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Le Nismois

L’Armée de Volupté - X

Roman érotique (Chapitre X)



Auteur :

Le Nismois (Alphonse Momas), L’Armée de volupté, Texte imprimé, Paris-Bruxelles [s.n.], 1900.


X

Lucie et Héloïse avaient quitté leurs jupes, et toutes deux, en soixante-neuf sur le divan, Lucie par dessus, se dévoraient de chaudes caresses.

Lucie, échauffée après son amie, se tortillait sous les yeux d’Émile, debout devant le divan, et l’admirant dans ses tendresses passionnées.
- Dis, dis, murmurait-elle entre deux sucées, je ne perds pas ton amour, en rendant hommage à de telles beautés, que j’ai toujours aimées et qui toujours m’enflammèrent le sang !
- Non, chérie, je comprends ton goût pour de si riches trésors, et je m’associerais à ton hommage, si nous étions plus à l’aise qu’ici.
- Tiens, tiens, vois ma fleur, baise-la, caresse ou becquette entre mes cuisses, unissez vos langues sur mon petit bouton et je croirai que tu m’aimes encore.
- Si je t’aime, si je t’aime ! Ô la jolie fleur, la jolie fleur ! Ah, mon amie, sa languette qui se tend vers la mienne, en travers de tes cuisses, ah, je suis à bout, à bout.
- Attends, attends encore un petit peu.
- Parlez, parlez-moi de ce que vous voudrez, mais distrayez ma pensée.
- Amour, amour, approche par ici, vois ses cuisses, viens avec moi faire frissonner son petit bouton sous l’accord de nos langues, oui, oui, approche bien, vois ce ventre délicat, vois ce nombril ; Héloïse, Héloïse, ne me mords pas les cuisses, je veux qu’il s’incline devant tes beautés ; voilà le bouton, prends-le dans ta bouche, il est tout mouillé de ma salive.

Derrière la porte, Mélanie Gadaille s’écroulait, tant les tempes lui bourdonnaient.

Émile répondit :
- Oui, je le tiens son petit bouton, et j’aspire sur lui ta salive, ton haleine douce et parfumée ; ton amour m’y pénètre. Oh, que cherches-tu, tu veux m’embrasser là, là ! Non, non, je ne résisterai plus à la fièvre, reviens à ce cher trésor, et puis, puis, laisse-moi te prendre.
- Soit, mon amour, je suis heureuse, toi-même, tu m’invites à la caresser. Elle le mérite, n’est-ce pas, et toi, tu retournes à moi, oui, léchez-vous à… la porte, ah, quelle ivresse, ah… mais… calmons-nous le service va venir.
- Ne t’inquiète pas, dit Héloïse, Mélanie attendra que nous ayons fini.
- Bon, bon !

Mélanie ! Elle avait dégringolé l’escalier, attrapé sa nièce par les bras et lui avait dit :
- Viens voir.

La jeune fille ne se fit pas prier. Elle grimpa l’escalier à la suite de sa tante et demeura bouche bée, l’oeil sur la serrure, à la vue du sexe de Lucie, toujours accroupie sur les cuisses de son amie, du sexe qui se soulevait en boule, pour répondre à l’admiration d’Émile debout, et l’attirant vers sa poitrine.
- Hein, hein, tu vois, murmura Mélanie.

Émile, le membre en main, essayait d’arracher les cuisses de Lucie aux doigts d’Héloïse, et de l’en repousser : celle-ci lui frappait le gland de petites chiquenaudes, Lucie collait la bouche sur la fleur d’Héloïse.

Bettine sentit sa tante qui la troussait, et gloutonnement la happait avec les dents.
- Ah, ah, ne le mordez pas, dit-elle sans se défendre ! Ah, ah, quel effet ça fait ces choses-là !
- Faut que tu restes pucelle, répliqua Mélanie, faut que tu deviennes comme ces jolies dames, et alors, les affaires ronfleront.
- Oh, jolies, jolies comme elles ! En ont-elles de la chair blanche et du beau linge ! Oh, c’est un veinard, le Monsieur.
- T’as de l’étoffe, et quand tu seras débarrassée, tu verras.
- Me dépuceler avec qui ? Avec vos garçons ! Ils sont trop bêtes ; avec les clients : ils me dédaignent ; avec les domestiques, les cochers de ces gens chics, qui viennent, ils courent après vous.
- Ah, ah, cochonne, tu jouis sous mes baisers, tu vas me faire jouir.
- Et le service ?
- Qu’est-ce qu’ils font dans le cabinet ?
- Les deux dames, elles se séparent, et il y a la roussotte qui est sur les genoux du Monsieur, et qui lui caresse la figure avec ses petites mains ! Lui, il lui gratte la vrillette. La blanchette est debout, elle a les tétés dans les mains, pour que les autres les lui lèchent.
- Tu as le temps de me rendre mes amitiés.
- Je veux bien, je veux bien, ma tante, mais ça m’amuse tant de regarder !

En ce moment, où toutes les deux étaient absorbées, l’une à regarder par le trou de la serrure, l’autre à faire minettes à la première, Séverin, survenant sur la pointe des pieds, se coula contre le dos de Mélanie, lui flanqua la main aux fesses avant qu’elle ne fût revenue de son étonnement, et, la poussant à quatre pattes, dirigea avec une telle promptitude le membre entre les cuisses, qu’elle fila dare dare droit au sexe, lequel n’eut qu’à se soumettre.
- Ah, petit bandit, petit polisson, ah, vaurien, tu as trouvé la fauvette ! Là, là, fourre-lui ton grain.

Le brave garçon n’avait pas besoin d’encouragement, il attaquait avec une vigueur décuplée par l’excitation, par la vue des fesses de Bettine, qui, nonchalamment, se tenait troussée d’une main, tout en gardant l’oeil sur la serrure, et semblait ne pas se douter de ce qui s’accomplissait au-dessous d’elle, malgré les coups de tête que sa tante lui appliquait dans les jambes, sous les soubresauts de Séverin.
- Oh, oh, murmura-t-elle, la roussotte s’allonge sur le divan, le ventre et les cuisses nus ! Qu’elle est belle, qu’elle est belle ! Oh, oh, le Monsieur est dans ses jambes, en chemise, et va lui enfoncer son outil ! Oh, l’autre baise le Monsieur et le tapote. Hein, ils s’arrêtent, ils écoutent.

Un petit coup de sifflet strident avait retenti. Émile se penchait une fois de plus pour posséder Lucie. Au coup de sifflet, elle s’arrêta et se souleva sur les coudes. Héloïse se recula du groupe. Un court silence, troublé seulement par les sursauts de l’effort de Mélanie, régna dans la maison ; le cocher Polycarpe, dans la salle de café, chanta bruyamment

« Les oiseaux dans le feuillage
Prennent garde à l’orage.
Attention, les enfants,
Voilà des mécréants ! »

Instantanément, Lucie et Héloïse furent debout et firent signe à Émile de se rajuster, comme elles le faisaient.

Un bruit épouvantable ébranla la porte du cabinet : Séverin, jouissant de sa patronne, dans son exaltation, avait tellement appuyé sur les jambes de Bettine, que celle-ci, surprise, vacilla et roula par dessus le couple, jupes en l’air.

Point de peur chez les deux Voluptueuses. Héloïse, déjà prête, se précipita vers la porte, dont on avait eu soin de pousser la targette, l’ouvrit et aperçut une masse grouillante de chairs et de vêtements.

Des plaintes s’en exhalaient :
- Oh là là, oh là là, j’ai cogné de la tête !
- Cochonne, tu m’as ravi le morceau de la bouche !
- Nom de Dieu, je ne me délivrerai pas de mon pucelage !
- Je me fous de ton pucelage, maladroit !

Lucie avait rejoint Héloïse, et Émile avait suivi Lucie.
- Que signifie, qu’est-ce, interrogea Héloïse ?

Dans le grouillage qui s’agitait sous leurs yeux, il surgissait des supplications. La tante et la nièce se trouvaient embarrassées dans leurs jupes et, de plus, empêtrées de Séverin qui, frustré, se cramponnait à leurs jambes, ne voulait pas lâcher sa proie et attaquait tout ce qu’il pouvait pour ressaisir une jupe de femme. Malheureusement, les uns se trémoussaient dans un sens opposé, et une voix cria au bas de l’escalier :
- Ah ça, la Gadaille, où vous cachez-vous, faut-il aller vous quérir ?
- À cette voix, la dislocation se produisit dans le groupe et, sans répondre à Héloïse, sans se préoccuper de la porte ouverte du cabinet, la Gadaille, sa nièce et Séverin coururent à l’escalier.

L’étonnement d’Héloïse et de ses compagnons se manifesta par leurs regards.
- Rentrons, dit-elle cependant, tout s’expliquera, nous n’avons rien à craindre.
- Nous ne sommes pas en sûreté, observa Lucie.
- Que faisait-on là, à notre porte ?
- On nous épiait !
- Ça, j’en suis certaine, une imitation de ce que nous faisions.
- Une arrivée inopinée de clients, leur impatience de ne trouver personne pour les servir, et le signal a été donné.
- Le signal !
- Si, si.
- Que nous importe ! L’exemple est contagieux et nous le devons.
- Tu as raison.

On s’était réinstallé à table : Émile ennuyé récite les premiers vers du rat des champs invité chez le rat de ville.
- Pas d’à-propos, lui dit gentiment Lucie. Nous ne redoutons personne et nous sommes surtout curieuses.
- Plus qu’amoureuses dans ce cas.
- Non, méchant, mais peut-être presque autant. L’amour, d’ailleurs, n’est-il pas une curiosité ! Quitte ce petit air boudeur, Émile et embrasse-moi.
- Hum, un baiser, après un tel échauffement ?
- Le dédaignerais-tu ?
- Non, non, bien au contraire, mais je redoute, quant à moi, la résurrection de l’échauffement.
- Grand sot, ressuscite et tu me prendras, si tu ne peux te dominer, n’est-ce pas Héloïse !
- Oh, vous avez le temps ! Voyons, voyons, Mélanie répondra-t-elle à mon appel ! Il faut savoir ce qui s’est passé.
- Comment supposez-vous qu’il s’est produit quelque chose, demanda Émile.
- Et le signal !
- Quel signal ?
- Le coup de sifflet et la chanson.
- On a chanté !
- Oui, le cocher, Polycarpe.
- Pour vous prévenir ?
- De nous garer contre une imprudence.
- Il sait donc !
- Soldat de volupté, dit Héloïse lui posant une main sur l’épaule, vive l’amour, et attends pour savoir et juger que ton instruction soit faite.
- Bien, ma capitaine, répondit-il en lui baisant la main.

Elle se pencha, le baisa sur les yeux et dit :
- Nous sommes assez fières de nous-mêmes et nos maris sont assez sûrs de nos volontés, pour que rien ne ternisse le feu de nos ivresses.

Mélanie Gadaille entra, apportant avec Séverin la suite du service.

Héloïse l’interrogea :
- Dois-je renoncer à conserver ce cabinet, madame Gadaille ?
- Excusez-moi, Madame, excusez-moi. On s’est rencontré dans le couloir, on a roulé les uns sur les autres, je ne sais comment, trop de hâte probablement.
- Il y avait cependant un bon moment que vous étiez tous par là.
- Oh, je vous assure !
- Vos clients s’impatientaient.
- Comment pouvez-vous dire ça ! D’ici on n’entend rien de ce qui se passe en bas, et d’en bas rien de ce qui se passe ici.
- Je vous demande bien pardon, j’ai l’oreille très fine. D’ailleurs, on vous appelait, lorsque je suis sortie au bruit que vous faisiez, et les clients qui sont survenus appartiennent à la police.
- Vous voyez donc à travers les murs ?
- Nous étions au balcon, d’où on aperçoit tous ceux qui entrent dans la maison.

Pour le coup, devant une telle assurance, la Gadaille faillit laisser tomber le panier qui lui servait à la desserte ; elle eut la présence d’esprit de répondre :
- Ah, c’est vrai, il est si bien placé, le balcon, qu’en pleine nuit, comme à présent, on y voit encore mieux qu’en plein jour.
- Vous pouvez adresser vos félicitations à l’architecte, répliqua sans se troubler Héloïse.
- Je n’y manquerai point ; mais je tiens trop à votre clientèle pour ne pas vous jurer qu’ici vous êtes vos maîtres, et que Mélanie Godaille vivante, on n’y entrera pas tant que vous ne le voudrez pas.

La parole était sincère, Héloïse lui dit :
- Bien, bien, qu’on ne nous trouble plus.
- Ne vous inquiétez de rien pour la maison, personne ne vous dérangera.
- Oh, oh, personne !
- Je suis votre gardienne.

Elle sortit et l’on recommença à batifoler, mais il y avait moins d’entrain. Lucie attira Émile sur le divan et s’abandonna. Il en rejouit, retrouvant dans cette possession de nouvelles forces, tel Antée embrassant la terre, sa mère.

Voir en ligne : L’Armée de Volupté - XI

P.-S.

Texte établi par EROS-THANATOS.COM d’après le roman érotique de Le Nismois (Alphonse Momas), L’Armée de volupté, Texte imprimé, Paris-Bruxelles [s.n.], 1900.



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