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Passion sexuelle et folie érotique

Excès vénériens

Les Troubles physiologiques (Chapitre VII)



Docteur Gastyano, Passion sexuelle et folie érotique, New-Editions, Paris, 1929.


VII
EXCÈS VÉNÉRIENS

Le sperme étant la sécrétion la plus importante de l’économie générale, puisqu’il est destiné à communiquer la vie et qu’il doit encore entretenir, pour ainsi dire, la vie de l’individu, il faut qu’il soit résorbé, en partie, pour porter une vigueur toujours nouvelle aux fonctions vitales et contribuer, par là, à la prolongation de l’existence.

L’abus empêche cette résorption si nécessaire à la santé et provoque en outre une sécrétion trop abondante qui se fait au détriment des autres et épuise le corps.

Toutes les évacuations d’humeur se font, à l’état de santé, avec facilité, sans réaction sur l’organisme.

Il n’en est pas de même de celle du sperme ; il faut un ébranlement général, une convulsion de toutes les parties, une accélération du mouvement vital, pour lui donner une issue.

Il ne faut donc pas être surpris que l’acte vénérien, exigeant une si grande dépense de vitalité, devienne par cela même nuisible au plus haut degré lorsqu’on le réitère abusivement.

Un caractère propre aux maladies nées d’un excès vénérien, c’est l’état chronique. Elles ont une marche lente et progressive et présentent toutes le type d’une altération profonde.

Dans le commencement des excès, le corps ayant besoin de réparation, il se produit une augmentation d’appétit, les digestions se font rapidement, mais cela ne dure pas.

L’estomac devient le siège de sensations pénibles et douloureuses, puis le dégoût des aliments survient.

Lorsque la fonction digestive est troublée, d’autres troubles de l’organisme ne tardent pas à se manifester. L’amaigrissement est un des effets les plus constants des abus vénériens. Des prédispositions individuelles engendrent pour chacun une série de maux particuliers : chez les uns, l’affaiblissement porte sur les organes respiratoires ; chez d’autres, les symptômes anémiques prédominent. Il y a affaiblissement, prostration des forces, essoufflement, palpitations et névrose. La sensibilité du système nerveux, qui n’est plus modérée par la richesse du sang, s’exalte et détermine des névralgies violentes interminables.

Les fonctions de la circulation étant activées par les émotions fréquentes et les ébranlements répétés du coït, il survient des battements de cœur qui déterminent des lésions de cet organe, comme aussi ils prédisposent les sujets sanguins à l’apoplexie et à la paralysie.

Un grand nombre de médecins ont placé les excès voluptueux parmi les causes de ces affections, et la plupart des morts subites pendant l’acte vénérien sont dues à des épanchements de sang dans le cerveau, ou à la rupture d’un anévrisme. Ces cas ne sont pas rares dans les maisons de tolérance.

Les maladies de la moelle épinière ont souvent été reconnues chez les débauchés. Nombreuses sont les maladies génito-urinaires qui peuvent survenir par les abus vénériens.

Chez l’homme, les écoulements et les rétrécissements du canal de l’urètre, le priapisme, l’impuissance, les pertes séminales.

Chez la femme, la leucorrhée, la blennorragie, les ulcérations du col de la matrice, la nymphomanie, la stérilité, l’avortement, le cancer du col, etc.

Dans les deux sexes, l’inflammation du rein, celle de la vessie, l’incontinence d’urine et enfin la syphilis.

Les excitations permanentes de la sensibilité, la déperdition incessante des forces vitales, tout concourt chez le voluptueux à l’ébranlement du système nerveux : spasmes, tremblements, contracture des membres, aberrations de l’ouïe et de la vue.

Les pertes séminales involontaires s’observent très souvent chez les débauchés. Il est des pollutions utiles : celles qui se manifestent, de temps à autre, pendant la nuit, dans des rêves lascifs. Chez les adolescents ou les adultes qui vivent dans la continence, elles remédient alors à la surabondance spermatique et sont suivies de soulagement. Mais si les pollutions sont fréquentes et répétées toutes les nuits, sans être accompagnées d’excitations, si la semence s’écoule en bavant sans occasionner le moindre plaisir, alors c’est l’état de maladie et la maladie la plus grave.

Les excès vénériens produisent non seulement des maux de langueur, mais aussi quelquefois des affections à marche rapide et aiguë.

Hippocrate a laissé l’observation d’un jeune homme qui, après une nuit de débauche, fut attaqué d’une fièvre violente accompagnée de symptômes malins qui se déterminent en quelques heures par la mort.

Chez les vieillards, on en voit qui ne savent pas plus résister que les jeunes gens aux périlleuses jouissances et qui, pour mieux exciter leurs sens émoussés, ont besoin d’aiguillons puissants et ils les demandent à la jeunesse et à la fraîcheur, à la beauté, aux grâces et à la variété.

Pour attiser un feu éteint, il n’est pas de manœuvres qu’ils n’emploient, quelque coupables soient-elles.

Outre les maladies redoutables de la vieillesse, ils ont à craindre la mort subite, résultat d’émotions désordonnées et d’efforts considérables.

Voir en ligne : Chapitre VIII : Troubles à la suite du coït

P.-S.

Texte établi par Nathalie Quirion et EROS-THANATOS, d’après l’ouvrage sur l’érotisme du Docteur Gastyano, Passion sexuelle et folie érotique, New-Editions, Paris, 1929.



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