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Confession sexuelle d’un Russe du Sud

Exhibitionnisme et petites voyeuses

Études de Psychologie sexuelle (14)



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« Confession sexuelle d’un Russe du Sud », in Havelock Ellis, Études de Psychologie sexuelle, t. VI, Éd. Mercure de France, Paris, 1926


Quelque temps après, je quittais Naples. Non sans peine je pus, malgré mon absence prolongée, reprendre mon poste dans la Compagnie. J’en avais vraiment besoin, car, à Naples, j’avais dépensé toutes mes économies. J’étais maintenant bien différent de l’homme que j’étais en partant de Milan. D’abord, j’étais un masturbateur endurci. Un an environ après mon retour de Naples, alors que, d’après les analyses médicales, il n’y avait plus trace de gonocoques dans mes sécrétions urétrales, je repris les relations sexuelles avec les femmes, m’étant affranchi de mon ancienne crainte panique de l’infection. Je n’emploie pas les préservatifs mécaniques, croyant qu’ils nuisent au plaisir, mais je prends d’autres précautions (insuffisantes suivant les médecins) et je recherche des femmes présentant quelque apparence de garantie, des « cocottes propres », mais dans ce cas la garantie absolue n’existe jamais ; aussi, contractai-je une nouvelle blennorragie. Pendant quelque temps j’eus une femme entretenue, mais cela ne dura pas longtemps ; je supporte difficilement une liaison prolongée avec des femmes de cette catégorie, elles me sont trop antipathiques moralement. Chose étrange ! Si je pratique à présent le coït, ce n’est pas pour lui-même ; il ne me satisfait pas assez, c’est pour pouvoir me masturber ensuite, en excitant mon imagination par le souvenir même de cet acte, que je revois mentalement dans ses moindres détails. C’est pourquoi je coïte ordinairement dans la journée et me masturbe la nuit suivante dans mon lit. Le coït est devenu ainsi pour moi comme le fétiche ou le symbole de la masturbation ; c’est un simple excitant ou stimulant de l’imagination, comme une lecture pornographique ou une image obscène ; il ne vaut pas par lui-même. Il ne m’est réellement très agréable que dans le souvenir, dans l’idée, non dans la réalité. Dès que je coïte plus souvent, il faut aussi que je me masturbe plus souvent, dans la même proportion.

D’autre part, deux mauvaises passions se sont développées chez moi. Depuis mes aventures de Naples où j’ai promené mes yeux sur tant de nudités infantiles, la vue des organes sexuels des petites filles m’excite extraordinairement. J’ai donc pris l’habitude de me promener dans les quartiers populaires et d’épier les fillettes qui montrent leur vulve, en relevant leur jupon et en ouvrant leur pantalon quand elles urinent ou quand elles jouent. Pour que je sois excité, il faut que la fillette ait six ou sept ans au minimum. Plus elle est âgée et plus je suis excité. Rentré chez moi, je pense à ces scènes et me masturbe. J’ai remarqué dans les promenades publiques plusieurs messieurs dont les attitudes décelaient la même passion. Une fois j’ai vu une scène qui m’a frappé d’étonnement et que je ne parviens pas à m’expliquer. Je me tenais debout sur le trottoir d’une rue de Milan, pas loin d’un groupe de quatre fillettes du peuple qui jouaient sur un tas de sable ; les deux plus jeunes devaient avoir huit ans, les deux autres dix et onze. Je les guettais depuis longtemps sans arriver à aucun résultat, car il faut souvent attendre longtemps pour surprendre un mouvement qui découvre les parties cachées et pour éviter en même temps d’attirer l’attention des passants. Mais voilà qu’une fillette, en ramassant du sable, s’accroupit juste en face de moi en relevant son jupon de manière à découvrir tout son ventre et sa vulve. Ce faisant, elle ne me regardait pas et je croyais à une distraction, une négligence, déjà rare chez une enfant de cet âge. Mais le geste était intentionnel. Car, quelques minutes après, la même fillette revint au même endroit, avec ses trois compagnes, toutes s’accroupirent en face de moi, mais cette fois en me regardant et, en posant leurs doigts sur leur clitoris, se mirent à uriner ensemble. Puis elles se levèrent et s’en allèrent en riant. Que signifiait cette scène ? Les fillettes ont-elles compris ce que je cherchais et m’ont-elles offert ce spectacle pour me complaire ? Ou bien était-ce pour se moquer de moi ? Ou bien était-ce une espèce de défi, un geste de mépris pour le débauché que leur précoce expérience leur faisait deviner ? Ou bien, enfin, n’y avait-il aucune arrière-pensée érotique en cela ? Les enfants se sentaient gênées de voir qu’un étranger observait leurs jeux et, pour le faire partir, peut-être n’avaient-elles fait là qu’une incongruité aussi innocente dans leur pensée que le geste de tirer la langue… Je ne pouvais savoir quelle était, parmi ces explications, la bonne, mais cette vision rapide m’émut fortement et m’obligea à me masturber, dans ma chambre, je ne sais combien de fois. Ce fut une des plus fortes émotions sexuelles de ma vie.

Vers la même époque, j’eus une autre émotion du même genre, également forte. Je me trouvais dans un water-closet et, à travers les persiennes de la fenêtre de ce réduit, je voyais ce qui se passait dans l’appartement d’en face, séparé du water-closet par une cour étroite ; je voyais un balcon sur lequel donnait la porte, grande ouverte, d’une chambre. Dans cette chambre, il y avait deux enfants appartenant aux classes populaires : une fillette qui ne devait pas avoir plus de trois ans et un garçon qui n’avait pas plus de deux ans. Je n’invente rien. Le garçon leva sa chemise, s’étant approché de la fillette, et lui montra son membre assez gros pour l’âge, et à demi érigé. La fillette regarda pendant quelque temps l’organe, en ayant l’air de s’y complaire, puis releva son jupon et montra sa vulve au garçon. Après cela, restant debout, elle serra fortement le corps du garçonnet contre le sien, en frottant le pénis contre la vulve et en faisant des mouvements de coït. Cela dura trois ou quatre minutes. Après quoi la fillette prit le garçon par la main et le conduisit dans le water-closet dont la porte s’ouvrait sur le balcon. Ils y restèrent enfermés pendant assez longtemps. Je restais à mon poste d’observateur pour voir la fin. La fillette sortit la première, laissant la porte ouverte ; la direction de l’entrée était telle que je ne pouvais voir ce qu’y faisait le garçon resté seul. Quelques instants après, une femme du peuple, sans doute la mère, entra dans la chambre, se dirigea vers le water-closet, et en fit sortir le garçonnet en le battant avec violence. Probablement elle le surprit pendant qu’il se masturbait. Cette scène, à cause de sa rareté même, m’excita extraordinairement.

En épiant les fillettes pour voir leurs organes sexuels, j’ai eu l’occasion de faire beaucoup d’observations sur les enfants des basses classes. J’ai pu constater que, lorsqu’ils ne se croient pas observés, ils se divertissent souvent d’une manière moins innocente qu’on ne le croit. Ils s’amusent souvent à toucher les organes sexuels de l’autre sexe. Une fois j’ai vu un garçonnet faire le cunnilingus sur une fillette ; ils avaient cinq ou six ans, pas plus. Cela se passait entre les barques, à terre, d’un port de mer.

Mon autre mauvaise passion, acquise à la même époque si néfaste pour moi, est une espèce d’exhibitionnisme. Ma danseuse de Naples m’a dit qu’un de ses plaisirs favoris était de regarder les messieurs pisser dans les urinoirs. Il ne faut pas oublier que les urinoirs sont souvent en Italie en plein air, de sorte que les passants peuvent voir facilement le pénis des hommes. « Depuis quel âge t’amuses-tu ainsi ? » lui ai-je demandé. « Mais depuis mon enfance, da bambina ! » Cela attira mon attention sur un fait que je n’avais pas remarqué jusqu’alors, à savoir que les jeunes filles, en Italie, en passant devant les urinoirs occupés, y jettent des regards curieux. Cette idée excita mon imagination. Dès lors, en satisfaisant mes besoins dans un urinoir public, je me postais de manière que mon membre pût être facilement vu par les passantes (chose très facile, étant donné la construction des urinoirs italiens). Et j’ai pu noter que beaucoup de jeunes filles guettaient ce spectacle et le contemplaient avidement. Les femmes d’un certain âge n’y prêtent généralement pas attention.

Les voyeuses les plus passionnées sont les fillettes entre douze et quinze ans. J’ai remarqué que ce sont aussi les jeunes filles de cet âge qui sont le plus fascinées par le spectacle des pénis érigés de certains singes (surtout des cynocéphales et des babouins) dans les jardins publics. Il y en a qui ne s’éloignent pas de la cage pendant des heures et des heures, tantôt regardant le rouge appendice, tantôt attendant qu’il se montre dans toute sa gloire. Pour revenir aux urinoirs, j’ai noté que, d’une façon générale, les fillettes regardent le spectacle en question d’autant plus volontiers qu’elles appartiennent à une classe plus basse. L’immense majorité des jeunes filles des classes supérieures, à partir de l’âge de dix ou de onze ans, détournent le visage en passant devant l’urinoir. Les filles de la classe la plus basse, celles qui sont couvertes de haillons, regardent l’organe viril avec une insistance cynique, s’arrêtent pour mieux voir, se retournent en riant, et quelquefois en causant de la chose entre elles à haute voix. Les fillettes du peuple, mais non de la canaille, épient le moment favorable, jettent des regards furtifs, regardent attentivement quand elles ne se croient pas observées. Souvent elles ont recours à des ruses : après avoir vu en marchant vers l’urinoir votre organe et dépassé l’urinoir, elles reviennent brusquement sur leurs pas comme si elles avaient oublié quelque chose et regardent ainsi la chose une seconde fois. Ou bien, à quelques pas de l’urinoir, elles s’arrêtent devant une vitrine de magasin, et font mine d’admirer ce qui est exposé en observant du coin de l’œil la chose qui les intéresse réellement. J’ai vu une fois une fillette d’une douzaine d’années qui est restée pendant une heure peut-être devant une affiche annonçant la Figlia di Jorio de G. D’Annunzio, absorbée, en apparence, par la lecture de cette affiche, en réalité dévorant des yeux le pénis des hommes qui se succédaient dans l’urinoir à côté. La plupart du temps, l’excitation érotique des jeunes voyeuses se manifestait par des signes non douteux : je voyais leurs yeux briller, leurs joues se colorer ou pâlir, leurs lèvres trembler. Cette excitation devait être d’autant plus forte qu’elles voyaient mon membre érigé, avec le gland mis à nu. Une fois, une jeune fille de quatorze ans environ passa devant l’urinoir où j’étais, en me frôlant presque, mais n’ayant pu voir mon membre par suite de la perspective ; ayant dépassé l’urinoir, elle se retourna et put alors voir ma virilité qui lui produisit une telle impression qu’elle ne put réprimer un cri les yeux hagards, elle saisit sa poitrine, à l’endroit du coeur, avec sa main gauche.

Il est facile de comprendre combien m’excitait ce nouveau sport. Rentré chez moi, je me représentais les visages émus des enfants, et naturellement tout finissait par la masturbation. Je me transportais, pour ainsi dire, dans la peau des jeunes filles que j’observais, et me figurais les sensations voluptueuses qu’elles éprouvaient à la vue de mon organe. Du reste, quand je les voyais guetter un autre homme que moi, j’étais tout aussi ému ; je ne sentais aucun besoin de jouer un rôle actif dans cette comédie. La seule chose qui m’intéressât, c’était l’émotion charnelle des fillettes ; qu’elle fût provoquée par moi ou par un autre, cela ne m’importait nullement, je préférais même le second cas. Mes actes d’exhibitionniste étaient accomplis avec une telle prudence qu’on ne pouvait pas s’apercevoir de leur caractère. Jamais je n’opérais en dehors des urinoirs et je n’y stationnais pas d’une façon trop prolongée.

Voir en ligne : Confession sexuelle d’un Russe du Sud (15) : Je suis devenu masturbateur…

P.-S.

Texte établi par EROS-THANATOS.COM d’après la « Confession sexuelle d’un Russe du Sud », in Havelock Ellis, Études de Psychologie sexuelle, t. VI, Éd. Mercure de France, Paris, 1926.



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