Eros-Thanatos Bibliothèque de littérature érotique : histoires, textes, récits et confessions érotiques

Accueil > Romans érotiques > Confession priapale > De beaux culs de femmes à disposition

Navigation



Confession priapale

De beaux culs de femmes à disposition

Roman érotique (Chapitre VII)



Auteur :

Le Nismois (Alphonse Momas), Confession priapale, G. Lebaucher, Libraire-éditeur, Montréal, 1899.


CHAPITRE VII

Hélas, que ne nous en tînmes-nous à cet amour unique, magnifique, resplendissant, que l’on rencontre si rarement, et qui seul excuse, par sa spontanéité, ses effets renversants d’imprévu, les souffrances qu’occasionnent les dures lois sociales !

Nous fûmes des ingrats, nous fûmes punis, moi surtout.

On reprit ses occupations de part et d’autre, et on se retrouva à tous les moments libres.

Mon maître, qui ne pouvait oublier les recommandations de son ami au sujet de sa maîtresse au moment de son départ, apporta une certaine réserve dans ses rendez-vous.

On sévit en cachette pour le grand motif, on affecta une simple camaraderie en présence de tiers. Myrtille voulait se donner tout entière, Julien n’accepta que moments perdus.

Sotte délicatesse qui prépara notre chute !

L’absence de Paul Bouis devait se prolonger au delà de quelques mois. Il voyageait pour le commerce.

Il n’y avait donc pas à se gêner.

Quand on a une maîtresse jeune, jolie et aimante, on l’épouse, ou on l’emmène avec soi.

Julien, hypocrite comme tous les hommes, crut lui conserver Myrtille, en cachant ses amours, en continuant sa même existence indépendante du passé, il causa du chagrin à la pauvre Myrtille, désolée de ne pas être comprise comme elle le méritait.

Certes, elle ne doutait pas que mon maître lui eût voué une affection aussi profonde que celle qu’elle lui témoignait, elle ne s’expliquait pas pourquoi il prétendait la rendre à Bouis.

Elle présenta quelques observations, observations exprimées avec une tendresse infinie, Julien ne répondit que par quelques phrases pédantes, empruntées aux lois de bienséance qui commandent les rapports masculins.

Elle l’aimait dans toute l’étendue du mot et de la chose, elle se rendit à ses raisons.

Mon doux et adoré conin me murmura :
- Pauvre et gentil ami, aime-moi bien et vite, ton maître passe à côté de son bonheur, il entraînera la mort de ma maîtresse et nous vaudra bien des maux.
Il devinait juste, ce cher trésor, ce cher joyau !

Sur ces entrefaites, M. Dieudesfois vint à Paris avec ses filles, qui coururent les bals et les fêtes.

La plus jeune, Marcelline, achevait son éducation chez ses parents, sous la direction de son institutrice. Mon maître eut l’occasion de la revoir quelquefois seule.

La petite avait de ces malices à réveiller un priape mort.
Je ne l’étais pas.

On ne pouvait songer à renouveler en ville les plaisirs échangés à la campagne ; les aînées en plein lancées dans le monde, n’y pensaient plus, la morveuse mitonna son coup.

Elle possédait une amie intime, Mademoiselle Eucharis de Perrillod, moins âgée qu’elle de six mois, mais tout aussi délurée et tout aussi viciée, si toutefois c’est vice que d’écouter la nature qui parle.

Marcelline s’arrangea si bien, qu’on accorda à Julien la permission de les mener promener toutes les deux.

Je le confesserai à ma louange, je me montrai quelque peu défiant de l’aventure dans laquelle nous nous engagions.

N’avions-nous pas notre exquise Myrtille pour nous suffire et au delà !

Mais, l’homme ordonne dans bien des occasions sexuelles, et je dus obéir.

On parla d’abord librement, puis on se remémora les souvenirs libertins de la campagne, et mademoiselle Eucharis déclara qu’elle serait la plus heureuse des fillettes, si on lui apprenait comment un homme était fait, et comment il se comportait avec les femmes.

De là à conduire les deux folles enfants dans sa chambre, il n’y avait qu’un pas ; Julien le franchit.

On me tint moins à l’écart qu’à la campagne.

Quoique cette histoire m’inspirât une salutaire crainte, je ne résistai pas.

Ces jeunesses qui me tripotaient, me suçaient, se frottaient les fesses contre mon gland, et même suppliaient mon maître de pousser plus loin, de les enculer tout à fait, et de les dépuceler, ne laissaient pas de me porter à la peau.

On prit goût à ces parties ; les rendez-vous devinrent plus fréquents, et on éveilla l’attention des méchantes gens.

On écrivit des lettres anonymes aux parents de mademoiselle de Perrillod, et une après-midi on nous surprit en flagrant délit.

Aussi, était-il sage, lorsqu’on a de beaux cons et de beaux culs de femmes à sa disposition, de courir après des fruits qui sont verts, et par conséquent dangereux !

Il y eut un gros scandale.

On arrêta mon maître, et il passa en jugement, malgré toutes les protections qui se remuèrent en sa faveur. Il attrapa une condamnation à deux ans.

Les désespérantes pensées qui l’assaillirent trouvèrent un écho dans mon chagrin.

Adieu les belles cuisses, adieu les belles fesses !

On eût dit que je prévoyais l’ère d’humiliation qui se levait à l’horizon.

Mon maître était un très joli garçon, je n’en tire aucune vanité.

Hélas, je payai cher cette beauté quasi-féminine qui donnait à ses chairs un satiné velouté.

En prison, il resta quelque temps mélancolique, taciturne, évoquant sa carrière brisée, songeant à la colère de ses parents qui l’avaient maudit et méprisé, voyant tout en noir, n’apercevant aucune consolation dans l’avenir.

Pouvait-il supposer par exemple que Myrtille, dont il ne reçut aucune nouvelle dans son malheur, se montrait moins implacable que son père, sa mère, la société et qu’elle, la première trompée, lui conserverait un coin d’affection dans son pauvre cœur déchiré ?

Rien, pas un mot d’elle ne lui avait appris le monde de réflexions soulevées en son âme par cette horrible catastrophe !

Sans doute elle jeta l’oubli sur son indigne amour, et se retourna tout entière du côté de Paul Bouis.

Et pensant comme mon maître, je baissai la tête, je pleurai après mon cher conin.
À force de nous rappeler les jolies scènes du passé, la jeunesse surmonta le désespoir, et croyant secouer Julien de sa torpeur, je lui démontrai que j’existais encore.

Triple sot que je fus !
- Pauvre petit, murmura-t-il, te voilà sevré de ces délicieuses visites que tu aimais tant ! Plus de jupes à farfouiller, plus de conins à pourfendre. Ta peine est la mienne. Nous avons été bien coupables, mais n’est-on pas venu nous chercher, et pouvions-nous croire qu’il y aurait des parents assez stupides pour compromettre l’avenir de leur enfant par un scandale inutile ? Oh, la leçon nous profitera ! À quoi bon récriminer ? Que décider à cette heure ? Je sais bien ce que tu voudrais. Il faut en faire notre deuil. L’administration ne nous prêtera pas le moindre petit conin, voire même la plus sale conasse du globe. Il est certain que tu repousserais ce dernier. À fréquenter les jupes que je t’ai livrées, tu t’es aristocratisé. Cependant nous avons des provisions de sperme à liquider. Je ne me sens pas de te masturber, trouvons un moyen quelconque.

Le monstre le trouva.

Tandis que tout ému de son attention, je me redressais de mon mieux, désirant le convaincre que j’appréciais son raisonnement, le traître préparait ses armes contre moi.

Oh, il ne me coupa pas !

Non, il sentait bien que je lui étais indispensable, il visa à m’annihiler dans mes manifestations.

Un jour, jour à jamais néfaste, je reculai épouvante.

Mon maître pissait, et à côté de lui, un autre détenu en faisait autant.

Que se passa-t-il entre eux, je ne l’ai jamais approfondi.

Soudain, j’éprouvai une indicible impression de stupeur, des doigts mâles couraient sur tout mon être et me caressaient.

De honte j’essayai de rentrer dans les couilles afin de m’y cacher, on en resta là.
Ma sécurité ne dura pas longtemps.

Le soir même j’entendis le codétenu qui disait à Julien :
- Si tu sais t’arranger, on se retrouvera, et on pourvoira à l’absence du sexe.
Mon maître sut s’arranger.

Dans la nuit, j’aperçus dans le drap un autre vit qui s’approchait de moi, et me saluait.

Je rendis le salut plus que froidement, mais Julien ne s’en moquait pas mal.

Un rival s’éveillait à mes côtés auquel je n’avais pas pris garde.

Le trou du cul de mon maître frissonnait, et appelait la main du vaurien couché avec nous.

- Chouette, dit cet homme, t’as une vraie peau de fille, et ce sera festin de roi que de t’enculer.

Il me pelota encore, grattouillant mes couilles, je m’entêtai à fuir ces dégoûtants attouchements.

En désespoir de cause, je voulus me réfugier dans la vessie, le cul me nargua et me dit :
- T’as pas fini tes manières, cochon de vit, c’est toi qui nous a menés ici, et maintenant tu fais ta figure. Vas chercher tes petites fillettes, sale pourceau, être sans vergogne. Qu’as-tu à te plaindre. T’as pas ici de conin à piquer, épée de chaudronnier. Laisse-moi consoler notre maître de mon mieux. Tu n’es plus rien, toi. Allons bandes vite, je veux que l’on me foute.

En même temps, de l’intérieur, il m’expédia un jet de sperme qui m’obligea à me gonfler.

Notre compagnon de lit n’attendait que ce signe de plaisir, d’acquiescement hélas, pour agir.

Il tourna mon maître vers le mur, et je vis mon confrère chatouiller les abords de l’anus.
- Ah, bonne fortune du ciel, murmura le trou du cul, enfin ma fête commence, c’est à mon tour de jouir et de faire jouir. Ce salopiau de vit a fini de gigoter. On gigotera en mon honneur. J’aurai les sensations qui agitent les femmes, et j’espère bien qu’avant peu, ici dans cette prison, tout le monde chantera mes louanges.

Mon maître souffrit avec délice le pal dont on le gratifia, et par pitié pour lui, je consentis à jouir, et déchargeai en même temps que l’autre.

Je voulus néanmoins avoir le dernier mot avec cette prétention du cul, et dès que le sommeil se fut emparé de Julien, j’apostrophai mon rival en ces termes :
- Un cul d’homme n’est pas un cul de femme : il y a honte pour le premier à recevoir la décharge d’un vit, tandis qu’il y a gloire pour le second.
- Où prends-tu la honte dans l’action du plaisir, malandrin que tu es ! Tout pour toi, rien pour les autres, ce sont tes pareils qui dictèrent ces imbéciles lois qui rendent hypocrites les hommes. Il n’est pas un de ces intègres et honnêtes magistrats, grâce auxquels nous gémissons en prison, qui ne courent après un enculeur ou qui n’enculent un de leurs copains. Ils ont beau revêtir l’hermine et singer les airs pudibonds, ils ont beau poursuivre avec une sainte horreur tout ce qu’ils appellent pornographie, ils sont hideux d’âme, comme ils sont dégoûtants de corps : communiant le matin, ils mangent le Dieu qu’ils prétendent adorer, pour être sûrs qu’ils ne le rencontrent pas dans l’autre monde. Tu connais aussi bien que moi le vrai que renferment mes paroles. Ne viens donc pas me conter des balivernes. Ici, tu es au rancart. C’est à moi de te remplacer. D’ailleurs, dis-moi pourquoi un cul d’homme ne jouirait-il pas comme un cul de femme ? Je suis autant la chose de notre maître que toi, et s’il lui convient de recevoir le plaisir par mon aide, tu n’as rien à y voir. Je suis meilleur prince que tu ne l’es. En agissant, je le pousse à décharger, et toi, dans tes voluptés, tu ne t’occupes jamais de me procurer le moindre des chatouillements.
- Le vit est l’emblème de la virilité, de la noblesse ; le cul est l’emblème de la bassesse, de la fainéantise.
- De la fainéantise, mon beau parleur ! Je te conseille de te vanter, toi qui sommeilles de longues heures, et à qui il faut le fluide magnétique d’une jupe féminine pour être émoustillé ! Vraiment, tu parles de bassesse, vilain sir ! Si le cul d’un homme est emblème de bassesse, celui d’une femme l’est tout autant, et si les plaisirs du cul sont illicites chez l’homme, ils le sont aussi chez la femme.
- Quoi, sale sac à ordures, tu oserais te comparer à un cul de femme, au cul de Clotilde ou de Myrtille, par exemple ! Non, le toupet ne te manque pas.
- Quelle différence relèves-tu entre eux et moi ?
- Par le divin Mercure, on n’ouï jamais pareil langage ! Voyez-moi ce couple de gigots qui se met en parallèle avec les belles fossettes de mes charmantes amies !
- Je suis tout aussi fin, tout aussi satiné.
- Possèdes-tu cette ravissante courbe des reins, qui nous faisait pâmer d’admiration ? Possèdes-tu cette souplesse des hanches, sur lesquelles les mains de notre maître ne se lassaient pas de se poser ? Possèdes-tu enfin, manant, cette féline grâce qui nous attirait tout droit à nos chers conins ?
- Eh là, je possède une rudesse de résistance qui a bien son charme. Et puis, je ne m’explique pas pourquoi tu me cherches garouille, alors que tu ne le cherchais pas aux lèvres ; au moment où elles faisaient minettes ou feuilles de roses, aux mains tandis qu’elles s’égaraient dans des trous que tu aimes tant à visiter. Tu n’es qu’un pignouf de jaloux, et je te défends de me causer davantage. L’heure de mes félicités a sonné, tu ne saurais les empêcher. J’agirai sur la cervelle de Julien, comme tu le faisais au dehors, et nous aurons ici d’ardentes nuitées que tu serais incapable de lui procurer.

Voir en ligne : Chapitre VIII : Fesses rebondies et poils polissons

P.-S.

Texte établi par Nathalie Quirion et EROS-THANATOS d’après le roman érotique de Le Nismois (Alphonse Momas), Confession priapale, G. Lebaucher, Libraire-éditeur, Montréal [Paris], 1899.



 RSS 2.0 | Mode texte | Plan du site | Notice légale | Contact
Psychanalyse Paris | Psychanalyste Paris | Annuaire Psychanalystes Paris | Annuaire Psychanalyste Paris | Blogs Psychanalyse Paris