Eros-Thanatos Bibliothèque de littérature érotique : histoires, textes, récits et confessions érotiques

Accueil > Romans érotiques > L’Anti-Justine > Du père juste, et du vit grisonnant

Navigation



Les Délices de l’Amour

Du père juste, et du vit grisonnant

L’Anti-Justine (chapitre XIX)



Auteur :

Nicolas Edme Restif de La Bretonne, L’Anti-Justine ou Les Délices de l’Amour, Au Palais Royal chez feue la Veuve Girouard, Paris, 1798


Chapitre XIX
Du père juste, et du vit grisonnant.

On sera sans doute surpris de ce qu’on va lire, d’après les sentiments que je viens de professer !… Ne me préjuge pas, téméraire ! Pour me connaître et prononcer, attends.

Je connaissais un de ces gourmets de plaisir, gros homme vigoureux, lubrique à l’excès, nommé Montencon. Il m’avait donné souvent à dîner, rue Troussevaché, où il demeurait, m’y avait fait enconner la petite Vitsucette, sa maîtresse, en me la tenant lui-même. Il m’avait même procuré la fille de son hôtesse, Petit Bijou, séduite par un noble, appelé de Foutâne, qui l’avait ensuite rendue putain. Elle nous amusa toute une après-dîner ; Montencon ayant grisé la jolie Adélaïde Hochepine, il eut la politesse de me la faire enconner le premier, et chatouiller les couilles par sa maîtresse. Ensuite il l’encula, également chatouillé par Vitsucette. Je la refoutis, après que la Vitsucette de Montencon me l’eut lavée. Mais celui-ci nous dit :

- J’ai mes raisons. J’embouche la jolie garce.

L’ayant embouchée, et lui ayant fait avaler son foutre, en haine de Foutâne, j’en fus dégoûté, ainsi que de la Vitsucette, dite la Baiseuse, à laquelle il en faisait autant. Je n’y étais plus retourné. Ce fut cet homme que j’invitai à dîner dans mon petit magasin, pour aguerrir et m’élargir un peu ma fille (car j’avais fait donner séparément aux trois payeurs à gros vits de Vitnègre, MM. Lélargisseur, Percecul et Cognefort, l’espoir de la retrouver, ou sa pareille).

Montencon était connu de Conquette, dont il avait foutu la mère avant la vérole. Il n’en avait que plus envie de le mettre à la fille. Je le trouvai dans l’escalier, en arrivant moi-même. Je l’introduisis. Il demeura immobile de joie et d’admiration, en voyant une femme si belle !… J’avais affaire ; je ne restai qu’un moment, en lui disant, que je lui laissais ma fille pour compagnie. Il balbutia, en me reconduisant :

- Elle est ravissante ! Quel goût dans sa parure ! Comme elle est chaussée ! et quel dommage qu’un Vitnègre ait eu ce pucelage-là !

- Vitnègre ? Elle est pucelle.

- Ô mon ami ! puis-je y tenter ? et tâcher de mettre au moins une corne à ce gredin-là ?

- Fais-y ce que tu pourras. Mais je doute du succès, avec ton poil gris. Il n’y a que les catins blasées, qui souffrent les barbons vigoureux et libertins ; avec les pucelles sages, il faut être tendre ; et tu as la figure d’un satyre, ou d’un réprouvé. Mais tente-z-y.

Après mon départ, Montencon essaya d’abord de la galanterie. Mais n’y gagnant rien, il culbuta Conquette à l’improviste sur le foutoir ; et, comme il était vigoureux, il lui approcha, en la contenant d’une main, le vit des lèvres du con… Cependant il ne put l’enfiler ; un coup de cul en arrière le débusquait… Il allait la menacer de la poignarder, lorsque je rentrai. Conquette se rajusta, sans marquer d’humeur. Je dis tout bas à Montencon :

- Le pucelage ?

- C’est un diable ! J’en serai réduit à me branler !

- Tu la foutras.

Nous nous mimes à table. Conquette parla comme à l’ordinaire à son vellivioleur, et rit même avec lui. Tout haut, devant moi, il lui demanda, d’où vient elle ne s’était pas laissée enconner ?

- Fi donc ! (répondit-elle). Eh ! d’où vient l’aurais-je souffert ?

- Parce que je bandais comme un carme.

- Vous parlez comme un Vitnègre…

Montencon ne m’en raconta pas moins ses entreprises, en termes savoureux. Il loua la beauté de la conque, le soyeux du poil, la blancheur des fesses, la fermeté des tétins, le rosé du bouton, l’éburnité ou l’ivoire du ventre et des cuisses : Il extolla le pied, la jambe de la belle… Conquette, ainsi louée, rougissait, et n’en était que plus modeste. Je répondis, Que j’étais le seul qui foutît ma fille, à laquelle j’avais sauvé la vie, et que j’avais déflorée, il y avait 8 jours. Et je racontai toute l’histoire.

- Vous la foutez ?

- Eh ! qui donc la foutra ? Je suis deux fois son père…

Montencon se mordit les lèvres. Conquette m’embrassa.

Pendant tout le dîner, nous admirions le voluptueux tour de hanches de Mme Poilsoyeux, à chaque fois qu’elle se levait, pour aller demander un plat, ou qu’elle donnait des assiettes. Elle avait un joli soulier rose à talons verts, élevés, minces ; des bas de soie blancs neufs, à coins roses. Je lui demandai si elle était jarretée au-dessus du genou ?

- Certainement ! (répondit-elle) toujours.

- En ce cas (repris-je), montrez-nous la plus jolie jambe qui soit au monde !

Elle refusait. Mais nous l’en pressâmes tant que, pour se débarrasser de nos prières, elle mit le pied sur une chaise, et nous montra, jusqu’au dessus du genoux, une jambe à faire bander un moribond… Nous entrâmes en rut, Montencon et moi ; mais nous nous modérâmes. Cependant le grisonnant Ribaud, dans un moment où ma fille était sortie, me proposa de l’enivrer, en mettant du champagne, qu’il avait apporté, dans son vin rouge, au lieu d’eau. Je feignis d’y consentir. Mais, avant que Conquette rentrât, j’allai au devant d’elle, et l’avertit de tout. Puis j’ajoutai :

- Ma raisonnable fille, il faut qu’il te le mette ; je l’ai amené exprès pour cela ; mais je ne savais comment faire. J’y réfléchissais, quand sa proposition m’a tiré d’embarras. Tu feindras de t’enivrer. J’en ferai autant ; et, par ce moyen, jamais il n’aura un pied sur toi. Il a l’engin assez gros, quoique moyen. Après lui, je t’aurai Traitdamour, mon ancien secrétaire, un joli garçon, qui achèvera de t’élargir suffisamment pour l’engin du Payeur que tu préfères… Il est averti de ton existence, et je n’ai demandé que quelques semaines pour lui procurer ta vue. Laisse-toi donc faire, ma reine ; j’empêcherai tout ce qui ne conviendrait pas.

- Je vous suis soumise ; disposez de moi (répondit-elle). Je me suis trop mal trouvée de vous avoir désobéi !…

Nous rentrâmes. Entre les deux portes, elle se découvrit un téton, et me le fit baiser.

Montencon avait arrangé la carafe en vin de Champagne. Conquette, prévenue, le remarqua ; s’en procura une autre d’eau, et réserva le vin, pour griser Montencon lui-même. Mais le Ribaud était inenivrable, autrement que par les beaux yeux et les autres charmes de ma voluptueuse Conquette-Ingénue.

Voir en ligne : Du, Ah, comme elle fut foutue ! (chapitre XX)

P.-S.

Texte établi par EROS-THANATOS d’après le roman érotique de Nicolas Edme Restif de La Bretonne, L’Anti-Justine ou Les Délices de l’Amour, Au Palais Royal chez feue la Veuve Girouard, Paris, 1798.



 RSS 2.0 | Mode texte | Plan du site | Notice légale | Contact
Psychanalyse Paris | Psychanalyste Paris | Annuaire Psychanalystes Paris | Annuaire Psychanalyste Paris | Blogs Psychanalyse Paris