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Les Délices de l’Amour

De l’homme-à-queue

L’Anti-Justine (chapitre XXXIV)



Auteur :

Nicolas Edme Restif de La Bretonne, L’Anti-Justine ou Les Délices de l’Amour, Au Palais Royal chez feue la Veuve Girouard, Paris, 1798.


Chapitre XXXIV
De l’homme-à-queue.

- Vous aimez les histoires, dis-je, ne voulant pas manger de pâté ; nous aurons demain toute autre chose à faire : je vais en conter une, pendant que vous achèverez de souper.

Un rire d’aise précéda le silence.

Il y avait à Sens, une veuve encore belle, quoique mère de six filles, dont l’aînée, qui atteignait vingt ans et se nommait Adélaïde. La seconde, Sophie, n’en comptait pas encore dix-neuf ; la troisième, Julie, en avait près de dix-huit ; Justine dix-sept ; Aglaé seize, et enfin Emilie, la cadette, quinze ans. Quant à la maman, mariée à treize, accouchée de son aînée à quatorze, elle avait trente-quatre ans. Mme Linars (c’est son nom) avait en outre deux nièces de quinze et vingt-deux ans, Lucie et Annette-Bar, une jolie femme de chambre de dix-huit, outre une cuisinière, grande et belle fille de vingt ans. Le mari avait mal fait ses affaires, avant que de mourir. La veuve ne soutenait sa nombreuse famille qu’avec le revenu de sa dot, qui rapportait cinq à six mille livres. On était gêné ; car les nièces n’avaient que quinze cents livres de rentes entre elles deux. C’était onze jeunes personnes à entretenir avec 7500 francs.

Il parut alors à Sens un gros et bel homme dont la physionomie annonçait trente ans, encore qu’il n’en eût que 20. Il passait pour très riche. Et, en effet, il l’était. Ses bras et sa poitrine étaient couverts de poils. Il avait le regard dur et presque féroce ; mais son sourire l’adoucissait, et il souriait toujours en voyant de jolies femmes. L’aînée des demoiselles Linars était charmante ; Fysitère la vit et en devint éperdument amoureux, quoiqu’il eût alors dans son sérail une femme mariée enlevée à Paris, de l’aveu du mari même ; la soeur d’icelui, vendue par son père, et une superbe carmélite, leur cousine, qui s’était livrée elle-même, parce qu’elle était hystérique. Mais toutes ces maîtresses étaient alors enceintes, et Fysitère n’en jouissait que pour avoir des enfants. Il alla chez Mme Linars, pour lui demander en mariage Adélaïde.

Le velu, en voyant onze femmes dans une seule maison, tressaillit d’aise… Il étala sa fortune, et proposa d’épouser l’aînée. Trente mille francs de rente qu’il prouva (il en avait bien davantage !) le firent accepter sur-le-champ. Il rendit ensuite des visites jusqu’au mariage, et fit des présents, tant à sa prétendue qu’à la mère, aux belles-soeurs, à Lucie et Annette-Bar, les deux nièces, ainsi qu’à Geoline et à Marète, la femme de chambre et la cuisinière. Ce fut avec ces présents qu’il attaqua leur vertu… Mais il faut quelques préliminaires, qui fassent mieux connaître ce personnage.

Fysitère était un de ces hommes poilus qui descendent d’un mélange de notre espèce avec celle d’hommes-à-queue de l’isthme de Panama, et de l’île de Bornéo. Il était vigoureux comme dix hommes ordinaires ; c’est-à-dire, qu’il en aurait battu dix à armes égales, et qu’il lui fallait, à lui seul, autant de femmes qu’à dix hommes.

À Paris, il avait acheté la femme d’un nommé Guae, un scélérat, qui la lui avait vendue et l’avait livrée. Fysitère la tenait exactement renfermée depuis. Il jouissait de cette infortunée, la plus provoquante des femmes, et qui avait beaucoup de tempérament, dix à 12 fois par jour. Ce qui la fatiguait tellement qu’elle lui avait donné le conseil d’acheter de leur père sa soeur cadette, nommée Doucète, qui partagerait le travail. Il le fit. Mais ces deux femmes avaient été bientôt sur les dents. Heureusement, un confesseur de nonnes découvrit alors pour le velu la religieuse hystérique, cousine des deux victimes ; il la tira de son couvent, sous prétexte de lui faire prendre les eaux, et la livra au Fysitère, qu’elle occupa seule pendant quelques semaines. Ce qui avait reposé ses deux cousines.

C’est à cette époque que l’homme-à-queue était venu à Sens, et qu’il avait vu la famille Linars. Avant qu’il eût Mme Guae, on lui amenait trois filles couturières chaque matin. Mais les précautions qu’il était obligé de prendre pour sa santé, avec des créatures qu’il laissait libres, le dégoûtèrent de cette jouissance. D’ailleurs, comme il avait formé le projet de multiplier l’espèce des hommes-à-queue et d’en peupler l’île entière de Bornéo, pays originaire, il voulait pouvoir surveiller tous les enfants qui lui naîtraient. Ses trois femmes étant grosses, il ne voulait plus les fatiguer. Quand il fut lié avec Mme Linars, il aurait bien cherché à déflorer sa future, ou à se donner une des nièces ; ou la cuisinière, ou la femme de chambre. Mais il trouva que tout cela avait ses inconvénients. Il réserva ce supplément de ressources pour après son mariage. La première qu’il attaqua, ce fut sa belle-mère future. Il lui fit un jour un présent de deux mille écus en espèces. Et, la voyant dans l’extase de la reconnaissance, il lui mit la main sous la jupe, en lui disant :

- Autant tous les six mois, si je vous le mets. Et ne craignez pas de faire du tort à votre fille ! Elle n’en aura que trop de reste…

Comme il était extrêmement fort, tout en parlant, il la renversait, l’enfilait. La dame se trouva prise sans l’avoir prévu. Elle fut rabatelée une dizaine de fois, tant elle était vigoureusement contenue… Enfin devenue libre, elle lui dit :

- Oh, quel homme !

- Je suis tel (répondit-il) que votre fille et vous, quand vous m’aurez toutes deux, me donnerez vous-même des maîtresses, pour vous reposer.

La dame, qui aimait le jeu d’amour, sourit, en rougissant d’espérance et de plaisir.

Elle fut exploitée tous les jours, en attendant celui du mariage de sa fille. Quand ce jour fut arrivé, effrayée pour une jeune vierge, elle pria l’inépuisable Fysitère de la ménager !

- Six fois, répondit-il, pas plus, si vous me promettez de me recevoir ensuite, ou de me donner Lucie, l’aînée de vos nièces ?

- Non ; mais je vous donnerai Geoline, ou Marète, celle que je pourrai avoir le plus facilement…

Le soir des noces, Fysitère, quoiqu’il eût toutes les nuits fourbi Mme Linars, était impatient à trépigner, d’avoir sa mariée. Il l’enleva comme une plume, dès qu’on eut soupé, se jeta sur elle, et lui fit pousser des cris effrayants. La mère, alarmée, accourut avec Geoline, au moment où Fysitère, sans trop s’embarrasser des gémissements de la jeune personne, la recommençait. La mère le laissa l’achever. Puis, sur l’instante prière de sa fille, elle la retira du lit, pour laver le sang et le suc d’homme dont sa conque martyrisée était remplie. Fysitère saisit alors Geoline, et la viola, malgré ses clameurs. Il la retint sous lui quatre à cinq fois… Elle profita d’un intervalle pour s’échapper. Mais Fysitère menaça Mme Linars, si elle ne remplaçait pas sa fille, de tourmenter celle-ci jusqu’au jour… La dame était fatiguée. Elle alla chercher Marète, qu’elle enferma dans la chambre nuptiale. Fysitère la viola, et la contint sous lui quatre fois ; puis il lui permit de dormir.

Dans le jour, il assoupit les plaintes des deux filles domestiques, et même il les gagna, en leur constituant douze cents francs de rente à chacune. Mais elles demandèrent du repos, pour la nuit suivante… Le soir, Fysitère ramona six fois sa nouvelle épouse, qui prit un peu de goût à la chose ; puis sa mère, reposée, fut à son tour fourgonnée six autres fois. Ce qui suffit à l’homme-à-queue.

Le soir du troisième jour, il ne ramona sa femme qu’une fois ; car elle demanda grâce. Il eut ensuite Geoline, six fois ; puis Marète, cinq fois. Ce qui fut la dose à laquelle il se régla. Il eut, le quatrième soir, sa femme, une fois ; sa belle-mère quatre ; Geoline trois ; Marète quatre : douze en tout. Il en agit ainsi pendant deux mois.

- Mais, lui dit Mme Linars, vous vous épuisez ! A quoi bon nous le mettre tant de fois ?

- Mon but est de faire des enfants, pour en repeupler une île des Indes, dont les hommes de mon espèce sont originaires. Dès que vous serez grosses, je ne vous le mettrai plus ; vous m’en donnerez d’autres ; mais surtout vos filles et vos nièces, parce que vous êtes toutes d’un beau sang. Je leur ferai à chacune six mille francs de revenu, et douze cents francs seulement aux étrangères que vous procurerez…

Mme Linars fut très étonnée de cette proposition ! Mais les six mille francs de revenu pour ses filles et ses nièces la tentèrent.

Au bout des deux mois, et de six semaines de mariage, Mme Linars, la nouvelle épouse, Geoline et Marète se trouvèrent enceintes. Fysitère leur déclara qu’il ne les verrait plus qu’après leurs couches. Et il pressa Mme Linars de lui donner ses nièces, et deux de ses filles ?… Elle fut obligée d’y consentir. Elle les conduisait elle-même, après les avoir instruites, et assistait à leur défloration, calmant leurs cris par ses discours et ses caresses.

- Ma raisonnable enfant, disait-elle à Lucie renversée sur le dos, et qu’on troussait, il est doux d’avoir 6 mille fr. de rente !… Cinq cents francs par mois ! ajouta-t-elle en la pommadant… Et foncières, ma chère nièce ! (dirigeant le gros membre dans sa fente).

Aussi la belle Lucie, quoique vierge, ne cria-t-elle pas.

Vint ensuite Annette, la seconde. Sa mère l’exhorta, la pommada, insérant son index onctué le plus profondément possible, pour frayer la route. Elle introduisit le membre dans la fente ainsi préparée. Cependant Annette, perforée, jeta les hauts cris. Mais ils n’arrêtèrent pas Fysitère, dont Mme Linars caressait la queue poilue, qui frétillait vivement.

- Ah ! maman ! (lui dit-il) mets-toi sur moi, et te l’enfonce dans ta conque ; tu auras bien du plaisir !

Elle le fit, et fut si ravie qu’elle appela sa fille aînée et les chambrières, pour leur procurer les mêmes délices.

Annette suffisamment ramonée, et demandant grâce, Geoline la remmena, pour laver le sang et le sperme, dont son bijou était barbouillé ; et Mme Linars alla chercher Sophie, sa seconde fille. Geoline et Marète l’apportèrent nue assise sur leurs mains jointes. Mme Linars la pommada ; puis elle intromit. Geoline s’enfila avec la queue poilue, au refus d’Adélaïde, l’épouse. Sophie ne poussa que quelques gémissements au premier assaut ; elle riposta aux deux autres. Elle fut cependant ensanglantée. Geoline se fourgonna de la queue à poil durant toute la séance.

Fysitère n’avait joui que neuf fois. Il lui en fallait trois encore. On alla lui quérir Julie, la troisième soeur, âgée de dix-sept ans. Sa mère la pommada. Ce qui ne l’empêcha pas de crier, parce qu’elle était fort étroite. Julie et sa cousine Annette furent les deux qui n’émirent pas dans le coït, les quinze premiers jours. Lucie fut prise tout de suite, et Sophie trois jours après. Mais elles n’en dirent rien, aimant le plaisir. Quant à Julie et Annette, il s’écoula trois mois avant qu’elles fussent enceintes… Marète se farfouillait avec la queue poilue pendant les assauts de Julie.

Lorsqu’il fut bien décidé que les quatre belles avaient le sac rempli, Mme Linars fut requise de donner ses trois dernières filles, et une cousine du côté gauche, fille hors mariage de son mari, nommée Naturelle-Linars ! Elles lui furent livrées, et Justine, Aglaé, Emilie même, qui n’avait pas quatorze ans accomplis, se virent enfilées dans une seule nuit, malgré leurs cris et la déchirure de leurs jeunes appas. Naturelle avait vingt-et-un ans ; ce fut une délicieuse jouissance, que l’homme-à-queue, fatigué, avait réservée pour la dernière. Celle-ci fut engrossée sur-le-champ ; et les trois autres, malgré leur jeunesse, ne l’échappèrent pas dans le cours du mois. Elles étaient régulièrement fourgonnées trois fois par nuit ; mais soit qu’elles eussent moins de tempérament, soit qu’étant plus étroites, elles souffrissent toujours, elles furent ravies lorsqu’elles furent déclarées enceintes. L’homme-à-queue avait en ce moment, de fécondées, 14 femelles, qui lui promettaient au moins 14 enfants.

À cette époque, Mme Linars accoucha d’une fille. Un mois et demi après, Adélaïde, ou Mme A-queue, mit également une fille au monde. Puis Geoline et Marète eurent chacune un garçon. Annette et Lucie chacune une fille. Toutes six voulurent nourrir. Ce qui fut exécuté dans une terre écartée, du côté de Seignelai, éloignée des routes, comme de l’Yonne, mais sur la petite rivière de Serin.

Cependant, comme les unes nourrissaient, et que les autres étaient encore enceintes, il fallait de nouvelles femmes à Fysitère. Il demanda permission à Mme Linars de reféconder ses trois premières concubines, Mme Guae, sa soeur Doucète, et la carmélite, qui n’était plus hystérique depuis ses couches. La belle-mère y consentit avec la plus grande joie ; car elle était fort embarrassée pour trouver à son gendre des sujets fécondables. Elle avait déjà bien marqué les quatre pucelles les moins laides du village, et même une cinquième, la plus jolie, femme mariée, stérile avec son mari ; elle les avait presque gagnées, au moyen des douze cents francs par année, mais elle n’était pas encore sûre de leur discrétion… Les trois concubines étaient mandées. Elles arrivèrent.

Dès le même soir, elles furent mises toutes trois dans un grand lit propre à cinq personnes ; Fysitère s’y coucha au milieu : Il les palpa toutes ; puis il prit Mme Guae, la plus voluptueuse, qu’il fourgonna trois fois avec fureur. Il saisit ensuite Doucette, que ses tendres gémissements lui firent ramoner en enragé. En la quittant, il sauta sur la carmélite, qu’il exploita six fois, sans désarçonner. Mais elle l’assura qu’elle était guérie de sa maladie, et elle le pria de se partager également entre elles trois ! Ce qui fut arrêté.

Le lendemain, Mme Linars, qui avait tout écouté pendant la nuit, demanda aux trois parentes comment elles appartenaient à Fysitère ! Mme Guae répondit :

- Nous allons vous faire notre histoire qui vous paraîtra singulière ! En même temps qu’elle vous donnera une idée juste de notre mari à toutes, qui est un homme d’une nature particulière.

Mme Linars ne demanda pas mieux que de l’entendre. Mais elle fit observer à Mme Guae que ce récit ne seraì t pas moins agréable aux 12 autres femmes de Fysitère ! Mme Guae en convint, et Adélaïde, Sophie, Julie, Justine, Aglaé, Emilie, Lucie, Annette, Geoline, Marète, Naturelle, appelées par Mme Linars, vinrent avec elle assister à la narration que fit la belle Mme Guae, en présence de Doucette sa soeur, et de Victoire, la carmélite leur cousine.

Voir en ligne : De la garce insatiable (chapitre XXXV)

P.-S.

Texte établi par EROS-THANATOS d’après le roman érotique de Nicolas Edme Restif de La Bretonne, L’Anti-Justine ou Les Délices de l’Amour, Au Palais Royal chez feue la Veuve Girouard, Paris, 1798.



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