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Éloge du sein des femmes

Étude physiologique sur les mamelles ou seins

Ouvrage curieux (Chapitre IX, suite)



Auteur :

Mercier de Compiègne, Éloge du sein des femmes, Chapitre IX (suite) : « Étude physiologique sur les mamelles ou seins », Ouvrage curieux dans lequel on examine s’il doit être découvert, s’il est permis de le toucher, quelles sont ses vertus, sa forme, son langage, son éloquence, les pays où il est le plus beau et les moyens les plus sûrs de le conserver, Éd. A. Barraud, Paris, 1873.


ÉTUDE PHYSIOLOGIQUE SUR LES MAMELLES OU SEINS.

Les mamelles (mammæ, des Latins ; mastoï, des Grecs ; poppa, en italien ; teta, ubre, en espagnol) subissent les mêmes phases dans leur développement, que les organes essentiels de la reproduction. Elles sont peu apparentes dans le jeune âge et ne commencent à prendre le développement qu’elles doivent acquérir que lorsque l’appareil génital est apte à perpétuer l’espèce ; et comme ce n’est que chez les individus femelles qu’elles parviennent à leur état complet, elles ne présentent pendant les premiers temps de la vie aucune différence chez l’un et l’autre sexe.

C’est donc vers l’époque où la femme devient apte aux plaisirs de la maternité, que les seins commencent à acquérir tout le développement dont ils sont susceptibles, ainsi que les formes gracieuses qui en font un si brillant ornement : avant la puberté, ils n’en forment que le noyau et se flétrissent après le temps de la faculté de reproduire. Cependant il n’est pas sans exemple de voir des jeunes filles encore loin de cette brillante époque, offrir des mamelles parfaitement conformées et susceptibles de fournir du lait. Les auteurs rapportent, à cet égard, des exemples fort curieux ; mais tous tendent à prouver que ce développement précoce fut toujours le résultat d’irritations exercées sur le mamelon.

Le développement des mamelles se fait ordinairement en raison de celui des organes spéciaux de la génération, en sorte que la bonne conformation des seins peut, en général, servir de mesure à celle de ces derniers. Ainsi, l’homme qui recherche dans la femme, non-seulement ce qu’elle peut offrir de gracieux, mais encore tout ce qui peut dénoter une grande puissance génératrice et un vif sentiment de l’amour, est-il toujours enthousiaste d’un beau sein. À peine la femme, la plus accomplie sous tous les autres rapports, peut-elle éveiller en lui le moindre sentiment de volupté, si elle ne se trouve pourvue de ce superbe ornement. Cependant, on voit quelquefois des femmes dont les parties sexuelles sont parfaitement développées et propres aux plaisirs ainsi qu’à la propagation, quoiqu’elles n’offrent que quelques traces de ces organes, tandis que d’autres, avec le sein le plus volumineux, ne sont nullement accessibles aux désirs voluptueux ni aptes à la génération.

C’est évidemment en vertu des liens de l’étroite sympathie qui unissent les seins et les organes sexuels, que s’opère le développement simultané.

Les mamelles sont situées au milieu de la poitrine, l’une à droite et l’autre à gauche, directement sur les muscles pectoraux ; elles sont au nombre de deux : il est rare de trouver des femmes qui en aient trois ou quatre donnant toutes du lait. Cependant, les annales de la science citent un grand nombre de femmes et même d’hommes multimammes ; le plus souvent, le nombre des mamelles est porté à trois : deux présentent la position et le volume ordinaires, et la troisième est située sur la ligne médiane, un peu plus bas que les deux autres, ou bien au-dessous de l’une d’elles à droite ou à gauche. Lorsque la mamelle surnuméraire est médiane, elle reste ordinairement peu volumineuse, même pendant l’allaitement ; les mamelles surnuméraires latérales diffèrent au contraire fort peu des mamelles normales et peuvent, comme elles, fournir du lait. Lorsqu’il existe quatre mamelles, elles sont ordinairement bilatérales et placées comme les mamelles abdominales des animaux, l’une au-dessous de l’autre ; cette disposition est moins commune que la précédente, et la présence de cinq mamelles est plus rare encore. Percy n’en rapporte qu’un seul cas observé par M. Gorre. Ce cas fut présenté par une femme valaque trouvée, en l’an VIII, parmi les nombreux prisonniers faits à l’armée autrichienne et qui ne tarda pas à périr de froid et de misère. Sur les cinq mamelles de cette femme, quatre étaient très-saillantes, disposées sur deux rangs, gonflées et pleines de lait ; la cinquième était médiane et située à cinq pouces de l’ombilic ; elle n’était pas plus volumineuse que celle d’une fille impubère.

On a aussi constaté que des mamelles surnuméraires pouvaient se présenter sur d’autres points du corps ; ainsi, M. Robert a fait connaître le fait d’une femme multimamme de ce genre, laquelle descendait elle-même d’une mère dont les mamelles étaient plus nombreuses que d’habitude. Mais, chez elle, la mamelle surnuméraire était placée à la partie externe de la cuisse gauche, près de l’aîne. Jusqu’à la première grossesse, cette mamelle fut prise pour un simple noevus ; mais à cette époque elle se développa et acquit le volume de la moitié d’un citron ; l’enfant tétait alternativement l’une des mamelles pectorales et celle-ci, qu’on pourrait appeler inguinale.

Thomas Bartholin vit une Danoise qui en offrait trois, dont deux étaient placées dans leur situation naturelle, et l’autre à la partie inférieure du sternum, en sorte qu’elles représentaient une espèce de pyramide renversée. Tout le monde sait que la belle Anne de Boulen, épouse de Henri VIII, roi d’Angleterre, avait, outre six doigts à chaque main, trois mamelles à la partie antérieure de sa poitrine. Un moine de Corbie rapporte avoir vu une paysanne qui nourrissait trois jumeaux de quatre mamelles indistinctement, dont deux étaient situées au-devant de la poitrine, et les deux autres au dos.

Les mamelles bien proportionnées sont un des principaux ornements des femmes, particulièrement lorsqu’elles sont accompagnées d’une gorge bien taillée et recouverte d’une peau fine. Il faut aussi qu’elles soient blanches, rondes, et médiocrement écartées l’une de l’autre ; qu’elles ne soient placées ni trop haut, ni trop proche des aisselles ; et enfin qu’elles ne soient ni trop grosses, ni pendantes : voilà les conditions qu’elles doivent avoir pour être belles et propres à donner de l’amour ; mais ce ne sont pas les meilleures ni les plus capables de contenir le lait.

En nul endroit du corps, la peau n’est si fine, si délicate, si lisse, si douce au toucher et si blanche qu’aux environs des mamelles. Là les téguments ont acquis une telle ténuité, qu’ils sont entièrement transparents et laissent facilement apercevoir les ramuscules veineux qui serpentent agréablement dessous, notamment dans le voisinage de la portion rosée, et dont la couleur bleuâtre, en formant un heureux contraste avec la blancheur de la peau, en relève si fortement l’éclat, et donne tant de lustre à la beauté du sein. Ces globes, au reste, plaisent d’autant plus à la vue que cette belle portion de la peau est plus tendue par des glandes mammaires volumineuses, et que la femme jouit de plus d’embonpoint. Il est cependant des personnes fort maigres naturellement dont ces glandes sont si développées que, malgré cet état, elles offrent un sein solide, bien tendu, et de la plus grande beauté.

C’est à la partie centrale de chaque moitié des parois thoraciques qu’est situé le sein dans sa belle conformation. Trop dégagés en dehors et portés sous les aisselles, ces organes laissent entre eux un grand vide, peu agréable à la vue, et peuvent éprouver, de la part des bras portés en bas et surtout en dedans, des pressions plus ou moins fortes dont la fréquence nuit à leur développement, les déforme et même les atrophie. Trop rapprochés du centre de la poitrine, ils se confondent l’un avec l’autre, et de ce défaut de dégagement résulte l’imperfection de ces rotondités élégantes qui concourent tant à la beauté physique du sexe. Trop relevés vers le cou, les seins confondent leurs brillants contours avec ceux de l’épaule, reçoivent des chocs continuels des mouvements brusques de la clavicule, et sont sans cesse exposés à l’influence nuisible de l’atmosphère, dont la femme ne peut se garantir que par des vêtements grotesques et répudiés par la véritable coquetterie. Situés trop intérieurement, ils semblent rapprocher les femmes des animaux mammifères, et demandent à être relevés sans cesse par des corsets, dont la pression continuelle peut porter les plus fâcheuses atteintes à ces organes délicats.

La figure des beaux seins est ronde, et représente un demi-globe ; mais les bons nourriciers, au contraire, sont avancés en dehors, et ressemblent à une poire, tels sont en général ceux des Comtoises ; ce qui fait qu’ils ont de la peine à se soutenir, principalement quand ils sont pleins de lait.

On ne peut pas bien déterminer leur grandeur ; elle varie suivant les nations : les Indiennes et les Siamoises les ont si longs, qu’elles peuvent les jeter par-dessus leurs épaules. Ils différent encore suivant les individus ; quelques femmes les ont naturellement petits et d’autres gros ; ces dernières sont les meilleures nourrices, pourvus qu’ils ne soient pas trop charnus. Leur grosseur dépend aussi de l’âge ; ils commencent à pousser à 14 ans, ils ont alors la figure d’un demi-globe ; ils sont petits, mais durs et fermes ; ils grossissent à mesure qu’elles avancent en âge ; ils se flétrissent aux femmes qui approchent la cinquantaine ; et plus une femme vieillit, plus elle les a mous et flasques, n’y restant plus à la fin que des peaux.

Le mamelon est une petite éminence qui s’élève au milieu de la mamelle ; il est d’une substance spongieuse, assez semblable à celle du gland de la verge, c’est pourquoi il se relève, se gonfle et se roidit lorsqu’on le suce ou bien qu’on le chatouille. Il a un rapport intime avec les parties de la génération. Les mamelons se dressent et prennent part aux sensations suscitées dans l’appareil génital par le coït ou autres moyens d’excitation. Les titillations de ces boutons rosés y font naître un sentiment de volupté qui, se communiquant en un clin-d’œil au siége spécial de la jouissance, embrase la femme et la sollicite puissamment à l’acte de la reproduction. Quels sont les moyens d’une si frappante communication entre des organes si éloignés ? Quelques auteurs prétendent que ce sentiment si vif, si agréable, a été donné à cette partie afin que l’enfant y cause en la suçant un doux chatouillement, et que la femme y trouvant un singulier plaisir, elle se porte plus volontiers à donner à téter à son enfant aussi souvent qu’il en a besoin.

Il est reconnu que la succion du lait éveille des sentiments de volupté au bénéfice de l’appareil générateur. Cabanis disait que des nourrices lui avaient fait l’aveu qu’elles devaient à l’enfant qu’elles allaitaient de véritables jouissances. La solidarité des seins, relativement à l’appareil sexuel, est un fait constant ; aussi la sécrétion du lait augmente-t-elle généralement sous l’influence de l’excitation de l’organe générateur. C’est le cas dans lequel était cette femme, qui voyait le lait sortir de ses seins quand son mari accomplissait avec elle l’acte du coït. On a dit aussi que l’observation avait utilisé cet acte physiologique, que, voyant les animaux se prêter avec complaisance à la manœuvre par laquelle on leur enlevait leur lait, on avait établi, dans le but d’en augmenter la quantité, une action directe sur l’organe générateur. Hérodote rapporte que les Scythes introduisaient un bâton poli dans la vulve de leurs juments quand ils leur enlevaient leur lait. Bayeu a raconté que dans les Pyrénées les gens occupés à traire les vaches plaçaient une de leurs mains dans la vulve ; enfin, s’il faut en croire Levaillant, les Hottentots soufflent de l’air dans les parties sexuelles des animaux avant de les traire.

La jeune fille devient-elle pubère, aussitôt les seins répondent à l’appel de la matrice, et cette corrélation se reproduit à chaque nouvel éveil de cet organe. Elle se moule en quelque façon sur les conditions dans lesquelles il se trouve. Dans l’état ordinaire de la vie, une action, quelle qu’elle soit, sur l’appareil générateur a toujours du retentissement dans les seins, et réciproquement. Ainsi, une sensation voluptueuse venant directement de l’utérus et de ses annexes est comprise et perçue dans les organes de la lactation ; de même les sentiments lascifs peuvent trouver accès près des voies génitales en partant des seins. C’est la raison pour laquelle Hippocrate croyait que le lait venait de la matrice.

N’est-ce pas à cette corrélation, à cette excitation génésique provoquée par l’allaitement qu’il faut attribuer le fait de luxure inouï, diabolique, que rapporte M. le docteur Andrieux ? Un enfant, qu’on avait pourvu d’une nourrice jeune et vigoureuse, dépérissait chaque jour. Les parents affligés cherchaient en vain la cause de cet état : on finit par la découvrir. Mais où trouver des mots pour exprimer leur surprise et leur colère, quand ils trouvèrent cette malheureuse, exténuée, délirante, avec son nourrisson qui cherchait encore dans une succion affreuse, et inévitablement stérile, un aliment que les seins auraient pu seuls donner !!! Pour parvenir facilement à son but, elle attendait que le cri de la faim se fît entendre ; l’enfant, dans cet instant, ouvre la bouche comme pour chercher le sein, il saisit alors avidement le bout du doigt, ou tout corps quelconque souple et arrondi qu’on place entre ses lèvres, et exerce immédiatement sur lui des efforts répétés de succion.

Les exemples d’une pareille dépravation doivent heureusement être fort rares.

La plupart des filles élevées chez des religieuses ne peuvent, selon ces dernières, plaire au Créateur que par des imperfections. Avoir de la gorge, être belle, sont assurément deux sujets de réprobation ; l’enfer, ouvert à celles qui portent un sein arrondi, attend sa proie avec impatience ; c’est ainsi que s’exprime le fanatisme dans l’intérieur des maisons d’éducation religieuse. Quelques jeunes filles, adoptant ces idées, prennent chaque jour quelques subtances capables d’interrompre ou d’affaiblir la nutrition : tel est, par exemple, l’usage du vinaigre bu à jeun ; en altérant les forces digestives, il arrête le cours des sécrétions ou en diminue l’énergie, d’où le défaut d’accroissement des seins avec l’amaigrissement général qui résulte de cette détestable coutume. Des remèdes aussi dangereux, ou plus violents, employés dans les mêmes vues, doivent donc être bannis sans retour, puisque ce n’est qu’en détruisant la santé qu’ils amènent le changement d’organisation qu’on souhaite.

En 1829, le docteur Récamier publia un ouvrage en deux volumes, intitulé : Recherches sur le traitement du cancer par la compression méthodique simple et combinée. M. Récamier, appelé souvent dans les couvents, s’est trouvé à portée d’y faire l’observation suivante :

Dans les couvents, les religieuses, dans le but de réprimer l’envahissement mondain d’une gorge trop volumineuse, compriment les glandes mammaires avec des rondelles d’amadou. Les seins, par le fait de la compression et de l’iode qui se trouve naturellement dans l’amadou, s’atrophient ; mais ce que les religieuses de nos jours n’ont pas prévu, c’est que, en raison de la solidarité dont nous nous entretenons, l’appareil reproducteur profite du retrait des glandes mammaires. Or, comme le bassin est l’expression de l’état anatomique et physiologique de la matrice, il en résulte que les hanches et les muscles fessiers des femmes soumises à cette opération acquièrent un énorme développement. Il me reste à savoir si un surcroît de nourriture et de développement de l’appareil générateur n’est pas un obstacle de plus à la chasteté ; et si ces intéressantes recluses n’en ressentent pas plus vivement les aiguillons de la chair, que la religion leur défend d’écouter.

Mais il est temps de revenir à notre sujet, duquel nous nous sommes un peu écarté. Le mamelon est rose et petit aux vierges ; l’aréole qui l’entoure est d’une teinte plus ou moins foncée, suivant les individus ; elle l’est en général davantage chez les personnes qui ont la peau brune, les yeux et les cheveux noirs, que chez les femmes blondes, faibles et délicates. L’étendue de ce cercle est de deux centimètres environ ; il s’élargit et prend une teinte plus foncée chez celles qui ont fait des enfants ; le mamelon devient livide et gros aux nourrices, et il est noir et flétri chez les vieilles femmes.

P.-S.

Texte établi par EROS-THANATOS.COM d’après l’ouvrage de Mercier de Compiègne, Éloge du sein des femmes, Chapitre IX (suite) : « Étude physiologique sur les mamelles ou seins », Ouvrage curieux dans lequel on examine s’il doit être découvert, s’il est permis de le toucher, quelles sont ses vertus, sa forme, son langage, son éloquence, les pays où il est le plus beau et les moyens les plus sûrs de le conserver, Éd. A. Barraud, Paris, 1873.



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