ne suis plus pucelle, oh ! Jean, que je suis heureuse. Je ne souffrirai plus, et je pourrai être très amoureuse avec toi ! ah ! nous recommencerons bientôt !
- Et tes volontés régneront sur la maison. Plus rien de ce qui a été jusqu’à aujourd’hui ne sera à l’avenir. Je veux qu’on sache que tu es la petite amie toute puissante de miss Sticker, que tout le monde te plaise et t’aime ! Tu m’indiqueras tes caprices, et on les exécutera.
- Ah ! Jean, Jean, quelle félicité de ne plus être pucelle !

Dans les jours suivants, le pouvoir d’Hilda se fit sentir. Qui aurait jamais cru au changement si radical qu’elle provoqua ! Successivement, diverses mesures modifièrent la discipline si rigoureuse de l’Institution Sticker. Tout ce qui avait été interdit, non seulement fut toléré, mais devint chose courante. En dehors des heures de classe, les divisions d’études se transformèrent en véritables salles de récréation, où les maîtresses, les trois quarts du temps, n’exerçaient plus aucune surveillance, les élèves jouissant de la latitude de travailler leurs devoirs et leurs leçons dans leurs chambres, ou réunies comme autrefois à leur guise. Elles pouvaient se rendre des visites chez elles, user et abuser des récréations, pourvu qu’elles contentassent leurs professeurs ; jouer dans le parc ou dans les salons, divisions mélangées ; adopter tels jeux qui leur convenaient, les maîtresses ne se montrant de temps en temps que pour éviter les imprudences qui auraient risqué de compromettre l’établissement. Les liaisons entre deux amies furent permises, jusqu’à fermer les yeux dans le partage nocturne d’un lit, et des sauteries, certains soirs de semaine, cimentèrent bien des accords scabreux. La démoralisation, qui partait de la tête, descendait à travers les degrés de la hiérarchie scolaire : les maîtresses ne se gênaient plus pour s’entourer d’un petit sérail de favorites ; et les servantes apportaient leur élément dissolu aux libertinages qui s’accentuaient. Des punitions corporelles subsistèrent, surtout contre qui troublerait l’apparence d’ordre voilant les grands mystères de luxure entraînant tous les âges. Les flagellations se perpétuèrent, des peines de cachot de même, mais elles étaient le prétexte à des obscénités qui surexcitaient encore davantage les instincts vicieux. Derrière Hilda perçait l’influence de Reine, et Hilda gouvernait miss Sticker. Deux jours après le dépucelage, Hilda voulut pour toute la maison une journée complète d’absolue licence. Ce qui se déroula exigerait tout un volume. Les élèves eurent toute faculté de vivre leurs fantaisies, de s’amuser dans le parc, de se réunir dans les salles d’étude à leur idée, d’écouter leurs plus éhontées inspirations sous les mots de « pensées dégourdies », le personnel des sous-maîtresses et servantes devant s’écarter des lieux où elles s’assembleraient pour ignorer le genre de distractions auxquelles elles se livreraient. Si Reine était parvenue à désagréger la haute moralité qui constituait la réputation de l’Institution Sticker ; si, grâce à son tempérament tôt perverti, les désirs lascifs s’étaient propagés à travers tous les âges, à côté de ses débauches, il existait plusieurs foyers où le vice grandissait et enveloppait des groupes divers. Clary constituait un centre d’obscénités où quelques irrésolues venaient se brûler les ailes. Tout en ayant des préférences, elle s’affichait aussi éclectique que Reine. Elle aimait à être gougnottée, et si elle s’adressait surtout aux grandes filles, à la rigueur elle abaissait ses regards sur les fillettes de 13 ans, même de 12, quand leur gentillesse l’attirait. On avait tout à craindre de la surveillante générale, on ne refusait pas de la suivre dans sa chambre pour la branler, lui faire minette, ou encore s’exercer à l’enfiler à l’aide du godemichet, dont elle enseignait la manoeuvre. Nelly Grassof, pour sa part, tout en étant concubine de miss Sticker et conservant du goût pour Reine, variait ses amourettes et savait avec habileté débaucher une de ses élèves, pour fourrager sous ses jupes. Parmi les élèves, Aline, Lisbeth, Cora et une fillette de 12 ans, Rosy Cherchoff, gentille blonde, rabatteuse pour Reine, comme Betty de Rosellen, ne manquaient pas de s’affranchir de toute sorte de pudibonderie, malgré le soi-disant calme des misses anglaises.

Dans la journée de licence, concédée à toute l’institution, le principal centre d’attractions s’offrait dans la visite à la chambre de la jolie Française. Cette chambre, grande et somptueuse pièce, où elle s’était installée depuis le favoritisme d’Hilda, se trouvait située au rez-de-chaussée. Pensant bien aux nombreuses amies qui lui couraient après, Reine sauta du lit d’aussi bonne heure que d’habitude et sa toilette terminée, vêtue d’une fine chemise très courte, se plaça devant son armoire à glace pour arranger ses cheveux. Elle commençait à peine cette importante opération que Betty et Rosy la rejoignaient. Elle avait laissé sa porte entrouverte pour révéler sa présence et engager à entrer sans hésiter. Ses deux petites amies vêtues de leur robe blanche de pensionnaire, l’avisèrent de l’effervescence qui régnait chez leurs compagnes, se disputant à qui viendrait la voir. Elles ne parlaient rien de moins que de distribuer des numéros d’ordre et de tirer les places au sort. Cette idée de rendre le hasard maître des désirs de ces fillettes ne les privait pas de contempler leur grande fille, lui patouillant les jambes, soulevant même sa chemise pour admirer ses deux belles fesses, son minet aux poils bien blonds, et Reine ne les réprimandait pas sur leur audacieux libertinage. N’étaient-elles pas ses meilleures élèves, et ne les trouvaient-elles pas toujours disposées à la recevoir sous leurs jupes ! Oh ! elle demeurait bien l’insatiable saphite de ses premières années ! Elle avait beau grandir, elle avait beau se livrer à l’enfilage de Jean Sticker et de Fréfré, son maître d’équitation, elle savait se prêter à la réciprocité des voluptés lesbiennes qui se retournaient pour l’encenser dans ses sexualités, Reine, après une courte accalmie, redevenait la curieuse effrénée de ce que voilaient les robes des petites et grandes filles de l’Institution, elle ne se lassait pas de se rouler aux pieds des unes et des autres pour enfouir son visage dans leurs cuisses : les passions particulières qu’elle nourrissait pour celle-ci ou celle-là, ne l’empêchaient pas de se vautrer dans la multiplicité des rapports obscènes, et elle ne se lassait jamais d’exercer ses mains ou sa langue sur la parties sexuelles de ses compagnes, sans préoccupation d’âge ou de caractère. À chacune elle reconnaissait une saveur spéciale qui la délectait et l’encourageait dans son vice : elle prétendait découvrir par la plus ou moins grande vibration de la corde voluptueuse, les tendances morales, la puissance matérielle de la gamahuchée, et en général, par ses observations lascives, elle tenait bien dans la soif de ses désirs celles qui se laissaient entraîner et séduire. Elle connaissait Rosy de l’année précédente, lorsque dans la nuit elle montait dans les dortoirs des jeunes fillettes, et l’enfant, déjà très portée sur la luxure, ayant été remarquée, catéchisée, éduquée par elle, dans ses vices, lui en conservait une reconnaissance des plus vives. Betty et Rosy la pressaient de plus en plus, s’enhardissaient devant son inaltérable complaisance à les embrasser sur le con et sur le cul ; elle se dégagea de leurs entreprises paillardes, et les pria de la laisser s’habiller, parce qu’elle entendait, durant la journée, s’amuser avec le plus grand nombre possible de leurs camarades, s’en remettant à toutes les deux du soin d’attirer les récalcitrantes à comprendre combien elle donnait du bonheur en suçant le petit bouton, la petite virginité et aussi le derrière, appuyant que lorsque toute l’Institution Sticker aurait goûté à ses caresses, elle se consacrerait définitivement à ses préférées.
- Ah ! murmura Betty, tu ne t’occuperas pas beaucoup de tes meilleures amies, encore aujourd’hui ! Si nous sommes venues te trouver si vite, c’est que parmi les moyennes, on complote de te rendre visite en masse, et que si on discute pour se donner des numéros d’ordre, elles ne se présenteront pas moins toutes à la fois, avec Rosy, nous n’en doutons pas un instant.
- À quoi bon, dans ce cas, se donner des numéros d’ordre ! Elles peuvent bien arriver toutes, elles me passeront par-dessus la tête les unes après les autres, et je leur fourrerai à chacune la langue qu’elles aiment le mieux. On sait bien que, déjà une fois, alors qu’on était très sévère comme on ne l’est plus, j’ai léché le postérieur à toute l’étude, pendant que miss Grégor, notre maîtresse, s’informait si on nous portait à goûter. Il en reste de celles-là pour raconter l’histoire !
- Eh bien ! on ne tardera pas à envahir ta chambre : il y en a qui bavardent dans le couloir.
- Fais-les entrer, Betty, et tu rigoleras de la scène.

D’un geste brusque, Reine retira sa chemise, et, toute nue, se laissa quelques secondes contempler et patouiller par ses deux petites amies. Puis, Betty s’étant approchée de la porte, introduisit de sept à huit fillettes de treize à quinze ans qui tenaient conseil pour décider si elles frapperaient ou si elles entreraient ensemble. Elles éprouvèrent un peu de fausse honte, de pudeur si on veut, en apercevant la nudité de Reine : mais, peu à peu, elles relevaient effrontément les yeux baissés, la regardaient avec de la perversité, et semblaient attendre qu’elle fixât l’ordre de luxure. Quelques-unes se poussaient du coude, échangeaient un sourire polisson et le cercle se resserrait autour de cette petite cochonne de Française. Parmi elles, il s’en trouvait qui n’avaient pas encore pactisé avec les licences charnelles : celles-là affichaient peut-être le moins d’embarras, et s’avançaient à pas à peine marqués, pour considérer le plus près possible le corps nu de leur compagne.

Reine, heureuse de l’effet qu’elle produisait, n’exagérait pas les gestes impudiques pour bien apprivoiser ce troupeau de jeunes brebis ne demandant qu’à être mises à mal : elle souriait avec gentillesse, une main sur l’épaule de Rosy, qui becquetait un de ses seins, et murmura d’une voix à demi sourde :
- Vous voulez savoir ce qu’est le plaisir de l’amour : eh ! il n’a rien de terrible, et il procure bien, bien de gentils frissons. Vous vous laisserez faire, et celles qui ne connaissent encore rien de la chair, deviendront comme les autres, elles me courront après pour que je les fasse jouir sous les minettes, ou en leur suçant leur postérieur. Je vous demande un peu si le devant et le derrière n’ont pas été créés pour les caresses ! Est-ce que le mien vous déplaît ? Non, n’est-ce pas, je lis ça dans vos yeux. Eh bien, moi j’adore le vôtre, même sans l’avoir vu. Je vais m’étendre au bas de mon lit, et les unes après les autres, vous vous mettrez à cheval au-dessus de ma tête, je suis certaine que vous voudrez toujours y rester ; Betty, tu me les amèneras successivement, on en profitera mieux qu’au parc.

L’endiablée créature, étendue de son long sur le tapis, la tête appuyée sur un coussin, appela la première qui, conduite par Betty, se posta par-dessus son visage, les jupes troussées, pantalon ouvert. Reine lui demanda de s’accroupir comme si elle allait faire pipi dans sa bouche : elle glissa alors un doigt vers le clitoris et la langue suivit, manoeuvra entre les cuisses et le conin. Elle sortit la tête de dessous les jupes pour observer que, s’il n’y avait pas de pantalon, on ressentirait davantage de félicité. Les visages, de plus en plus rougissants des fillettes, ne les empêchèrent pas d’obtempérer à ce bon conseil. En un rien de temps, toutes les petites jupes se relevèrent et les pantalons furent ôtés. Mais l’opération causa du mouvement, et ce mouvement se répercutant du côté de la porte, on aperçut de nouvelles élèves qui entraient : Rosy dut s’occuper à les placer de-ci de-là, tant et si bien que la chambre fut entièrement envahie.

Sur la remarque de Rosy, qu’il n’y avait plus moyen d’en recevoir, Reine ordonna de fermer la porte pour empêcher ce flot inattendu d’envahisseuses. Autour d’elle c’était un véritable grouillement de fillettes, depuis des enfants de dix ans jusqu’à des jeunes filles de seize ans : on en comptait bien près d’une vingtaine. Alors, pour faciliter la circulation sur sa tête, elle se plaça au milieu de la chambre et les pria de se mettre à la file par trois : on s’exciterait toutes ensemble, on s’échaufferait à serrer les cuisses contre les siennes, on se permettrait des attouchements dans la rangée, on se retrousserait réciproquement, et des idées polissonnes naîtraient. Se consacrant à celle qui se tenait accroupie sur sa figure, elle prenait ample connaissance de ses cuisses, de son con, de ses fesses, expédiait sa langue au clitoris, au trou du cul, se montrait infatigable et inlassable, frissonnait autant sous les jeunes et fluets attributs sexuels d’une gamine qu’entre les cuisses puissantes déjà formées d’une de ses compagnes de classe, au ventre orné de la toison de Vénus : elle sentait sur ses sexualités des mains qui s’amusaient à la branler, et elle s’agitait en d’approbatifs balancements ; la furie érotique se communiquait à cette réunion de filles plus ou moins nubiles, et si on veillait à ne pas perdre son tour pour le gamahuchage qu’elle accordait, bien des jupes demeuraient retroussées pour se faire patouiller par des mains complaisantes. Rosy, qui ne surveillait plus la porte, agenouillée dans un coin, travaillait de son côté avec la langue tous les cons et tous les postérieurs qui la sollicitaient. Le plaisir s’accentuait, des gougnottes d’occasion surgissaient, il semblait qu’à unir les visages et les parties sexuelles, on y puisait le goût de la débauche : une atmosphère lourde et capiteuse pesait sur ces jeunes cerveaux. Rosy se voyait dévêtir comme dans un brouillard et, toute nue comme Reine, elle rampait sur les genoux pour glisser entre les jambes, sucer et branler des clitoris qui se gonflaient et aspiraient à la décharge. Reine ne s’étonnait pas de ce que le nombre de ses visiteuses ne fût pas encore terminé : elle allongeait la séance ; elle retenait plus longtemps celle entre les cuisses de laquelle elle se trouvait ; elle branlait plus méticuleusement, elle léchait avec plus de science, elle provoquait la décharge de la cyprine, et elle commençait à se convulser sous les caresses qu’on prodiguait à son con, à son clitoris. Deux autres avaient quitté leur toilette, et aux lèvres paresseuses se joignaient les gestes intuitifs du rut. Une fille de seize ans avait pris entre ses cuisses le corps de Rosy et elle se frottait avec passion le ventre contre ses petites jambes ; Rosy comprenait bien le but qu’elle poursuivait, et elle se prêtait, avec une science diabolique pour son âge, à l’illusion recherchée en frictionnant bien l’épiderme de sa compagne de ses ingénieux tortillements. On ne pouvait cependant se confiner dans une chambre pour toute une journée. Reine se secoua, rappela sa raison, s’effara en apercevant des nudités autour d’elle, se redressa, frappa dans les mains, supplia de suspendre cette scène de folie, insista pour qu’on remît les toilettes, pour qu’on lui permît de se vêtir. Il fallait l’influence de l’inspiratrice de cette débauche pour rappeler au calme ces jeunes chiennes échauffées et assoiffées de sensations charnelles, toutes sur le point de se dévêtir pour se lancer dans la ronde échevelée, où leurs membres se détraquant, elles éprouveraient des vertiges de délices et de voluptés. Peu à peu elles comprirent qu’il y avait mieux à faire que de se rassembler en un seul groupe, et on se retira pour aller chercher de nouvelles distractions. Restée seule, Reine put s’occuper de se vêtir.

Voir en ligne : La Chute des Vierges - VI

P.-S.

Texte établi par EROS-THANATOS.COM d’après le roman érotique de Tap-Tap (Alphonse Momas), Par le fouet et par les verges : La Chute des Vierges, Isidore Liseux [Éd. Charles Carrington], Paris, 1907.



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