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L’Ardente passion

Femmes esclaves dociles et aimantes

Roman érotique (Chapitre XIII)



Auteur :

Mots-clés :

Maurice de Vindas, L’Ardente passion, Éd. Librairie Franco-Anglaise, Paris, 1929.


XIII

Comme Marthe semblait le fuir, il s’en fut se promener seul dans la campagne, laissant libre cours à son imagination ardente.

Mais d’autres l’avaient espionné ; Berthe et Odette depuis trois jours ne revenaient plus à la maison pour se cacher aux alentours attendant l’occasion de lui parler.

Ayant abandonné leur bicyclette, elles se lancèrent à sa poursuite et ne tardèrent pas à le rejoindre.

Il fut heureux de les voir, trouvant en elles une compagnie agréable. Mais Odette qui avait son idée ne permit à la conversation de s’égarer :
- À quoi as-tu réussi avec la gouvernante ?

Une rougeur de honte lui monta au visage :
- À me faire battre !

Elles ricanèrent :
- Tu es donc une femme ?
- Elle est plus forte que moi.
- Non, si tu sais t’y prendre… on prépare des cordes, avec des nœuds coulants, on va en tapinois dans sa chambre, le soir et on lui ligote les mains. Ensuite on tape jusqu’à ce qu’elle demande grâce.

Il resta une minute songeur :
- Ainsi, vous pensez que je la dompterai ?
- Elle sera plus douce qu’un gant…

Berthe avec un hochement de tête entendu précisa :
- Il n’y a pas de femme qui résiste à cela !

Il fit :
- Ah !

Les examinant de biais, cherchant à lire en elle. Odette tressaillit et il le remarqua. D’un regard rapide, il s’assura de la solitude et avant qu’elle eut pu se mettre en défense, il l’avait empoigné, la jetant à terre.

Berthe, les mains aux tempes, parut s’enfuir ; en réalité, elle se mit seulement hors de portée. Pendant ce temps, il terrassait l’autre, l’aplatissant sur le gazon, pour relever les jupes et frapper aussitôt avec frénésie. Elle essaya bien de se débattre, mais bientôt, la brûlure des coups brisa son énergie, elle s’abandonna, sans force, sans courage.

Il la roulait sur le sol, tapant du poing ou de la main suivant les circonstances, la claquant au visage, sur les oreilles.

Sourdement elle gémissait, implorant sa pitié ; il n’écoutait rien, emporté par sa fougue et surtout par la volonté de la dominer d’une façon définitive, afin qu’elle n’offrit plus de réactions. Quand il la vit matée, allongée languissante sur l’herbe épaisse, il eut la certitude qu’il était son maître. En effet, elle ne se défendit plus, ayant seulement une plainte plus déchirante, tandis qu’un spasme la tordait. Ses yeux se révulsèrent et elle serra les dents pour ne pas crier.

Il se redressa, vainqueur et orgueilleux, ayant enfin conscience de sa force.

Berthe accourut et toujours doctorale, remarqua :
- Tu vois que nous avions raison !

Odette soumise se suspendit à son bras et renchérit.
- Tu ne savais donc pas que tu étais si fort ! Ils revinrent à petits pas ; les deux jeunes filles l’encadraient, ne ménageant point leurs sourires. Elles le tenaient pas les bras, modelant leur allure à la sienne.

Il paraissait vraiment un pacha au milieu de ses houris, pour tout spectateur non averti, il aurait été visible, qu’il avait dompté ces femmes, pour s’en faire des esclaves dociles et aimantes.

Non loin de la grille, elles le lâchèrent, se refusant à revoir Marthe. Il n’insista pas, peu désireux lui-même, de mettre face à face les rivales. La gouvernante lui trouva en entrant, un air conquérant, désinvolte qui ne lui était pas coutumier. Elle s’inquiéta, déjà jalouse :
- D’où viens-tu ?

Il balbutia, elle le gifla et aussitôt, il retomba sous sa domination. Toutes ses velléités de correction s’évanouissaient, pour être remplacées par une crainte amoureuse et une volupté morbide.
- Jamais je n’oserai… se dit-il en la considérant.

Elle le conduisit à sa chambre et le fit déshabiller. Malheureusement pour lui, elle n’eut besoin d’un long examen, pour deviner les incidents précédents. Un véritable hurlement de fureur jalouse lui échappa.

Bondissant, elle le poussa sur le lit et le bourra de coups de poings.

Ce premier accès passé, comme il tentait de se redresser, elle le claqua et il retomba en arrière, avec un gémissement.
- Ne bouge pas !

Il demeura immobile, craintif, couché en travers du lit, les pieds à terre.

Elle revint brandissant le martinet. Dès les premières cinglades, il comprit que la correction serait atroce.

En effet, elle le meurtrissait avec une science diabolique, souriant quand elle lui arrachait un cri de douleur.

Ainsi, elle le confessa et il avoua tout, sans cependant parler du conseil que lui avait donné Odette.
- Bien, tu ne sortiras plus, maugréa-t-elle et elle le quitta, pour redescendre au rez-de-chaussée.

Péniblement il se rhabilla et la rejoignit au salon. Elle le scruta et il baissa les yeux ; nerveuse elle répéta :
- Tu ne sortiras plus !

Il ne répondit pas, se disant qu’il découvrirait bien une ruse pour échapper à cette nécessité. La soirée fut maussade, la jeune femme souffrait d’une jalousie aiguë qui la mordait au cœur. Une haine sourde grandissait en elle contre les jeunes filles qui risquaient de lui enlever l’affection de l’adolescent. À ce propos, elle se trompait ; rien momentanément n’était capable de le séparer d’elle, il était lié par un sentiment profond, inexplicable, fait de dévouement, de crainte et d’amour.

Odette et Berthe n’étaient que des incidents au milieu des hasards de la vie ; elles étaient l’illusion après laquelle tout homme court. Auprès d’elle, il avait trompé sa soif de volupté, mais n’en retirait que tristesse, amertume et inassouvissement.
Tout cela, elle ne pouvait le deviner, raisonnant sur les faits patents et non sur les sentiments cachés. Si elle avait mieux réfléchi, elle aurait noté qu’elle ne lui en voulait pas elle-même, d’avoir pris les jeunes filles ; elle craignait uniquement de le perdre, entraîné qu’il pourrait être par des attraits fragiles.

Elle le conduisit à sa chambre et ne le quitta qu’une fois couché. Par une sorte de méchanceté sadique, elle se refusait à le laisser veiller un peu le soir, sachant qu’il aimait ces quelques heures de solitude au milieu des livres. Elle le torturait pour le plaisir de se sentir son maître, de le voir docile, faible devant son autorité.

Seul, il réfléchit aux conseils d’Odette et peu à peu, il en arriva à la conclusion que la chose était possible avec un peu de prudence et de sagacité. Il fallait toutefois préparer l’action plusieurs jours à l’avance.

Au matin elle avait oublié sa furieuse colère et se montra souriante ; cependant il se méfia, craignant une ruse.

Aussitôt après le déjeuner, profitant d’un instant d’inattention, il s’esquiva et dehors retrouva ses deux amies. Odette courut à lui, joyeusement, Berthe venait derrière, maussade.
- Eh bien, as-tu essayé ? lui cria-t-elle.

Il leur avoua sa déconvenue et elles se moquèrent, le jugeant lâche. Sournois il s’entraînait, désireux de leur prouver qu’elles se trompaient et soudainement, il saisit Berthe, tandis que l’autre se sauvait.

Ce fut la cousine qui reçut naturellement tout le poids de sa mauvaise humeur. À son intention, il cueillit une solide branche d’arbre munie de ses feuilles et la fouetta énergiquement.

Ses premiers mouvements avaient été de révolte, mais bien vite, elle s’apaisa, dominée par la brutalité.

La souffrance la brûlait, elle tomba à genoux, les mains contre terre. Il continua la correction, sans répit, attendant qu’elle implorât.

Elle se contentait de gémir, avec des mots puérils, des plaintes enfantines.

Epuisée, elle s’aplatit en avant, puis roula sur le flanc, pour échapper à la terrible morsure de la badine sifflante.

N’en pouvant plus, elle saisit le poignet du bourreau et avec un sanglot, l’attira contre elle, s’abandonnant à sa puissance.

Désinvolte, il les quitta après ce haut fait ; elles trottinèrent derrière lui, l’appelant désespérément. Il se retourna, moqueur :
- Allez-vous-en chez votre mère !

Elles le suivirent cependant, comptant toujours sur un revirement de sa part. Elles ne réclamaient que quelques minutes de promenade, et un doux entretien.

Il les fuyait, parce qu’elles le lassaient avec leur bavardage, tandis que son esprit était tout occupé d’une autre.

Comme elles le poursuivaient inlassablement, il s’arrêta. En courant elles le rejoignirent, juste pour recevoir chacune une paire de claques sonores.

Rien en cela ne pouvait les démonter, elles se remirent en marche avec lui, l’encadrant timidement. D’une menotte frôleuse, elles se caressaient les joues, comme pour en chasser le feu.

Rageur, il les reconduisit jusqu’à leur bicyclette et deux gifles, les décidèrent définitivement à le laisser en paix.

Il prit sa course vers la maison, et après un coup d’œil furtif, franchit la grille. N’apercevant pas la gouvernante, il exécuta un détour pour pénétrer dans l’habitation sans être vu.

La constatation de sa vigueur, lui rendait le courage un moment enfui. Certes, il se disait que s’il réussissait son entreprise, la vengeance serait terrible, mais de cette éventualité, il se souciait peu.

Il gagna sa chambre où il s’enferma. Seul, il se livra à de multiples investigations qui lui permirent de mettre la main sur un couple de courroies solides.

Dans son esprit, les idées se précisaient, il s’arrêtait à un projet praticable.

Ces courroies il les plaça à la portée de sa main et s’en fut à la chambre de Marthe établir des plans.

Il examina le lit qui tenait le milieu de la pièce. À droite se trouvait la table de nuit, à gauche, c’est-à-dire du côté de la porte par où il rentrerait, il n’y avait rien.

Il se pencha et étudia le sommier ; aussitôt, il comprit l’avantage qu’il pouvait tirer de cette situation.

De sa poche, il tira une longue cordelette et se glissant à plat ventre, en fixa une extrémité à un ressort par un nœud solide. Le reste, il le roula tant bien que mal, le posant à l’intérieur, sur un second ressort.

Ces précautions prises, il mesura les différentes distances, afin de n’être arrêté par l’indécision au moment définitif.

Sans bruit, il redescendit et en bas, mit la main sur le fouet du chien qui une fois déjà avait servi à Marthe.

Comme un voleur, il l’emporta dans sa chambre, et le cacha avec soin.

Enfin un sourire éclaira son visage et sifflotant, il s’apprêta à rejoindre la gouvernante. Sa stupéfaction ne fut pas mince en la trouvant dans le jardin, entre les deux jeunes filles qui jacassaient gaîment.

Marthe l’épiait, cherchant à deviner sur son visage s’il avait déjà rencontré ses petites amies. Naïf, il ne crut pas devoir se cacher et fronçant les sourcils gronda :
- Encore vous !

Afin de donner une preuve publique de son autorité, il les claqua et ensemble, elles éclatèrent en sanglots, donnant une explication puérile de leur venue.

La gouvernante n’avait pas bronché, mais ses grands yeux noirs étincelèrent soudainement ; un tressaillement la secoua et prenant Louis par la main, l’attira doucement près d’elle :
- Assieds-toi !

Il obéit et quelques minutes plus tard, elle les quittait pour préparer le thé. Odette aussitôt profita de cette demi-solitude pour enlacer de ses bras nus, le cou de l’ami.

Il la repoussa en riant et Berthe, se glissa contre lui, quêtant autant le pardon qu’une caresse.

Très fier, il bombait le torse, traitant de haut ces oiselles timides, devenues ses esclaves.
- Je réussirai ce soir, annonça-t-il à mi-voix.

Elles eurent un geste de dépit, regrettant maintenant de lui avoir donné ce conseil. Une gifle les rendit immédiatement serviles et elles approuvèrent, prêtes à tous les abandons pour lui plaire.

Marthe reparut, tenant le plateau ; elle s’assit, fit signe à Louis de servir. Comme il hésitait, en face des gamines domptées, elle leva la main et une claque brutale lui rougit la joue.

Alors il se redressa paresseusement, masquant son dépit, sous un sourire. Les deux jeunes filles le considéraient avec tristesse, maudissant la gouvernante pour cette cruauté. Elles en arrivaient à souhaiter qu’il la maîtrisât à son tour, qu’elle devint comme elles, son esclave.

Marthe ne se doutait de rien, elle avait repris son calme et bavardait insoucieusement. Au crépuscule seulement, elle reconduisit les visiteuses à la porte, pour ensuite rentrer en compagnie de Louis.

Celui-ci prévoyait une correction ; il fut déçu, elle ne parut même pas porter attention à sa présence.

Inquiet, il s’en fut s’agenouiller devant elle et comme ce jour-là, elle n’était pieds nus, ayant conservé ses chaussures, il lui retira timidement souliers et bas pour baiser respectueusement le bout des orteils.

Songeuse, elle le récompensa d’une caresse nonchalante, passant sa main longue dans ses cheveux soyeux.

Il s’accroupit auprès d’elle et ils demeurèrent silencieux. Elle luttait contre la jalousie qui la dévorait, essayant de s’habituer à l’idée qu’il fût à l’une des deux jeunes filles, afin d’être elle-même débarrassée de ce cauchemar.

Elle n’y parvenait point, torturée par un véritable chagrin. Elle aurait voulu le retenir et pourtant jugeait ne pas pouvoir accomplir le geste inéluctable. Elle en arrivait à compter les semaines jusqu’au retour du père ; alors elle fuirait, laissant son cœur derrière elle, mais se délivrant de la souffrance de sa chair.

Malheureusement ce retour était encore lointain et il lui faudrait bien des jours, cacher la passion qui la dévorait.

Sur un ordre bref, il s’en alla chercher les mules habituelles et avant de les chausser, baisa encore une fois les chevilles. Elle lui sourit, émue par ce dévouement constant, cette servilité amoureuse, qui avait fait table rase de tout sentiment de vanité ou de fierté.

Quoiqu’il la harcelait, elle évita de le corriger ce soir-là, afin de ne pas aviver son propre désir. La soirée entière, elle demeura maussade, silencieuse, avec son esclave accroupi auprès d’elle.
À l’heure du coucher, elle l’entraîna, lui défendant de veiller.

Il trembla à l’idée qu’elle put fermer sa porte à clef, comme parfois, elle le faisait ; l’unique moyen de parer à ce risque était de ne point exciter sa colère. Il se tint donc coi, se montrant obéissant.

Elle le conduisit jusqu’à sa chambre et l’aida à se coucher avec des soins tendres, minutieux, pensant à tout.

Quand il fut dans son lit, elle le borda, le baisa au front et une minute, le contempla, une flamme ardente dans les yeux. Ses lèvres frémissaient, ses seins fermes sautaient sur sa poitrine, la passion l’affolait.

Pas à pas elle recula, semblant s’éloigner à regret. Haletant il la considérait, se demandant s’il serait nécessaire d’en arriver à l’exécution du plan combiné.

Quand il la vit disparaître dans la pénombre du couloir, il eut un soupir attristé et s’enfouit la tête sous la couverture.

Voir en ligne : Deux courroies et un fouet de chien (Chapitre XIV)

P.-S.

Texte établi par Nathalie Quirion et EROS-THANATOS d’après le roman érotique de Maurice de Vindas, L’Ardente passion, Éd. Librairie Franco-Anglaise, Paris, 1929.



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