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Fantasmes (3)

Plaisirs bourgeois. — Solutions par temps de crise. — Perte d’aura

par Jacques Lucchesi

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Jacques Lucchesi, « Fantasmes » (3), Textes érotiques, Paris, janvier 2012.


Plaisirs bourgeois

Si la maturité a ajouté quelques cheveux blancs à ses tempes blondes et donné plus de rondeur à ses fesses et à ses seins, elle ne l’a pas assagie pour autant. Dégagée de toute obligation professionnelle, les journées lui semblent longues et elle s’ennuie souvent dans son appartement bourgeois auprès de sa fille et de son mari. Celui-ci a heureusement le bon goût d’exercer le métier d’officier de marine, ce qui le fait périodiquement s’absenter plusieurs semaines d’affilée. Des vacances qu’elle sait parfaitement mettre à profit, surtout pour requinquer sa libido d’épouse blasée. Les hommes qui la désirent ne manquent pas autour d’elle et elle n’a que l’embarras du choix pour égayer sa solitude momentanée.

Aujourd’hui, elle a invité un jeune musicien à venir prendre le café à la maison. Celui-ci donne des cours particuliers de piano à la petite et, ma foi, elle le trouve plutôt charmant malgré ses lunettes et son air emprunté. Aurait-il, lui aussi, une idée derrière la tête ?

Il sonne à 14 heures tapantes et elle l’accueille avec un air enjoué, le félicitant pour son nouveau pantalon. Puis elle le fait asseoir sur le canapé du salon avant de le rejoindre, deux tasses de café fumant et des biscuits à la cannelle sur un plateau.

Elle possède comme personne l’art délicat du papotage, glissant dans la conversation de petites indiscrétions au passage. Il répond tant bien que mal à ses questions mais la proximité de cette belle femme le trouble, d’autant qu’elle n’a pas lésiné sur le rouge à lèvres et le numéro 5 de Chanel.

Quant à sa robe rouge à pois blancs, elle ne cache pas grand-chose de ses cuisses bronzées sitôt qu’elle croise les jambes. Quand il détourne les yeux d’elles c’est pour tomber sur le décolleté généreux de son hôtesse et sa voix, peu à peu, se brouille.

Elle s’amuse discrètement de son émoi, chatte jouant à la souris, mais c’est elle qui, la première, pose une main sur son épaule : parce qu’il n’y a pas que la musique dans la vie. Le désir fait craquer en lui ses dernières défenses et il l’embrasse enfin avec la fougue de sa jeunesse. L’instant d’après, elle extrait du pantalon neuf la pine déjà dressée de sa proie :
- J’étais certaine que tu avais une bite longue et fine.

Puis elle l’entraine dans la chambre conjugale où, pendant deux heures, elle lui ouvre en grand tous ses orifices. Frénésie partagée qui fait gémir autant qu’eux le vieux lit à baldaquins. Quand, encore toute vibrante de plaisir près de son jeune amant assoupi, elle jette un regard à sa montre, c’est pour constater qu’il est presque 17 heures :
- Zut ! Mon petit trésor va encore attendre sa maman à l’école.

Solutions par temps de crise

Dotée d’un rare sex-appeal, Gisèle a toujours fait courir les hommes. Mais le dernier (qui l’hébergeait) l’a malmenée en la chassant de son domicile sans la moindre aide financière. À 49 ans, elle se retrouve pour la première fois dans la dèche, amère, défraichie, mais toujours taraudée par le démon de la coquetterie.

C’est l’automne et la nuit tombe déjà sur cette artère commerçante où elle traine son blues en rêvant devant les vitrines des boutiques de fringues. Comme cette petite robe en taffetas rose et mauve irait bien sur ses épaules ; elle s’harmoniserait parfaitement avec le blond vénitien de sa chevelure. Oui mais voilà, elle coûte 500 francs et elle n’a même pas cette somme sur son compte en banque. Soudain, un homme s’approche d’elle, un homme encore jeune mais sans charme particulier :
- Pardon madame. Combien prenez-vous ?

Une telle question, posée froidement sans provocation, la désarçonne un instant. Elle ne comprend pas qu’il puisse la prendre pour une putain. Elle devrait s’indigner et le traiter publiquement de satyre. Au lieu de ça, elle le fixe crânement et, du tac au tac, lui répond :
- 500 francs.
- C’est d’accord. Je connais un hôtel juste à côté.

Et les voilà partis côte à côte mais sans un mot, la tête basse.

À n’en pas douter ce doit être un habitué de ce genre d’approches.

À l’hôtel, le réceptionniste semble d’ailleurs le connaître. Il encaisse les 150 francs de la location et lui remet une grosse clé :
- Chambre 11.

Au premier étage, elle découvre avec lui une chambre grise et sans confort ; seul le lit avec sa couverture rouge semble confortable. Combien de couples d’un moment il a dû voir passer avant eux ? Sans doute des centaines.

L’homme lui tend un Pascal avant même qu’elle ne le lui demande. Finalement, il n’est pas si mal que ça ; plutôt bien habillé même, ce doit être un fonctionnaire :
- Tu t’appelles comment ?
- Euh… Gisèle.

Va-t’elle enfin parvenir à lui dire qu’il s’est trompé ? Qu’elle n’est pas une pute, qu’elle n’a jamais fait ça pour de l’argent avant lui ? Mais non ! Les mots ne sortent pas de sa bouche. Au lieu de ça, elle se déshabille lentement, se laisse complimenter avec satisfaction pour la beauté de ses seins laiteux, pour son ventre plat de jeune fille. Après quoi, ils roulent nus tous les deux sur le lit ; et lorsqu’il la prend après l’avoir longuement caressée, elle ne peut retenir des cris de plaisir. Finalement, ce n’était pas aussi pénible qu’elle croyait. Elle va pouvoir l’acheter, sa jolie robe en taffetas rose et mauve.

Perte d’aura

Jean-Claude a fait la connaissance de Sylviane au cours d’un vernissage, dans ce charmant petit village varois qu’ils habitent tous deux. Elle l’a séduit aussitôt par sa beauté sensuelle, mais aussi par son franc-parler et sa finesse d’esprit. Il s’est débrouillé pour la revoir une semaine plus tard, afin de confirmer sa première impression.

D’emblée, il lui a dit qu’il enseignait le Français dans un lycée marseillais ; et aussi qu’il était toujours célibataire à 42 ans. Elle lui a appris qu’elle avait été modèle pour des cours d’art, qu’elle avait fait aussi un coquet héritage qui la mettait à l’abri du besoin. Depuis ce premier rendez-vous, il ne pense plus qu’à elle : si elle voulait aller plus loin avec lui… Mais comment le lui avouer ? Comment lui révéler qu’elle est son idéal féminin ?

Le jeudi, ses cours prennent fin à 16 heures. Quand le désir en lui est trop fort, il va trainer dans ces rues « chaudes » pas très loin de son lycée, où il rencontre, en général, une Espagnole affriolante qui le soulage prestement. Pourquoi, aujourd’hui, n’a t’il pas envie de la voir ? Au lieu de ça, il se dirige vers le quartier — plus huppé — de l’Opéra où d’autres filles, il le sait bien, tapinent l’après-midi.

Dans la petite rue Glandeves où il s’est engagé, il remarque une porte qui s’ouvre. Un homme en sort furtivement suivi, quelques secondes après, par une jeune femme blonde dont la silhouette ne lui est pas inconnue malgré un accoutrement — mini-jupe, talons hauts — parfaitement racoleur. Serait-ce elle ? Il n’ose le croire et pourtant, en se rapprochant, le visage qu’il découvre est bien celui de sa chère Sylviane :
- Sylviane ! C’est bien toi. Ça alors ! Je n’en reviens pas.
- Eh oui, c’est bien moi. Dit-elle avec un sourire aigre-doux. Alors, cher ami, vous vous êtes égaré ?
- Pas vraiment. Je m’accorde un peu de détente après mes cours. Et toi, tu travailles ici ? Tu fais…
- La pute, cher monsieur. Voilà. Tu sais tout maintenant.
- Bah ! Il n’y a pas de sot métier. Et tu prends combien ?
- 50 euros. Tu veux monter ?
- À vrai dire, je n’étais pas venu pour ça.
- Décide-toi. Ou va faire un tour.

Il hésite un instant. Il voudrait partir mais il ne peut pas, tellement l’occasion lui semble belle. Après tout…
- Bon. Eh bien, pourquoi pas ?

Dans le studio (pourtant cosy) où il la suit, il cache mal sa gêne de se retrouver seul avec elle dans cette situation. Ce n’est pas exactement à quoi il rêvait. Lui, il aurait préféré le dîner romantique puis les premiers baisers et les attouchements sur le canapé du salon. La vie vous réserve parfois de drôles de surprises :
- Eh bien, prof ? Ne sois pas bête. Fous-toi à poil. Depuis le temps que tu en as envie.

Le voici bientôt nu contre elle. Toute honte bue. Quels seins magnifiques et quel beau cul elle a ! Elle encore plus belle que ce qu’il l’avait imaginée. Et quelle suceuse, aussi ! Elle a un coup de langue à réveiller un mort.

Quand enfin, n’en pouvant plus, il lui demande de venir entre ses cuisses, elle fixe d’un œil frondeur ses prunelles défaillantes et lui dégoise, couchée sous lui :
- Allez vas-y, prof, baise-moi, enfonce moi ta grosse queue. Tu es comme les autres. Tu ne penses qu’à ça.



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