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Fantasmes (2)

La chasse à couilles. — Travaux pratiques. — Fin de semaine

par Jacques Lucchesi

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Jacques Lucchesi, « Fantasmes » (2), Textes érotiques, Paris, décembre 2011.


Fantasmes 2

La chasse à couilles

Blonde, féline, l’œil accorte, elle pratique discrètement la « chasse à couilles ». Chaque jour ou presque, on peut la voir se promener nonchalamment dans le centre-ville, s’arrêter devant une vitrine ou à la terrasse d’un café, attendant qu’un homme vienne l’aborder pour afficher la couleur. Pour faire ça, pas de problème : elle connaît deux ou trois petits hôtels dans le quartier. Car c’est une « indépendante », une tapineuse en tapinois qui préfère encore la diversité de la rue à l’attente monotone en appartement. Mais voilà, aujourd’hui il pleut et plutôt que d’arpenter les trottoirs dégoulinants, elle a choisi d’aller au cinéma. Pas dans un cinéma X où l’on ne rencontre que de vieux satyres et des étrangers que le manque de femmes rend impulsifs et incontrôlables, mais dans un cinéma propre et feutré où l’on programme des films « intelligents » comme « Le genou de Claire » ou « Les choses de la vie ». Elle aime bien les films sentimentaux, avec de belles héroïnes qui, parfois, lui font écraser une larme. Elle sait aussi que des hommes seuls vont voir, l’après-midi, ce genre de films ; des hommes comme il faut, avec un portefeuille bien garni. Rapidement, il s’en trouvera un ou deux pour se rapprocher d’elle quand elle aura croisé sa jambe comme ça, en remontant un peu sa jupe. Après, elle fera son choix. Son intuition s’avère juste et, moins de dix minutes après le début de la projection, un type vient s’asseoir près d’elle, dans un fauteuil vacant à sa gauche. Elle lui jette un bref regard : la trentaine, sans doute brun, ni beau ni laid, il ressemble à un bureaucrate. Pourquoi pas lui ? Elle décroise et re-croise les jambes, de façon à mettre en valeur sa cuisse gauche. La main masculine, jusque là sur l’accoudoir, vient alors effleurer le nylon de son collant. Elle ne pensait pas qu’il irait si vite, ne dit rien, l’enhardit même d’un léger sourire à poursuivre son exploration. Puis, alors que les doigts de l’homme cherchent son entrejambe, elle se lève tranquillement en lui murmurant qu’elle va aux toilettes. Il la suit du regard, lui laisse prendre un peu d’avance puis la rejoint sans tarder, complètement indifférent aux images qui se dévident sur l’écran. Là, il remarque aussitôt une porte entrebâillée où apparaît le bout de ses bottes blanches. Derrière, elle l’attend avec un sourire malicieux. Il s’approche d’elle pour l’embrasser mais elle lui dérobe ses lèvres, retient ses mains trop avides :
- Pas si vite, cher monsieur. C’est que ce n’est pas gratuit.

Surpris par cette réaction, l’homme la regarde avec des yeux ronds, bredouille un « ah bon ? » dépité. Pour une fois que tout allait bien pour lui. Mais elle l’a allumé et il ne veut pas renoncer à la satisfaction de son désir :
- Tu veux combien ?
- 100 francs pour la pipe et 200 pour l’amour.

Par chance elle n’est pas trop chère. Il tire de sa veste un « Delacroix », signe qu’il opte pour la première proposition et commence à défaire son pantalon :
- Merci mon chou. Je vais t’en donner pour ton argent.

Elle empoche son « petit cadeau », s’assied sur la cuvette et engloutit l’organe masculin qu’elle assèche en moins de deux minutes.

Travaux pratiques

Chargée de cours en psychologie, elle est encore en retard lorsqu’elle déboule dans l’amphithéâtre plein à craquer pour poursuivre ses élucubrations sur la construction du sujet. Quoiqu’elle ne soit pas vraiment jolie, elle a du chien ; tout en elle transpire le sexe et plus d’un professeur, dans son département, s’est retourné sur sa crinière brune et ses jupes souvent très courtes. Ses étudiants apprécient ses manières délurées et plus d’un suit du regard le mouvement de ses fesses quand elle monte sur l’estrade pour écrire au tableau ses formules sibyllines. C’est le cas de Karim, un jeune beur à la carrure d’athlète et à la tignasse frisée. Le cours à peine terminé, il va vers elle pour lui poser une question en aparté. Trop heureuse de stimuler l’intelligence de la jeunesse, elle en rajoute sur Winnicott et Mélanie Klein – objets de son exposé d’aujourd’hui —, sans omettre un détour par l’épistémologie de Jean Piaget.

Karim s’efforce de la suivre dans ses méandres intellectuels, plus sensible à son sourire égrillard et à ses yeux pétillants qu’à son goût prononcé pour la théorie. Il s’accroche car ce soir, il sent qu’il a sa chance avec elle. Comme leurs lieux de résidence ne sont pas très distants, elle lui propose de le raccompagner en voiture, ce qu’il ne se fait pas dire deux fois. Les voilà bientôt partis dans sa petite Toyota rouge : rouge comme les collants de sa conductrice. Durant le trajet, elle ne cesse de parler ; lui l’écoute distraitement en observant surtout ses jambes lorsqu’elle freine ou accélère. Au bout d’une demi-heure, elle stoppe dans une rue sombre (la nuit est déjà tombée), près de l’immeuble où habite Karim :
- Voilà. J’ai été très satisfaite de partager ce moment avec toi, Karim.
- Moi aussi. Vous n’êtes pas une prof comme les autres. Je veux dire que vous êtes mieux, plus humaine, plus ouverte.
- C’est vrai ?
- Plus que vrai.

Le regard de l’enseignante s’alanguit ; sa voix se fait plus rauque :
- Alors embrasse-moi.

Et leurs lèvres se pressent, et leurs langues se fouettent passionnément tandis que d’une main, elle soupèse la bite juvénile qui se cabre dans sa cage en jeans, bâton d’amour sur lequel elle ne songe déjà plus qu’à s’empaler sans attendre.

Fin de semaine

La cinquantaine, brune, discrète, féminine, elle est une parfaite incarnation de la secrétaire modèle, de celles qui ne rechignent jamais à traiter un courrier urgent cinq minutes avant la fermeture des bureaux. Néanmoins, elle se crispe quand arrive le vendredi soir : elle va encore se retrouver seule avec lui, ce patron qui ressemble à un porc, avec ses mains moites, sa face rougeâtre et congestionnée, son sourire patelin. C’est toujours la même chose ; que va-t’il encore lui demander ? Un jour ou l’autre, il faudra qu’elle lui dise énergiquement qu’elle n’est pas son esclave, seulement son employée. Elle sait bien que la loi est avec elle. Comment réagirait-il si elle le repoussait ? Et s’il la licenciait ? C’est si difficile de retrouver du travail à son âge. Il rentre dans le bureau, la chemise à demi ouverte, passe deux rapides coups de fil et s’affale en soufflant dans son fauteuil, un œil sur sa secrétaire qui termine la rédaction d’une lettre :
- Sylvette, vous êtes vraiment une perle. La meilleure des collaboratrices que j’ai eues depuis l’ouverture de ma boite.
- Merci monsieur.

Il se lève et, debout derrière elle, commence à lui masser les épaules :
- Ce que vous êtes nouée. Terminez ça et fermez l’ordi. Il n’y a pas que le travail dans la vie.
- ça c’est bien vrai. Vous savez que ce soir je ne peux pas m’attarder.
- Vous allez à un rendez-vous ? Un nouvel homme dans votre vie ?
- Non, je dîne avec ma mère et je dois faire quelques courses avant.
- Je vous promets qu’on fera vite.
- C’est que…je n’en ai pas envie.
- L’autre soir, c’était bien pourtant.
- Oui, mais ça doit rester exceptionnel.
- Pourquoi donc ? Vous êtes libre et je suis en instance de divorce.
- Monsieur, s’il vous plait.
- Allez Sylvette. Juste une petite gâterie et je vous laisse partir aussitôt après.

Il commence déjà à dégrafer son pantalon. Que faire contre ce tyran bestial ? Il a déjà sorti sa grosse pine molle ; ses couilles pendent au dessus de son slip. Elle voudrait les lacérer avec ses ongles, le mordre jusqu’au sang, ce salaud.
- Regarde Sylvette, elle se tend toute seule vers ta bouche. Ton parfum, tes yeux de biche, tes petits seins et tes hanches rondes : tout m’excite en toi. Vas-y. je suis déjà prêt à jouir.
- Alors fissa. Et on n’en reparle plus jamais.
- Promis.

Et elle absorbe entre ses lèvres fines le gland rosacé en se jurant de porter plainte s’il ose encore récidiver.

Voir en ligne : Fantasme (3)



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