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Confessions érotiques

Germaine de Montreuil et ses pouliches

Panthère du Bengale, Chatte Griffue, La Brûlante, etc.

par Alain Valcour

Alain Valcour, « Germaine de Montreuil et ses pouliches », Confessions érotiques, Paris, avril 2015.


Germaine de Montreuil et ses pouliches

Germaine de Montreuil, rentière comme sa mère, est héritière d’une famille de riches bourgeois dont la fortune à commencé dans les Antilles avec la culture et la transformation en rhum de la canne à sucre, et s’est poursuivie jusqu’à l’abolition de l’esclavage. Sentant le vent tourner vers 1845, ils ont vendu à temps pour investir dans les mines, c’est-à-dire dans une autre forme d’esclavage.

Germaine a hanté longtemps les sacristies et les institutions qui pratiquent une charité un peu sévère, c’est-à-dire qui nourrissent les pauvres, les chéris de « Notre Mère l’Église » sous réserve d’une disponibilité immédiate pour les tâches les plus diverses et d’une présence vérifiée à quantité d’offices religieux. Mais elle s’est lassée, car l’afflux massif des demandeurs de soupe rendait ceux-ci de plus en plus incontrôlables et rebelles à l’élévation spirituelle visée.

Armée d’un chapeau ridiculement grand et caparaçonnée dans des tailleurs datant des années 50, elle faisait le tour des orphelinats pour y recruter des jeunes filles (dont je ne préciserai pas l’âge pour éviter des ennuis avec une censure tous les jours plus hystérique). Elle les choisissait de belle apparence, avec le goût très sûr que lui dictait son démon de midi personnel, de fait une démone lesbienne, et surtout, elle les choisissait sans aucune famille. Elle les sortait de leurs institutions-prisons pour les accueillir dans son « Institut de Formation aux Métiers des Tissus et de la Mode ». En fait de couture, « ses » filles y apprenaient seulement à faire des ourlets et recoudre des boutons. Elles apprenaient aussi à se coiffer et à se maquiller mutuellement, en vue des « présentations ».

Les présentations se déroulaient devant de généreux bienfaiteurs, courtois et discrets souvent accompagnés de leurs maîtresses, dans des châteaux que leurs propriétaires désargentés louaient à des organisateurs de « soirées spéciales ». Germaine faisait défiler ses pouliches dans des tenues tout ce qu’on peut imaginer de plus court et de plus transparent, dignes des plus fameuses top-modèles. Ces élégantes demoiselles circulaient ensuite parmi les spectateurs (qui comptaient aussi de temps en temps des couples de lesbiennes) pour leur offrir du champagne et du porto. Elles en profitaient pour faire admirer de près leurs jolis seins, adolescents ou pigeonnants, et leurs petites fesses rondes. Et surtout pour leur faire mémoriser leurs noms de scène pleins de poésie : Panthère du Bengale, Chatte Griffue, Gazelle Timide, Barbie, La Brûlante et Fontaine de Jouvence, sans oublier Sourdingue et Débilotte, qui elles ne défilaient pas. Les pucelles (vraies ou rafistolées) portaient sur le front un gros point rouge comme les femmes d’Inde aiment à s’en décorer. Puis elles se retiraient toutes. Germaine en personne, munie d’un pupitre et d’un marteau de commissaire priseur, procédait aux enchères destinées à distribuer les poupées de chair présentées aux amateurs, hommes, femmes et couples, les plus fortunés. Ils pouvaient choisir un « entretien », un « entretien approfondi », une « confession » ou une « confession sévère ». Les prix des pucelages pouvaient monter très haut. Et la nuit se passait dans des chambres calfeutrées d’où les cris de plaisir comme de douleur ne pouvaient troubler le silence des couloirs déserts. Ce n’était pas inutile : Sourdingue, sourde et muette, criait dans l’orgasme comme un cochon qu’on égorge, car elle n’avait pas conscience de l’intensité de ses cris. Les clients adoraient car ils y voyaient une preuve de leur virilité. Débilotte s’exprimait comme une gamine de 6 ans. Assise avec les clients dont elle ne se gênait pas de têter la raideur, elle se branlottait continuellement la chatte en gémissant, et son plaisir était non moins bruyant que celui de Sourdingue. De plus, certaines « confessions » étaient vraiment sévères.

J’étais devenu un habitué (et même un amant) de Gazelle Timide avec qui j’ai eu de nombreux « entretiens approfondis ». C’était une délicieuse petite brune aux yeux noisette. Ses petits pointus, dotés de gros tétons sombres, valsaient librement dans un soutien-gorge trop grand mais très décolleté. À cause de sa « timidité », il me fallait de longues minutes, de nombreuses caresses, de langoureux baisers et quelques claques sur les fesses pour qu’elle accepte que je lui enlève successivement ses bas noirs, sa mini-jupe en soie bleue électrique, son soutien-gorge du même bleu et pour finir un minuscule slip constitué de rubans roses. Ce dernier, une fois ôté, toute fière de sa touffe de poils noirs artistement taillée, c’est elle qui prenait en main(s) la recherche du plaisir, et d’abord du sien. Ce n’était plus une gazelle, mais une louve en chaleur dont les baisers fougueux s’agrémentaient de suçons. Elle ouvrait largement les cuisses pour inviter ma langue à consacrer à son plaisir le temps qu’il fallait, et elle adorait que ma langue lui écrase le bourgeon et qu’elle se faufile le plus loin dans l’antre toute baveuse de son nectar. Elle écartait ses adorables petites fesses pour que je puisse langotter son œillet endolori par des « confessions » trop brutales.

Lassée de la conduite autoritaire de Germaine, l’écurie s’est révoltée sous la conduite de Chatte Griffue. Si la patronne s’exprimait avec ses clients dans un langage qui fleurait bon la désuétude aristocratique, elle ne traitait ses filles que de « pétasses », de « connasses », « d’enculées » et de « trous à bites ». De plus, elle inspectait tous les matins d’un doigt autoritaire leurs anus et leurs vagins, et pour les punir de broutilles, elle leur pinçait les tétons. En trois jours de conciliabules, les filles ont préparé une fin de présentation burlesque. Gazelle Timide s’est arrangée pour perdre sa jupette minuscule, La Brûlante s’était fabriqué un ventre de femme très enceinte et marchait en canard. Germaine était furieuse, mais les applaudissements fusaient à chaque nouvelle entrée. Barbie a pissé dans son short rose, Sourdingue a défilé en criant et Débilotte s’est accroupie fesses nues comme si elle allait faire un gros besoin. Chatte Griffue a terminé par un long effeuillage voluptueux comme on n’en voit plus guère à notre époque de précipitation. L’enthousiasme de la salle a fait monter les enchéres deux fois plus haut qu’à l’habitude.

Germaine a contenu sa rage tout en recevant des félicitations, comme si elle avait tout organisé. Mais blessée dans son orgueil et ses « principes » (lesquels au fait ?), elle avait décidé de punir son écurie. Un fondé de pouvoir d’un émir du pétrole lui a proposé de lui racheter ses pouliches. Après d’âpres négociations, un troc a été conclu contre une part confortable de la propriété d’un puits de pétrole produisant du brut de qualité. L’émir voulait remplacer dans son harem les filles qu’il avait perdues au poker contre des collègues. Malgré des réticences initiales, Sourdingue et Débilotte ont été incluses dans le « deal » afin de pourvoir aux besoins sexuels des domestiques.

Ces derniers détails m’ont été racontés sur l’oreiller par Gazelle Timide qui avait réussi à s’échapper à temps de l’Institut de « Formation », pendant que la télévision dont nous avions coupé le son montrait les belles cuisses des candidates du concours Miss France.



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