Eros-Thanatos Bibliothèque de littérature érotique : histoires, textes, récits et confessions érotiques

Accueil > Récits érotiques > L’infirmière met en scène ses fantasmes

Navigation



Récit érotique : Ce beau métier d’infirmière

L’infirmière met en scène ses fantasmes

Mon théâtre des fantasmes (Chapitre 3)

par Myriam Brunot

Mots-clés : | |

Myriam Brunot, « Mon théâtre des fantasmes », Ce beau métier d’infirmière (Chapitre 3), Récit érotique, Paris, octobre 2011.


Chapitre 3
Mon théâtre des fantasmes





J’ai fermé mon cabinet pour ouvrir un micro-théâtre dénommé « Fantasmes sur Seine ». Il ne pouvait accueillir que 9 spectateurs (et, à l’occasion, spectatrices). Le succès a vite été au rendez-vous, et les réservations devaient se prendre plusieurs semaines à l’avance.

Cela m’amusait beaucoup d’écrire les dialogues, de mettre en scène, de chercher des acteurs et même de jouer des rôles d’infirmière ou de femme dominatrice. Les titres de mes « pièces de théâtre » étaient explicites : Un couvent de société, La prison des femmes ou bien Le deuil joyeux de la virginité.



Sévères mathématiques [1] a été un grand succès : deux « adolescentes » en minijupes écossaises qui leur couvrent tout juste les fesses sont surprises à se peloter et à se baisoter par leur professeure. Celle-ci est tout aussi court vêtue et dotée de gros seins siliconés qui risquent à tout instant de faire craquer son chemisier. Elle commence par se fâcher, mais séduite, elle donne aux deux « collégiennes » une dernière chance : elles doivent résoudre une équation du second degré. Elles n’y arrivent pas et reçoivent toutes les deux une fessée magistrale. Lorsque leurs fesses sont toute rouges, la prof décide de les consoler. La scène se termine par un joyeux trio lesbien et les mathématiques sont loin.



Dans Le marché aux esclaves, de jeunes et jolies négresses, nues sauf des bijoux de pacotille, sont soumises à l’appréciation des spectateurs qui ont toute liberté de leur tâter les seins, de leur pincer les tétons et de vérifier la fermeté de leurs jolies fesses rondes. Moyennant un modeste supplément, ils peuvent montent sur scène et enfiler les négresses qu’ils préfèrent.



Dans l’Hommage à Pierre Louÿs, des « adolescentes » en robes plissées bleu marine et chemisiers blancs, et avec au cou de grandes croix de bois de « communiantes solennelles », récitent d’une voix suraigüe à une vielle nonne qui se masturbe à travers sa robe de toile grise des extraits du Manuel de civilité et de Pybrac (« Je n’aime pas à voir la suceuse gourmande/ Qui sirote le foutre… »)



La maman et la putain [2] est directement inspirée par une cliente de mon cabinet d’infirmière : une femme d’âge mûr vient prendre rendez-vous pour son fils avec une jeune et jolie « masseuse naturiste ». C’est moi qui tient ce rôle. « Il est très timide, vous savez, et mon cœur se serre à entendre grincer son lit pendant des heures… » Le fils arrive à la scène suivante : 35 ans, habillé en chef scout avec une chemise à carreaux et un short beige très court qui montre des cuisses et des mollets poilus. Je lui explique comment il doit me caresser les seins sans les pétrir, me suçoter les tétons sans les mordre, me caresser les cuisses en les frôlant. Je le déshabille. Il est étonné que je le suce, et carrément dégouté quand je présente ma chatte à ses lèvres. Je le force à enfouir sa langue dans mon buisson noir et à me lécher vigoureusement. Je m’enfile sans peine dans le vagin son sexe bien raide. Il éjacule assez vite. Je cherche ensuite à ce qu’il me lèche pour me nettoyer les poils gluants de son sperme. Il quitte la scène tout nu, affolé et en criant « Maman ».



Dans La visite médicale, je joue une doctoresse qui s’intéresse particulièrement aux organes génitaux des adolescents, garçons et filles, qu’elle examine.



Dans La confession impudique, le confesseur d’une école religieuse de filles entend des récits tirés des écrits de Pierre Louÿs et racontés avec une tranquille impudeur. « Montre-moi comment tu as fais cela. C’est nécessaire pour te donner l’absolution. » Et il rejoue la scène avec la « pénitente » qui n’a pas l’air de se repentir et qui n’est que trop contente de faire une démonstration.



Épilogue





La maladie m’a clouée au lit alors que je préparais Femmes en lutte : une joute sensuelle de deux corps huilés. Ce « combat » sans vainqueur devait opposer une femme bodybuiltée et une transexuelle non opérée. J’avais trouvé mes actrices, et elles avaient commencé les répétitions. Plus que d’une lutte, il s’agissait d’une danse au sol frénétique. Les immobilisations, rendues difficiles par l’huile, aboutissaient à des caresses et des baisers fougueux, à des masturbations vigoureuses et à de furieux orgasmes. À la fin, deux spectateurs tirés au sort devaient être invités à monter sur scène pour éteindre leur excitation.



Faites de beaux rêves après avoir lu ce récit.



Béatrice

Notes

[1Ce titre est une allusion à Lautréamont, qui écrit dans les Chants de Maldoror : « Ô mathématiques sévères, je ne vous ai pas oubliées, depuis que vos vivantes leçons, plus douces que le miel, filtrèrent dans mon cœur, […] Celui qui ne vous a pas connues […] mériterait l’épreuve des plus grands supplices […] », mais je ne suis pas sûre que beaucoup de spectateurs la percevaient.

[2Béatrice n’hésite pas à emprunter des titres. Ici à J. Eustache, plus loin à J. Tanizaki.



 RSS 2.0 | Mode texte | Plan du site | Notice légale | Contact
Psychanalyse Paris | Psychanalyste Paris | Annuaire Psychanalystes Paris | Annuaire Psychanalyste Paris | Blogs Psychanalyse Paris