Eros-Thanatos Bibliothèque de littérature érotique : histoires, textes, récits et confessions érotiques

Accueil > Récits érotiques > L’infirmière sans culotte, le stéthoscope entre les seins

Navigation



Récit érotique : Ce beau métier d’infirmière

L’infirmière sans culotte, le stéthoscope entre les seins

J’ai ouvert un cabinet (Chapitre 2)

par Myriam Brunot

Mots-clés : | | |

Myriam Brunot, « J’ai ouvert un cabinet », Ce beau métier d’infirmière (Chapitre 2), Récit érotique, Paris, octobre 2011.


Chapitre 2
J’ai ouvert un cabinet



Ma plaque en cuivre indiquait :

Béatrice N…, infirmière diplômée.
Soins à domicile et remise en forme.

La « remise en forme » pratiquée était directement issue de mon expérience à la clinique Bellevue. De plus, j’avais fait passer mon annonce de « remise en forme » dans des rubriques de massage naturiste et de sexologie. C’est alors que j’ai compris l’intensité des fantasmes masculins attachés aux infirmières. Je vous passe les demandes de lavements que je traitais de façon froide et médicale, car cela ne m’amusait pas du tout. Plus amusantes étaient les demandes d’allaitement venant d’hommes mûrs que mes beaux seins alléchaient. Je devais leur expliquer que je n’étais pas une vache capable de produire du lait tous les jours. « Même avec des hormones ? » Ah, la magie des hormones ! Ils devaient se contenter de sucer mes tétons, bandés sous leurs langues avides, mais désespérément secs. 

J’ai eu souvent des demandes de piqures. Ainsi, j’ai reçu plusieurs fois un homme, M. X., qui n’osait pas m’expliquer ses souhaits, et me les apportait sous la forme d’une « ordonnance » rédigée sur un (faux) papier à en-tête d’un médecin (inexistant). La première ordonnait ceci :



M. X. a besoin de plusieurs piqures dans les fesses, dans les cuisses et dans le sexe en érection. Afin d’obtenir l’érection désirable, vous vous mettrez dans une tenue adéquate. M. X… souhaiterait que vous soyez vêtue seulement d’une culotte blanche de type « string », d’un soutien-gorge qui fera pigeonner vos seins et de bas blancs d’une soie la plus fine possible et décorés de dentelle en haut des cuisses. Il souhaite également qu’une croix catholique en or se balance entre vos seins et que vous ayez un stéthoscope au cou, même si vous n’avez pas besoin de l’ausculter. Vous aurez des chaussures à talons mi-hauts de couleur rouge, qui sonnent bien sur le carrelage. Il prendra à sa charge les frais d’équipement éventuels. Les piqures dans le sexe étant douloureuses, vous aurez soin, celles-ci étant faites, de soulager le dit sexe de la manière que vous sentirez le mieux. À renouveler une fois par semaine pendant deux mois.
Docteur Y…





J’ai réalisé plusieurs fois le fantasme demandé. Deux mois après, l’ordonnance avait changé. M. X. l’avait écrite dans le même style, mais les bas devaient être de résille noire, je devais être sans culotte mais en guêpière de dentelle noire brodée de fleurs roses. Il m’a indiqué une adresse où en acheter une. Il voulait que je vérifie sa température anale avec un thermomètre qu’il apporterait lui-même (il a apporté un énorme thermomètre de vétérinaire comme on n’en utilise plus depuis longtemps), que je lui fasse un massage prostatique d’un quart d’heure agrémenté d’une ligature des testicules. L’ordonnance suivante me demandait de lui faire une prise de sang. Je devais étaler son sang sur ma culotte blanche en coton du marque « Petit Bateau » (impératif ! à chacun sa madeleine) et pleurnicher comme si je venais d’être violée et déflorée. Il se réservait le soin de me consoler. Tout cela m’amusait follement et me rapportait bien.

Une femme est venue me demander d’aller chez elle pour « aider » son fils.
- Il est très timide, j’veux dire, il ose pas approcher les femmes, mais je sens qu’il a des envies terribles. À la télé, il regarde des films, j’veux dire… un peu… pas très… enfin, vous voyez c’que j’veux dire. Je le surveille, j’vois qu’il… avec son zizi… bon, à son âge, parler de zizi…
- Il se masturbe ?
- Oui… enfin, non, j’veux dire, c’est plutôt moi.
- Comment ça, vous ?
- J’veux dire… le soir, je le… caresse, pour qu’il s’endorme.
- Il a quel âge ?
- Dix-neuf ans. Quand il était tout petit, il avait du mal à s’endormir, je lui caressais le ventre. Et quand son mignon petit zizi sans un poil autour s’est dressé, je l’ai aussi caressé. Il ne peut plus s’en passer.
- Pas étonnant que…
- À la télé, les psycho-… euh… -graphes (?) ou un truc comme ça, disent que les mauvaises habitudes, ça rend impuissant.
- Certainement, ça ne m’étonnerait pas qu’il soit déjà impuissant, peut-être même pédophile.

Cela m’amusait de l’effrayer un peu plus.
- Vous croyez ! Quelle horreur ! Je n’aurai pas de petits-enfants, par ma faute. Venez chez nous, apprenez lui à faire, j’veux dire, au lit, enfin… comme si vous étiez sa femme. Montrez-lui comment on s’y prend. Pour me rassurer qu’il n’est pas impuissant.

J’y suis allée. À dix-neuf ans le gars était quasiment autiste. Pas un mot, mais il bandait ferme. Il m’a caressé la chatte comme un bourrin, j’ai dû lui montrer comment s’y prendre. Il m’a pénétrée et m’a largué son jus en trente secondes. Sa mère écoutait à la porte (j’ai entendu le parquet grincer). Je l’ai rassurée qu’il n’était pas impuissant. Quant à ce qu’il lui fasse les beaux petits-enfants dont elle rêvait, ce serait probablement beaucoup beaucoup plus difficile.

Un prêtre est venu me voir pour un massage naturiste et pour…
- … Communiez avec moi dans l’œuvre de chair dont Notre Seigneur nous a fait le don généreux.
- Le don, à vous aussi ? Je croyais que…
- C’est l’Église Catholique, cette marâtre, qui torture ses prêtres en leur imposant un vœu ridicule de chasteté que d’ailleurs bien peu suivent réellement. Et vous savez pourquoi ? Pour que ses biens ne puissent faire l’objet d’héritages dus à des enfants de prêtres, et être perdus pour elle. Quelle sottise égoïste ! Célébrer la Chair, c’est célébrer Dieu. Relisez le Cantique des Cantiques.
- N’êtes-vous pas, pourrait-on dire, hérétique ?
- Ma chère fille, si vous saviez l’abîme qui sépare les dogmes fabriqués au Vatican de la pastorale pratiquée sur le terrain au nom de Jésus-Christ et destinée à rassembler les douces brebis telles que vous en un vaste troupeau qui chantera les louanges du Christ ?

Etc., pendant cinq minutes.

J’ai failli éclater de rire : je serais donc sa « chère fille » (de joie ?), une brebis égarée qu’il veut conserver pour ses menus plaisirs, à l’écart du « ruisseau infâme de la prostitution » mais dont il veut sauver l’âme. Mais ça aurait été dommage de perdre un client aussi amusant. Nous avons célébré au lit les beautés de la Vie offertes par son dieu. Je dois dire qu’il « bandait comme un carme », ainsi que l’on écrit dans les romans érotiques de la grande époque, et que j’ai eu grand plaisir à honorer « la Chair » avec lui.



Parmi les clients bizarres, j’en ai eu un qui se mettait en pyjama rayé noir et blanc de style Auschwitz et me demandait de mettre une casquette noire avec croix gammée. (Il me l’apportait, je n’ai pas cet article dans mes réserves). Vêtue (si l’on peut dire) d’un soutien-gorge et d’un string noirs, je devais le ligoter sur ma table de massage et le torturer au son de la chevauchée des Walkyries. Je devais lui planter un bistouri dans les cuisses. « Plus fort, plus profond » ordonnait-il. « Soyez terrible. » Je prenais un air impitoyable, je le faisais saigner copieusement. Après avoir enlevé ma casquette de tortionnaire, je léchais ses plaies, et pour finir, son gland violacé en pleine érection. Je n’aimais pas du tout ce scénario. Et cela m’a vite lassé de satisfaire des désirs aussi bizarres.

Voir en ligne : Ce beau métier d’infirmière (Chapitre 3)



 RSS 2.0 | Mode texte | Plan du site | Notice légale | Contact
Psychanalyse Paris | Psychanalyste Paris | Annuaire Psychanalystes Paris | Annuaire Psychanalyste Paris | Blogs Psychanalyse Paris