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Journal intime d’une soubrette

En qualité de femme de chambre

Confessions érotiques (III)



Mots-clés :

Par ***, Le Journal intime d’une soubrette, Éditions Richepanse, Paris, 1935.


EN QUALITÉ DE FEMME DE CHAMBRE
III

J’ai trouvé la place rêvée. Je viens d’entrer en qualité de femme de chambre chez un riche banquier qui habite le quartier de l’Etoile. Cet homme est veuf, et n’a qu’un fils, élégant adolescent de dix-sept ans. L’hôtel particulier du banquier Dubanay (c’est ainsi qu’il se nomme), est un ravissant immeuble, entouré d’un joli jardin. Le personnel se compose d’un chauffeur, qui loge en ville, d’un valet de chambre et d’une cuisinière, ménage de vieux serviteurs grognons, stylés et discrets. Je suis donc tranquille, et n’ai à craindre aucune entreprise amoureuse du côté des domestiques.

Mon patron est un homme d’une quarantaine d’années, aux cheveux grisonnants sur les tempes, à la silhouette élégante, d’une distinction qui ne trompe pas. Je le trouve même assez séduisant ; j’aurais pu plus mal tomber. Dès le premier jour de mon service, il m’a regardée avec beaucoup d’intérêt, et j’ai même lu dans ses yeux une flamme de désir.

Lorsque je me suis présentée pour me faire engager, j’ai revêtu une robe presque austère, et me suis abstenue de tout maquillage ; mais à présent que je suis dans la place, je ne me gêne plus : advienne que pourra. Je m’habille de robes de soie courtes qui moulent mes formes. Je porte des bas de soie extra-fins et transparents ; et je me fais les yeux d’une façon provocante. Cela me vaut les foudres du vieux valet de chambre qui me regarde avec un air nettement désapprobateur. Mais son opinion m’est bien égale. Ce qu’il me faut, c’est « avoir » le patron.

Lorsque je sers à table, je m’arrange toujours pour frôler le banquier de ma poitrine aguichante, pour dévoiler en marchant mes jambes galbées. L’autre jour, il est entré dans sa chambre alors que je défaisais la couverture du lit. L’entendant venir, j’ai vivement retroussé ma robe jusqu’à mi-cuisse, feignant de rattacher une jarretelle rebelle. Il s’est arrêté sur le seuil, a souri à ce charmant spectacle, puis est entré en toussant discrètement. Avec une confusion feinte, j’ai rabattu mes jupes, et me suis remise à mon travail. Mais mon banquier était un peu congestionné.

Depuis quelques jours, je l’affole positivement, cherchant par toutes les occasions à me mettre sur son passage, à lui faire admirer mes formes. Enfin, je crois que je vais gagner la partie. Par un bel après-midi de dimanche, mes collègues de l’office sont allés se promener ; je suis seule dans la maison avec mon patron, qui travaille dans la bibliothèque.

Deux fois déjà j’ai passé dans la pièce, sous prétexte de service. Deux fois son regard brillant a suivi mes pas.

Je me risque une troisième fois, pour lui demander timidement mais avec un petit sourire s’il ne désire pas de thé. Alors, se reculant de son fauteuil, il me dévisage.
- Merci, Mariette, merci... Dites-moi, venez un peu par ici.

Je m’approche doucement, feignant la timidité. Souriant, il m’examine.
- Est-ce que vous vous êtes toujours fardée autant que cela ?

Je balbutie.
- Oui Monsieur, mais si cela choque Monsieur, je puis l’enlever...
- Pas du tout, voyons, je vous trouve charmante comme cela, oui charmante.

Doucement, il me prend la main, m’attire vers lui. Les yeux baissés, je m’avance.
- Oh ! Monsieur est bien bon...

Je le regarde, et soudain, avec une hardiesse folle, j’esquisse un petit sourire, suivi d’un clin d’œil canaille. Sans doute ce geste lui a-t-il plu, car il s’enhardit, et se levant, s’approche de moi. Alors je n’hésite plus : franchement provocante, je m’approche tout près de lui, et levant la tête, je le regarde droit dans les yeux, au point de le gêner.
- Ah ! petite vicieuse, murmure-t-il avec un rire faux.

Il a saisi ma tête entre ses deux mains, la hausse vers son visage. Mes lèvres s’avancent vers les siennes, brûlante et franche invite. Courbé sur moi, il m’embrasse violemment, cherchant tout de suite à violer ma bouche. Pour mieux le prendre au jeu, je résiste et oppose à sa langue hardie l’écran de mes petites dents blanches. Il lutte, le souffle un peu rauque, et tout contre mes yeux ses yeux implorent. Alors, doucement, je desserre les dents, entr’ouvrant ma bouche gourmande. Voracement, il s’y insinue, boit longuement la saveur de ma petite langue humide. Tout en m’embrassant, il se rassie, m’entraînant sur ses genoux. Volontairement je me fais lourde, cherchant à le pénétrer de la chaleur de mes fesses, à l’écraser de leur rondeur.

Le banquier Dubanay est un homme d’action. Déjà sa main quêteuse a violé le secret de ma jupe. Frémissants, ses doigts remontent sur mes cuisses, caressant leur peau satinée. Il monte, frôlant au passage mes jarretelles de soie, s’arrêtant enfin à la limite de mon pantalon très court. J’ai choisi cette culotte, parmi les plus collantes de ma collection, car je ne veux pas hâter exagérément les choses. La soie fine colle à mon ventre, bride mes cuisses, moule avec indiscrétion mes fesses rebondies, s’insinuant dans leurs plus secrètes profondeurs. Ce toucher affole mon patron ; maladroitement, perdant tout contrôle, il fourrage mon linge, cherchant à pénétrer sous la culotte bien serrée. C’est le moment que je choisis pour me dégager, et pour me rajuster, rieuse, en le menaçant du doigt. Tel qu’il est, dans le désordre de sa chemise fripée, de sa cravate dénouée, de son visage en sueur, le banquier ne m’impressionne plus du tout, et il le sait bien. C’est ce qui me permet de marquer un point à mon avantage... et je le regarde avec un sourire chargé à la fois de promesses et de moquerie.
- Voyons, Mariette, supplie-t-il... revenez...
- Y pensez-vous, Monsieur, vous m’avez bien assez compromise...

Mais, tandis que je gagne la porte, il me poursuit, un peu haletant. Décidément, je crois que j’ai marqué un avantage sérieux.
- Mais alors, je vous reverrai, dites... bientôt ?

Je le menace du doigt.
- Peut-être... plus tard... si vous êtes bien gentil !

Enfin, je m’enfuis, rieuse, certaine de ma victoire proche.

Durant les jours qui suivent, je fais exprès de me montrer distante, presque austère ; c’est à peine si je regarde mon patron durant le service. Mais lui ne me quitte pas des yeux. Plusieurs fois, il m’a couru après, espérant me trouver seule. Je me suis toujours arrangée pour déjouer ses plans ; il faut exaspérer le désir de l’homme.

Enfin, au bout de huit jours de ce manège, je me suis laissée aborder.
- Alors, Mariette, a murmuré Dubanay... quand ?

Je me retourne, le regarde avec effronterie :
- Quand ? Ce soir, à onze heures, dans votre chambre...

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

À l’heure dite, descendant avec précaution les escaliers, je gagne la chambre du banquier, et frappe discrètement. Presque aussitôt la porte s’ouvre, l’homme me guettait. Je souris, car tout est prêt pour me recevoir. Une bouteille de champagne qu’il a dû chercher lui-même à la cave, dresse son capuchon d’or au-dessus d’un seau à glace. Les lumières sont tamisés, du parfum répandu dans la chambre. Je ne suis pas peu fière à l’idée que tout cela est en mon honneur, en consécration de ma beauté, de mes dix-huit ans effrontés. Dubanay est vêtu d’un élégant pyjama de soie. À ma vue, il ne peut retenir un sifflement admiratif. Je suis délicieusement coiffée, très maquillée, mais avec un soin attentif. Je suis chaussée de mules d’or ajourées, laissant à nu mes orteils aux ongles carminés. Enfin, je suis couverte d’un ravissant déshabillé de dentelles noires ; audacieusement ouvert, ce déshabillé laisse entrevoir mes seins nus dont j’ai fardé les pointes, et mon ventre emprisonné dans une affolante petite culotte de soie rose.

Mon banquier ne cherche même pas à savoir comment une humble femme de chambre peut être aussi bien habillée : il est tout bonnement ensorcelé, fasciné par mon charme ; à peine entrée, je m’avance vers lui, et entourant son cou robuste de la liane souple de mes bras, je colle à lui mon corps parfumé, lui faisant sentir de la poitrine aux talons ma chair palpitante sous la soie. Ma bouche happe la sienne, et ma langue mouillée lui verse la liqueur d’amour. Affolé, l’homme m’entraîne sur le lit où nous roulons tous deux. Je me sens toutes les hardiesses, tout le pouvoir ensorceleur d’une grande courtisane, et je suis résolue à ne rien ménager. Déjà ma main audacieuse a glissé jusqu’à la virilité de l’homme, et cette caresse précise le fait tressaillir. Il presse mon corps au sien avec une violence inouïe. Ses mains, sous la dentelle de mon déshabillé, étreignent ma croupe bondissante, dont il sent la tiédeur à travers ma culotte.

M’arrachant à l’étreinte, je me lève d’un bond, pour enlever mon peignoir de dentelles que je jette au loin. L’homme se dévêt également, et nos corps nus se glissent sous les draps, pour reprendre leur lutte exaspérée. Toutefois, j’ai gardé mon pantalon, pour énerver le mâle jusqu’à la dernière minute, et donner plus de valeur à l’abandon.

Dubanay, amoureux désordonné et impétueux, murmure des mots sans suite, délire, tout à l’adoration passionnée de mon jeune corps ; moi je ne ressens aucun désir ; l’amour est-il mort en moi ?

L’homme parcourt ma poitrine de baisers fous, s’attarde au bout des seins où il accroche ses lèvres. Puis il embrasse mon ventre pâle et lisse, et dans une intention précise, mord le frêle tissu de mon pantalon à la place la plus sensible. Un peu inquiète de ces déchaînements, je remonte d’une main caressante la tête de mon patron.
- Ta culotte, supplie-t-il, enlève ta culotte...

En souriant, je fais non de la tête. Alors, il s’énerve encore davantage, pétrit mes fesses, écrase mes seins. Je juge qu’il ne faut plus résister. Doucement, aidée par l’homme impatient, je découlisse le pantalon protecteur. Ma chair nue se colle à la sienne et nos moiteurs lourdes se mêlent, à la sublime cadence de l’amour.

Miracle ! Moi qui croyais mes sens morts à jamais, voilà que sous la pénétration de l’homme mes nerfs se contractent, et une sensation délicieuse m’envahit. Les soupirs qui m’échappent à présent ne sont plus feints. Mes hanches, mon ventre, mes reins, tout mon être se donne à l’amour. Cependant, les sens sont seuls à parler ; je ne sens pour l’homme qui me prend aucun sentiment profond ; au contraire, je le considère plutôt comme une proie, comme l’objet et le moyen de mes ambitions. Et lorsqu’il s’abat sur moi dans le délire de sa force débordante, je crie comme une bête jouissante, mais je sais bien qu’il n’est pas mon maître...

. . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . .

Dubanay est absolument fou de moi. Il satisfait tous mes caprices, toutes mes fantaisies, et est prêt à m’entretenir richement, loin de l’office et de la cuisine ! C’est alors que je commets une grave erreur qui compromet ma situation si bien commencée.

J’ai dit que Dubanay avait un fils de dix-sept ans ; gamin fin et racé, ce fils qui se nomme Edmond, me regarde souvent avec une expression bizarre, faite de crainte et d’envie. Je ne sais pourquoi je déteste ce gosse, qui peut gêner mes amours, et qui représente à mes yeux une jeunesse riche et désœuvrée que je ne porte pas dans mon cœur. Et puis, depuis les terribles humiliations subies lors de mon service auprès de Sergine, j’ai en moi un désir de me venger sur n’importe qui, d’humilier à mon tour quelqu’un, que je ne puis pas chasser de mon esprit. Or, voici que l’occasion m’en est offerte brusquement.

En rangeant la chambre du jeune Edmond, j’ai trouvé l’autre jour quelques livres oubliés qui m’ont donné à réfléchir. Ce sont des ouvrages masochistes, exaltant les joies de la domination féminine ; depuis ce jour là, je regarde Edmond avec plus d’intérêt, et un projet machiavélique germe dans mon cerveau.

Mon amant vient de partir à l’étranger pour un voyage d’affaires de quinze jours. Son fils est seul à la maison. Etudiant, il est encore en vacances, ses cours n’ayant pas repris. Je m’aperçois qu’il tournaille bien souvent autour de l’office. C’est le moment d’agir ; j’ai trop envie d’humilier ce grand dadais.

Je suis occupée à faire du repassage à la lingerie. Soudain, le jeune homme entre, sous un prétexte futile. Il s’arrête devant moi, et aimablement murmure :
- Alors, toujours au travail, Mariette !

Je le regarde avec aplomb, les mains sur les hanches :
- Oui... et vous, vous ne faites rien, Monsieur Edmond ! Ça devrait bien être le contraire !

Un peu interloqué, le jeune homme me regarde :
- Mais... je ne demanderais pas mieux que de vous servir !

Parfait. Il vient au devant de mes désirs ; tout marche à merveille. Souriante, je m’assieds, croisant haut les jambes. Edmond n’a d’yeux que pour moi. Il est visiblement charmé d’être tout près d’une aussi jolie femme de chambre, aux yeux si bien maquillés, aux jambes gainées de soie fine.
- Vous voudriez me servir ? Chiche ! Eh bien, repassez à ma place !

Un peu gêné, il saisit la chemise d’homme que je repassais, en approche le fer chaud. Mais je l’immobilise d’un geste.
- Arrêtez ! Moi. je travaillais pour vous, mais vous, il vous faut travailler pour moi !

Me dirigeant vers un placard, je fouille dans mon linge personnel ; je choisis deux délicieuses petites culottes toutes chiffonnées, l’une en soie rose bordée de dentelles, l’autre en jersey de soie bleu pâle. Je les jette sur la table devant lui.
- Tenez ! Repassez-moi ça !

Le rouge est monté au front du jeune homme. Les mains tremblantes, il manie le linge de luxe, l’étale sur la table. Et pendant un quart d’heure, il repasse tant bien que mal mes petits pantalons, sous mes yeux narquois. Sous prétexte de vérifier son travail, je me frotte à lui, le frôle de mes cheveux et de mon corsage gonflé.
- Ce n’est pas mal pour un début... domestique ! dis-je en le regardant effrontément dans les yeux.

Et comme il rougit de nouveau sans répondre, je me fais provocante, et m’approche de lui :
- Alors ça vous ferait plaisir d’être mon petit domestique ?
- Oh oui... balbutie l’adolescent.
- Eh bien, je veux bien vous prendre à mon service, fais-je, rieuse, et personne ne le saura. Vous n’aurez qu’à venir frapper à la porte de ma chambre demain matin à neuf heures. La cuisinière et le valet de chambre seront au marché. Je compte sur vous !

Les yeux brillants de joie et de désir, le garçon va me remercier.
- Allons, pas de remerciements ; filez !

Et je le pousse vers la porte.

... Le lendemain, j’ai préparé toute ma petite mise en scène, décidée à dompter ce garçon que je déteste, heureuse à l’idée de l’amoindrir, de l’humilier.

Lorsque Edmond, après avoir frappé à ma porte, pénètre dans ma chambre, un charmant spectacle l’attend. Vêtue d’une très courte chemise de soie et d’une culotte semblable, je suis au milieu de la pièce, où règne le plus grand désordre. Penchée, je suis en train d’attacher mes jarretelles. À l’entrée du garçon, je lève à peine la tête.
- Ah ! c’est vous, Edmond ! vous arrivez bien ! Je n’arrive pas à attacher mes jarretelles, vous allez m’aider !

Il s’avance, plus troublé que jamais.
- Excusez-moi, Mariette, je vous dérange...

Insolemment, je le toise avec mépris entre mes cils rimélisés :
- Voulez-vous devenir mon domestique oui ou non ? Si c’est oui, je vous prie dorénavant de m’appeler Mademoiselle, et de me parler à la troisième personne. C’est compris ?
- Oui Mademoiselle, balbutie le malheureux jeune homme.
- Parfait. Alors mettez-vous à genoux et accrochez mes jarretelles !

J’ai peine à garder mon sérieux en contemplant à mes pieds l’adolescent dont les mains tremblantes s’affairent, entre la peau de mes cuisses et la soie de mon pantalon. Enfin, le travail est fait, non sans mal. Je désigne un meuble à Edmond :
- Avancez-moi ce fauteuil !

M’asseyant majestueusement, toujours vêtue de mon seul linge je tends mes pieds au fils du banquier.
- Vous allez me cirer mes chaussures. Et vivement !

Armé d’une brosse et d’un linge, il s’escrime sur mes petits souliers vernis. J’ai pris volontairement une pose très alanguie, et le regard de mon domestique improvisé se dirige furtivement vers moi : j’en comprends vite la raison : placé comme il l’est, Edmond a comme point de vue ma courte chemise relevée, et au-dessous, mes cuisses rondes, et mes fesses moulées par l’indiscrète culotte. À plaisir, je prolonge son trouble et sa discrète contemplation.

Enfin, je me lève, et ordonne au jeune homme de me mettre ma robe. Nouveau sujet de trouble et d’émotion, dont je me ris sans pitié. Puis je me dirige vers la porte, me retournant au moment de sortir.
- Et maintenant, déclare-je, vous allez nettoyer cette chambre à fond, faire le lit, vider les eaux sales, et que tout soit fait comme il faut, hein ! Si vous vous montrez un domestique accompli, je vous permettrai de venir chez moi ce soir, pour me déshabiller.

Cette nouvelle fait nettement plaisir à mon grand dadais, mais le travail en perspective l’effraie. Devant sa mine un peu contrite, je m’approche de lui et lui pince la joue :
- Que voulez-vous, mon petit, il ne fallait pas me proposer vous-même d’être mon domestique ; maintenant, c’est fait !

Pour l’encourager, je l’embrasse brusquement sur les lèvres, et je me sauve, le laissant ébahi et extasié devant sa besogne de larbin.

Sans mon propre exemple, jamais je n’aurais cru qu’un garçon de dix-sept ans put se laisser mener à tel joint par une femme de dix-huit !

... La soirée affirma mon triomphe. Edmond est venu prêt à toutes les humiliations pour avoir le plaisir de m’approcher. Je dois dire que j’en ai abusé. Le vice que j’ai dans la peau, me venant comme une bouffée, m’a donné la plus épouvantable hardiesse et les plus malsains désirs.

J’ai tout d’abord ordonné au gamin de me déshabiller, me plaisant à l’affoler au contact soyeux de mes dessous, à marcher devant lui comme s’il n’avait pas existé. Lorsque je fus à demi-nue, je m’allongeais sur mon lit, et je regardais Edmond bien en face.
- Comme je suis assez satisfaire de tes services, annonçai-je, je te permets une faveur. Tu vas enlever tout doucement mes bas, et tu pourras me lécher les pieds.

Les yeux du garçon brillèrent.

Avec respect, presque avec dévotion, il fit glisser les bas fins le long de mes jambes. Alors, je lui désignai mes pieds d’un geste de reine. Courbé au pied de mon lit, il couvrit la peau satinée de baisers pressés, avec une joie évidente. Je frissonnai malgré moi au contact de ses lèvres, qui me causaient un exquis chatouillement. Remuant le pied qu’il tenait je le lui appliquai sur la bouche, trouvant là une marque de domination. De toutes mes forces, j’écrasais la plante douce contre les lèvres adorantes. Puis présentant mes orteils devant sa bouche entr’ouverte, je forçai le rempart de ses dents vite desserrées, et je plongeai dans sa bouche l’extrémité tout entière du petit pied aux ongles teints. Avec un soupir de joie, il accueillit ce présent comme une délicate friandise, et se mit en devoir de lécher, passant sa langue chaude entre les doigts menus, respirant l’arôme subtil de ce pied féminin qui s’imposait à sa ferveur. Longtemps, je l’obligeai à me caresser ainsi, puis je présentai mon autre pied à son hommage. Je prenais moi-même un vif plaisir à ces caresses. Plaisir physique de me sentir embrassée, plaisir moral aussi, car je sentais dans ce geste une revanche sur le mâle, un sûr triomphe de ma féminité.

Lorsque j’en eus assez, je retirai de sa bouche ardente mes pieds humides de baisers. Le garçon haletait, fou d’amour réfréné.
- Lèche-moi les cuisses ! murmurai-je.

Enivré, il se haussa, atteignant de sa bouche fiévreuse la peau nacrée de mes cuisses. De nouveau, je frissonnai sous ces caresses serviles. J’avais gardé sur moi un petit pantalon de soie qui me bridait les fesses. Alors, folle d’un impudique désir d’humilier, je me mis sur le ventre, présentant à la convoitise du jeune homme les globes splendides gainés de soie. Il comprit l’invite et se précipita, mordant les fesses emprisonnées, couvrant de baisers fous toute la surface soyeuse du pantalon. Il s’enivrait de plus en plus à la saveur de ces caresses perverses, frottait son visage contre ma croupe houleuse. Et je mordais mon oreiller sous ce servile déchaînement. Soudain, il saisit à deux mains l’élastique de ma culotte, cherchant à découlisser le léger vêtement. Alors je me retournai d’un bond, et de toutes mes forces je le giflai.
- Qu’est-ce que c’est que cette insolence ? Vous oubliez, mon petit ami, que vous n’êtes que mon domestique. Seules vous sont permises les caresses que j’indique. Demandez-moi pardon immédiatement ! Et à genoux !

Je savourai doucement la joie de le voir s’agenouiller gauchement, murmurant un piteux :
- Pardon Mademoiselle !
- C’est bien, Edmond, fis-je condescendante ; pour une fois je veux bien vous pardonner votre manque de respect. Et maintenant, baisez humblement mon pied et allez vous coucher. J’aurai besoin de vous demain matin à huit heures, pour m’aider à ma toilette. C’est compris ?
- Oui Mademoiselle.
- C’est bien. Allez !
Lorsque le garçon fut parti, je m’enfonçai voluptueusement dans mes draps. J’étais profondément heureuse d’être la maîtresse aimée d’un riche banquier, et d’avoir par mon seul charme, réduit son fils en esclavage. Je sentais se dérouler les premiers épisodes de mon destin victorieux.

... Le jeune Edmond devint entièrement à ma merci. Tous les matins, il me servait humblement de soubrette. Et le soir, après son service volontaire, je lui permettais quelques caresses, et me plaisais à me faire embrasser les pieds, les cuisses, ou l’étoffe tendue de mon pantalon. Mais mon plaisir n’était à son comble que lorsque le fils du banquier se retirait sur mon ordre, fou de désir insatisfait, de passion contenue...

Bientôt mon ami rentra de voyage. Comme je ne voulais pas renoncer pour cela à mon domestique bénévole, j’obligeai Edmond à me servir pendant que son père était au travail. Malheureusement je ne sus pas prendre assez de précautions. Dubanay entra un soir à l’improviste dans ma chambre alors que son fils, agenouillé devant mon lit, était en train d’embrasser mes cuisses nues avec un respect enflammé. Le banquier stupéfait fut saisi d’un terrible accès de colère. Furieuse à l’idée de perdre tout mon bien, je n’hésitai pas à expliquer à mon amant que son benêt de fils n’était qu’un masochiste et qu’il me servait de domestique ; rien n’y fit.

Je dus me résoudre à renoncer à régner désormais dans le cœur de mon ancien patron. Je sus cependant me défendre, et exercer sans scrupules, un fort chantage sur le banquier. Ce qui fit que, si mes projets d’avenir étaient brisés, je me retirais cependant du jeu avec une somme assez rondelette. Pas assez cependant pour me permettre de vivre comme je l’avais décidé. Je mis donc mon argent de côté, et cherchai une nouvelle place.

Voir en ligne : Le Journal intime d’une soubrette (IV)

P.-S.

Texte établi par Nathalie Quirion et EROS-THANATOS, d’après les Confessions érotiques de ***, Le Journal intime d’une soubrette, Éditions Richepanse, Paris, 1935.



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