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Fantasmes 5

Train de nuit. — Belle-maman. — Plan de carrière

par Jacques Lucchesi

Mots-clés :

Jacques Lucchesi, « Fantasmes » (5), Textes érotiques, Paris, septembre 2012.


Fantasmes (5)

 

Train de nuit

Elle a pris le train à Nice pour rejoindre son vieil amant, à Rome. Il est professeur de paléographie. Ensemble ils vont travailler sur les fresques et les graffitis qui ornent les thermes romains. Voilà de quoi bien occuper leurs journées ; quant à leurs nuits… Changement à Ventimille : elle monte dans le train de nuit où elle a réservé une couchette. Par chance, elle est seule dans le compartiment. Elle va pouvoir se reposer sans devoir supporter les odeurs et les ronflements des autres passagers. Le train démarre lentement : quelle chaleur ! Elle ôte ses chaussures et son pantalon, ne gardant que son tee-shirt pour s’allonger le lit dur et étroit. Las ! Moins de 5 minutes après arrive un jeune militaire qui la salue en Français :
- Bonsoir madame.
- Bonsoir.

Instinctivement, elle remonte le drap sur ses cuisses. Il va s’installer quelques mètres plus loin dans un autre lit-gigogne, se déleste de son sac à dos et de ses chaussures puis s‘allonge en essayant de faire le moins de bruit possible. Elle se tourne et se retourne sur sa couchette ; cette présence qu’elle n’attendait pas la dérange, la trouble. Manifestement — est-ce le roulis du train ? — il est aussi nerveux qu’elle ; lui non plus ne parvient pas à trouver le sommeil :
- Excusez-moi, madame. Vous dormez ?
- Non.
- On pourrait parler un peu.
- D’accord. Mais pas trop longtemps.

La parole étant ce qu’elle est, leur aparté se prolonge au-delà des limites du raisonnable. Il est prolixe et, en moins d’une heure, elle sait presque tout de sa vie : ses études, le service qu’il accomplit, ses parents qu’il va retrouver à Rome. Elle-même se surprend à lui faire des confidences sur sa vie de divorcée, l’objet de ce séjour romain, l’homme qu’elle doit retrouver.
- J’ai une bouteille de Chianti dans mon sac. On pourrait peut-être l’ouvrir ?
- Pourquoi pas ?
- Je m’appelle Sandro.
- Et moi Danielle.

Et la voilà bientôt assise à côté de lui à boire au goulot ce fameux Chianti comme deux vieux camarades. Sandro a les traits doux et les yeux clairs. Ses yeux, à présent, ils sont aimantés par les cuisses et les seins de Danielle qui pointent sous le tissu fin.
- Savez-vous, Danielle, que vous êtes une très belle femme ?
- Vous plaisantez, Sandro. Et puis, j’ai deux fois votre âge.
- Et alors ? Est-ce que ça empêche le désir ?
- Ma foi, non.
- Je vous trouve vraiment très attirante.
- Vous êtes charmant, vous aussi…

Derniers mots courtois que leurs bouchent prononcent avant de s’unir goulument ; avant que leurs corps ne s’enlacent et n’exultent toute la nuit sur ce lit impropre au sommeil, dans une symphonie de râles, de babils et de soupirs.

Quand ils se séparent au petit matin en gare de Rome, ils ont tous les deux les yeux embués de tristesse.

Belle-maman

Son gendre et sa fille se sont encore disputés. Et comme à chaque fois, c’est auprès de sa belle-maman qu’il vient chercher un peu de réconfort :
- Véro, c’est une salope. Elle ne peut pas s’empêcher d’allumer les mecs où qu’elle aille. Samedi, dans cette soirée, j’ai cogné un gars. À cause d’elle.
- Je sais, Christian. Elle était déjà comme ça toute petite. Il fallait toujours qu’elle attire l’attention sur elle. Et ça n’a fait qu’empirer.
- Au fond, je me demande parfois si c’est une femme pour moi.
- Il ne faut pas penser ça. Vous faites un très beau couple, tous les deux. Si tu savais comme je suis fière quand je vous vois passer en moto. Et puis elle tient beaucoup à toi. Elle me le dit souvent.
- Moi aussi, je tiens à elle. Mais parfois elle m’agace. J’ai trente ans maintenant et j’ai besoin de souffler un peu.
- Ça va aller, mon petit Christian.
- Ce qui me plait avec toi, Odile, c’est qu’on peut parler simplement, sans se prendre la tête.
- Moi aussi, j’aime bien parler avec toi, Cricri. Ce n’est pas comme avec mon ex-mari… Un vrai mur, celui-là. Aucune sensibilité.
- Tu méritais mieux. Une belle femme comme toi.
- C’est vrai, tu me trouves belle ?
- Et comment ! Tu as une poitrine de folie. Tiens, je vais te faire une confidence : il m’arrive de fantasmer sur tes seins.
-  Oh ! Christian…
- Ben oui. Je peux pas m’en empêcher. Puisqu’on peut tout se dire.
- Tu me troubles, Cricri. Je peux savoir ce que tu fais avec moi dans ton fantasme ?
- Je prends tes seins à pleines mains. Je les suçote et, pour finir, je me branle entre tes globes.
- Vraiment… Il y a longtemps qu’on ne m’avait plus parlé comme ça.

Le garçon qui a remarqué son émoi se lève et l’attire doucement contre lui :
- Si tu veux, on peut essayer. Histoire de voir si la réalité est plus agréable que mon imagination.
- Christian. Tu te rends compte ! Si Véro venait à l’apprendre.
- Elle n’en saura rien. Si tu sais garder le secret.

Tout en l’embrassant dans le cou, il presse avidement son sein gauche, tandis que son autre main se faufile sous le fin caraco d’Odile. Déjà des spasmes parcourent sa gorge. La voici maintenant qui offre à la bouche de son gendre son lourd sein blanc traversé de fines veines bleues :
- Viens dans la chambre. On sera mieux sur le lit.
- Cochon ! Dis, tu me feras faire un tour sur ta moto ? »

Plan de carrière

Ce soir est un grand soir pour Elisabeth. Elle a obtenu le rendez-vous qu’elle attendait depuis son entrée au parti. Avec le député de sa circonscription, en tête à tête et dans l’un des meilleurs restaurants de la ville. Il est plutôt bel homme et il aime les jolies femmes ; elle l’a su très vite à sa façon de la regarder quand elle entrait dans son bureau pour lui apporter son courrier. Et jolie, elle l’est en diable avec son épaisse chevelure brune, son long nez fin, ses yeux pers et sa bouche, large et pulpeuse, dont elle joue si bien pour jeter le trouble chez les hommes qui l’intéressent. Car il n’est pas question, pour elle, de céder aux avances du premier venu. Que ferait-elle avec un employé du même niveau qu’elle ? Ses enfants ? Elle préfère laisser ça à d’autres. Les hommes, c’est elle qui les choisit en fonction de leur situation et de leur capacité à améliorer la sienne. Quand on a été aussi bien doté par la nature, il faudrait être drôlement conne pour ne pas en retirer quelques avantages sociaux. C’est ainsi qu’elle a séduit le directeur de la caisse de sécurité sociale. Pendant six mois, elle s’est laissée courtisée alors qu’elle venait d’entrer dans la maison comme secrétaire stagiaire. Et puis, elle a senti que le moment de franchir le pas était venu. Oui, il lui a fait mener la belle vie pendant deux ans. Dommage qu’il ait eu cet accident cérébral qui a mis précocement un terme à ses fonctions. Pauvre Gaston. Enfin, il l’a quand même promue à la tête du service où elle travaille aujourd’hui. Les quatre filles sous ses ordres en bavent encore et elle s’en délecte en secret. Après tout, elles n’avaient qu’à coucher, elles aussi. Coucher utile…

Voilà. Ce nouveau collant — un Chantal Thomass — épouse à ravir ses fesses et son ventre. Toujours pas le moindre petit bourrelet à la taille. Ce miroir est vraiment un amour. Et ce soutien-gorge noir, légèrement pigeonnant, c’est parfait. Quand elle aura passé ses escarpins et sa robe décolletée en mousseline noire, elle sera irrésistible. Ne pas oublier de ramener quelques mèches sur le front pour faire un effet juvénile (la plupart d’entre eux adorent ça). Ni de vaporiser sur cette surface idéalement vallonnée son parfum musqué préféré. Il craquera, c’est certain. Mais s’il veut lui retirer une à une toutes ces fanfreluches et accéder au saint des saints, il faudra tout d’abord qu’il la couche sur sa prochaine liste électorale. Un poste de suppléante serait un bon marchepied pour briguer ensuite la députation. Car elle sera, elle aussi, députée ; elle veut plus que tout le pouvoir politique et traiter avec lui sur un pied d’égalité. Avant de le pousser vers la sortie. Quant aux autres, les subalternes, ils seront à sa botte et la serviront comme une reine républicaine. N’est-ce pas la vie qu’elle a toujours rêvée ? Mais pour l’heure, il faut aller, fière et droite, à son rendez-vous. Comme on marche vers son destin.



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