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Textes érotiques

L’Allumeuse

Queue de cheval, bottes blanches et mini-jupe

par Jacques Lucchesi

Jacques Lucchesi, « L’Allumeuse », Nouvelle érotique, Paris, janvier 2016.


L’Allumeuse

 
Elle a noué ses longs cheveux châtain en queue de cheval et enfilé ses bottes blanches qui galbent si bien ses jambes. Sitôt que les beaux jours reviennent, elle aime à se promener ainsi attifée pour observer les réactions des hommes qui passent à sa hauteur, surtout leur façon de tourner la tête vers elle et d’implorer, juste une seconde, son regard. Les pauvres ! Ils peuvent toujours attendre.

Dans le métro, le supplice est encore pire pour eux car ses mini-robes leur dévoilent ses cuisses jusqu’à l’entrejambe, les laissant rêvasser sur la couleur de sa culotte et la douceur des lèvres d’ombre qu’elle enferme.

En général, elle choisit de s’asseoir en face d’un monsieur d’allure respectable ou qui est plongé dans la lecture de son journal. Là, elle commence alors à se dandiner mollement sur son siège, croise et décroise les jambes jusqu’à lui rendre impossible toute concentration mentale. Elle feint d’ignorer leur trouble pour mieux en jouir en elle-même, sans laisser — bonne comédienne — transparaitre la plus petite émotion sur son visage. Et qu’ils ne se risquent pas à faire une remarque sur sa nervosité ou même sur le charme printanier de ses tenues ! Elle les rabroue aussi sec quand elle ne les traite pas vertement de satyres, de façon à mettre l’opinion de son côté. « Encore une pauvre fille harcelée dans les transports en commun. Pesteront les féministes. Mais ils ne cesseront donc jamais de se comporter comme des porcs avec les femmes ! »

Le dimanche matin et les jours de fêtes religieuses, on la voit souvent trainer près des églises à l’heure où se termine la messe. À tel point que certaines paroissiennes un peu bigotes la surnomment « le démon de midi ».

Qu’elle croise un vieux couple à l’allure stricte et elle se met à rouler des hanches de plus belle, histoire de voir quel effet elle produit :
- Voyons, Léon, tu n’as pas honte de regarder cette gourgandine ! On vient à peine de communier.

Elle sait aussi que, dans cette église, officie un jeune prêtre dont on vante en ville la ferveur et l’érudition de ses sermons. Un jour ou l’autre, il faudra qu’elle aille se frotter à lui, afin de voir s’il est aussi vertueux qu’on le dit. Pourquoi pas en lui demandant d’entendre sa confession ? On verra alors lequel des deux demandera, le premier, grâce à l’autre. Car en plus d’être intelligent, il est tellement craquant, ce curé…



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