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Recueil documentaire psycho-pathologique sur les aberrations sexuelles chez la femme normale tombant à la bestialité la plus raffinée

Invasion des chiens et duo lesbien

La Femme aux chiens (Chapitre IX et Conclusion)



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L’Érotin (Alphonse Momas), La Femme aux chiens. Recueil documentaire psycho-pathologique sur les aberrations sexuelles chez la femme normale tombant à la bestialité la plus raffinée, Paris, 1912 [1921]. (161 p. ; 20 cm).


IX

Projets de vengeance de — Elle amène Coralie a se dévêtir. — Invasion des chiens. — Les offres de Coralie, ses supplications. — Elle lutte contre les chiens. — Domptée, elle cède enfin. - Effroyables jouissances. — Régine l’abîme de volupté et en fait sa complice. — Duo lesbien.

L’après-midi ! Ah ! comme il était long à arriver !

La maîtresse et la femme de chambre, espérant toutes les deux en la conclusion du traité qui les séparerait et emporterait leur existence vers des ports de paix et de bonheur, comptaient avec impatience les heures à tuer.

Oh ! oui ! la paix, le bonheur, la fortune pour l’une ; la délivrance d’une atroce tyrannie pour l’autre. Rien dans la matinée ne trahit l’événement de la nuit ; de la fatigue sur les traits de la maîtresse, de l’animation sur ceux de la femme de chambre ; cela ne tirait à aucune conséquence. Elles observaient l’attitude de jours précédents, peut-être avec plus de condescendance.

À deux heures, personne ne se trouvant plus à la villa ni dans le parc pour entraver leur entretien, elles partirent ensemble dans la direction du gymnase où Régine projetait de traiter Coralie en camarade, de l’accabler de prévenances, afin d’endormir sa méfiance !

Quelle science ! chez cette femme d’instruction et de valeur, pour parvenir au but implacablement fixé ! Rien dans son coeur ne faiblissait. Sa vengeance demeurait le point culminant de ses espoirs, elle l’obtiendrait, dût-elle y risquer sa vie !

Elle installa la femme de chambre sur un rocking, à la colonnade, en l’invitant à se mettre à l’aise afin que la chaleur ne l’incommodât pas ; elle allait en faire autant dans le kiosque.
- Nous ne sommes que deux femmes, lui dit-elle ; nous n’avons aucune envie l’une de l’autre ; mets-toi en petit jupon, ou même en chemise, si ça te va, je te prêterai au besoin un de mes peignoirs.
- Non, je resterai en petit jupon, je réfléchirai à ce que je puis te demander.
- Oui, réfléchis bien, et tâche de ne pas me jeter sur la paille.
- Je me montrerai raisonnable.

Coralie, Sa robe retirée, ne craignit pas de se mettre en chemise ; étendue sur le rocking, elle rêva au bonheur qui se préparait grâce à la fortune qui allait lui échoir, et le temps lui parut court.

Régine, dans le kiosque, se débarrassa de ses vêtements et ne se recouvrit que de sa robe de toile grise, comme la dernière fois où, avant sa maladie, elle vint chercher les chiens. Il s’agissait encore daller les ramasser, d’en amener ; elle ne doutait pas que, quoique ne les ayant pas vus depuis plusieurs jour, ils ne rôdassent autour de la poterne.

Le coeur très ému, elle ouvrit la porte. Elle avait lieu d’être satisfaite. Une douzaine de chiens dormaient à l’ombre des grands arbres et, parmi eux, Gosse, le terre-neuve, les trois chiens de chasse, Bob, le frère du pauvre Zig, puis, dans les inconnus, un très beau danois. Elle n’apparût pas plutôt que tous s’élancèrent pour lui faire mille démonstrations, mais elle n’entendait pas les accueillir si vite.

Elle se recula prestement et, avant qu’un seul ne, l’eut rejointe, elle fermait la porte. Puis, de retour auprès de Coralie, elle lui dit :
- N’est-ce pas qu’on est très bien par ici ? Ah ! tu as bien tort de garder même ta chemise. Moi je trouve que j’ai encore trop chaud avec cette robe, mon seul vêtement sur le corps. Imite-moi ! Tu verras combien c’est amusant de marcher nue dans les allées du parc. Tu sais bien que personne ne s’y promène.
- Quel malheur que tu sois si salope et que tu coures après les chiens ! Tu es vraiment une très belle femme !…
- Ne t’occupe pas de ça ! Nous n’avons rien à désirer ensemble, et c’est pourquoi je ne me gêne pas et que tu ne dois pas te gêner. Viens cueillir des fleurs puisque tu es nue, et apprendre à circuler ainsi dans le parc, ta propriété pour toujours.
- Ma propriété pour toujours !

Nue jusqu’aux genoux comme sa maîtresse, elle la suivit à travers les allées, et s’amusèrent à faire un bouquet. Il n’existait aucune méfiance dans l’esprit de Coralie. Elle plaisantait, riait, s’étonnait que Régine, avec sa beauté lui permettant tant de caprices chez les hommes, nourrît une si vilaine passion pour les bêtes. Régine ne répondait plus que par monosyllabes.

Peu à peu on approchait de la poterne. Les chiens sentaient-ils quelque chose ! On entendait le reniflement de leur museau au bas de la porte, et encore fallait-il une oreille exercée pour le saisir.

Arrivée devant cette porte, Régine s’y adossa et dit :
- Regarde bien, Coralie, c’est par là que je reçois mes amoureux à quatre pattes, et j’en ai beaucoup reçu.
- Beaucoup ! tu oses le dire !

Plus il y en a, plus ça m’agrée ! Je t’invite aujourd’hui à la noce ! Juge si je suis appréciée, si on t’appréciera !

Brusquement elle ouvrit la porte en se jetant sur le côté ; les chiens se ruèrent, courant vers Coralie, droite et terrifiée, épouvantée. Seul Gosse demeurait et reniflait Régine.

Coralie ne pouvait crier, sa voix se séchait dans sa gorge et un brouillard obscurcissait sa vue.

Elle portait la main sur son ventre, sur ses fesses, pour se protéger. Les chiens bondissaient, la reniflaient, la léchaient sur ses nudités ; le danois sautait plus haut que les autres, elle se voyait perdue. Tout à coup sa voix se fit jour, elle cria :
- Madame ! Madame ! Grâce ! Sauvez-moi !…

Elle ne tutoyait plus sa maîtresse, elle l’implorait. Devinait-elle que son sort dépendait de sa clémence ?

Régine était aussi très pâle, très troublée, la porte repoussée, elle luttait avec Gosse.

La folie sexuelle dominait le terre-neuve, il avait goûté de cette Circé, il la voulait de suite, se dressant debout, l’attrapant aux épaules avec ses pattes de devant, se soulevant sur celles de derrière pour la grimper, et il grognait de sa résistance.

Elle s’effarait de ce long bout rouge qui la battait au nombril, elle se sentait toute petite devant l’énorme bête qui pesait de tout son poids sur son corps. Elle ne se jugeait pas prête à être couverte, et elle appela :
- Ajax, Castor, Bob ! À moi !…

À son appel les chiens de chasse, le lévrier, lâchèrent Coralie pour accourir. Le danois les suivit.

Bob donna un coup de croc à Gosse qui abandonna Régine pour lui tenir tête. Sa peur égalait celle de sa femme de chambre. Elle ne s’estimait pas de taille à dompter cette meute, dont elle venait de déchaîner les mauvais instincts en la lançant sur une étrangère non consentante aux débauches de Gomorrhe.

Le danois surtout la terrorisait. Il remplaçait Gosse et, les pattes nouées autour de son cou, il la poussait par derrière, cherchant à loger dans son cul une grosse pine, risquant de la tendre sur toute la longueur de la raie ! Comment le chasser ?

Il accusait une terrible force ! Oh ! elle préférait encore le terre-neuve ! Elle se repentait d’être venue là toute nue, et commençait à comprendre que le mal souhaité aux autres se retourne toujours contre vous. Elle espérait assister au déchiquetage des chairs de Coralie, ne risquait-elle pas elle-même d’être mise en pièces par ses amants à quatre pattes ?

Cinq gros chiens l’entouraient et se battaient. Le danois avait été obligé de se joindre à la lutte. Comment fuir ? Coralie, le dos appuyé contre un arbre, se défendait contre ceux qui l’attaquaient, et avait toutes les peines du monde à se tenir debout.

Bob et Ajax, culbutés, mordus par Gosse, s’enfuirent dans le parc en hurlant, le combat se transforma en un sauvage duel entre le danois et le terre-neuve. Régine se trouva plus libre. Dans un subit mouvement d’énergie, elle rouvrit la porte et cria :
- Oust ! dehors, sales bêtes !

Elle allongea un coup de pied au ventre du danois, ce qui causa à ce dernier un instant de faiblesse et de distraction dans sa lutte avec Gosse. Il se jugea en désavantage et se précipita au dehors, pourchassé par son adversaire. Prestement elle referma, elle se trouvait délivrée des deux bêtes les plus dangereuses. Elle héla Coralie :
- Viens ici, à nous deux nous réglerons les chiens !
- Venez plutôt, vous ; je ne puis me débarrasser de ces vilains animaux.
- Laisse-toi faire.
- Jamais !
- Dans ce cas, adieu !…
- Oh ! ne m’abandonnez pas !…

Régine avait encore avec elle Castor et Mercure qui, prudemment, s’étaient tenus à distance des redoutables batailleurs. Ils lui faisaient maintenant leurs grâces, lui léchaient les mains, les hanches, mais obéissaient et se reculaient si elle les repoussait. Sûre de ne pas être violentée, elle ramassa une solide branchette et se rapprocha de Coralie.

Celle-ci commençait à faiblir et à se trouver en fâcheuse posture. Un demi-dogue, de taille assez forte, lui ayant soulevé une jambe avec son museau, la poussait loin de l’arbre. Manquant de son point d’appui, elle tremblait sur ses jarrets. Elle espéra en son salut en voyant arriver Régine qui lui dit énergiquement :
- Tu es bien dégoûtée, ma chère, de ne pas céder au caprice d’un de mes amoureux, c’est encore là le meilleur moyen de leur faire prendre patience. Il te faut choisir : ou te donner à ces animaux, ou être dévorée par eux. Cette nuit tu étais la plus forte, à présent c’est mon tour. Il me serait très facile de te condamner à mort, et sans courir aucun risque. Un signe et ils te déchirent sur-le-champ. Je préfère t’entraîner à partager mes plaisirs. Tu ne te plaindras pas de ma bonté d’âme. Je t’assure que lorsque tu auras joui sous leur assaut, tu m’en voueras une reconnaissance éternelle.
- Jamais !
- Tant pis ! ma fille ; je vais rappeler le danois et le terre-neuve pour qu’ils t’expédient plus vite dans l’autre monde.
- Oh ! non, pas ça !

Tu es une sotte, je te le répète, ils font très bien l’amour avec les femmes, et ils ne les embêtent pas comme les hommes.

Devant ce discours, Coralie se débattait plus mollement contre les entreprises du dogue, et Régine prenait un plaisir méchant ou érotique à la contempler se pencher en avant pour échapper à l’étreinte de la bête, mouvement qui, au contraire, lui donnait plus de prise. Sur ses cuisses, les pattes du dogue marquaient leur empreinte, il l’empoignait par les hanches, et sa pine se hissait de plus en plus vers le con. Régine reprit :
- Tu es vaincue, Coralie, tu ne fuiras pas ta destinée ; les chiens te grimperont. Tu es bien bête de résister ! Tu devrais me remercier de mon peu de jalousie et de ma condescendance à t’inviter à ces jouissances.
- Et là ! Et là ! On n’est pas bien par ici pour ces cochonneries.
- Fais ce que je fais, et suis-moi. Ton chien entrera en chasse derrière ton cul, et il tiendra les autres en respect.
- Ah ! vous ne me donnerez plus une partie de votre fortune !
- Je t’appelle à partager mes plaisirs, nous serons deux cochonnes dans le même sac.
- Et là ! Et là ! ce salop ne me lâchera pas !…
- Imite-moi. Hop ! Castor !

Elle s’élança vers le sentier, le chien de chasse, le museau dans ses jambes, partit derrière, plusieurs autres se jetèrent à sa suite. Elle cria :
- Viens, viens, Coralie !

Celle-ci donna un violent coup de reins qui désarçonna le dogue et, se soumettant à l’aventure, elle courut après Régine, en répondant :
- Hop ! hop ! je viens !

Deux bandes de chiens s’acharnaient après les femelles, mais s’espaçaient, respectant le droit acquis du mâle qui leur emboîtait le pas. Régine se tortillait en avant, en arrière, simulait mille singeries, pour agacer Castor et aguerrir Coralie, heureuse de s’assurer sa complicité qui lui serait très utile.

Coralie cherchait à s’inspirer de ses manières, mais avait moins d’élasticité dans les gestes. Son dogue la serrait de plus près, et s’amusait à l’entraver dans sa marche, se rendant compte de son inexpérience. Elle faisait faux pas sur faux pas, et de suite elle sentait l’enragé animal l’écheller pour la couvrir. Ses sens commençaient à s’exaspérer. Elle aperçut vaguement Régine qui revenait de son côté avec Mercure marchant par devant et lui envoyant des coups de langue au ventre, tandis que Castor se tenait debout derrière son dos, les pattes de devant sur ses épaules pour essayer de la grimper sans l’arrêter.

Quand elles furent face à face, Régine dit en s’écroulant sur les genoux :
- Allons, vas-y, tu as envie maintenant, regarde comme ça entre bien, et aide ton amoureux s’il ne trouve pas ton trou.

Coralie s’abattit, la tête près de celle de sa maîtresse, et répondit :
- Et là ! c’est vrai, c’est bon ! et ce que tu es bien avec ton chien sur le dos !
- Et mais, le dogue fait bon effet sur tes reins, et il enfile très bien ton con !
- Oh ! là, là ! Oh ! là, là ! Oh ! là là ! Sa pine vaut celle d’un homme !
- Vivent les chiens !
- Les amours de chiens !

Elles s’étreignirent par les épaules et échangèrent une langue. Les animaux les couvraient et pissaient leur semence en elles.

Les deux premiers mâles repus déconnèrent avec un peu de difficulté, et les deux femmes se hâtèrent vers une pelouse où l’herbe haute leur faisait un tapis épais et là, talonnées par d’autres chiens, elle se remirent en position côte à côte. Elles furent assaillies aussitôt par deux autres qui les manoeuvrèrent avec ardeur, puis par d’autres…

Coralie éperdue, pissait sa cyprine en jets continus ; plus elle était montée, plus elle en voulait. Elle subissait exactement les impressions physiques et morales qu’avait subies Régine à sa première séance avec les chiens. Cette dernière observait son élève en cochonneries avec beaucoup d’attention.

Elle poursuivait son idée, son oeuvre de corruption, avec toute sa volonté qui la dominait même au milieu des plaisirs. Il fallait que cette fille, déjà sa complice, devint son esclave pour son bonheur futur.

La sachant malgré tout amoureuse de son beau corps de femme, elle voulut ajouter sa propre séduction à celle des chiens, et joindre au vice gomorrhéen le doux vice de Lesbos, pour lequel du reste elle éprouvait des tentations, surtout dans les moments où, comme à présent, sa chair était surchauffée. Elle avait passé son bras gauche autour de la taille de Coralie et, de la main, lui enfermait un téton dont son doigt titillait la pointe.
- Hein ! grosse bête ! Ne t’avais-je pas dit que c’était bon ! Qu’est-ce qu’un homme comparé à cette meute ? à ces mâles sans cesse renouvelés, qui giclent leur foutre dans notre vagin, sans danger pour nous ? Et puis, ils sont gentils. Vois ce petit qui vient nous mettre sous les yeux sa jolie quéquette rouge. Tu vas voir ce que je lui fais.

Et Régine, mettant le toutou sur le dos, s’empara de son vit à pleine bouche et le suça. Coralie, les yeux hors de la tête, donnait de violents coups de cul, regardant faire sa maîtresse. Et celle-ci, la voyant au paroxysme de la passion, lui passa le chien :
- Tiens, goûte, il est mouillé de ma salive.

Et comme une goule, Coralie donna au chien deux ou trois sucées si violentes qu’il se mit à crier.
- Ne le mange pas ! Ton amoureux a fini de jouir, je vais te mettre celui-ci. Il est un peu petit pour ton con, il fera autre chose ; laisse-toi faire.

Elle mit le petit chien en place et introduisit son petit vit dans le cul de Coralie qui poussa un cri en balbutiant des mots sans suite.
- Comment trouves-tu un vit dans le cul ? lui dit Régine en la serrant contre elle et en lui passant une main sous le ventre.
- Ton bouton est dur comme du bois. Attends, tu vas voir…

Elle saisit un autre chien de petite taille qui se trouvait là et l’aplatissait sous Coralie, elle lui mit le museau sur le con qu’il se mit à lécher en se tenant à la renverse.

Coralie éperdue poussait des exclamations, des sons inarticulés qui ressemblaient à des râles. Régine avait saisi ses deux seins dont elle caressait la pointe, et lui mordait l’oreille.
- Tu vois comme je suis cochonne ! Je serai ta cochonne à toi, et tu seras la mienne. Nous ferons ensemble des horreurs pendant le jour avec les bêtes, et la nuit tu m’auras toute. Tu coucheras avec moi et, toute nue, je me donnerai à toi. Tu pomperas tout le jus que nos amants u’ auront pas tiré, et pour dormir tu choisiras ton oreiller : mes cuisses ou mes fesses. Et je te prendrai aussi. Tu seras ma femme comme je serai la tienne ; un ménage de cochonnes !
- Ah ! maîtresse ! Tais-toi ! Tu me tues !
- Oui, de bonheur !… Tiens, prends ma langue ! Jouis !…

Le cerveau de Coralie chavirait. Elle était descendue jusqu’au fond de cet enfer lubrique. Sa pensée s’obscurcissait peu à peu et, sous le coup d’une nouvelle décharge, elle s’aplatit à terre dans une syncope.

Régine souriante ne perdit pas la tête, elle la prit dans ses bras pour la réchauffer, et attendit que la circulation se rétablisse, tout en lui chatouillant les centres nerveux pour hâter son retour à la vie. Elle revint tout doucement sous les baisers de Régine qui, pour continuer son emprise, la mignottait, lui léchait les paupières, les lèvres, les oreilles.

Elles avaient reçu dans le con ou dans le cul tous les chiens qui se trouvaient là. Il n’y avait plus rien à en faire aujourd’hui. Après avoir conduit et installé dans le kiosque Coralie dont les jambes flageollaient, Régine alla faire sortir la meute et revint donner ses soins aux organes intimes de Coralie et aux siens propres qui en avaient bien besoin.

Puis, reposées et réconfortées, par l’hydrothérapie, elles se reposèrent un peu en jacassant et en faisant des projets d’avenir. Puis la conversation devint plus tendre, et Régine qui s’était réservée pendant les assauts pour s’occuper de sa compagne, éprouva soudain des démangeaisons quelque part.

Elle se leva et, les mains derrière le dos, la taille cambrée, les tétons dressés et offerts, elle tira la langue à sa compagne qui, se levant aussi, la saisit brusquement et, la couchant sur le tapis, releva ses cuisses et fourra son visage sur le minet. Au bout de quelques léchées furibondes, Régine mouilla et lui dit :
- Ton cul ! Donne-moi ton cul !

Coralie obéit, pivota, et sans lâcher son doux travail, posa son con sur la bouche de sa maîtresse qui s’en empara aussitôt.

Après la séance des chiens, ces caresses lui parurent douces et reposantes et les deux femmes, soeurs maintenant en luxure orgiaque, se sucèrent jusqu’à épuisement de leurs forces et s’endormirent dans leur position.

Elles étaient bien, à partir de ce moment, liées pour toute leur existence.

CONCLUSION

Il y a lieu de croire que ces infernales amours ne durèrent pas longtemps. On peut lire en effet dans les journaux du 6 avril 1912 l’article suivant :

Un drame obscur et troublant vient de jeter la consternation dans la jolie localité des B***, où l’une des victimes, Mme Moutiers, était universellement aimée à cause de son amabilité et de sa charité inépuisable. Voici les faits : Dans le parc qui entoure l’habitation où logeait la victime, on a aménagé dans un coin ombreux un gymnase et un kiosque fermé où des appareils hydrothérapiques sont installés avec tout le luxe moderne.

Mme Moutiers y passait souvent ses après-midi en compagnie de sa femme de chambre, occupées toutes deux à des menus travaux de couture. Avant-hier elles s’y rendirent comme de coutume, mais, le soir venu, la vieille cuisinière de la maison, fut prise d’inquiétude et se dirigea vers cette partie du parc.

Mais avant d’y parvenir elle fut arrêtée par deux gros chiens qui lui montrèrent les dents. Saisie de peur, elle alla appeler le concierge-gardien Gernaque qui prit son fusil et accompagna la vieille domestique. Par son attitude énergique et menaçante, il put se défaire des deux chiens qu’il fit sortir du parc, puis il alla jusqu’au kiosque ; deux ou trois autres chiens rôdaient encore par là.

De plus en plus inquiets et intrigués, les serviteurs pénétrèrent dans le kiosque et poussèrent un cri au spectacle qui s’offrait à leurs yeux. Les deux femmes qu’ils cherchaient étaient couchées sur le tapis, complètement nues, sauf les bas et les bottines, et paraissaient inanimées, mortes peut-être. Elles étaient encore entourées de cinq ou six chiens qui les léchaient comme pour les rappeler à elles.

Le garde, à coups de canon de fusil et à coups de pied, chassa la meute pendant que la vieille cuisinière commençait à donner ses soins aux deux femmes après les avoir recouvertes. Elles furent transportées à la villa sans avoir repris leurs sens, et le docteur de Mme Moutiers qu’on était allé chercher en hâte, constata d’abord le décès de la femme de chambre, morte foudroyée d’un arrêt du coeur provoqué par une commotion violente, la frayeur probablement. Quant à sa maîtresse, elle n’en vaut pas beaucoup mieux, car tout en étant revenue à la vie, elle n’a pas repris sa lucidité, et dans un délire de fièvre intense, elle raconta des histoires horribles, par petites phrases hachées, et souvent incompréhensibles. Le docteur craint une méningite.

On suppose que les deux femmes, incommodées par la chaleur, allèrent prendre une douche et que, une fois déshabillées, elles furent assaillies par cette meute de chiens venus on ne sait comment, et qu’elles s’évanouirent de peur.

Nous lisons encore le 8 avril :

Mme Moutiers, la victime du drame obscur que nous avons relaté avant-hier, vient de succomber à une fièvre cérébrale, malgré tous les soins qui lui ont été prodigués. C’est une grande perte pour tous, et particulièrement pour les pauvres.

Nous envoyons à sa famille nos condoléances émues.

P.-S.

Texte établi par EROS-THANATOS d’après le roman érotique de l’Érotin (Alphonse Momas), La Femme aux chiens. Recueil documentaire psycho-pathologique sur les aberrations sexuelles chez la femme normale tombant à la bestialité la plus raffinée, Paris, 1912 [1921]. (161 p. ; 20 cm).



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