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Le Nismois

L’Armée de Volupté - XIII

Roman érotique (Chapitre XIII)



Auteur :

Le Nismois (Alphonse Momas), L’Armée de volupté, Texte imprimé, Paris-Bruxelles [s.n.], 1900.


XIII

Les yeux de maître Léonard pétillaient de malice. Le drôle avait certainement regardé par le trou de la serrure et distingué quelque chose, car, Émile disparu du côté de son cabinet, il se courba de nouveau pour voir, et fit une grimace devant la tenture bouchant le trou.

Il se remit promptement et, sans se troubler, traversa deux pièces, arriva à une autre porte donnant sur le salon, et d’où il recontempla Lucette dans une superbe nudité, debout devant une glace et se souriant.
- Mazette, murmura-t-il, quelle splendide créature ! Oh, si Rosalie était là, je la lui montrera et ça lui produirait de l’effet. Je suis sûr qu’elle se laisserait embrasser partout. Elle est bizarre, la Rosalie, depuis qu’elle est ma femme, elle veut que je la respecte. En voilà un de respect ! Ah, quelle femme, quelle femme, et comme Monsieur doit se régaler ! Il n’y a pas mieux sur les tableaux ! Bon, voilà qu’elle se caresse, cette garce, vrai de vrai, j’en coule dans ma culotte. Oh, oh, qu’est-ce qu’elle a, elle s’impatiente, elle n’ouvrirait pas la porte par hasard ! Tiens, tiens, elle s’ouvre la porte ! Oh, oh, Monsieur avec l’autre dame !

Les cheveux du pauvre Léonard s’en hérissèrent. Qu’allait-il se passer !

Émile s’était rendu à son cabinet et y avait trouvé Lucie, cachant sa photographie, qu’elle lui apportait sous un appuie-mains. Elle n’en eut pas le temps, il s’était précipité :
- Toi, toi, j’ai ta soeur Lucette ici !
- Ah !

Elle tenait la photographie à la main et allait la remettre dans sa poche, il lui saisit le bras :
- Qu’as-tu là ?
- Je t’apportais mon image nue, tu as sans doute en ma soeur la réalité, inutile que je te la donne.
- Lucie !
- Oh, je ne suis pas jalouse !
- Alors viens avec nous.
- Je ne refuse pas.
- Et pose le portrait dans ce tiroir.

Il la tenait dans ses bras, et leurs lèvres qui s’approchaient, n’hésitèrent plus à s’agripper.
- Je veux, dit-elle, que tu m’aimes d’amour plus que de volupté.
- Oh, je t’aime d’amour !
- Et Lucette ?
- Elle est de toi, de ton sang.
- Elle m’a précédée dans ta vie.
- Viens.
- Encore une caresse. Là-bas, tu entends, je ne serai que comparse : il ne faut pas qu’il y ait de la haine entre deux soeurs, entre deux soeurs comme Lucette et moi, tu comprends ?
- Et si moi je te veux aussi.
- Tu ne m’auras pas aujourd’hui.
- Oh, Lucie, Lucie, un rien de toi, je suis comme le chien affamé, il me faut ta chair !
- Tu l’auras sous tes lèvres, mais tu jouiras avec Lucette. Viens, viens, ne nous attardons pas davantage.

À leur apparition, Lucette demeura comme figée, mais Lucie s’élançant à ses genoux, lui entoura les jambes de ses bras, lui baisa le ventre, le nombril, les fesses, murmurant :
- Oh, qu’il y a longtemps, chérie, que je n’ai pas comblé de tendresses toutes ces chères beautés.

Les caresses de Lucie agissant sur Émile, il s’agenouilla près d’elle et dit :
- Je l’adorais quand tu es venue, et mon adoration pour un tel chef-d’oeuvre du ciel s’augmente de la tienne.

Lucette poussa un soupir, sourit, et tendant la main à sa soeur, répondit :
- Lève-toi, Lucie, joins-toi à nous et unissons-nous pour son bonheur.
- Que serai-je auprès de toi, soeur aimée, tu es belle, belle.
- Il t’aime et il m’aimera.
- Il t’aimait, il ne m’aimera plus.
- Que la volupté nous emporte l’âme, chérie, et ne pensons plus qu’à elle.

Lucie se releva et en peu d’instants fut nue comme sa soeur, qu’elle arracha aux minettes et aux feuilles de roses d’Émile, en l’attrapant à bras le corps, en l’entraînant sur un canapé où elles tombèrent dans les bras l’une de l’autre.

Le tableau fut vertigineux : enlacées par le cou, ne formant qu’une masse compacte de chairs, dont les reins et les fesses de Lucie resplendissaient au-dessus, elles s’agitaient dans les assauts de deux amants épris, unissant leurs clitoris. Émile vit les mains de Lucette courir sur Lucie, dont elles jouèrent avec les doigts comme elles l’eussent fait sur des touches de piano ; il y eut des tressaillements dans les jambes qui s’arqueboutaient, et enfin des échanges de mots trahissant les impressions :
- Lucette, Lucette, tu es à moi avant d’être à qui que ce soit, le sens-tu, le devines-tu ?
- Ma Lucie, ma Lucie, tu as toujours été notre royale amante. Oh, tu m’enivres, tu me prends, tu me prends en réalité.
- Ma Lucette, nos chairs sont pour s’aimer, dis, m’aimes-tu ?
- Je t’aime.
- Et moi aussi, je t’aime ; je te tiens, tu jouis par moi, tu jouiras par lui ! Ah, qu’il vienne, qu’il vienne ! Émile, qu’attends-tu ?

Tout nu à son tour, les targettes poussées aux portes, haletant, il était devant ce couple féminin et ne pouvait agir, tant les ondulations des corps se précipitaient. Il bandait à les crever toutes les deux : Lucie se redressa, se poussa sur le côté, et le jeta sur Lucette. Il s’engouffra dans les cuisses de la jeune femme, les frappant de si violents coups que brusquement enserrés l’un à l’autre, ils jouirent dans un spasme de folie.

Immobile statue, dans une pose de domination séraphique, Lucie assista à leurs ébats, une main sur ses seins, l’autre sur ses cuisses, telle une Vénus en chair et os, descendue de l’Olympe.

Et Léonard, derrière la porte, râlant presque, la main dans la culotte, se masturbait avec rage, murmurant :
- Il n’y a qu’à moi, il n’y a qu’à moi qu’arrivent de telles aventures ! Rosalie qui n’est pas là ! Cochon, va, en voilà ta pleine culotte ! Qu’est-ce qu’ils vont faire maintenant ! Oh, Monsieur, deux femmes, et quelles femmes ! Mazette, la roussotte qui le pelote, je lui fournirais bien le mien à peloter ! Oh, bon sang de bon sang, ils n’ont pas fini, il cède encore sa place à cette garcette qui est la soeur de l’autre ! Ils marchent bien dans cette famille ! Les voilà qui recommencent leurs manigances. Ce qu’elles s’emplâtreront, si ça continue ! Bon, Monsieur qui bande toujours et qui lèche sa peloteuse ! Mais qu’est-ce qu’ils font ? Oh là la, je bandaille encore, faudra encore se secouer, mon salapiot ! Mon vieux Léonard, sois sage, va-t’en, ne te monte pas le bourrichon. Bon, la roussotte, elle lui passe encore la place et Monsieur recommence ; ils ont le diable dans le corps. C’est beau tout de même à voir ainsi enfiler une femme, et Monsieur travaille à merveille. Je lui en adresserai mes félicitations. Imbécile, il saurait que tu l’as espionné ! Oh, oh, ils jouissent, ils se trémoussent, oh, les voilà en bas du canapé, c’est bien fait ! Oh, quelle vigueur, la brune, m’est avis que la rousse est une feignante ! Elle ne se laisse par tirer ! Faiseuse d’histoire, va, mais elle est bougrement belle et foutue, oh, ma mère ! Oh, elles se valent, et avec des particuliers de cet acabit, hum, je crois, maître Léonard… Et ça y est, faut récidiver, faut agiter le moinillon, il partirait tout seul sans ça ! Il a joui, ce salop-là, il n’en finira donc pas. Oh, il le lui pousse par derrière, oh, les deux jolies fesses ! Il faut qu’il lèche celui de la roussotte en bourlinguant l’autre ! Elle s’est placée devant sa figure, cette gueuse ! Ah, biscaïen de Magenta, je dégouline, je dégouline, ma pauvre culotte ! Ah, c’est pas du jus de sauterelle que je perds, c’est du jus d’éléphant, tant il en sort, oh, oh, oh, Rosalie, à ta santé, bougresse ! Y a pas à dire, faut que je me sauve, ces cochons m’éreinteraient avec leurs turpitudes.

La fête se prolongea dans l’après-midi, et les deux soeurs se retirèrent ensemble dans l’accord le plus parfait.

Émile devina-t-il la conduite scandaleuse de son valet de chambre, il lui dit :
- Monsieur Léonard, il est très probable qu’à partir de ce jour, je recevrai de nombreuses visites féminines ; si cela trouble votre honnêteté, si cela chiffonne vos… bonnes moeurs, je vous autorise à chercher un autre gîte ainsi que Rosalie.
- Monsieur nous renvoie ?
- Non, je vous rends votre liberté. Je ne voudrais pas avoir à vous reprocher votre damnation.
- Ma damnation !
- Mes relations peuvent ne pas vous convenir.
- Monsieur plaisante.
- Et comme je ne tolérerai pas vos observations ni votre surveillance, je prends les devants.
- Que Monsieur se rassure ! Nous lui sommes trop dévoués pour ne pas nous réjouir des distractions qu’il s’offrira.
- Et pas de regards dans les serrures ! Ah, polisson, vous nettoierez le tapis du fumoir, près de la porte duquel j’ai remarqué des taches… qui n’y étaient pas ce matin.

Léonard devint tout cramoisi et ne sut que répliquer. Émile ajouta :
- Allons, ouste, à l’ouvrage.

Après s’être engagé, Émile Lodenbach continuera son service dans Le Bataillon d’Eros de LE NISMOIS.

Voir en ligne : L’Armée de Volupté - I

P.-S.

Texte établi par EROS-THANATOS.COM d’après le roman érotique de Le Nismois (Alphonse Momas), L’Armée de volupté, Texte imprimé, Paris-Bruxelles [s.n.], 1900.



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