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Les Délices de l’Amour

Du fouteur à la Justine

L’Anti-Justine (chapitre XV)



Auteur :

Nicolas Edme Restif de La Bretonne, L’Anti-Justine ou Les Délices de l’Amour, Au Palais Royal chez feue la Veuve Girouard, Paris, 1798.


Chapitre XV
Du fouteur à la Justine.

Le moine ôta d’abord sa robe. Mais nous l’avions tous vu. Il mit ensuite à l’air un vit, si monstrueux que ma fille tremblante m’étreignit dans ses bras.

- Oh ! qu’il est gros (dit Vitnègre).

- Il a tué deux de mes soeurs religieuses, qui avaient fait chacune deux enfants de notre Prieur. J’ai tué toutes les femmes que j’ai enconnées ; il n’y a que ma mère que je n’ai pas écalventrée ; mais je n’eus pas de plaisir ; la vieille garce ne saigna presque pas ! j’eus peu de plaisir… Pour ta femme… Ah, quelle rage !… Mais elle est foutue… elle sera morte avant que j’aie achevé de l’enconner… Je l’enculerai expirée… Je t’en apporte le prix : 60 mille francs en billets de la caisse…

Vitnègre le compta ; les serra.

- Si je pouvais l’enconner une pauvre fois !

- Tu te fous de moi !… Après, après ; elle sera encore chaude…

Je frémissais ! et comme j’avais deux pistolets chargés, je fus tenté de brûler la cervelle à ce monstre ; mais il allait avoir la vérole…

- Voulez-vous, avant qu’elle soit abîmée, lui voir le con ? sa jolie figure ?

- Non ! cela m’amollirait le vit…. Conduis-moi sans lumière.

Ils vinrent à tâtons.

Vitnègre précédait, pour éloigner Lenfonceur. Trouvant une femme seule, et troussée, il voulut lui mettre, en soupirant, sa langue dans le con. Elle l’en empêchait, quand le moine faillit de l’écraser, en tombant sur la fille. Vitnègre fut obligé de se retirer a quatre. Le premier acte du Père Foutamort (comme Vitnègre le nomma), ce fut de mordre le bout des tétons de sa monture, en lui dardant son engin, qui ne pouvait entrer dans ce vaste con, encore élargi par une éponge, que la fille venait d’en ôter. Conillette fit un cri perçant ! Et, se sentant déchirer le con, elle voulut se dérober, en égratignant des deux mains. Foutamort, qui savait bien qu’elle ne pouvait en échapper, et dont le plaisir était d’autant plus grand à tuer une femme, qu’elle était plus belle et plus étroite, ne la ménagea pas ; tout en l’écartelant, il lui arracha le bout des seins avec ses dents. Un profond évanouissement, ou la mort, fit cesser ses cris… Je me repentis de n’avoir pas d’abord tiré un coup de pistolet à bout portant dans la tête du moine… Mais les voisins au bruit auraient peut-être enfoncé les portes ; ce fut ce qui me retint… Foutamort, parvenu au fond du con de la fille écalventrée, déchargea enfin en jurant et rugissant.

- Fous un coup (dit-il à Vitnègre), avant que j’encule la garce !

Le scélérat vint ; mais, sentant un cadavre plein de sang, il se retira.

- Elle est morte ! (dit-il).

Foutamort la tâta :

- Non ; le coeur bat encore ; vite que je l’encule.

Le cul de Conillette était bien plus étroit que son con ; le moine haletait. Il en vint cependant à bout, car il dit à Vitnègre :

- Je n’ai fait qu’un trou des deux.

Et il déchargea horriblement !…

Ma fille, épouvantée, m’étreignait par le milieu du corps. Vitnègre pleurait :

- Ma pauvre femme ! je t’ai livrée à ton bourreau !

- Ne te l’ai-je pas payée ? (dit le moine) Elle est bien à moi… Ainsi, va te coucher, et fous tes 60 mille livres ; tu me gênes. Pour moi, pendant qu’elle est encore chaude, je vas, pour mon argent, foutre cinq à six fois le cul et le con de ma putain.

Vitnègre alla se coucher dans un petit cabinet, où il s’enferma.

Aussitôt Foutamort s’acharna inépuisablement sur sa victime expirée… Enfin, épuisé, il alla chercher la lumière, pour en repaître ses cruels regards… J’ai dit que la fille était jolie.

Elle est belle encore ! (dit le monstre) Mais la figure de la putain est toute bouleversée ; elle ne se ressemble plus à elle-même…

Il lui regarda le con, en lui soulevant le cul… Il la laissa retomber, en éclatant de rire :

- Ma foi, la gueuse n’a plus qu’un cul, ou qu’un con… je ne sais lequel… Mais est-elle bien morte ?

Il la déshabilla, l’emporta nue dans l’autre pièce, la mit sur une grande table ; alla prendre un vaste saladier ; tira un bistouri [Nous le voyions par la cloison vitrée].

- Décharnons-la.

Il lui cerna la partie charnue des seins, la motte tout entière, la chair des cuisses ; lui fendit le ventre, lui arracha le coeur, les poumons, le foie, la vessie, la matrice ; la retourna, lui enleva la chair des fesses, lui coupa les pieds chaussés, qu’il mit dans une poche, les mains, qu’il serra dans l’autre. Il la retourna encore ; lui coupa la langue, la tête, ôta la chair des bras. Il vint ensuite chercher sa chemise et un drap du lit, en disant :

- Voilà un bon régal pour nos moines et pour moi.

Le terrible anthropophage mit le saladier dans la chemise ; ensevelit le corps dans le drap ; fit lever Vitnègre pour le coudre ; puis il lui dit de publier le lendemain que sa femme se mourait ; de la mettre le soir dans une bière, et que lui moine se chargeait de la faire enterrer. Et, après lui avoir recommandé de bien effacer au grand jour toutes les traces de sang, il sortit vers les 3 heures du matin, emportant son saladier de chair humaine.

Vitnègre pleura d’abord. Mais, nous ayant entendu remuer pour sortir, le lâche eut une frayeur si grande qu’il alla s’enclore dans son petit cabinet. Nous sortîmes donc tout à notre aise. Comme nous traversions la petite cour, nous entendîmes les voisins qui disaient fort bas :

- Il ne l’a pas tuée ; voilà qu’on l’emmène !…

Nous nous mimes à fuir par de petites rues, dès que nous fumes dehors, de peur d’être suivis. Et bien à-propos ! nous entendîmes courir. Mais on ne prenait pas notre chemin. Je remenai ma fille à sa pension, laissant là Timori, pour observer, et lui promettant de revenir dans une demi-heure.

- Voilà donc (me dit-elle), quel serait à présent mon sort, si, en vous accordant mes faveurs, je n’avais pas reculé votre départ ! Ô mon cher papa ! tout mon corps est à vous, pour en faire ce que vous voudrez !

Je lui demandai sa bouche. Elle me darda sa langue ; et nous arrivâmes. Je lui dis de se coucher.

- Non, non ! et mes malles.. mes bijoux ; si nous pouvions les avoir ?

J’admirai sa présence d’esprit !… Il était près de 5 heures. Je courus rejoindre Timori, qui se promenait devant la porte.

- Rien encore (me dit-il).

Un instant après, nous vîmes sortir Vitnègre. Timori le suivit, et j’allai chercher ma fille, sa présence nous étant nécessaire, si d’officieux voisins nous arrêtaient. A mon retour avec ma fille et deux crocheteurs, je retrouvai Timori, qui nous dit que Vitnègre avait passé le boulevard. Ma fille ouvrit. Nous chargeâmes quatre malles préparées, mais cachées ; nous sortîmes sans être vus, et nous allâmes par des rues détournées, chez mes affidés.

Ce fut alors que ma Conquette fut tranquille ! Elle se coucha, et nous allâmes reposer chacun chez nous, Timori et moi.

Voir en ligne : Foutoir ; enterrement ; amour (chapitre XVI)

P.-S.

Texte établi par EROS-THANATOS d’après le roman érotique de Nicolas Edme Restif de La Bretonne, L’Anti-Justine ou Les Délices de l’Amour, Au Palais Royal chez feue la Veuve Girouard, Paris, 1798.



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