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Les délices du fouet

Fouetteuses et flagellantes professionnelles

Roman érotique (chapitre 10)



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Lord Charles Drialys (Jean de Villiot), Les délices du fouet, C. Carrington, Paris, 1907.


10

Je ne manquai pas, le lendemain, de me rendre chez miss Bobby à l’heure qu’elle m’avait fixée. Elle m’attendait dans son petit salon rempli de fleurs, vêtue d’une élégante tea-gown de soie et de dentelles. Ses délicieux petits pieds étaient fourrés tout nus dans de minuscules souliers de satin blanc, brodés d’argent et de perles. En apercevant leur peau nacrée, je me jetai à terre pour les embrasser.

Mais miss Bobby se dressa :
- Charley ! qui t’a permis, vilain ? Si, hier, je t’ai laissé baiser mes mains, c’était pour ne pas contrarier tes effusions après notre longue séparation ; mais il n’y a rien de changé entre nous. Tu es toujours le petit garçon qui était mon élève en Bretagne, et je suis ta maîtresse à laquelle tu dois respect et déférence. Tiens-toi debout devant moi et écoute attentivement ce que j’ai à te dire.

J’étais surpris du ton sévère de miss Bobby, mais, déjà, elle avait repris cet ascendant qui me faisait trembler à ses moindres gestes. Elle s’installa dans un fauteuil et je me tins debout devant elle, comme un écolier.
- Écoute, Charley, commença-t-elle, ta tante m’a chargée d’être ta correspondante à Londres, c’est donc à moi que le censeur du collège sera tenu d’adresser chaque semaine tes notes d’études afin que je suive tes progrès et tienne ta tante au courant de ta conduite. Le grand sacrifice d’argent que coûte ton séjour au Queen’s Royal College doit porter ses fruits. Ta tante m’a donc chargée de te surveiller très étroitement et de t’infliger, pour chaque faute, une punition aussi sévère que je le jugerai bon. Tu peux donc t’attendre, chaque fois que tu m’apporteras une mauvaise note, ou que tu te rendras coupable de quelque façon que cela soit, à être fouetté par moi de manière très rigoureuse. Ce ne sera plus la correction d’enfant que je t’ai donnée au château, et tu ne sortiras de mes mains que les fesses en sang. J’ai fait débarrasser une chambre, que je destine spécialement aux corrections que j’aurai à t’administrer, et il n’y manquera ni les bonnes verges ni les fortes cravaches. Tu viendras ici tous les dimanches, pour subir ta punition, si tes notes de la semaine n’ont pas été satisfaisantes. Comme c’est demain dimanche et que tu n’auras pas encore de notes cette semaine je profiterai de l’occasion pour régler avec toi un petit compte déjà ancien, mais que je n’ai pas oublié. Tu te souviens de toutes les mauvaises farces que tu m’as jouées au château et que ta tante, par trop de bonté, a laissées impunies. Je ne suis pas ta tante et j’ai gardé tout cela sur le cœur, pour te punir une fois pour toutes, lorsque le moment sera venu. C’est demain que sonnera pour toi l’heure de l’expiation. Je t’ordonne de te trouver ici, demain à deux heures, et de monter directement à la chambre des punitions, où je te fouetterai comme tu ne l’as jamais été. Quant à mes pieds tu ne les embrasseras pas de sitôt. Ils seront ta récompense quand tu l’auras méritée par une application très grande à l’étude ou une action d’éclat. Mais ce jour me semble encore fort éloigné, car tu es paresseux et dissipé ; j’en suis informée par ton professeur de Rennes, qui n’a jamais su te diriger. Dorénavant les verges s’en chargeront et j’ai résolu de ne pas te les marchander. De plus. je te défends toute familiarité, même de m’embrasser les mains, à moins que je ne te l’ordonne. Maintenant va et que je te voie ici demain à deux heures.

La longue harangue de miss Bobby me sembla si crâne et son attitude de maîtresse sévère si imposante, que je fus profondément impressionné ; des frissons me coururent sur la peau à chaque menace qu’elle proférait.

Dans la rue, une grande surexcitation s’empara de moi et l’idée que le lendemain l’adorable créature me courberait sous les verges, mit mes sens dans le plus vif émoi. Cette correction, elle la promettait si terrible que je tremblais en y songeant, et ce qui m’exaltait encore, c’est que cette maîtresse fessée, réellement méritée, devait me servir de punition. En rentrant au collège, où il n’y avait pas de classe le samedi après-midi. je rencontrai Lord Philidor, mon jeune camarade, qui me raconta, avec de minutieux détails, comment on fouettait, dans les pensionnats de Londres, même les jeunes filles âgées de plus vingt ans.

C’était de l’huile sur le feu qui me consumait.

Pour comble, il me prêta un petit livre où des scènes de flagellation étonnantes étaient décrites avec une grande passion, et la lecture de quelques chapitres me fit passer une nuit agitée, ma chair excitée réclamant impérieusement la mordante caresse.

Le lendemain, à mon réveil, je fus repris par cette fièvre et ayant continué la lecture lascive, mon imagination s’enflamma à tel point que, loin de redouter la terrible fessée qui me guettait, j’avais presque la crainte qu’elle ne fût pas assez forte.

C’est dans cette disposition d’esprit que j’arrivai chez l’adorable miss Bobby. La servante qui m’ouvrit, me fit monter au troisième étage du petit hôtel et m’introduisit dans une pièce où elle me laissa seul. C’était la chambre aux punitions que miss Bobby avait installée à mon intention et je fus surpris qu’elle eût pu, en deux jours, créer un ensemble si parfait.

Les murs étaient matelassés de feutre épais et recouverts de tentures en velours ; le tapis était si moelleux qu’on y enfonçait. Une banquette, longue d’un mètre et demi environ, attira mes regards. Elle était rembourrée de velours rouge et munie de plusieurs courroies. À chaque bout de ce meuble, il y avait une forte poignée en cuivre, dans laquelle une cordelière de soie était passée, qui tombait à terre. Sur une petite table, se trouvait un lot de cravaches, de fouets et de martinets à lanières de cuir et plusieurs objets très curieux que j’estimais être des poires d’angoisse ou des bâillons. Dans un coin de la pièce, un bassin en tôle émaillée rempli d’eau, où trempaient une quantité de verges de bouleau, de différentes grosseurs et longueurs. J’examinai curieusement ces instruments, formés de brins droits et dont les pointes s’écartaient comme des pattes d’araignée. Cette chambre renfermait encore un petit meuble chiffonnier en marqueterie, un large sofa très moelleux et plusieurs fauteuils et chaises. Une porte ouverte donnait sur une pièce contiguë, formant cabinet de toilette et garnie de flacons et de boîtes de toutes sortes ; un parfum subtil y flottait.

Après réflexion, il me sembla impossible que miss Bobby eût monté en quarante-huit heures une installation aussi complète. La lourde portière de l’entrée, les tentures et le tapis étaient en place depuis longtemps, et destinés, dès l’origine, à étouffer les cris et les plaintes des coupables. Tout l’ameublement à l’usage de la flagellation, et la grande provision d’instruments, laissaient supposer que des corrections étaient appliquées fréquemment, et pour ainsi dire de façon courante, dans ce local. En examinant attentivement le tapis, j’aperçus des brins de bouleau épars, comme ceux qui se détachent pendant l’action. Il n’y avait pas de doute à avoir, cette pièce servait à la flagellation et je me demandais avec surprise si miss Bobby n’était pas une de ces flagellantes professionnelles dont Londres possède de nombreux spécimens. Cette découverte déflorait un peu le culte dont j’entourais mon ancienne maîtresse. Peut-être s’était-elle lancée dans cette voie, poussée par sa passion de la flagellation ? car il était évident qu’elle était une passionnée et j’avais bien remarqué, lorsqu’elle me fouettait au château, le plaisir qu’elle y prenait.

Son existence assez mystérieuse, dans cet hôtel à trois étages, qu’elle habitait seule avec une servante, confirmait mes présomptions, et je n’étais point fâché, après tout, de me trouver entre les mains d’une flagellante experte et convaincue, capable de m’ouvrir des horizons nouveaux.

Je fus tiré de ces réflexions par la porte qui s’ouvrit. La lumineuse idole apparut, merveilleusement belle dans un costume qui me la révélait sous un aspect nouveau. Elle avait pour tout vêtement, sur la peau nue, une simple tunique de lin, descendant jusqu’aux pieds, mais largement décolletée en carré et privée de manches. Un cercle en métal doré formait sa ceinture, et ses beaux cheveux blonds, roulés en un lourd chignon, placé bas sur la nuque, faisaient d’elle un rare et précieux bibelot blanc et or. Elle avait l’apparence angélique et semblait devoir apporter l’amour et les caresses plutôt que des tortures.

D’un geste gamin, elle ôta ses minuscules souliers et je vis surgir l’éblouissement blanc et rose de ses divins petits pieds.

Je m’extasiai de tant de beauté, mais la radieuse fée fronça les sourcils et crispa sa jolie bouche.
- Tu devrais être déjà déshabillé, tu sais bien ce qui t’attend, dit-elle en m’indiquant le cabinet de toilette, et elle ajouta :
- Nu, sans un fil sur le corps.

Puis, elle fouilla dans le petit meuble et en retira un objet qu’elle me jeta par la porte ouverte.

C’était une ceinture assez originale, en soie noire, avec des parties en élastique.
- Quand tu seras tout nu, tu mettras cette ceinture ; si tu ne sais pas la mettre, je viendrai t’aider, mais ce sera la cravache à la main.

Je ramassai le singulier objet. Cette ceinture entourant la taille et se bouclant par-devant comme une ceinture ordinaire, avait, derrière, une bande verticale qui pendait, s’élargissant en une sorte de pochette, puis se rétrécissant à nouveau. Je compris que cette bande devait être passée entre les cuisses et fixée à la boucle de devant. La bande verticale et la pochette avaient pour effet de mettre à l’abri des verges, les parties délicates où leur morsure eût été trop sensible, et sauvegardait en même temps les lois de la pudeur. Je m’attardais à me regarder dans la glace, trouvant cette invention fort pratique, mais miss Bobby, impatiente, m’interpella :
- Eh bien, faut-il que j’aille te chercher ?

Je me hâtai de la rejoindre et j’eus le sentiment que quelque chose de sensationnel allait se passer. La table avait été poussée au milieu de la pièce, sous une corde à poulie qui pendait du plafond, accrochée au piton servant habituellement aux lustres.
- Couche-toi là-dessus, dit la jeune femme, en me désignant la table, et comme je m’allongeais à plat ventre, elle me fit retourner sur le dos et lever les jambes en l’air. Elle me laça aux chevilles des petites guêtres en cuir, munies d’anneaux solides, puis, passa dans chaque anneau la corde qui pendait du plafond et la tira de façon à ce que mes jambes conservassent la position verticale, tandis que mon dos appuyait sur la table.

Cette position singulière me semblait exposer assez mal mon postérieur, mais je n’osais questionner miss Bobby dont le regard devenait de plus en plus sombre et farouche. Elle me lia les mains et je m’abandonnai à mon sort, lorsque, tout à coup, je sentis la table fléchir, soulevée d’un côté par la jeune femme, et je glissai lentement, tout mon corps suivant la ligne verticale de mes jambes. Je me trouvai bientôt suspendu dans le vide, les pieds au plafond et la tête en bas. Miss Bobby repoussa la table dans un coin, tandis que je me balançais, en tournoyant sur moi-même, ahuri de voir tout à l’envers.

La jeune femme semblait enchantée de ce résultat. Munie d’une longue et souple verge, elle s’approcha, se trouvant bien à portée des rotondités renversées, qu’elle avait, pour ainsi dire, sous la main.

Ce que fut cette flagellation, aucune plume ne saurait le décrire.

Il faudrait, pour en retracer l’image, enchâsser dans un ciel étoilé, les plus mirifiques pierreries de Golconde.

Dans la position que j’occupais, tous les objets étaient chavirés et je vis un ange blanc et or, marcher sur le plafond, la tète en bas, suspendu par ses divins petits pieds nus ; et pendant que tout tournait lentement autour de moi, l’ange suivait le mouvement, déversant sur ma chair une vibrante électricité, qui pénétrait de sa chaude caresse jusqu’à la moelle de mes os. Chaque pore palpitait de volupté et un vertige grisant, un vertige de fou délire me saisit comme un ouragan. Il me sembla que je planais, entraîné avec une vitesse effrénée, à travers mille paysages charmants, des villes fantastiques et un océan lumineux.

Était-ce là la punition promise, cette course à travers le ciel où j’étais inondé de lumière et anéanti de joie délirante ?

Voir en ligne : Le baisemain à la magnifique flagellante (chapitre 11)

P.-S.

Texte établi par EROS-THANATOS d’après le roman érotique de Lord Charles Drialys (Jean de Villiot), Les délices du fouet, C. Carrington, Paris, 1907.



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