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Les Délices de l’Amour

Du bon mari spartiate

L’Anti-Justine (chapitre V)



Auteur :

Nicolas Edme Restif de La Bretonne, L’Anti-Justine ou Les Délices de l’Amour, Au Palais Royal chez feue la Veuve Girouard, Paris, 1798.


Chapitre V
Du bon mari spartiate.

Il faut néanmoins, avant de passer aux tableaux que je viens de promettre, rapporter en peu de mots, une aventure extraordinaire, que j’eus, rue Saint-Honoré, à vingt ans accomplis, en faisant mon droit.

J’étais voisin vis-à-vis d’un vieil horloger, qui avait une femme jeune et charmante. C’était sa troisième. La première l’avait rendu parfaitement heureux pendant douze ans ; c’était une ivresse. La seconde, durant dix-huit ans, à l’aide d’une soeur plus jeune, par laquelle la dame se faisait remplacer au lit dans ses moindres indispositions, pour que son mari ne foutît jamais avec dégoût. Cette excellente épouse ayant cessé de vivre, l’horloger avait épousé, âgé de soixante ans, la jolie, la délicieuse Fidelette, putative d’un architecte, et fille naturelle d’un marquis. La beauté de cette troisième femme n’avait pas d’égale, pour le moelleux et le provoquant. Son mari l’adorait ; mais il n’était plus jeune ! Cependant, comme il était riche, il lui prodiguait tout ce qu’elle paraissait désirer. Mais il n’atteignait pas le but, et Fidelette était chaque jour plus triste. Enfin, un soir, ce bon mari lui dit :

- Mon ange ! je t’adore, tu le sais ! Cependant tu es triste, et je crains pour tes jours précieux ! Tout ce que je fais ne te flatte en rien ? Parle ! c’est un ami tendre qui t’en conjure ! Dis-moi ce que tu désires ? Tout, tout ce qui sera en mon pouvoir, va t’être accordé !

- Oh ! tout (dit la jeune femme).

- Oui, tout, fût-ce… Est-ce à ton coeur ? est-ce à ton divin connin, qu’il manque quelque chose ?

- Tu remplis mon coeur, cher mari ! Mais j’ai des sens trop chauds, et, quoique blonde cendrée, mon bijou a des démangeaisons… terribles !

- T’est-il indifférent qui le satisfasse ; ou aurais-tu un goût ?

- Sans aimer, j’ai un goût… un caprice… Mais je n’aime que toi.

- Qui excite ta main, que je vois en ce moment chercher ton gentil petit chose ?

- Tiens ! ce voisin… qui me regarde… et dont… je me suis déjà plainte…

- J’entends !… Tu as dû me trouver bien bouché !… Passe au bain, mon ange adoré.. je reviens dans l’instant.

Il courut me trouver.

- Jeune voisin ! On dit que vous aimez Mme Folin l’horlogère ?

- Ma foi, on dit vrai ; je l’adore.

- Venez.

- Il en arrivera ce qu’il pourra. Allons.

Il me prit la main, et nous allâmes chez lui.

- Déshabillez-vous ; passez dans ce bain, que ma femme quitte. Voilà de mon linge. Régalez-la en nouvelle mariée - ou ménagez-vous pour différentes nuits ; à votre choix et au sien…. J’adore ma Fidelette ; mais, pour cette épouse chérie, je suis content dès que je la vois satisfaite, heureuse. Quand vous l’aurez foutue, que son petit connin aura bien déchargé, je l’enconnerai à mon tour, pour lui porter mon petit présent.

Et il me fit entrer dans le lit où sa femme était depuis le bain. Il s’en allait.

- Mon cher mari ! (s’écria cette timide Colombe), tu me laisses seule avec un inconnu ! Oh ! reste ! et si tu m’aimes, sois témoin des plaisirs que je ne devrai qu’à toi !…

Et elle nous baisa tous deux sur la bouche… Le lit était vaste. Le bon Folin s’y mit avec nous… Je grimpai sur le ventre de la jeune épouse, aux flambeaux allumés, au vu du mari, et j’enconnai roide… Elle répercutait avec fureur.

- Courage, ma femme ! (criait l’excellent mari, en me chatouillant les bourses) … Décharge, ma fille ! Hausse le cul !.. darde ta langue… ton fouteur va t’inonder !… Toi, jeune vit, plonge… plonge !… Lime… Lime-la…

Nous déchargeâmes comme deux anges… Je la foutis six fois dans la nuit, et les deux époux furent très contents de moi… J’ai eu cette jouissance céleste, et plus qu’humaine, jusqu’aux couches de Fidelette, qui perdit la vie, en la donnant au fruit de notre fouterie.

Voir en ligne : L’Anti-Justine (chapitre VI)

P.-S.

Texte établi par EROS-THANATOS d’après le roman érotique de Nicolas Edme Restif de La Bretonne, L’Anti-Justine ou Les Délices de l’Amour, Au Palais Royal chez feue la Veuve Girouard, Paris, 1798.



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