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Curiosités et Anecdotes sur la flagellation

Femmes fouettées par un prêtre catholique

Essai érotique (Librairie des Bibliophiles, Paris, 1900)



Auteur :

Mots-clés :

Jean de Villiot, Curiosités et Anecdotes sur la flagellation, Librairie des Bibliophiles [Charles Carrington], Paris, 1900.


AUTRES PAYS, AUTRES MŒURS.

Nous sommes malheureusement loin d’avoir épuisé tous les cas de flagellation féminine : nous parlons des cas modernes.

Le Daily Chronicle, important journal anglais, nous donne, à la date de 11 octobre 1898, un intéressant article sur ce sujet, sous le titre :

HISTOIRE ÉTRANGE DE LA POLOGNE.
« Femmes fouettées par un prêtre catholique, en présence d’un archevêque. »

Cet article était envoyé par le correspondant spécial du Daily Chronicle à Saint-Pétersbourg. Nous le traduirons littéralement :

Saint-Pétersbourg, le 5 octobre 1898.

Les journaux de notre ville nous entretiennent d’une agitation fébrile qui règne en ce moment dans la ville de Kovno, dans la Pologne russe.

Un certain nombre de personnes, des femmes en grande majorité ont été enlevées dans leurs propres foyers par les adhérents de « l’Église catholique de la Croix-Sainte ».

Le prêtre principal de ladite église, le père Beliakevitch, s’est porté aux pires excès envers les malheureuses, les dépouillant de leurs vêtements et les frappant de cordes et cannes, comme coupables d’avoir entretenu des relations illicites — aux yeux du bon père — avec des membres de l’Église Orthodoxe.

Les victimes ont de plus été obligées par leurs bourreaux de se présenter matin et soir aux services religieux, et, sur l’excitation des prêtres, les assistants ont insulté ces femmes sans défense, les piétinant et leur vomissant à la face les dernières injures.

Puis ces femmes ont été de nouveau enfermées sous les voûtes de l’église, ayant pour toute nourriture des biscuits et de l’eau. Non contents d’influencer leurs victimes en les prenant par la faim et les tortures physiques, les prêtres catholiques ont voulu frapper leur esprit déjà affaibli par des apparitions fantaisistes, produites par des effets phosphorescents sur un squelette à tête énorme, figuration plus ou moins symboliques du diable ou d’un esprit malfaisant quelconque.

Ces outrages avaient eu lieu sous l’œil bienveillant des policiers, la plupart des catholiques Polonais ou Lithuaniens. Malheureusement pour les bons pères de « l’Église de la Croix-Sainte », ils furent dénoncés par une de leurs victimes mêmes, Eva Bernatovitch, qui renseigna les autorités sur les agissements du père Beliakevitch. Cette femme avait été enfermée sous les voûtes du Saint Temple, sous l’accusation d’avoir logé une femme, nommée Yukovsky, accusée elle-même de relations illicites avec des Russes et membres de l’Église Orthodoxe.

Remise en liberté, elle s’empressa de porter plainte. Elle se rendit à cet effet au plus prochain poste de police où elle exposa son corps dont une grande partie ne formait plus qu’une plaie. Elle déclara que sa locataire était encore enfermée et donna de tels détails, corroborés d’ailleurs par un examen médical attentif, qu’une enquête fut immédiatement ouverte par le commissaire de police de l’arrondissement, Erassof, qui, accompagné du chef de la sûreté de la ville, Karomaline, et du secrétaire du substitut, Kholotchevnikof, se rendirent à « l’Eglise de la Croix Sainte », dans le but de provoquer les explications du prêtre. Arrivés à l’église, ils n’eurent aucune peine de trouver divers instruments de flagellation, ainsi que le fameux squelette dont nous avons parlé. La femme Yukovsky fut trouvée dans une cellule, en laquelle on avait coutume de déposer provisoirement les morts, avant les funérailles.

Elle avait été, cependant, déjà fouettée par le prêtre qui l’avait lui-même dépouillée de ses robes, pour appliquer cette discipline. Son corps portait de nombreuses traces de violences.

Cette femme déclara, ainsi que l’avait déjà fait Eva Bernatovitch, que, en dehors d’elle-même, beaucoup d’autres personnes, hommes et femmes, avaient subi le même traitement, et ceci, toujours en présence du vicaire de l’église, Kerpovsky, et de l’archevêque catholique Pallioulion.

Un premier interrogatoire du père Beliakevitch eut lieu, qui fut immédiatement suivi de son arrestation, mais, au lieu d’être approuvée par l’opinion publique, cette mesure provoqua une irritation intense dans la population catholique de Kovno, qui s’est vivement élevée contre le martyr du prêtre. Le peuple alla jusqu’à prier et à s’adonner à de ridicules pénitences en sa faveur, écoutant avec ferveur les sermons où les prêtres l’incitaient à s’opposer aux Russes et aux membres de l’Eglise Orthodoxe.

De tumultueuses démonstrations eurent lieu en face de la prison où était enfermé le père Beliakevitch, et également à « l’Église de la Croix-Sainte ».

La force armée dut être employée pour protéger les autorités civiles.

Les amis et connaissances de M. Beliakevitch ont essayé d’obtenir la mise en liberté provisoire du prêtre, moyennant une caution de 5,000 roubles, et le tribunal local se disposa à cette demande, mais le Procureur Impérial s’y refusa absolument.

L’enquête qui continue, est menée avec une grande activité. »

*
* *

Aux anecdotes précédentes, nous n’ajouterons qu’un fait, qui s’est produit EN AVRIL 1899, en la libre Amérique.

Les journaux de cette date publiaient une dépêche de New-York, annonçant que l’Assemblée législative de l’État de Virginie a voté une loi permettant D’APPLIQUER LES CHÂTIMENTS CORPORELS EN PUBLIC.

Doux peuple !…

Nous venons de faire passer sous les yeux de nos lecteurs un aperçu rapide des scènes de flagellation qui existent DE NOS JOURS, EN POLOGNE ET EN RUSSIE.

Mais, nous dira-t-on, ce sont là des pays barbares, que la civilisation n’a fait encore qu’effleurer. Laissons-les avec leurs mœurs antiques, et jetons plutôt un regard sur les pays qu’il est coutume de qualifier d’avancés. Soit. Qu’y voyons-nous ? Le même retour à ces abominations. Que nous devons flageller — c’est ici le cas de le dire — de toutes nos forces, si nous ne voulons pas nous voir envahir à notre tour par ces… bizarres coutumes.

Revenons donc à l’Amérique, ou plus spécialement à l’État de Virginie. Nous lisons dans un journal anglais sous le titre : « Beautiful girl publicly whipped ! » (Belle jeune fille fouettée publiquement) la narration de la première application de cette loi barbare. C’est une JEUNE FILLE DE DIX-HUIT ANS, nommée Mary Ball, qui vient d’être flagellée publiquement, pour un vol de peu d’importance, en la ville de Manassar, dans l’Etat de Virginie.

Traînée sur une place publique, la malheureuse, sous les regards d’une foule hébétée, à demi-inconsciente — car sans cela, comment croire qu’elle eût laissé s’accomplir cet acte ignoble — la malheureuse, dépouillée de ses vêtements, reçut sur le dos dix coups de fouet, appliqués avec la plus grande vigueur par un bourreau affecté à ce châtiment.

Il restera donc toujours au fond de l’homme cet amour de brutalité ; la civilisation ne sera alors qu’un vain mot, ne donnant aux humains qu’une surface policée, laissant l’intérieur à l’état brut.

Si nous n’avions pas eu sous les yeux une photographie de cette scène de véritable sauvagerie, nous nous refuserions à y porter foi.

Ajoutons cependant, pour l’honneur des citoyens américains, que les journaux des Etats-Unis ont ouvertement et violemment reprouvé cette loi inique.

Voir en ligne : Vengeance de femme : Sarah Bernhard et Marie Colombier

P.-S.

Texte établi par Nathalie Quirion et EROS-THANATOS.COM d’après l’essai érotique de Jean de Villiot, Curiosités et Anecdotes sur la flagellation, Librairie des Bibliophiles [Charles Carrington], Paris, 1900.



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