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Fantasmes

La banquière, l’étudiante en philo et la petite brune bien roulée

par Jacques Lucchesi

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Jacques Lucchesi, « Fantasmes », Textes érotiques, Paris, octobre 2011.


Fantasmes

Le fantasme redevient à la mode. Des magazines « sérieux » lui consacrent de longs dossiers en cet été 2011. On sonde les Français pour savoir quelles sont les personnalités du monde de la politique et du show-biz sur lesquelles ils fantasment le plus. L’ennui, c’est que les auteurs de ces listes fastidieuses oublient facilement que le fantasme est d’abord une élaboration psychique, à visée équilibrante et strictement individuelle. Du reste, l’intérêt n’est pas tant de savoir sur qui on fantasme mais bien comment on se le représente dans son film intérieur. En ce domaine, point n’est besoin d’être célèbre pour devenir — à son insu — un objet de fantasme pour d’autres inconnus. Dans quelle mesure ces productions spontanées de l’esprit désirant peuvent devenir des vecteurs d’écriture ? C’est la question à laquelle j’ai cherché à répondre avec les petits textes qui suivent.

La banquière

La quarantaine sexy, talons hauts, cheveux courts et robes moulantes, elle dirige avec fierté un service de 25 personnes dans une grande banque d’affaires. Quoique volontiers accorte, ses désirs sont des ordres et c’est toujours elle qui choisit. Selon un rituel immuable où, à la menace de rétrogradation, succède l’opportunité d’une conciliation câline pour le mâle objet de ses caprices. Avec tous ces jeunes employés sous sa férule, elle aurait bien tort de se gêner. Néanmoins, elle éprouve parfois du vague à l’âme. Seule dans son bureau, face à l’ordinateur branché en permanence sur les marchés financiers, elle songe à E., grand et beau garçon brun avec lequel elle a eu une brève mais intense liaison, voici quelques années. C’était juste avant qu’il ne la plaque pour cette pâle institutrice qu’il a depuis épousée ; juste avant qu’elle ne devienne sa supérieure hiérarchique dans la banque… La fin de la journée approche : pourquoi ne pas le faire venir sous un prétexte quelconque ? Il rapplique sans tarder, quoiqu’un peu crispé, dans le bureau de la patronne. Elle l’accueille avec un large sourire, évalue en un coup d’œil ses progrès musculaires sous sa chemise, le félicite pour son assiduité sportive. Et comme, gentiment, il lui retourne le compliment, elle lui rappelle l’époque pas si lointaine où ils baisaient comme des bêtes sur la moquette. Après tout, il n’y a pas de mal à se faire du bien… Sauf qu’à présent, il est marié et qu’il voudrait devenir papa. A quoi elle rétorque qu’il a toute la vie pour ça. Il tergiverse et la retient ; mais quand elle a en tête de dégrafer une braguette, rien n’arrête notre banquière. Et puis elle a des jambes de danseuse, la bougresse, des jambes qui enlacent un homme encore mieux que des bras. Comment résister à de tels arguments ? Moins de cinq minutes après, il lui décharge, à grands jets, son foutre dans la chatte. Ce foutre qu’il comptait offrir ce soir à sa femme, sa jeune femme en période d’ovulation.

L’étudiante en philo

Plus portée à faire la fête qu’à s’enfermer des heures durant à la bibliothèque de l’université, elle redoute l’oral de logique, dernière épreuve de ses examens de philosophie. Mais elle a 19 ans, une gueule d’amour et des fesses cambrées dont elle joue en toute occasion. Au cours de ces derniers mois, elle a maintes fois remarqué que le professeur de logique — un quinquagénaire grisonnant et velu comme un singe — n’était pas insensible à son arrogante beauté. Que jamais il ne renâclait à prendre cinq minutes après la fin du cours pour lui expliquer gentiment le sens et l’application de telle ou telle abstraction. Peu à peu une idée germe dans son esprit… Et c’est avec assurance qu’elle se présente à lui, au jour J. Elle répond à son « bonjour » poli par un sourire charmeur. Elle le sent intimidé mais c’est quand même lui qui pose les questions. Et celle qu’il lui soumet ne lui inspire que perplexité. Il lui propose aimablement un autre sujet, mais c’est toujours le même néant. Finalement, elle lui avoue qu’elle n’a pas assez travaillé son cours ; qu’elle ne voudrait pas, non plus, refaire sa première année, par égard pour ses parents qui se saignent pour financer ses études. Partout ailleurs, elle a la moyenne et s’il voulait se montrer compréhensif, elle pourrait le remercier à sa façon… Désarçonné par sa proposition, le prof hésite, réfléchit, lui fait entrevoir les risques d’une telle relation. Mais sa détermination ne faiblit pas, d’autant qu’elle sent bien qu’il est sur le point de craquer :
- « Ce sera notre secret », lui dit-elle en effleurant son torse avec ses seins.

L’instant d’après, elle le prend dans sa bouche, confortablement calée dans le fauteuil professoral. 
 

Petits arrangements entre amis

Petite brune bien roulée, ses grands yeux gris-vert sont en soi une invitation au plaisir. Du plaisir, elle en donne à beaucoup d’hommes, tous les après-midis dans son studio, depuis que, divorcée et sans ressource, elle est venue se refaire une santé financière à Marseille. La mécanique des fluides masculins n’a plus de secret pour elle. Elle vidange comme personne les queues les plus récalcitrantes, les couilles les plus assoupies et, naturellement, ses services se paient en liquide. Ainsi, elle ne manque jamais de rentrées. Pour ses dépenses, c’est différent et il lui arrive souvent d’avoir recours à des paiements en nature. Mais comment faire pour se soigner quand, comme elle, on n’a pas de couverture sociale ? La secrétaire de ce grand ponte de la gynécologie marseillaise connaît bien cette cliente discrète qui vient toujours consulter à l’heure où elle s’apprête à fermer le cabinet :
- « Vous pouvez partir, Emilie. Je ferai moi-même la fermeture. »

Et il fait entrer dans son bureau son ultime patiente. Elle accroche sa pelure au porte-manteau, ôte sa petite culotte et va aussitôt s’allonger, jambes écartées, à la table d’examen. Le docteur enfile un doigt de gant, se penche sur la vulve implorante dont il écarte doucement les lèvres en forme de pétale, pianote sur le clitoris, ce qui arrache à sa patiente un léger râle tandis qu’elle commence, selon un jeu convenu, à caresser le génitoire du spécialiste à travers son pantalon. Il bande déjà à tout rompre, ce vieux satyre.
- « Tout va très bien, chère madame. Il n’y a pas d’écoulement suspect ni d’irritation. Vous avez un organe en parfaite santé. Bon pour le service. »

Puis, le froc sur les genoux, il s’allonge entre ses cuisses dans un soupir de satisfaction, la bite préalablement revêtue d’un capuchon en latex.

Voir en ligne : Fantasmes (2)



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