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Nouvelle érotique

Épiphanie

Myriam : fureurs utérines et cascades orgasmiques

par Jacques Lucchesi

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Jacques Lucchesi, « Épiphanie », Nouvelle érotique, Paris, juillet 2011.


Épiphanie

Pourquoi Myriam s’éloignait-elle de moi ? Pourquoi songeait-elle à renouer avec son ancien compagnon alors que, quelques mois plus tôt, elle l’aurait voué aux gémonies pour ses infidélités ? Nous étions pourtant parvenus à établir une relation saine et harmonieuse entre nous. Une relation de désir, d’estime et d’échanges de toutes sortes. Une relation à laquelle ne manquait que l’amour vraiment partagé…

Ces questions-là m’assaillaient en ces premiers jours de 2001. Je commençai mal le XXIe siècle, sinon le 3e Millénaire. Un épisode grippal m’avait empêché de la voir depuis le début de la semaine. Et je ne savais pas si ce serait mieux ce week-end. Il fallait pourtant que je sorte de cet état nauséeux. Je passai seul la soirée de samedi, au cinéma. Dès le lendemain matin, torturé par le désir d’elle, je m’habillai vite et filai vers son domicile, à quelques vingt minutes à pied du mien. Il faisait gris et frais en ce premier dimanche de janvier. La journée s’annonçait plus propice à tirer les rois en famille qu’à jouer aux amoureux — forcément transis. Mais j’étais alors bien peu soucieux des traditions. Je ne songeais qu’à Myriam, à son visage d’éternelle jeune fille, à son corps mince et nerveux, à sa vulve si prompte à s’enflammer sous mes caresses. J’avais besoin de calmer mes craintes et seule sa présence accueillante pouvait les apaiser. Chemin faisant je m’arrêtai, comme souvent, au fleuriste près de chez elle pour lui choisir un bouquet richement coloré. Comme s’il me fallait, encore et toujours, la séduire après six mois de relation. Le cœur battant, j’écrasai la sonnette près de son nom deux fois, trois fois, mais sans réponse. Était-elle chez sa voisine du troisième, une divorcée avec laquelle elle entretenait des rapports cordiaux ? Je sonnais chez celle-ci. La porte s’ouvrit, cette fois, mais arrivé tout en haut (avec mon bouquet que j’avais du mal à dissimuler dans mon blouson), ce fut pour l’entendre dire que Myriam n’était pas là :
- Elle a dû sortir un moment.
- Vous ne savez pas quand ?
- Non.

Je repartis dépité. Il était 9h30 : que pouvais-je faire à présent ? Rentrer chez moi et téléphoner anxieusement à Myriam ? Ou trainer un peu dans le quartier en espérant l’apercevoir, comme par hasard ? J’optai pour la deuxième solution, au risque de passer pour une âme en peine au regard des rares passants de ce triste dimanche matin. De la place voisine, j’observai ses fenêtres sans rideau, re-visitant le salon et son canapé où, par un soir pluvieux de juin, notre histoire avait commencé. Non, ce n’était pas possible. Elle allait enfin réapparaître. Je marchai ainsi une demi-heure, entre nostalgie et amertume, avant de revenir sonner de nouveau à sa porte. Et là — miracle ? — la lourde porte en bois s’ouvrit dans un son sec. Elle était là ! Je montai en un éclair les escaliers qui me séparaient de son deuxième étage. La porte de son appartement était, comme à l’accoutumé, entr’ouverte ; par habitude elle savait que c’était moi. À peine entré, je l’aperçus dans le hall : mais aucune marque d’émotion ne se lisait sur son visage :
- Myriam, où étais-tu ? Je suis passé vers 9h30, mais tu étais absente.
- J’étais sorti acheter du pain. C’est pour moi, ce beau bouquet ?

Un léger sourire éclaira enfin ses traits :
- Pour toi, bien sûr. Tu m’as manqué ces jours-ci.
- Je n’étais pas bien loin. Tu vas mieux ?
- Oui. Je suis à peu près rétabli.
- Je te fais un café ?
- Volontiers.

Je ne croyais guère à son alibi du pain. Je savais de sa bouche que Régis devait repartir aujourd’hui vers le Sénégal (où il gérait une petite ONG). Elle avait sans doute passé la nuit avec lui et venait à peine de le quitter. Mais à quoi bon lui demander des comptes ? C’eût été, je le savais bien, la plus sûre façon de m’aliéner le peu d’intérêt qu’elle me portait encore. Mieux valait simplement profiter de ce moment en sa compagnie : carpe diem. Ses enfants puis ses parents qu’elle avait vus durant les fêtes de fin d’année, à Paris, occupèrent notre conversation. Machinalement, je feuilletai un album de photographies qu’elle avait tiré de son séjour. Mais face à elle, le désir ne me laissait jamais tranquille longtemps. Il fallait que j’éprouve aussi le sien, que je la touche et je savais depuis longtemps que, pour elle, tout partait des seins. Je m’approchai d’elle et commençai à lui caresser la poitrine que son chandail mettait en valeur sous sa robe en suédine. Elle ne se rétractait pas sous mes caresses, c’était bon signe :
- Myriam, si tu savais comme j’ai envie de toi… En cet instant, il n’y a pas de femme plus désirée au monde.
- Je le sens. Mmmm… Tu as toujours envie de moi, même avec ce que je t’ai dit ?
- Ne me parle plus de ça. Si on allait dans ta chambre ?
- Pourquoi pas ? C’est un jour à rester couché.

Bonheur de faire glisser sa robe, puis son collant et son slip. De redécouvrir ses longues jambes et ses fesses charnues, de la sentir palpitante sous mes doigts. La relative fraicheur du lieu nous fit nous glisser aussitôt sous les draps. Mais Myriam était contre moi et je mangeais ses mamelons tout en la branlant délicatement. Puis, repoussant le drap, la tête entre ses cuisses, j’entrepris de lécher sa belle chatte brune car je savais qu’elle adorait ça. Son plaisir montait, je le sentais bien, et je l’incitais à faire de même avec ma queue. Après quoi, chauffé à blanc, je la pris d’abord en levrette avant de finir sur son ventre dans un commun et débordant plaisir. Nous restâmes un moment sans bouger, haletants mais enlacés, l’un dans l’autre. Myriam avait joui deux fois et cet échange aussi intense aurait dû m’apporter la satisfaction et le repos. Or, il n’en était rien : j’avais encore envie d’elle, plus par appétit de son plaisir que du mien. Ma pine, peu à peu, retrouvait sa vigueur, mais il était encore trop tôt pour la pénétrer à nouveau. Tout en l’embrassant, je me remis à la branler. Loin d’être réfractaire à mes doigts frénétiques, elle se tendit sur le dos, la tête bien calée dans l’oreiller, les yeux mi-clos. Au bout de quelques secondes, sa gorge palpita et des soupirs commencèrent à s’échapper de sa bouche. Soudain, son corps fut parcouru par une secousse nerveuse et elle libéra son plaisir dans un cri de chat. Loin de m’arrêter à ce premier spasme, je continuai mon massage intime, l’engageant à s’abandonner totalement à ses sensations. Quatre à cinq fois, presque coup sur coup, elle m’offrit ainsi le spectacle — fascinant — de ses fureurs utérines, véritable cascade orgasmique comme jamais je n’en ai plus revue après. Le regard absent et les joues cramoisies, elle retomba alors sur le lit en bataille. Je me penchai sur elle pour lui donner un baiser :
- Ça va Myriam ? Comment tu te sens ?

Un sourire léger, d’une béatitude toute orientale, éclaira sous un jour nouveau son visage :
- Bien.

À travers les carreaux de la fenêtre, un rayon de soleil entra alors dans la chambre.



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