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Les Délices de l’Amour

De la fouteuse sensée : Histoire

L’Anti-Justine (chapitre XXXIII)



Auteur :

Nicolas Edme Restif de La Bretonne, L’Anti-Justine ou Les Délices de l’Amour, Au Palais Royal chez feue la Veuve Girouard, Paris, 1798.


Chapitre XXXIII
De la fouteuse sensée. Histoire.

Le lendemain, après mon travail, je vins voir ma fille. Elle était dans mon magasin. Elle m’embrassa la première, et me dit :

- Au nom de Dieu, cher papa, ménagez-vous ! j’ai besoin de votre tendresse paternelle plus que jamais… Que deviendrais-je si je vous perdais ? Vous êtes le meilleur des pères ; vous me donnez le nécessaire et la volupté. J’ai un bijou insatiable ; mais votre Traitdamour l’emplit et le satisfait au delà de toute vraisemblance. Je suis bien sensible au don que vous m’en avez fait. Aussi la reconnaissance et la tendresse sont pour vous ; je ne lui donne que du…

- Foutre, mon adorable fille… Tu es toujours également modeste.

- J’ai aussi beaucoup d’obligation à Traitdamour d’avoir amené sa petite soeur et sa jolie maîtresse ; surtout d’avoir donné celle-ci à ses deux vaillants camarades pour me rester plus entier et vous soulager d’autant, vu mon extrême chaleur. Ces jeunes filles sont de bonnes petites créatures, et valent mieux que Rosemauve, qui cependant n’est pas sans mérite… Ménagez-vous, cher papa. Ne voyez que moi ; c’est bien assez. Une partie, tous les huit jours, suffira pour vos forces. Traitdamour me donnera le surplus de ce qu’il me faut. En ne jouissant que les dimanches, les garçons, les petites, tout comme nous, l’appétit et le plaisir seront plus grands ; nous passerons une demi-journée délicieuse… Mais je suis jalouse de vous et du beau Traitdamour ; ne le mettez qu’à moi. Avertissez-les tous de cela. C’est mon caractère que la jalousie. Et puis, où trouveriez-vous une femme ou fille qui me vaille ? Toujours propre, abluée à chaque pipi, autant par volupté que par délicatesse ; car j’ai cet endroit, que vous avez la bonté de trouver charmant, toujours si chaud que je ne le mets jamais dans l’eau qu’avec une volupté qui approche de la jouissance. Ne me le mettez donc pas de la semaine, pour avoir plus de plaisir, sans vous tuer, le dimanche. Ne me touchez ni le bijou, ni le sein !

- Non (répondis-je) ; durant la semaine, je ne baiserai que ton joli pied. Et je veux toujours avoir une de tes chaussures au trumeau de ma cheminée !

- Rien de si flatteur, répondit-elle, que d’être ainsi adorée jusque dans sa parure. Aussi mon pied est-il soigné, comme vous l’adorez. Je le lave à l’eau-rose deux fois le jour matin et soir, et après avoir marché.

- Ah ! céleste fouteuse, que je le baise, que je le baise !

- Point de ces mots-là ! dans la semaine : ils vous excitent… Baisez votre idole ! j’y ai autant de sensibilité qu’ailleurs ; mais restez-en-là… Du reste, je suis à vous. Vendez-moi, livrez-moi, quand vous le voudrez ; je me donnerai avec plaisir pour vous ; comme une autre Ocyrhoé. [1] Je me privai donc, malgré moi ; mais par nécessité ; je me contraignais. [2]

Mais j’avais à ma cheminée sa chaussure rose à talons verts, à laquelle je rendais mon hommage tous les jours en l’honneur de la fille la plus pieuse et la plus dévouée qui ait jamais existé. Conquette-Ingénue, à qui je le dis le samedi, en fut transportée de joie. Elle darda sa langue, me fit sucer ses tétons, palper son poil soyeux, se mit à genoux, et dit avec ferveur :

- Mon Dieu ! je vous remercie de m’avoir fait naître d’un si bon père ! Nous ne vous offensons pas ; je rends à mon papa en plaisirs délicieux les soins qu’il a pris de mon enfance. Je suis le baume et le charme de sa vie ; il est le baume et le charme de la mienne ! Bénissez-nous !

Elle fit trois signes de croix, baisa la terre, et se releva, en disant :

- Doux Jésus, qui le mettiez à Madeleine, elle était aussi votre fille ; et en amour, vous le savez par expérience, rien n’est si voluptueux que l’inceste !…

Je fus si édifié de cette prière que je me propose de la faire recommencer, à la fin de nos parties.

Un instant après, à 8 heures et demie, toute la petite société, Traitdamour, Minone sa soeur, Conette sa maîtresse, Rosemauve, Cordaboyau et Brisemote, vinrent prendre langue pour la réunion du lendemain. Je donnai le mot et les retins à souper. Il y avait un excellent gigot de 18 livres, et du vin de Bourgogne, avec un pâté chaud. Après le repas, voulant les émoustiller tous, et moi-même, je fis lire par Rosemauve, devant nos hôtes, l’histoire suivante :

Voir en ligne : De l’homme-à-queue (chapitre XXXIV)

P.-S.

Texte établi par EROS-THANATOS d’après le roman érotique de Nicolas Edme Restif de La Bretonne, L’Anti-Justine ou Les Délices de l’Amour, Au Palais Royal chez feue la Veuve Girouard, Paris, 1798.

Notes

[1(…) Lacune.

[2(…) Autre lacune.



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