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L’Ardente passion

Comme un pacha au milieu de son sérail

Roman érotique (Chapitre XV)



Auteur :

Mots-clés :

Maurice de Vindas, L’Ardente passion, Éd. Librairie Franco-Anglaise, Paris, 1929.


XV

Fier de sa victoire, Louis prétendit ne pas en laisser échapper les fruits. Dès le matin du jour suivant, il se promena à travers la maison et le parc, le fouet de chien pendu à la ceinture.

Mais la jeune femme trop heureuse de cette servitude n’avait garde de se révolter. Elle accédait sans murmurer au moindre de ses désirs, le servant avec une sorte de respect étrange qui se mêlait de beaucoup de tendresse.

À table, ils ne s’assirent plus face à face, mais côte à côte, serrés amoureusement l’un contre l’autre. Pas une fois, il n’avait dû user de brutalité à son égard et s’en jugeait satisfait n’ayant pas de sadisme en lui.

Il la voulait et se servait de la cravache que pour en faire sa chose ; tant qu’elle obéissait, il considérait comme inutile de la meurtrir.

S’il avait perdu de sa servilité, il n’en restait pas moins tendre, plein d’attentions délicates qui la touchaient profondément. Il était pour elle, l’amant idéal, confiant, aimant et vigoureux. Dans un élan subit de franchise, elle le remercia de l’avoir maîtrisée, de l’avoir conduite là, où intimement elle désirait aller.

Pour prendre le café, ils descendirent au jardin, sous la tonnelle, où ils demeurèrent longtemps enlacés sur une chaise longue de rotin. Elle ne parvenait pas à se rassasier de ses baisers, elle qui un mois plus tôt jurait que jamais plus des lèvres d’homme ne toucheraient ses lèvres.

Auprès de lui, elle méprisait l’avenir et oubliait le passé, se contentant de l’âpre bonheur présent.

La sonnette de la grille tinta ; ils sursautèrent et se redressèrent.

Odette et Berthe, rieuses, franchissaient le seuil, poussant leur bicyclette d’un petit air décidé.

Du premier coup d’œil, elles jugèrent la situation et adressèrent à la gouvernante un sourire moqueur.

Celle-ci rougissante baissa les yeux ; elle n’avait pas honte de son amour, mais craignait la raillerie.
- Eh bien chère, vous êtes domptée à votre tour ? demanda Odette hargneuse.

Elle détourna la tête sans répondre, s’occupant à verser du café aux arrivantes. Berthe mauvaise ricana :
- Dis donc Louis, c’est comme cela qu’elle est obéissante.

Le jeune homme fronça les sourcils.
- Tu vas voir comme elle l’est, tâche de l’imiter.

D’un mouvement preste, il retira une pantoufle dans laquelle il était pied nu. Il n’eut qu’à lever la main, Marthe s’agenouilla et ainsi qu’il le lui faisait jadis à elle, elle lui baisa le bout des orteils.

Ensuite elle se redressa souriante, fière de sa passion.
- À toi maintenant, ordonna Louis.

Berthe évidemment hésita ; le fouet siffla et lui cingla les jambes. Avec un cri, elle tomba à genoux et embrassa le pied nu qu’on lui tendait.

Odette attendit pour l’imiter d’avoir reçu également une cinglade violente, néanmoins, elle se plia comme les autres à cette formalité.

Le jeune homme exultait, il se croyait un pacha au milieu de son sérail et regardait ses houris frissonnantes avec un rire plein de tendresse.

Elles étaient autour de lui, rieuses et aimantes, épiant ses moindres désirs ; c’était à celle qui rivaliserait de servilité avec ses compagnes.

Pas une fois, il n’eut à user du fouet et ne s’en plaignit pas, ne souhaitant pas la brutalité pour elle-même.

Voir en ligne : Une esclave asservie fouettée comme une chienne (Chapitre XVI)

P.-S.

Texte établi par Nathalie Quirion et EROS-THANATOS d’après le roman érotique de Maurice de Vindas, L’Ardente passion, Éd. Librairie Franco-Anglaise, Paris, 1929.



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