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Nouvelle érotique

L’école des désirs

Quelle salope cette prof ! On ne sait pas à qui on confie nos enfants !

par Jacques Lucchesi

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Jacques Lucchesi, « L’école des désirs », Nouvelle érotique, Paris, juillet 2018.


L’école des désirs

16 heures, enfin ! La sonnerie qui marquait la fin de la journée scolaire retentit sèchement dans tout le collège. Les élèves de la 3eme A commencèrent à se lever et à s’ébrouer bruyamment. On sentait en eux toute l’énergie comprimée par deux heures de cours d’anglais. D’autant qu’ils n’avaient pas échappé à une interrogation écrite parfaitement imprévue sur les équivalences sémantiques entre les expressions anglaises et françaises :
- More silent, please ! Et n’oubliez pas de me rendre votre version sur Shakespeare jeudi après-midi. Roméo et Juliette, ça devrait vous inspirer. Non pas toi, Eric. J’ai deux mots à te dire sur ton précédent travail.

Le jeune homme qui venait de boucler son sac à dos se figea sous l’injonction professorale, regardant ses camarades s’échapper peu à peu.
- Bye. Lui lança Vanessa avec un sourire malicieux.
- Bye. À demain.

Puis, le calme revenu, la prof quitta son estrade et s’avança vers l’adolescent. Elle portait aujourd’hui une robe noire moulante qui faisait ressortit ses hanches rondes et ses petits seins. Sur la ligne blanche de ses épaules, ses longs cheveux roux venaient s’affaisser comme des feuilles mortes. Et ses yeux clairs, d’ordinaire plutôt distants, avaient une lueur inaccoutumée. Elle posa une fesse sur la table où patientait son élève, lui dévoilant du même coup sa cuisse gauche gainée de noir, elle aussi :
- Tu sais, Eric, je t’aime bien. Mais tes résultats m’inquiètent. Ils sont en chute libre depuis un mois. Comment fais-tu pour te tromper huit fois de suite sur le prétérit des verbes irréguliers ? On l’a pourtant longuement étudié. Je pensais que c’était acquis ?
- C’est que… Bredouilla le jeune homme en repoussant une mèche blonde qui tombait sur son front. J’ai des problèmes à la maison.
- Ce ne serait pas plutôt avec Vanessa ? J’ai remarqué que tu la regardais souvent pendant les cours.
- C’est vrai, mais…
- Elle ne veut pas sortir avec toi, c’est ça ?
- Ben, elle me dit qu’il faut d’abord songer à l’examen de fin d’année.
- Et elle a raison. Décidément, les filles sont plus matures que les garçons.
- Oui, enfin pas toujours… Elle pourrait comprendre…
- Elle comprend, crois-moi. Sois sûr que tu lui plais aussi. Parce que tu es plutôt mignon, malgré ces vilains petits boutons sur tes joues et ton front.

L’adolescent opina de la tête en souriant timidement.
- Il faut que tu te ressaisisses, Eric. Sinon tu vas finir par redoubler ta 3ème et ce serait vraiment dommage. Promet moi de faire un effort.
- Je vais essayer, madame.
- Parfait, Eric. Et si tu me fais ce plaisir, moi je t’en ferai un autre.

Ce disant, assise à califourchon sur la table, elle croisa les jambes, offrant à l’adolescent stupéfait la vision de sa cuisse jusqu’à la jarretelle :
- Oui, je sais ce qui te travaille, Eric. Tu voudrais voir une femme nue. Et pas seulement en image, sur un écran.
- Comment vous savez ?
- C’est aussi mon métier que de remarquer ce que font les garçons pendant mon cours.

Elle prit alors la main du garçon qu’elle dirigea vers son entrejambe.
- Est-ce que tu veux voir ma chatte, Eric ? Puisque j’ai vu tout à l’heure que tu reluquais mes fesses, quand je me penchais sur le devoir de Guillaume, juste à côté.
- C’est vrai… Pardon, madame.
- Idiot. Viens.

Elle se leva et l’entraîna vers son bureau, sur l’estrade. Là, assise sur son fauteuil, les jambes écartées, elle souleva doucement la dentelle de son slip rose, laissant béer un peu ses grandes lèvres pour lui :
- Tu vois. C’est ce qu’a aussi Vanessa entre ses cuisses. C’est ce que nous avons toutes pour vous exciter jusque dans vos rêves.

Le jeune homme, qui s’était agenouillé devant elle, se redressa, l’air éberlué. Jamais il n’aurait cru qu’un tel moment arriverait dans cette classe, seul avec elle. La prof posa une main sur sa braguette : il bandait comme un satyre. L’occasion était trop belle…
- Et toi, tu veux bien me montrer ta queue ?
- Euh… Oui, bien sûr.
- Alors laisse-moi faire.

Avec dextérité, elle descendit la fermeture-éclair de son jean puis en extirpa doucement le jeune membre turgescent. Il avait déjà une belle queue, frémissante et rose. Avec délicatesse, elle la prit entre ses doigts pour bien décalotter le gland.
- Aie…

La tendre chair du garçon venait de rencontrer la denture du pantalon.
- Pardon, mon pauvre Eric. Il vaut mieux que tu descendes ton froc.

Il ne le fit pas dire deux fois, faisant du même coup glisser son slip sur ses jambes. Ses couilles, petites et rondes, avaient durci aussi, appelant la caresse d’une langue de femme. Mais la prof prenait son temps, levant par moment des yeux narquois sur la mine perplexe de sa jeune proie consentante, au dessus d’elle. Puis soudain, n’en pouvant plus, elle posa ses lèvres écarlates sur le gland rose et gonflé, le lécha doucement à petits coups de langue avant de l’aspirer tout entier dans sa bouche. Le garçon se tendit, émit un soupir qui se déclina en une suite de légers râles. Alors elle accéléra son pompage :
- Oh ! C’est chaud. C’est bon.

Cela dura seulement dix secondes. Dix secondes de pur bonheur pour qu’elle sente la semence juvénile se répandre dans sa bouche. Naturellement, elle avala tout, rattrapant de sa langue les gouttes qui menaçaient de s’échapper par ses lèvres. De toute évidence, elle se délectait de cette liqueur organique :
- Maintenant que tu sais ce que c’est, tu vas me faire le plaisir de travailler ton anglais. Et si tes notes remontent au prochain trimestre, je te permettrai de me faire l’amour. Naturellement, c’est notre secret. Personne ne doit savoir ce que nous avons fait aujourd’hui. Personne, pas même Vanessa. C’est promis ?
- Promis, madame.

Elle l’embrassa sur la bouche avant de le faire sortir le premier. Il était doux et sensuel, ce garçon. Elle pouvait penser qu’il tiendrait sa promesse. Pas comme ce petit saligaud de Dylan qui avait cherché à lui extorquer de l’argent en échange de son silence. Elle avait fini par céder. Et avait quitté un lycée pourtant réputé à la première occasion. D’où sa présence, cette année, dans ce collège de province. Elle se reprochait encore sa faiblesse pour cette graine de maître-chanteur. D’avoir surtout cette passion, dévorante et funeste, pour les adolescents…

De retour chez lui, Eric s’enferma dans sa chambre pour traduire la dernière scène de Roméo et Juliette  — quand Frère Laurent fait aux deux familles le récit des derniers moments des jeunes fiancés. Mais il avait du mal à se concentrer sur ce beau texte, tellement les images de son aparté érotique avec sa prof lui revenaient sans cesse à l’esprit. Le reste de la soirée ne fut pas plus productif. Et plusieurs fois il posa son stylo pour revivre en imagination les caresses buccales qu’il avait découvertes quelques heures plus tôt. Mais le lendemain, ce fut différent. L’inspiration lui vint enfin ; il trouva même un plaisir nouveau à cette petite traduction. Il ne voulait pas décevoir sa belle initiatrice, surtout avec la perspective charnelle qu’elle lui avait fait miroiter si ses notes remontaient.

Ce soir-là, pendant le dîner, Eric écouta ses parents commenter une affaire de mœurs qui venait d’éclater aux USA :
- Quelle salope cette prof ! Elle obligeait ses élèves à coucher avec elle pour avoir de bonnes notes en mathématiques.
- Une vraie Messaline ! On ne sait pas à qui on confie nos enfants.
- Pauvres gamins. Ils seront certainement traumatisés pour le restant de leurs jours. Ils ont bien fait de la dénoncer à la police.

Ecœuré en silence par tant de bêtises, Eric quitta rapidement la table familiale, prétextant un devoir à terminer. Ce n’est pas lui, en tous les cas, qui balancerait sa chère prof d’anglais. Car il savait maintenant que c’est toujours avec des femmes accomplies que les jeunes garçons doivent faire leur apprentissage.



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