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Nouvelles érotiques

Fantasmes 4

La Pharmacienne. — La Psychologue. — Photos de charme

par Jacques Lucchesi

Jacques Lucchesi, « Fantasmes » (4), Textes érotiques, Paris, juin 2012.


Fantasmes (4)

 

La pharmacienne

Ce soir, la pharmacienne sort. Un rendez-vous avec un vieil ami — un vieil amant. Se peut-il que le désir, après tant d’années, soit aussi fort qu’avant ? Exceptionnellement, elle fermera la pharmacie une demi-heure plus tôt. À 19h30, ses quatre employés sont dehors, la laissant enfin seule. Toutes les caisses sont fermées, le système informatique est désactivé : elle va pouvoir penser un peu à elle. Dans son petit bureau, face au miroir de son armoire, elle défait son chignon et recoiffe ses longs cheveux poivre-sel. Dans moins d’un mois, elle fêtera ses 56 ans : il n’y a rien à faire, on ne peut pas inverser le cours du temps. Prestement, elle quitte son Jean et sa blouse blanche pour un tricot moulant et un collant noir fantaisie ; ça ira bien avec sa jupe grise en tulle achetée voici plus d’un an et qu’elle n’a encore jamais portée. Mais voilà qu’elle entend un bruit de clé dans la serrure : comment est-ce possible ? Elle retient son souffle : une silhouette masculine apparaît dans l’encadrement de la porte d’entrée. En un éclair, elle reconnaît les larges épaules et la haute taille d’Eric, son jeune préparateur. Bien sûr, elle lui a prêté les clés, car il doit faire l’ouverture demain matin :
- Madame Vernet, c’est Éric. Je m’excuse de vous déranger, mais j’ai oublié mon portable tout à l’heure, en le rechargeant.
- Votre portable ? Bien sûr, Éric. Je le vois sur mon bureau. Entrez.

Il fait quelques pas dans l’officine à moitié éteinte. Mais c’est elle, finalement, qui va à sa rencontre pour lui remettre son téléphone. Sans avoir eu le temps de passer sa nouvelle jupe… Stupeur du garçon devant sa patronne, comme il ne l’a encore jamais vue. Jamais il n’aurait imaginé qu’elle puisse être si bien roulée, si désirable… Ses seins, en particulier, sont d’un galbe incroyablement attirant. Il reprend son portable, bredouille un « merci madame » en baissant les yeux vers ses pieds délicats. Devant l’émoi qu’elle suscite chez le jeune homme, elle s’en veut secrètement d’être sortie aussi vite, aussi peu vêtue, du bureau. Comme une enfant prise en faute, elle se mordille les lèvres. Mais qu’elle puisse, à son âge, troubler un beau garçon de 20 ans la rassure sur sa féminité et son pouvoir de séduction. Et cela, elle le sent bien, remue plein de choses en elle. Elle se rapproche alors de lui et, les yeux dans les yeux, lui murmure :
- Montre moi ton sexe, tu veux bien ?

La psychologue

Psychologue analytique de formation, elle a aménagé, dans son nouvel appartement, un petit cabinet où elle reçoit, l’après-midi, une clientèle diverse et peu fortunée. Mais c’est son job et, à 42 ans, elle entend y mettre toute sa patience et son application. Il y a cependant des compensations à cette carrière qui peine à démarrer. Ainsi, elle a depuis peu, dans sa clientèle, un patient qui ne la laisse pas indifférente. C’est un jeune poète dont l’échec de son dernier recueil a précipité une dépression déjà installée depuis l’adolescence. Quoique d’une allure très négligée, il a une bouche et des yeux vraiment craquants. Justement, elle le reçoit aujourd’hui, en fin d’après-midi. Il arrive avec dix minutes de retard, lui tend une main molle, presque indifférente, et va directement s’asseoir sur le canapé qui fait office de divan. Elle s’assied face à lui dans un simple fauteuil en rotin. Il commence par lui parler de ses problèmes avec sa mère — « d’ailleurs, elle vous ressemble un peu » — puis de ses penchants homosexuels qu’il n’arrive pas à vivre pleinement. Elle le sent plus nerveux qu’à l’accoutumé ; elle-même est intérieurement tendue ; elle croise et décroise ses jambes (qu’elle a fort bien galbées), laissant voir par instants la jarretière de ses bas, la frange noire de sa culotte. Elle essaie d’orienter la discussion sur ses rapports avec les femmes. Il lui avoue deux ou trois aventures qui se sont mal terminées. Elle lui objecte qu’il ne faut pas en déduire que l’homosexualité serait un choix plus satisfaisant. Il sourit, accentuant les ridules de ses joues : par moment, ses yeux clairs, elle le remarque avec une certaine satisfaction, se portent sur ses jambes. Il lui demande si elle pourrait le conseiller en ce domaine. Pourquoi pas ? Mais il faudrait voir ça de plus près. Elle se lève et vient alors s’asseoir près de lui : « pour faire, dit-elle, une simulation de rencontre ». Il la laisse faire,confiant : ce garçon a vraiment des manières de chat. La voici presque contre lui et cela semble ne pas lui déplaire :
- Dans une telle situation, j’attendrais qu’un homme pose doucement sa main sur ma cuisse et m’embrasse.

Il la regarde pourtant indécis, presque craintif :
- Je peux ?

Elle opine favorablement de la tête pour qu’il rapproche enfin ses lèvres des siennes. Mais c’est elle qui saisit, la première, l’entrejambe du garçon déjà gonflée par le désir.

Photos de charme

Elle a été enfin appelée par cette boite de production parmi les plus fameuses de l’industrie du X. 300 euros pour une séance de pose en sous-vêtements coquins : voilà de quoi améliorer ses maigres ressources d’étudiante en arts plastiques. Au téléphone, on lui a fait comprendre que, même sans avoir un rapport sexuel, il lui faudrait quand même se caresser et montrer à l’objectif ses parties les plus intimes. Elle n’a pas dit « non », mais pouvait-elle faire autrement avec les factures en retard qu’elle accumule ? Maintenant, sur le plateau, le photographe lui demande de s’introduire un sex-toy dans la chatte en écartant la mince bande de dentelle du slip, ce qu’elle fait avec un certain professionnalisme, mimant le plaisir censé la submerger :
- Chapeau, Jessica. Tu es parfaite.

Manifestement, il apprécie beaucoup les charmes de cette nouvelle recrue qu’il photographie depuis près d’une heure dans les positions les plus convenues, c’est à dires les plus obscènes. Ses fesses hautes et cambrées, qui révèlent par moment un délicieux petit diamant noir en leur centre, ne cessent de l’émoustiller et d’aimanter son objectif. Mais il lui faut aussi s’occuper de ses petits seins et de son joli minois. Elle va certainement, cette brunette, faire couler beaucoup de sperme devant les écrans, sitôt que ses photos seront mises en ligne sur la toile. Les meilleures devraient être publiées dans le magazine phare du groupe et elle attend cette prochaine parution avec une excitation mêlée de crainte. Des fois que ses parents viendraient à y tomber dessus… Pour l’heure, la séance est terminée. Elle salue le photographe et s’éloigne, à demi-nue, vers sa loge pour achever de se rhabiller. Manifestement, elle n’a pas compris l’une des règles fondamentales de ce métier. Aussi la rejoint-il assez vite pour parfaire son éducation :
- Tu sais, Jessica, si tu veux continuer à travailler avec nous, il faut savoir payer un peu de ta personne.

Elle le fixe un instant avec perplexité, voudrait le repousser mais n’ose pas. À sa mine lubrique, elle comprend ce qu’il attend d’elle maintenant. Ce serait quand même dommage de perdre aussi vite un job facile et bien payé :
- Ok ! On fait ça vite contre la table. Mais tu enfiles une capote et défense de me la foutre dans le cul.



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