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Passion sexuelle et folie érotique

L’Éducation préventive

Les Troubles physiologiques (Chapitre IX)



Mots-clés :

Docteur Gastyano, Passion sexuelle et folie érotique, New-Editions, Paris, 1929.


IX
L’ÉDUCATION PRÉVENTIVE

À côté de ces anomalies congénitales peu coercibles dont les premiers chapitres de cet ouvrage ont esquissé les grands traits, certains troubles sont uniquement dus à la continence excessive, à l’abus du coït ou à la recherche du plaisir par les voies anormales du vice.

Certains individus manifestent une propension innée aux singularités de toute espèce. On en voit qui conçoivent la continence comme un idéal et d’autres auxquels la volupté semble l’unique motif de vivre. Et, même chez des sujets équilibrés, l’influence d’un certain milieu — austère ou dissolu — peut déterminer des inclinaisons anormales.

Nulle part encore les éducateurs ne paraissent avoir souci de prévenir les écarts sexuels par une initiation scientifique aux lois de la vie intime.

On se contente généralement de dispenser à la jeunesse quelques recommandations faites au nom de la morale ou de la respectabilité à moins qu’on ne lui prodigue l’impératif catégorique religieux.

Or, en la matière, c’est à la physiologie qu’il convient de demander des lumières. N’est-il pas évident que seule la science du mécanisme organique est fondée à nous éclairer sur le modus vivendi à observer quant aux fonctions génériques ?

C’est à l’ignorance des lois physiologiques qu’il faut imputer les multiples imprudences que la conduite de trop de jeunes gens laisse regretter. Tout d’abord, posons en principes : 1° que la fonction sexuelle ne saurait que très rarement être éludée sans trouble, et, 2° que tout excès de cette fonction engendre un déséquilibre.

Quelques développements vont préviser ces deux directives.

D’abord celle qui a trait à la continence.

Dès que l’état de réplétion séminale est atteint, le besoin de coït se manifeste plus ou moins nettement, plus ou moins impérieusement. Chez les hommes de tempérament sanguin ce besoin est souvent irrésistible et, à moins qu’il ne reçoive satisfaction normale, il incite le sujet à l’onanisme ou s’exprime, durant le rêve, par une éjaculation involontaire. Chez les lymphatiques, il présente moins de violence, mais il entraîne, s’il reste insatisfait, des troubles vaso-moteurs et de rabattement. Chez les nerveux, généralement imaginatifs, ce sont surtout les fonctions cérébrales que perturbe la continence ; l’attention s’éparpille, la pensée s’obscurcit, l’esprit, envahi d’images lascives, court à l’idée fixe.

Quant aux bilieux, on les voit, sous l’effet de la continence, devenir irritables à un suprême degré. Ils ressentent à tous propos une angoisse, une anxiété, une nervosité des plus pénibles. La cruauté, la colère, les impulsions meurtrières ou destructives sont souvent de simples épiphénomènes de la continence d’un bilieux.

Supposons évités, sous l’empire d’une forte volonté, d’un remarquable self-control, les plus extrêmes de ces périls. Il restera toujours le danger de l’émission spermatique spontanée qui guette, au cours du rêve, les continents.

À ceci, fort peu échappent. Or, l’éjaculation involontaire répétée conduit inévitablement à l’impuissance et à la débilité nerveuse et intellectuelle, sans parler d’une foule de troubles qu’elle engendre : affaiblissement de la vue, difficulté d’élocution, timidité, éreutophobie, etc., etc.

Poser en principe l’innocuité de la continence, c’est donc répandre une grave erreur ; prétendre l’imposer c’est inviter les gens à se préférer anormaux qu’en parfait équilibre.

Enfin, nous devons ajouter que l’excessive restriction ou l’abstention intégrale entraînent souvent tôt ou tard un penchant à l’abus.

L’homme soucieux de son bien-être organique et de sa lucidité cérébrale doit donc user sagement du coït. S’il se trouve momentanément dans des circonstances telles que toute relation intime lui soit impossible, il adoptera — afin de diminuer le besoin sexuel — un régime physique et moral spécial. S’abstenant de toute autre boisson que l’eau pure, il s’alimentera, avec modération, de légumes, de fruits frais et de laitage. Il organisera l’emploi de son temps de manière à ce que son esprit soit sans cesse absorbé par une occupation ou un délassement actif.

Enfin il s’interdira toute rêverie et s’écartera de tout ce qui pourrait l’y inciter.

Il prendra grand soin de ne rien absorber durant les deux heures qui précèdent le moment de se mettre au lit, et, immédiatement avant ce moment, il ira à la garde-robe afin d’évacuer tout le contenu de la vessie et du rectum.

Ces recommandations sont capitales et nous pouvons dire qu’en les suivant inflexiblement on réduira à un négligeable minimum les mauvais effets de la continence.

Après l’abstention, voyons l’excès.

D’abord où l’excès commence-t-il ?

Question très délicate qu’aucune règle générale ne saurait trancher, car tout dépend de la constitution de chacun.

La plupart des hommes ont tendance à excéder leurs ressources organiques. Beaucoup s’épuisent et si, parmi ces derniers tous n’en meurent pas, tous perdent leur vigueur physique et morale et, à peine quarantenaires, présentent tous les signes de la sénilité.

Comment se rendre compte du nombre de coïts qu’il convient de ne pas dépasser dans une période déterminée — par exemple, durant un mois ?

— Lorsque le besoin apparaît spontanément (sans excitation alimentaire, ou extérieure) et qu’il reçoit normalement satisfaction, l’homme ressent, après le coït, l’impression de légèreté et de subtilité mentale. Il n’est nullement affaibli. Il aurait plutôt une propension à l’activité du corps et de l’esprit. Il se sent en meilleur équilibre qu’auparavant.

— Inversement, lorsque le coït est suivi de somnolence, de torpeur, de tachycardie, de dyspnée, d’abattement, il y a certitude d’excès.

L’homme raisonnable trouvera aisément lui-même sa ligne de conduite en se basant sur ce qui précède. D’ailleurs, dès que l’abus se renouvelle fréquemment, la nature avertit le coupable très appréciablement par :

— une diminution notable de l’acuité visuelle ;

— une difficulté de plus en plus considérable dans tout travail nécessitant une attention soutenue ;

— une altération fâcheuse de la mémoire.

Ainsi toute désobéissance aux inéluctables lois de la physiologie comporte en elle-même son châtiment. Nul n’enfreint, sans se porter à lui-même de redoutables coups, la volonté de la nature. Et si nous prenons soin de gérer notre capital-argent selon les principes qui mènent à la prospérité, sachons, de même, préserver notre capital-vigueur de toutes dépenses au-dessus de ses moyens.

Voir en ligne : Chapitre X : La Ré-éducation curative

P.-S.

Texte établi par Nathalie Quirion et EROS-THANATOS, d’après l’ouvrage sur l’érotisme du Docteur Gastyano, Passion sexuelle et folie érotique, New-Editions, Paris, 1929.



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