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Les Délices de l’Amour

Du fauteuil

L’Anti-Justine (chapitre XXXIX)



Auteur :

Nicolas Edme Restif de La Bretonne, L’Anti-Justine ou Les Délices de l’Amour, Au Palais Royal chez feue la Veuve Girouard, Paris, 1798.


Je suis parvenu au second volume de cet ouvrage, destiné à ranimer les maris blasés, auxquels leurs femmes n’inspirent plus rien. Tel est le but des nequices de cette excellente production ! que le nom de Linguet rendra immortelle

Chapitre XXXIX
Du fauteuil.

Le dimanche arrivé, il y eut un joli dîner, qui fut servi dans mon magasin. J’y avais fait mettre, outre le lit et le vieux sofa, un 3me foutoir commode, que j’avais trouvé par hasard chez un serrurier de la rue de la Parcheminerie, qui l’avait acheté pour le fer et l’acier seulement, à l’inventaire de certain duc. J’en fis l’histoire à ma société :

Ce fauteuil, ou foutoir, se monte. Le serrurier le monta un jour, pour en voir le mécanisme. Il allait s’y asseoir, au 1er. La jeune femme très potelée de son vieux voisin Aupetit, le perruquier, arriva. La jolie voisine, essoufflée, se jeta sur le diable de fauteuil. Aussitôt elle fut saisie par les bras. Un ressort la troussa, et un autre lui écarta les cuisses. Un autre lui fit faire beau con ; un troisième la fit osciller.

- Eh ! qu’est-ce donc que ce machin-là ? s’écriait-elle.

- Ma bonne foi si je le savais ! répondit le serrurier ; j’ai monté la machine pour la connaître ; mais je vois que c’est celle avec laquelle le duc de Fronsac essayait les filles récalcitrantes, que des parents maladroits lui avaient vendues. Si vous voulez, ma voisine, je vais vous essayer ?

- Allons donc ! Est-ce qu’on viole jamais une femme malgré elle ? Je mordrais…

L’homme-de-forge se déculotte ; se met sur elle. La traquenardée veut le mordre. Un ressort assez doux lui fait ouvrir la bouche, et, en l’angoissant un peu, la force à darder sa langue. Le suppôt de Vulcain profite de tout cela, et enfile la perruquière, qui ne put l’empêcher, ni même crier… L’opération faite, la machine se trouva au bout de ses rouleaux, et Mme Aupetit ne fut plus contenue. C’est alors qu’elle se mit à pleurasser, à criasser, comme si elle avait été au désespoir.

- Grand’bête ! (lui dit le Cyclope) je vous ai trop bien opérée pour que vous ne deveniez pas grosse ; vous aurez un enfant, que votre vieux jean-foutre ne vous aurait jamais fait. Mais il faut un peu de ruse. Dès aujourd’hui dites-lui que vous achevez une neuvaine à Saint Julien, qu’il vous travaille ç’te nuit, et que le Saint bénira ses travaux. Remuez du cul, quand il vous le mettra ; dites-lui des foutaises, et, s’il déchargeote un peu, pâmez-vous, en disant qu’il vous inonde.

Mme Aupetit s’en alla munie de ces instructions, qu’elle mit en pratique. Le fauteuil me fut prêté le lendemain.

Le Cyclope, m’ayant vu passer, m’appela, me montra la machine, me la vanta, et me mit au fait de son usage. Elle me fut donnée à l’essai, et je la destinai aux bégueules, s’il nous en venait à nos orgies. Je remis à monter la machine quand il serait à-propos, afin de ne pas en éventer le secret. Nous nous y assîmes trois en dînant, Mme Poilsoyeux, une jolie chapelière de la rue Bordet ou Bordel, amenée par Traitdamour, et nommée Tendrelys ; j’étais au milieu. In petto je réservais le fauteuil monté à la jolie Tendrelys, encore pucelle, quoique Traitdamour lui eût quelquefois déchargé entre cuisses ; ou, si la chapelière était docile, à Rosemauve, ou à sa soeur Rosalbe la blonde, ou enfin à notre hôtesse Mme Brideconnin, que je voulais mettre de nos fêtes, ainsi que son mari, voulant le faire cocu en sa présence… Nous dînâmes bien, mais sans trop manger, ni trop boire. Nous avions d’ailleurs de la volaille, et toutes choses de facile digestion. On ne tardera pas à voir comment j’exécuterai tous mes projets.

Voir en ligne : Des cons rasés (chapitre XL)

P.-S.

Texte établi par EROS-THANATOS d’après le roman érotique de Nicolas Edme Restif de La Bretonne, L’Anti-Justine ou Les Délices de l’Amour, Au Palais Royal chez feue la Veuve Girouard, Paris, 1798.



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