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Curiosités et Anecdotes sur la flagellation

La Flagellation dans l’Armée anglaise

Essai érotique (Librairie des Bibliophiles, Paris, 1900)



Auteur :

Mots-clés :

Jean de Villiot, Curiosités et Anecdotes sur la flagellation, Librairie des Bibliophiles [Charles Carrington], Paris, 1900.


LA FLAGELLATION DANS L’ARMÉE ANGLAISE.

Nous ne pouvions, sur ce sujet particulièrement intéressant de la flagellation infligée aux soldats prisonniers de l’armée anglaise, invoquer de plus haute autorité que celle de M. E. Livingstone-Prescott, l’auteur célèbre de cet ouvrage qui eut un si grand retentissement de l’autre côté du détroit : Scarlet and Steel.

Les passages que l’on va lire sont extraits d’un pamphlet publié en 1897 par le même écrivain et intitulé : La Flagellation non abolie dans l’Armée Anglaise.

La flagellation n’est abolie que de nom dans l’Armée Anglaise. Qu’elle soit administrée avec moins de sévérité que jadis et moins fréquemment, je l’admets, mais son application subsiste. Et voici les preuves :

I. Dans chaque prison militaire, on trouve, faisant partie de son matériel de discipline, le chat, les triangles de fer servant à enchaîner le prisonnier et le cheval de bois sur lequel il est lié. Un des gardiens — on choisit un homme fort et puissant — a pour fonctions, outre celles qui incombent à sa charge, de flageller les prisonniers ; le gardien infirmier de son côté, a mission, outre son travail ordinaire, de panser les blessures faites par les lanières.

Les dispositions à prendre pour les châtiments de cette nature et les détails relatifs aux délits pour lesquels ils sont infligés, sans indication limitative du nombre de coups, nombre laissé à la discrétion des visiteurs et sanctionné en dernier lieu par l’officier général commandant le district, sont donnés avec les détails les plus minutieux dans l’ouvrage ayant pour titre. Règlements des prisons militaires. Faits par le Secrétaire d’Etat pour la guerre, sous la section No. 133 de ces Règlements et publiés avec les Ordres pour l’Armée en date du 1er Mai 1897. (Voyez les extraits : Appendice II). Je possède un exemplaire de ces règlements.

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Ma seconde preuve peut se diviser en cinq points :

(1) Les prisons militaires, au nombre de 10 (sept à l’intérieur, neuf à l’extérieur, à l’exception des prisons militaires de l’Inde) sont comprises dans la Monthly Army List.

(2) Elles ne sont pas comprises dans les états officiels des prisons civiles (convict et locales) mais ont un règlement à part.

(3) Les questions posées à leur sujet par un membre quelconque de la Chambre des Communes sont transmises au Sous-Secrétaire d’Etat pour la Guerre.

(4) Les Visiteurs officiels qui ordonne les punitions les plus sévères sont des officiers supérieurs en service dans le district.

(5) Tous les ordres de punition corporelle doivent être soumis au général ou à l’officier commandant du district ou de la place.

Donc, la Flagellation peut en tout temps, légalement — et cela a lieu souvent — être appliquée sur des membres d’une Armée dans laquelle la punition corporelle est absolument abolie si l’on en croit la solennelle déclaration faite au Parlement, il y a seize ans et comme l’imaginent, à tort, les trois-quarts de la Grande-Bretagne.

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Les remarques suivantes ne s’appliquent pas seulement aux prisons militaires, il est même probable qu’elles s’appliquent avec plus de raison encore aux localités peu connues du public.

Les conditions spéciales qui sont les causes des fautes commises en prison pour lesquelles le fouet et les verges sont appliqués sont peu connues du monde extérieur et l’on n’y réfléchit pas davantage. Il en est un grand nombre d’inévitables, mais elles n’en sont pas moins contraires à la nature humaine et comme telles, particulièrement irritantes, surtout pour certains tempéraments. Et voici des exemples : une solitude presque ininterrompue dans une cellule étroite et nue — car les visites officielles prescrites, sont pour diverses causes, et le plus souvent une pure comédie — un travail imposé dès l’entrée dans la prison, monotone et sans aucun intérêt ; pas de livres, sinon des traités religieux, une nourriture écœurante : du gruau, du pain, des pommes de terre. Une discipline mesquine et tracassière sous les ordres d’officiers subalternes sortis de la même classe sociale que le prisonnier, aux mains desquels il est complètement remis et qui sont les maîtres de son confort, de tous ses pas et qui peuvent lui infliger des châtiments supplémentaires. Ajoutons qu’il ne voit pas d’autres êtres humains pendant la durée de son incarcération.

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Supposons maintenant qu’un soldat prisonnier a commis un délit qui d’après le code draconien de la prison l’a rendu passible de la flagellation.

Il est conduit pour un examen préliminaire devant le gouverneur ou, en l’absence de ce fonctionnaire, devant un gardien-chef jouissant de la même autorité et qui s’est élevé à ce grade après avoir été lui-même un simple gardien. Les témoignages sont presque toujours recueillis auprès d’un ou de plusieurs gardiens. Si la faute est reconnue grave, le prisonnier est renvoyé à la prochaine visite hebdomadaire des visiteurs officiels devant lesquels il est alors amené. Les témoignages sont recueillis sous serment, puis le prisonnier sort ne sachant pas quel sera son châtiment jusqu’au moment de l’exécution.

Quand l’heure est arrivée, le prisonnier est l’objet d’un examen médical ; ou le conduit ensuite dans la salle où sont réunis le gouverneur (ou le gardien-chef), le médecin, un et quelquefois deux visiteurs et le nombre requis de gardiens.

L’exposé du délit et le châtiment prononcé sont lus en sa présence et l’exécution a lieu sur le champ. Si c’est la flagellation avec le « chat », le prisonnier est dévêtu en partie, le dos et les reins mis à nu, et lié aux chevilles, aux genoux et aux poignets, au moyen des triangles de fer, les jambes aussi tendues que possible, les bras également tendus au-dessus de la tête, la poitrine contre une traverse de bois. Il reçoit alors sur les épaules vingt-cinq coups appliqués avec le « chat ». Comme le « chat » possède neuf queues ou lanières, le prisonnier reçoit en réalité 225 coups.

On veut bien supposer que la peau ne peut se déchirer sous les coups d’un exécuteur habile, mais comme il y a bien des sortes de peaux et bien des genres d’exécuteurs, des accidents se produisent souvent.

Notons en passant cette remarque d’un expert : « Un mince filet de sang jaillit parfois et diminue la douleur tout en prévenant l’inflammation. »

Un autre expert remarque : « Il est bien difficile, parfois, de guérir leurs dos endoloris. »

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Quand le prisonnier doit être fouetté de verges, il est lié dans une position mi-agenouillée, mi-couchée, la tête posée sur l’extrémité d’une charpente en bois épousant à peu près les courbes du corps et qu’en langage des prisons, on nomme « the Pony » le Poney, le cheval, on le fouette comme on fouette un enfant, mais avec une verge très dure et macérée dans le sel, et cela avec une telle sévérité, nous disent les experts, que la chair est plus ou moins mise à vif — comme un bœuf écorché — et les marques sont indélébiles.

Notons qu’une gratification de cinq shillings est versée au gardien exécuteur pour chaque exécution.

Si les suites de la flagellation ne sont pas toujours aussi graves (et les opinions émises à ce sujet sont trop peu concordantes pour que nous puissions conclure), l’effet immédiat est toujours des plus douloureux et le moral n’est pas, en tout cas, le moins atteint.

« Avant que la verge ne s’abatte sur ses épaules, le patient n’a d’autre sensation que celle de se sentir exposé, mis à nu, pour un jeu brutal. Mais, dès que la flagellation commence, sans doute après les trois ou quatre premiers coups, toute idée de honte, puérile en quelque sorte, fait place chez un homme vigoureux à un sentiment intense de honte en se voyant frappé par un instrument de cette sorte. La face se crispe, la bouche reste ouverte comme pour gémir et des pleurs contenus baignent les yeux. Chaque coup est ressenti en quelque sorte avant d’être reçu. » (Extrait d’une lettre privée).

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J’ai demandé à plusieurs officiers d’expérience leur opinion sur les bons résultats de la Flagellation donnée soit avec le chat à neuf queues, soit avec la verge.

La réponse a été négative.

D’autres ne m’ont pas caché que les gardiens chargés de l’exécution finissaient par y prendre du plaisir.

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Il est une preuve à l’appui des observations précédentes, c’est-à-dire que ce châtiment corporel ne comporte aucun effet moralisateur, c’est que les règlements spéciaux ne limitent pas le nombre de fois qu’un coupable peut recevoir ce dit châtiment.

En 1887, dans une prison militaire, deux prisonniers furent fouettés, chacun deux fois dans l’espace de dix-neuf jours ; l’un d’eux reçut même une troisième application du fouet trois mois après.

En 1888, un autre prisonnier dans la même prison fut fouetté deux fois en trois mois, et en 1887, onze cas de flagellation sont signalés, bien que l’on n’ait reçu dans cette prison que 708 prisonniers, soit une proportion de 1 prisonnier fouetté sur 64.

Ce pourcentage, et celui relevé au Caire, comparé avec le 1 sur 2166 relevé dans les prisons civiles en 1890, doit solliciter l’attention.

Il faut ici se préoccuper de ce fait qu’un si grand nombre de Flagellations, actuellement les 4/5 de celles relevées au cours d’une année, sont appliquées dans les prisons où des gardiens-chefs remplissent les fonctions de gouverneurs. Voici, d’ailleurs, un tableau extrait du rapport pour 1896 du capitaine Stopfords.

Nombre de prisonniers Délits Diète ou autres punitions Flagellations
Prisons (12) surveillées par des gardiens-chefs 3752 2892 2725
Prisons (4) surveillées par des gouverneurs 3569 980 592

Voir en ligne : Historique du bâton en flagellation

P.-S.

Texte établi par Nathalie Quirion et EROS-THANATOS.COM d’après l’essai érotique de Jean de Villiot, Curiosités et Anecdotes sur la flagellation, Librairie des Bibliophiles [Charles Carrington], Paris, 1900.



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