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L’Ardente passion

Flagellé pieds et poings liés

Roman érotique (Chapitre XII)



Auteur :

Mots-clés :

Maurice de Vindas, L’Ardente passion, Éd. Librairie Franco-Anglaise, Paris, 1929.


XII

Marthe se sentait faible auprès de Louis qui de plus en plus s’attachait à ses pas, ne lui laissant plus une minute de solitude. Toujours il était derrière elle la suivant par le jardin et la maison, entière, l’aidant servilement dans la besogne quotidienne. Il faisait les lits avec elle, balayait, époussetait, s’ingéniait à lui éviter de la peine.

Souvent, elle tâchait de s’en débarrasser par une gifle. Il acceptait le soufflet souriant tristement et parfois saisissait la main qui avait frappé pour en baiser la paume.

Pourtant elle aurait éprouvé un réel chagrin qu’il se fût éloigné ; elle aimait à le sentir près d’elle, à le voir si humble, si aimant. Elle se demandait s’il avait réellement compris ce qu’il souhaitait d’elle.

En réalité, le désir demeurait latent chez le jeune homme ; certes il se disait qu’il aurait été heureux de la tenir dans ses bras, mais la passion n’allait pas au delà.

La visite des deux jeunes filles maintenant les incommodait et un jour, ils leur firent si grise mine, que le lendemain, elles ne revinrent pas.

Chaque soir, au crépuscule, ils s’en allaient, se tenant par le bras. Silencieusement, ils marchaient à travers la campagne, hanche contre hanche, frémissant aux chocs multiples de leur corps.

Ils rentraient ensuite, émus étrangement ; la jeune femme voyait la passion bouillonner, l’adolescent éprouvait comme un alanguissement trouble qui brisait son énergie. Après être remontée à sa chambre, elle revenait, pieds nus, vêtue d’un peignoir ample, dégageant ses épaules grasses.

Ce soir là, elle vint s’asseoir comme de coutume dans le vaste fauteuil de tapisserie. Elle cachait ses mains dans les amples manches de la robe et il ne le remarqua pas.

Il s’approcha à petits pas, et s’agenouilla comme il en avait l’habitude, pour baiser avec dévotion le bout des orteils.

Il était incliné, elle se pencha vivement et lui saisit les poignets qu’elle emprisonna dans une de ses menottes. Interloqué, il ne se défendit point et quelques secondes plus tard, il était étroitement ligoté.

Malgré tout il eut peur :
- Qu’allez-vous me faire !

Les paupières mi-closes, elle quitta le fauteuil sans répondre, voilant son émoi sous une attitude sévère.

Elle le bascula en arrière, de façon à l’allonger sur le dos. Dans sa chute, il aperçut le martinet sur le siège et se remua un peu.

Pendant ce temps, elle lui avait attaché les chevilles, le mettant ainsi dans l’impossibilité de se défendre.

Alors lentement, elle coupa tous les vêtements, le dépouillant entièrement. D’un geste fébrile, elle empoigna le martinet et s’agenouilla auprès de sa victime.

La correction commença, lente, savante, douloureuse. Chaque coup causait une souffrance, le malheureux gémissait sans répit, contemplant cependant son bourreau sans colère.

Elle ne le voyait pas, regardant seulement les traces violacées qu’elle imprimait sur l’épiderme laiteux.

Les dents grinçantes, elle frappait avec minutie, devant la douleur, l’accroissant ou la diminuant tour à tour.
- J’ai mal ! balbutia-t-il pitoyable.
- Je le sais, répondit-elle froidement.

Elle tapa plus fort, les lanières sifflaient dans le silence, la peau se zébrait de mille stries écarlates.

Quand elle le vit sur le point de défaillir, elle se pencha et l’embrassa au front. Il frissonna sous cette caresse et ferma les yeux.

Elle dénoua les liens des jambes et le remit debout.
- Viens, je te servirai à dîner dans ta chambre.

Il la suivit, en titubant à chacune des marches de l’escalier. Le poussant doucement, elle l’obligea à s’allonger sur le lit :
- Repose-toi… Dans un instant je remonterai !

Elle s’éloigna et il la regarda disparaître dans la pénombre du couloir :
- Elle m’a tutoyé ! balbutia-t-il avec extase.

Souriant presque, il contempla les meurtrissures de son corps et se palpa timidement, de ses deux mains encore liées.
- Pourquoi m’a-t-elle encore battu ?

La vérité cependant ne perçait pas encore dans son esprit il ne discernait point le sentiment caché qui stimulait la cruauté factice de la femme.

Elle revint lui apportant le potage… les mains déliées il put manger, ensuite elle le rattacha et s’esquissa pour revenir un instant plus tard avec le premier plat.

Elle ne dînait pas, s’occupant uniquement de lui, se grisant d’une illusion. Elle se figurait qu’il était malade et qu’elle le soignait avec dévouement.

Sans comprendre, il se laissait faire, heureux d’être dorloté ainsi. Comme il refusait des légumes, elle le claqua fortement et il obéit.

À la fin du repas, elle s’installa à son chevet : il voulut se lever. Brutalement, elle le retourna et le corrigea, lui meurtrissant la croupe de gifles vigoureuses.
- Te tiendras-tu tranquille !

En prenant le thé, ils fumèrent silencieusement une cigarette. Rejetée en arrière sur le dossier du siège, les paupières à demi-fermées, elle l’épiait et souriait doucement.

Lui, sentait cet espionnage se troublait, craignant de nouveaux coups. Ceux-ci ne se firent point attendre.

Sans un mot, elle le gifla, l’obligeant à s’allonger, à demeurer immobile.

La cigarette terminée elle rentra dans sa chambre et revint en chemise de nuit, ses cheveux noirs flottant sur ses épaules nues. Il frémit, entrevoyant le désir qui le harcelait.

Elle lui prit la main, mais pour aussitôt le gifler encore. Il lui semblait qu’en agissant ainsi, elle punissait sa propre chair de ses sursauts tumultueux.

Il ne récriminait pas, tâchant de reconquérir un peu de calme, ce qui lui était difficile, d’autant plus qu’elle ne l’y aidait point.

Feignant l’impatience, elle lui ordonna de s’agenouiller devant elle. Il obéit, se prosternant, les poignets toujours liés sur la poitrine. Elle lui tendit son pied nu qu’il embrassa longuement.

De nouveau elle alluma une cigarette, le laissant là devant elle, se morfondant, admirant son corps marmoréen.

S’il venait de prononcer une parole, elle levait la main et il se taisait aussitôt, confus, anxieux.

Paisible en apparence, elle continuait à fumer, pensant :
- Il souffre autant que moi !

Si elle le torturait, elle éprouvait également un tourment intolérable ; mais la vue de cette douleur, détournait momentanément l’angoisse de la passion, lui fournissant un aliment inattendu.

Elle resta là longtemps, le regard perdu dans le vague, les lèvres closes, le cœur serré.

Louis incapable de demeurer à genoux était tombé sur le flanc et les pieds nus de la gouvernante se posèrent sur sa hanche. Dès lors, il n’osa plus bouger, craignant de la déranger.

Sournoise, émue, elle l’épiait suivant avec une joie sadique le calvaire que montait sa chair juvénile. Elle aurait voulu annihiler en lui ce pouvoir d’aimer, afin que, ne pouvant être à elle, il ne fût à personne.

Enfin, elle quitta le fauteuil et ouvrit le lit. Sur son ordre, il se coucha et elle dénoua la cordelette qui lui enserrait les poignets. Encore une fois, elle l’embrassa sur le front et s’éloigna.

Poussée par un machiavélisme atroce, elle laissa entr’ouverte leurs deux portes.

Il hésita longtemps, une heure peut-être, puis furtivement glissa à terre, pour courir sur la pointe des pieds jusqu’auprès de la femme.

Elle paraissait dormir ; peureux il se pencha sur elle et doucement s’apprêta à se faufiler dans le lit.

À cette minute, une souple lanière siffla et vint s’enrouler à sa taille, le blessant odieusement.

Marthe bondit, elle tenait à la main un fouet de chien dont elle le flagella avec la dernière cruauté.

Il roula à terre, vaincu immédiatement par la douleur aiguë. Cette fois il implora, n’ayant jamais encore enduré semblable supplice.

Puis elle se pencha, le souleva dans ses bras nerveux et l’emporta jusqu’à son lit.

Insensible, il ne se défendit pas ; elle le borda et murmura :
- Maintenant tâche d’être sage !

Elle s’esquiva, fermant enfin la porte. Sa nuit cependant fut un unique cauchemar ; elle voyait en rêve l’adolescent martyrisé qui souffrait sans se plaindre, mais enfonçant dans sa chair à elle, une douleur épouvantable. Lentement il la terrassait, usant ses forces, détruisant en elle peu à peu, toute possibilité d’aimer à l’avenir.

Au matin, elle le retrouva souriant et docile ; elle se dit alors que son rêve était véridique.

Voir en ligne : Femmes esclaves dociles et aimantes (Chapitre XIII)

P.-S.

Texte établi par Nathalie Quirion et EROS-THANATOS d’après le roman érotique de Maurice de Vindas, L’Ardente passion, Éd. Librairie Franco-Anglaise, Paris, 1929.



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