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Les délices du fouet

L’éducation par les verges

Roman érotique (chapitre 1)



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Lord Charles Drialys (Jean de Villiot), Les délices du fouet, C. Carrington, Paris, 1907.


1

Issu d’une famille d’origine écossaise où s’était conservée la tradition de l’éducation par les verges, je fis connaissance, dès mon plus jeune âge, avec leur cuisante caresse. Ces corrections exercèrent une fascination particulière sur mon cerveau d’enfant. En me sentant saisi, renversé et troussé par mes sévères gouvernantes, un vertige me prenait, une sensation indéfinissable, d’un charme pénétrant.

Ma sœur Louise, de deux ans mon aînée, était soumise comme moi au régime des punitions corporelles, et lorsqu’on la fouettait en ma présence, une émotion étrange me saisissait. Avec le temps, mon goût se précisa. Je frissonnais sous les verges, anéanti tout ensemble de douleur et de joie. Louise, dont j’avais fait ma confidente, m’avoua qu’elle aussi éprouvait quelque chose qu’elle ne pouvait pas définir et qui ne manquait pas d’agrément. Jusqu’à ma quatorzième année, les verges ne me furent pas marchandées, et Louise aussi eut à les subir, quoique moins fréquemment.

Nous avions perdu notre mère lorsque j’avais à peine quatre ans, et notre père, très occupé au dehors, avait confié le soin de nous élever à deux gouvernantes anglaises, qui toutes deux tenaient les verges comme aussi indispensables aux enfants que le pain.

Bientôt, elles me jugèrent trop grand pour être pris sous le bras et troussé comme une fille. Je vis apparaître alors un banc de bois sur lequel, solidement attaché avec des cordes, je fus fouetté plus sévèrement, cette méthode permettant à mes exécutrices de déployer plus de force et de prolonger la correction sans fatigue. Il est probable que les deux jeunes femmes y trouvaient la satisfaction d’un secret penchant à me faire souffrir.

Il ne se passait pas de semaine que je ne fusse fouetté par l’une ou l’autre de mes sévères gouvernantes ou par les deux à la fois. En cas de faute grave, cette correction double était particulièrement poignante. On installait le banc au milieu de la pièce et, de chaque côté, se tenait une maîtresse, fouettant en cadence : pendant qu’une verge se levait, l’autre s’abaissait sur mon pauvre postérieur. J’étais comme enveloppé de flammes, perdant toute respiration sous les coups se succédant presque sans intervalle.

Malgré les souffrances que ces rigueurs me faisaient endurer, j’éprouvais un besoin maladif de les subir et souvent je les provoquais. Saisi brutalement par des mains de fer, je vivais des minutes intenses dans la terreur du supplice qui m’attendait. Le banc m’avait révélé de nouveaux délices, par les liens qui brisaient ma volonté et me livraient impuissant à mes bourreaux, m’obligeant à vider jusqu’à la lie la coupe de mon martyre.

Pendant ces corrections sévères et prolongées, je passais par diverses phases. Je me tordais d’abord sous l’incisive morsure des verges, puis ma peau s’engourdissait peu à peu et, enfin, je frissonnais, comme pénétré d’une vibration électrique qui éveillait en moi un grisant délire.

Louise, à laquelle je faisais part de mes impressions, ne les partageait pas entièrement ; mais avec la curiosité d’une fille d’Eve en herbe, elle s’intéressait à mes confidences, guettant le moment où je sortais ému des mains de nos institutrices, pour me demander ce que j’avais ressenti.

Elle analysait mes sensations, essayant de les éprouver quand c’était son tour de gémir sous les verges ; puis elle cherchait à m’expliquer ce qu’elle-même avait ressenti et qui était totalement différent. Elle éprouvait une extrême tension des nerfs et tombait, après une bonne fessée, dans un abattement voluptueux plein de charme. Les verges lui causaient d’abord un délicieux picotements de la peau, suivi d’une agréable détente. Quand elle se sentait prise du besoin d’une fouettée, elle aimait à mordre les fruits verts dont l’acide lui agaçait les dents, ou à faire des trempettes de vinaigre quand elle pouvait attraper la bouteille qui était sous clef.

Elle faisait encore d’autres inventions qu’elle me racontait en rougissant. Par exemple, elle s’emparait de petites pinces qui servaient à fixer le linge au jardin, et piquait ces petits instruments sous sa jupe, à un endroit que l’on peut deviner, se procurant ainsi une pression énervante qui la faisait jouir et souffrir en même temps. D’autrefois, prenant le bout d’un irrigateur oublié au cabinet de toilette, elle l’introduisait à l’endroit propice et aimait à remuer sur une chaise pour en sentir la pénétration. Elle me conseilla d’user du procédé au cas où j’éprouverai les mêmes tourments indécis.

Je ne me le fis pas dire deux fois. Les pinces étaient vraiment un agaçant délire, et je remplaçai le petit bout en caoutchouc, par une estompe neuve en peau de gant trouvée dans ma boîte à dessin. Ces confidences firent naître entre nous une intimité charmante et pleine de mystère.

J’avais quatorze ans et ma soeur seize, lorsque notre maison se trouva endeuillée par la mort de notre père. Ce douloureux événement apporta un changement complet dans notre vie. Le conseil de famille nous confia, jusqu’à l’âge de notre majorité, à notre tante maternelle, qui habitait un château en Bretagne. Ce fut une existence nouvelle, en pleine nature. Le château était immense, entouré d’un vaste parc ; c’était pour nous la grande liberté.

Notre tante, grande dame de l’aristocratie, était pieuse et tendre, et nous entoura de la plus douce affection. Nos deux sévères gouvernantes ne nous suivirent pas dans ce séjour enchanté. Notre bonne tante, d’ailleurs, n’eût point toléré leur méthode d’Outre-Manche. Nous passâmes là tout un été, privés de maîtresses, mais aussi des vigoureuses fessées dont nous avions tiré si bon parti.

Cette privation me fut très sensible, habitué que j’étais aux fortes secousses. Quant à ma gentille sœur, son état d’énervement devint continu, la poussant vers d’extraordinaires caprices.

Les dimensions du parc nous permettaient de nous égarer loin de toute surveillance et de nous livrer aux plus singulières pratiques.

Nous n’avions pas tardé à faire connaissance avec les orties, et Louisette leur découvrit une étonnante vertu pour remplacer les verges. Mais il fallait manier ces herbes redoutables avec une grande précaution. Très fraîches, elles brûlaient affreusement et produisaient des cloques ; pour en tirer le charme que nous leur demandions, il y avait un procédé à suivre et tout un programme à exécuter. Pour les cueillir, nous mettions des gants de peau ; puis nous les portions dans une grange abandonnée, tout au bout de la propriété. Il y avait là un banc, sur lequel nous les étalions et les laissions faner pendant un ou deux jours. Au bout de ce temps, les herbes étaient à point et nous allions, l’un après l’autre, nous asseoir sur le banc. Plus nous prolongions la séance, plus l’action des herbes devenait sensible. Elle appelait à la peau une délicieuse chaleur, qu’on pouvait exciter encore en frottant avec la main la partie enflammée.

J’allais, le premier, m’asseoir sur le banc capitonné d’orties et, selon l’action que je ressentais, Louisette, dont la peau était plus délicate que la mienne, me remplaçait ou remettait sa séance au lendemain. L’application de notre glorieuse découverte nous occupa toute une semaine, nous révélant une gamme de sensations rares, auxquelles nous ajoutions un nouveau charme en plaçant sur la partie enflammée un morceau d’étoffe rugueuse, que Louisette avait découvert dans un tiroir et dont le contact produisait un picotement tout à fait délicieux.

Mais bientôt, un des jardiniers s’aperçut de nos allées et venues, qui durent lui paraître suspectes, car il ferma la porte de la grange et en emporta la clef. Ce jardinier allait, dans la suite, nous jouer d’autres vilains tours. Il avait dû jaser à la maison car, le jour où nous trouvâmes clos notre lieu de délices, notre tante nous fit reproche de nous égarer trop loin du château, et retint Louisette auprès d’elle, l’occupant à des travaux de tapisseries, tandis que je fus envoyé lire tout seul dans le parc, avec recommandation de ne point trop m’écarter.

Cette contrainte dura une longue semaine, puis se relâcha. Louise devenait nerveuses, elle se piquait les doigts pour se distraire et, à défaut de fruits verts et de vinaigre, se rabattait sur les citrons, un grand bocal de cornichons et un pot de moutarde. Le pot de moutarde était déjà presque à sa fin, lorsqu’il vint à l’idée de ma sœur qu’on aurait pu en faire tout autre usage et que, sous forme de sinapisme, cette moutarde nous eût procuré des picotements inédits.

Oui, mais voilà : il en restait juste assez pour faire un tout petit essai et Louise, jalousement, voulut le tenter sur elle-même. Elle m’en dit merveille le lendemain. Très excité, je demandai de la moutarde à table, afin d’en faire acheter, et je fus déçu en apprenant que le fournisseur ne passait qu’une fois la semaine.

La surveillance ayant diminué, nous fûmes attirés de nouveau vers la grange, où nous avions trouvé une si parfaite satisfaction. Grande fut notre joie en l’apercevant ouverte.
- Veine ! s’écria Louisette, toute joyeuse. Allons vite chercher des orties. Et elle partit en courant, chercher nos gants de peau, mais une nouvelle déception devait faire tomber notre joie. Malgré les plus minutieuses recherches dans tout le parc, nous n’y trouvâmes pas plus d’orties que sur notre main. Notre ennemi les avait toutes arrachées, peignant et grattant le parc en tous sens.
- Faut-il qu’il soit bête ! fit Louisette indignée, et elle hochait tristement sa jolie fête, en disant : nous n’avons pas de chance.

Mais, soudain, il me vint une idée que je lui communiquai : si, au lieu de ces vains simulacres, on se fouettait réellement ?

Louise me regarda stupéfaite. Puis, battant des mains, elle pirouetta sur elle-même. Comment n’y avions-nous pas songé ?

Nous eûmes vite fait de dresser notre plan. Pendant que tante serait occupée à faire la révision de sa penderie avec sa dame de compagnie et deux servantes, Louisette partirait en avant, munie d’une paire de ciseaux et couperait des brins de bouleau pour deux verges, l’une, petite, pour elle, l’autre, plus grande, pour moi. Je devais rester pendant ce temps avec les dames, puis m’esquiver pour rejoindre Louisette à la grange où l’on mènerait les choses bon train.

Des frissons me couraient dans le dos, pendant que nous élaborions ce projet, et je passai une nuit illuminée de rêves.

Voir en ligne : La folle envie d’être fouetté (chapitre 2)

P.-S.

Texte établi par EROS-THANATOS d’après le roman érotique de Lord Charles Drialys (Jean de Villiot), Les délices du fouet, C. Carrington, Paris, 1907.



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