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Les Batteuses d’hommes

La Dame blanche de Machow

Nouvelles posthumes (1906)



Auteur :

Leopold von Sacher-Masoch, « La Dame blanche de Machow », Les Batteuses d’hommes, Nouvelles posthumes, Première édition : R. Dorn, Paris, 1906 ; Seconde édition (texte enrichi de planches et d’une couverture illustrées) : J. Fort, Paris, 1909.


La Dame blanche de Machow

C’était pendant la dernière révolution polonaise. Le baron Greiseneck, capitaine des hussards dont le régiment était en garnison Tarnopol, reçut l’ordre de quitter cette ville, à la tête de son escadron, pour se rendre à Machow, afin de surveiller la frontière et d’empêcher les insurgés de passer de Galicie en Russie. Le capitaine arriva à destination par une belle et calme soirée d’été. La pleine lune émergeait des bords de la prairie avec un éclat sombre et rougeâtre, et l’étoile du soir étincelait, grande et sereine, derrière la tour ronde du château, situé sur une verte colline aux pentes douces.

Greiseneck disposa ses vedettes le long de la frontière, sur une ligne suffisamment étendue pour se tenir constamment en rapport avec un détachement voisin dont la mission était la même. Il salua ensuite l’officier commandant les cosaques de l’autre côté de la frontière, logea ses hommes dans le village le plus rapproché ; puis, accompagné du vieux sergent Madorassi et d’un demi-peloton de hussards, il gravit la colline couronnée par le vieux château des starostes de Machow.

Ce château était un vaste édifice aux murailles élevées, grises, couvertes de mousse, et flanquées de plusieurs tours rondes et massives. Il rappelait plutôt ainsi les châteaux forts des Dardanelles que les châteaux allemands des bords du Rhin. La lune, qui l’inondait à ce moment d’une lueur de plomb, lui donnait un aspect singulièrement fantastique et triste. L’entrée en était soigneusement fermée. Aucun bruit ne parvenait de l’intérieur, où tout paraissait morne et désert. De temps à autre, seulement, le cri plaintif et mélancolique de la chouette.

Le capitaine donna l’ordre à son trompette de sonner un appel. Les premières notes, claires et joyeuses, se multipliaient dans le silence de la nuit, ne semblant éveiller, dans la vieille masure croulante, que de nombreuses chauves-souris qui se mirent à tourbillonner au-dessus de la tête des soldats. À l’intérieur, rien ne bougeait.

Ce ne fut qu’au troisième appel qu’on entendit des pas s’approcher lentement, puis le cliquetis d’un trousseau de clefs, et, enfin, le grincement enroué d’une porte qui s’ouvrait. Un vieillard dans le costume polonais du siècle passé, et dont la figure, ornée de longues moustaches blanches, portait l’empreinte d’une longue suite d’années, se montra devant le commandant et le salua respectueusement. Greiseneck lui demanda le logement pour lui et son escorte.

« Le château, avec tout ce qu’il contient, est à votre disposition, monsieur, dit le vieux d’un air solennel ; mais je vous prierai de ne pas m’en vouloir si votre repos et celui de vos hommes viennent être troublés pendant la nuit. »

Puis, s’approchant du capitaine, il ajouta voix basse :

« Il y a des revenants dans le château.
- Comment !
- Oui, quelquefois, la dame blanche de Machow y apparaît.
- Des soldats ne connaissent pas la peur ! s’écria Greiseneck avec un rire joyeux, et nous craignons moins encore les belles femmes. Car il faut que la dame blanche de Machow ait été très belle, puisqu’elle n’a pas encore fini d’expier ses péchés. En avant ! »

Les hussards entrèrent dans la cour et conduisirent leurs chevaux à l’écurie. Le domestique s’empressa en même temps de refermer la porte. Les fenêtres et les couloirs du château n’étaient éclairés que par la lune, si ce n’est au rez-de-chaussée où l’on n’apercevait qu’une seule lumière.

« Le château n’est donc pas habité ? demanda le capitaine, tandis que le vieux Polonais, muni d’une lanterne, le guidait par le large escalier de pierre.
- Les maîtres : M. Krosnowski, madame et leur demoiselle habitent Lemberg. Le jeune monsieur, je crois, est à Paris.
- Ou avec les insurgés, de l’autre côté ?
- Peut-être, mais je suis seul ici. Il n’y a pas d’autre châtelain que moi. »

* *
*

Arrivé au premier étage, le vieillard ouvrit une haute et sombre porte revêtue de riches ornements en métal. Puis, à travers une file de chambres vides, dont les murs étaient garnis de vieux portraits, il conduisit le capitaine dans une grande salle, d’où un escalier en colimaçon menait à une galerie ouverte qui occupait entièrement un des côtés de la vaste pièce. Là, les murs étaient également ornés de portraits de grandeur naturelle, de tableaux représentant des sujets mythologiques, des fruits, des animaux. Il y avait aussi des trophées d’armes de la vieille Pologne et des armes mongoles, turques et suédoises, provenant de différentes guerres. Enfin, cette pièce était meublée en damas d’une grande valeur. Au milieu, sur une grande table, un couvert était mis pour une seule personne. Dans un coin, un lit à rideaux et baldaquin invitait au repos de la nuit.

Tous ces préparatifs semblaient indiquer qu’on s’attendait à recevoir et loger des soldats.

Greiseneck s’était mis à son aise. Il buvait et mangeait avec beaucoup d’appétit, et il admirait tout haut le talent culinaire du brave homme qui le servait avec une attention respectueuse :

« J’ai passé quatre ans à Paris avec mon maître, dit le vieillard ; c’est là que j’ai appris a faire la cuisine. »

« Si j’en juge par ce souper, dit Greiseneck en lui-même, il y a tout lieu de croire que le château n’est pas aussi inhabité qu’il en a l’air. C’est probablement qu’on ne veut pas avoir affaire à un officier impérial. Soit ! »

Puis s’adressant au vieux serviteur :

« Maintenant, dit-il, va pour l’histoire de la dame blanche ! »

Le vieillard prit un candélabre et conduisit le capitaine devant le portrait d’une femme d’une rare beauté, dont la haute taille était enveloppée, jusqu’aux talons, d’une pelisse sombre. Sur le fond, noirci par le temps, s’accusait une physionomie claire, aux yeux bleus impérieux, et aux lèvres pleines et souriantes. Des cheveux abondants, d’un blond roux, s’échappaient, pareils à des serpents de feu, d’une toque carrée, de fourrure sombre comme la pelisse, et garnie d’une magnifique aigrette.

« C’est elle ! dit-il à l’officier, c’est Barbara Krasnowska, la wojwoda. Elle vivait à l’époque du roi Sigismond-Auguste, et c’était une femme pécheresse, belle, cruelle comme le diable. Dieu ait pitié de son âme ! »

* *
*

Quand il se fut éloigné, Greiseneck se mit à examiner avec attention la salle, ainsi que la galerie, dans tous leurs coins et recoins, et dans tous les détails. Rien ne lui parut suspect. Il ferma alors les deux portes à clef et s’étendit sur le lit, après avoir eu soin de placer à son chevet les pistolets chargés.

À minuit, il s’éveilla aux coups sinistres de l’horloge du château, se dressa brusquement sur son lit et regarda, tout surpris, autour de lui. La salle entière était comme illuminée par le clair de lune. Les fenêtres se dessinaient sur le parquet avec une netteté extraordinaire, les panoplies rendaient un éclat mystérieux, les tableaux paraissaient s’animer, Barbara Krasnowska, la belle wojwoda, regardait l’officier avec ses grands yeux bleus, ses lèvres pleines étaient à la fois souriantes et dédaigneuses, et son regard était comme rempli de menaces. Tout à coup, un courant d’air vif envahit toute la salle, et vint frapper les yeux ardents de Barbara. Le jeune officier crut voir s’agiter nettement les poils de sa fourrure.

Au même instant, il vit, tout en haut, à un bout de la galerie, le mur s’ouvrir, et une apparition blanche, en longs vêtements traînants, s’avancer vers lui comme supportée par des ailes. Il se leva rapidement, mi-effrayé, mi-curieux. L’apparition s’arrêta dans la pleine lueur bleuâtre de la lune. Alors il reconnut parfaitement la haute taille de la wojwoda, sa belle tête encadrée de tresses blondes, avec ses grands yeux bleus au regard hautain ; seulement, sur ses lèvres aux voluptueux contours, une douce gravité avait succédé au sourire du portrait.

Greiseneck saisit instinctivement un pistolet et l’arma ; mais la dame blanche fit un signe pacifique de la main et disparut aussitôt par l’autre extrémité de la galerie, dont le mur s’ouvrit mystérieusement et sans bruit, comme la première fois, et se referma de même.

* *
*

Le capitaine fut longtemps avant de pouvoir se rendormir. Le lendemain, en s’éveillant, il se demanda s’il avait rêvé, ou si l’apparition merveilleuse dont il conservait le souvenir et l’impression s’était réellement produite. Les pistolets étaient à côté de lui, il y en avait un armé, et il n’avait pu l’être que pendant la nuit ; il avait donc été sur le point de s’en servir. Mais il était possible que la clarté de la lune, envahissant si complètement sa chambre, l’eût jeté dans une sorte de somnambulisme compliqué d’hallucination. Il venait d’achever sa toilette, lorsque son vieux sergent entra pour lui communiquer un rapport qui allait mettre fin ses doutes.

« Mon capitaine, commença-t-il, j’ai à vous faire connaître que pendant toute la nuit les gardes ont été relevées régulièrement sur la frontière, et la surveillance exercée conformément aux ordres que vous aviez donnés. Il n’a été remarqué rien de suspect, et je n’ai de ce côté aucun incident à vous signaler, mais, en revanche, mon capitaine, je dois vous dire qu’ici, dans le château même, il y a des revenants !
- Comment ! Est-ce que tu as vu aussi quelque chose ?
- Je n’ai rien vu, mon capitaine ; mais Ferenz, qui était de garde à l’écurie, m’a rapporté qu’une dame blanche s’est promenée dans les couloirs du château, qu’on a entendu des pas et des voix dans la cour et dans les jardins, et que les chevaux étaient devenus inquiets au point, mon capitaine, que votre alezan s’est détaché de sa chaîne. Ce dernier fait me paraît très significatif, car j’ai toujours entendu dire que les chevaux flairent les revenants. »

Lorsque Greiseneck sortit à cheval pour aller inspecter ses vedettes, il rencontra le vieux domestique sous la voûte qui conduisait à la sortie.

« Eh bien ! mon vieux, s’écria-t-il gaiement ; je l’ai vue, en effet.
- Qui donc, monsieur ?
- Comment ! qui donc ? mais la dame blanche de Machow, parbleu ! »

Le vieillard fit le signe de la croix, en soupirant douloureusement.

« Cela ne signifie rien de bon, monsieur, murmura-t-il ; Dieu veuille qu’il ne nous arrive un malheur !
- Bast ! je vous ai déjà dit que nous ne craignons rien. »

La nuit suivante, l’apparition eut lieu comme la veille. À minuit sonnant, la dame blanche se montra sur la galerie, leva la main, fit comme un geste d’avertissement et disparut.

La troisième nuit, il y eut une alerte. De petits détachements d’insurgés venaient de se montrer au-delà de la frontière. Les cosaques se retirèrent, et l’on échangea quelques coups de fusil. À l’horizon, du côté de l’Orient, s’était élevée une immense rougeur, comme celles que produisent de grands incendies.

Greiseneck rentra au château un peu avant minuit, prit une petite collation, et se jeta tout habillé sur le lit. Tout à coup, il prit la résolution d’attendre cette fois l’apparition et de l’appréhender bravement, afin de savoir quoi s’en tenir. Il ferma la porte à clef, éteignit les bougies, s’assura que ses pistolets étaient en ordre, les mit dans sa poche, et monta doucement l’escalier en colimaçon. Arrivé sur la galerie, il se cacha derrière une colonne, et attendit courageusement, mais non sans une certaine agitation, l’arrivée de la dame blanche.

Au premier coup de minuit, le mur s’ouvrit comme l’ordinaire, et le beau revenant fit son entrée. À deux pas de l’officier, la dame blanche s’arrêta, regarda dans la salle, et leva, la main. Sans hésiter, Greiseneck s’élança de sa cachette et, au même instant, ses bras enlaçaient une taille svelte, pleine de vie, chaude et palpitante.

* *
*

« Jésus, Marie ! murmura une voix harmonieuse de femme. Et deux grands yeux bleus se fixèrent sur ceux du capitaine, avec une expression d’effroi et de supplication.
- Mademoiselle Krosnowska ! dit en s’inclinant gracieusement le galant capitaine.
- Vous me connaissez ?
- La ressemblance de la dame blanche avec son aïeule est tellement frappante qu’on ne saurait s’y tromper.
- Je vous en conjure, monsieur, ne me trahissez pas, supplia la jeune fille les mains jointes. Je suis fiancée à un homme dont mes parents ne veulent pas pour gendre, et qu’ils refusent, pour cette raison, de recevoir chez eux. Pour le voir et l’entretenir quelques minutes seulement, je n’ai pas d’autre ressource que ce rôle de la dame blanche, que je joue depuis un an. Et me voilà, avec mon secret, à votre discrétion.
- Ah ! mademoiselle, ne vous méprenez pas sur mes intentions, répliqua doucement Greiseneck ; croyez que je suis incapable d’abuser de votre situation et de jamais trahir votre confiance ; car, si je possède votre secret, je le dois autant à la confiance que vous venez de me témoigner qu’au hasard qui vous a fait tomber entre mes mains. Continuez donc votre route, mademoiselle, et soyez toute rassurée. Permettez-moi seulement de vous dire que j’envie beaucoup celui qui vous attend ! »

La belle fille sourit tout en rougissant.

Au même instant, un bruit inaccoutumé à pareille heure s’éleva de la cour.

« Qu’est-ce que c’est ? demanda le capitaine avec une sorte d’inquiétude.
- Ce n’est rien, répondit Mlle Krosnowska, c’est notre vieux serviteur, mon fidèle Wojcech, qui, de connivence avec moi et pour détourner l’attention de vos hussards, joue aussi un rôle de revenant, afin que je puisse atteindre le jardin sans être aperçue… Bonne nuit, monsieur.
- Ne vous reverrai-je jamais, mademoiselle ? »

La jeune fille réfléchit un instant.

« Oui, dit-elle en tendant la main au capitaine, si vous me promettez de ne pas me suivre, et de ne pas quitter cette salle avant l’aube. À cette condition, vous me reverrez.
- Je vous en donne ma parole d’honneur.
- Alors, au revoir ! »

Elle disparut, et Greiseneck retourna s’étendre sur son lit. De bonne heure, il fut réveillé par son sergent. Celui-ci entra, accompagné d’un individu assurant que, dans la nuit, un détachement nombreux d’insurgés s’était rassemblé dans le château même de Machow et, de là, avait réussi à passer la frontière. Le capitaine fut comme étourdi par cette révélation. Puis il se frappa le front : il comprenait, mais trop tard, que la dame blanche lui avait tendu un piège, où il était tombé en plein.

Informé du fait, son colonel le rappela aussitôt et lui infligea un mois d’arrêts forcés.

Un jour, il trouva sur sa fenêtre une pierre enveloppée dans un papier. Il ouvrit ce papier et lut ce qui suit :

« Monsieur le Baron,

« Je regrette bien vivement que vous soyez dans l’obligation d’expier ma faute ; mais, peut-être, la pensée de souffrir pour moi vous consolera-t-elle un peu.

« Vous avez tenu parole, je tiendrai également ma promesse.

« La dame blanche de Machow. »

* *
*

Le capitaine venait de quitter les arrêts. Le même jour, un juif se présentait chez lui et lui annonçait, d’un air mystérieux, qu’un de ses meilleurs amis l’attendait, à huit heures du soir, au château de Bakowza.

Une telle invitation n’avait rien d’invraisemblable, car on savait qu’il y avait plusieurs officiers autrichiens dans les rangs des insurgés. Celui qui faisait appel à Greiseneck pouvait être blessé et, se fiant à la protection de ses anciens camarades, s’être fait transporter de ce côté-ci de la frontière.

Greiseneck se rendit donc seul, à cheval, à Bakowza, à une distance d’une heure à peine de sa garnison. Il descendit devant la porte du château à l’heure indiquée, et vit un garçon accourir aussitôt pour recevoir son cheval.

C’était par une belle mais froide soirée d’automne. Au ciel, sans nuages, brillaient des milliers d’étoiles. Tout autour du château un calme profond régnait.

Au moment où le capitaine allait entrer, une jeune femme, à la taille élancée et svelte, quitta la rampe de la terrasse, où elle se tenait appuyée, et s’avança vers lui, souriante. C’était Mlle de Krosnowska, la dame blanche de Machow. Avec une touchante expression de cordialité, elle lui tendit une petite main, toute frémissante, qui émergeait à peine de la manche d’une superbe pelisse de fourrure foncée.

« Est-ce que vous m’en voulez ? demanda-t-elle d’une voix tremblante d’émotion.
- Oui, mademoiselle, je vous en veux, et beaucoup, d’être déjà fiancée. »

Il baisa, avec une ardeur contenue, la main de la jeune fille et ajouta :

« J’aurais aimé de tout mon coeur être votre esclave.
- Mais je ne suis pas fiancée du tout ! se récria-t-elle en riant.
- Est-il possible ? » Et d’un mouvement rapide le capitaine l’attira à lui, dans un élan de passion, et la serra dans ses bras.

Cette fois les lèvres fraîches et roses de Mlle de Krosnowska ne crièrent plus : « Jésus, Marie ! » Elles s’attachèrent tendrement à celles de l’homme aimé.

Quelques mois plus tard, la dame blanche de Machow était devenue Mme la baronne de Greiseneck !

P.-S.

Texte établi par EROS-THANATOS.COM d’après les Nouvelles posthumes de Leopold von Sacher-Masoch, Les Batteuses d’hommes, Première édition : R. Dorn, Paris, 1906 ; Seconde édition (texte enrichi de planches et d’une couverture illustrées) : J. Fort, Paris, 1909.

Table des matières
- Les batteuses d’hommes
- La dompteuse
- Kasimira
- Krach en amour
- Un duel l’américaine
- Martscha
- La hyène de la Puszta
- La dame blanche de Machow
- Warwara Pagadine



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