Eros-Thanatos Bibliothèque de littérature érotique : histoires, textes, récits et confessions érotiques

Accueil > Le Salon de l’érotisme > Curiosités et Anecdotes sur la flagellation > La Flagellation en Orient

Navigation



Curiosités et Anecdotes sur la flagellation

La Flagellation en Orient

Essai érotique (Librairie des Bibliophiles, Paris, 1900)



Auteur :

Mots-clés :

Jean de Villiot, Curiosités et Anecdotes sur la flagellation, Librairie des Bibliophiles [Charles Carrington], Paris, 1900.


LA FLAGELLATION EN ORIENT.

La Chine n’est pas la seule nation qui se gouverne au moyen du bambou : il en est d’autres qui ont eu à s’incliner sous le bâton et cela depuis les temps les plus reculés de leur histoire, mais aucune, que nous sachions ne possède un code pénal aussi minutieusement élaboré que celui par lequel les Chinois sont amenés à respecter la majesté sacrée de la loi.

Dans le royaume voisin, la Corée, une division de la Tartarie chinoise, le chercheur habile peut découvrir à ce sujet bien des choses curieuses : si une femme tue son mari, on l’enterre vivante jusqu’aux épaules près d’une grande rue ou d’une route très fréquentée ; une hache est posée près d’elle et toute personne qui passe à ses côtés est tenue de lui en donner un coup sur la tête jusqu’à ce que mort s’ensuive. Il est légal en Corée pour un homme de tuer sa femme si elle commet adultère ou toute autre offense de ce genre, mais à la condition qu’il puisse faire la preuve. Si la femme tuée dans les conditions était une esclave, on devait payer trois fois sa valeur à son possesseur. Les maîtres possèdent plein pouvoir sur la vie de leurs esclaves et les tuer ne constitue pas un crime, même s’ils ont reçu la mort pour un simple vol, tandis que les esclaves tuant leurs maîtres sont tourmentés jusqu’à la mort. La peine capitale en Corée est affreuse : après avoir piétiné sur le corps du criminel, on prend du vinaigre (dans lequel le cadavre putréfié de la victime a été lavé) on le verse à l’aide d’un entonnoir dans sa gorge et quand son estomac est suffisamment distendu par la quantité qu’il contient de l’horrible liquide, on frappe dessus avec un bâton jusqu’à ce qu’il éclate. Les voleurs sont piétines jusqu’à la mort. Dans le cas d’adultère, si les coupables ont été surprit en flagrant délit, l’homme est dépouillé, le visage barbouillé de glu, une flèche lui perce chaque oreille, on place un petit tambour sur son dos et il est ainsi conduit à travers la ville, tandis que l’on bat sur ledit tambour à tout les croisements de rues. On le relâche alors après lui avoir infligé quarante ou cinquante coups de bambou sur la chair nue. La femme vêtue seulement d’une étoffe très fine reçoit une flagellation vigoureuse.

Le peuple Coréen a un remède très efficace pour les débiteurs que ce soit une dette envers le gouvernement ou envers de simples particuliers. Si le débiteur ne peut acquitter le montant de sa dette au temps marqué, il est frappé deux ou trois fois par mois sur les os du tibia et ce traitement continue à lui être appliqué jusqu’à ce que il ait trouvé le moyen de s’acquitter. Si il meurt avant d’avoir satisfait son créancier, la loi veut que son plus proche parent paie sa dette en subissant la même peine. La bastonnade est le châtiment appliqué à tous les délits peu importants et la méthode d’application en est des plus variées pour la proportionner à chaque faute. On la donne sur les cuisses, sur les mollets, sur les os du tibia aussi bien que sur la plante des pieds. Quand le coupable doit être bâtonné sur les tibias, ses pieds sont liés ensemble sur un petit barreau tandis qu’on l’attache à un autre par les jarrets et on le frappe à l’aide d’une latte de chêne longue de trois pieds, épaisse d’un pouce et large de deux, plate d’un côté et arrondie de l’autre. Le nombre de coups est fixé par la loi à trente pour une seule fois et si le coupable doit en recevoir davantage, deux ou trois heures doivent s’écouler avant la reprise de l’exécution et cela jusqu’à ce que le nombre marqué par la sentence soit épuisé. Quand la bastonnade doit être appliquée sur la plante des pieds, on fait asseoir le patient sur le sol et le bourreau prenant ses pieds liés les place entre ses jambes, frappe sur la plante à l’aide d’un bâton de la grosseur du bras et de trois ou quatre pieds de long. Pour la bastonnade à la mode, on emploie un long bambou et le coupable est lié sur un banc à plat ventre ; si c’est une femme, elle est contrainte de porter un pantalon mouillé pendant l’exécution. C’est là le mode le plus cruel de bâtonner : cent coups sont considérés comme équivalant à une sentence de mort et beaucoup de criminels meurent même avant d’en avoir reçu cinquante.

La punition en usage pour les femmes et les apprentis est la bastonnade sur les mollets avec des verges de la grosseur du pouce. Les Européens trouvent la bastonnade très cruelle ainsi que le rapportent des Hollandais ayant fait naufrage sur les côtes de la Corée et qui furent pris et faits prisonniers. Quelques uns d’entre eux tentèrent de s’échapper, mais ils furent saisis et ramenés devant le gouverneur. On les fit coucher par terre, les mains enchaînées à une grosse charpente. Les autres prisonniers furent alors amenés et on les interrogea pour savoir s’ils connaissaient les projets d’évasion de leurs compagnons. Ils déclarèrent tous qu’ils ne savaient rien. Les autres, questionnés, répondirent qu’ils avaient dessein de gagner le Japon et qu’ils avaient préféré les dangers d’un voyage sans provisions aux horreurs de leur captivité. Après cette confession, on leur infligea la bastonnade sur le dos. Chacun d’eux reçut vingt-cinq coups et il fallut plus d’un mois pour qu’ils se remettent de ce supplice.

Un ancien voyageur, parlant de l’administration de la justice en Tartarie dit que pour un léger vol, tel que le vol d’une rame, le criminel, sans même qu’il soit besoin qu’il ait été pris sur le fait et si les témoignages sont suffisants, est cruellement battu. Le bourreau est devant le tribunal prêt à exécuter la sentence aussitôt qu’elle est prononcée. La fraude, le sacrilège, le meurtre sont punis de mort. Marco Polo raconte ce qui suit au sujet de la punition des malfaiteurs : « Si quelqu’un dérobe un objet de mince valeur et n’est pas condamné à mort, il est battu sept fois avec un bâton, ou dix-sept fois, ou vingt-sept fois, trente-sept ou quarante-sept fois, les coups étant appliqués suivant la mesure ou l’importance du délit et cela jusqu’à cent, certains meurent sous les coups. » Dans la cité impériale, les personnes trouvées par les gardes royaux marchant dans la rue à une heure avancée sont arrêtées et bâtonnées et à l’occasion d’un festival de cour quelconque, deux serviteurs géants sont placés à chacune des portes du palais pour veiller à ce que personne n’en touche le seuil. Quiconque a le malheur d’enfreindre cette défense est aussitôt dépouillé de ses vêtements par les sentinelles et il doit pour les recouvrer accepter un certain nombre de coups.

Il semble étrange que le bambou soit si peu en usage chez les Japonais, cette nation ayant avec les Chinois tant de traits de ressemblance au point de vue des usages et des mœurs mais il n’est pas moins vrai que la flagellation y est presque inconnue. Même dans la vie domestique, la verge est rarement employée pour la punition des enfants ou des femmes, les enfants sont d’ailleurs élevés avec beaucoup de tendresse et d’indulgence.

Nous n’avons rien lu d’ailleurs, touchant l’usage de la verge au Japon. Une personne qui passa plusieurs années dans ce pays nous dit que le contraste est très grand entre les écoles de ce pays et les nôtres. Les écoles supérieures du Japon sont dirigées de la manière suivante : « Une école supérieure de jeunes filles au Japon entre autres particularités offre les suivantes : Tous les maîtres payent pour avoir le privilège d’enseigner au lieu de recevoir, comme cela a lieu chez nous, des honoraires. Ceci a pour résultat de rendre l’instruction un travail aimé et recherché. Puis une jeune dame japonaise a toute liberté pour choisir elle-même ses professeurs ; elle choisit presque toujours ceux agréables et de bonne mine. La directrice d’une de nos écoles supérieures d’Angleterre ne serait pas peu surprise s’il lui était donné d’être subitement transportée au Japon pour en étudier les coutumes. Elle ne se trouverait pas transportée dans une pièce soigneusement close, rempli de jeunes filles raides et guindées toutes assises devant un pupitre, mais dans un jardin délicieux parfumé de l’odeur du thé et des fleurs. Elle y verrait un grand nombre de ces délicieux pavillons d’été remplis de ces charmants végétaux du Japon aux formes si capricieuses que savent leur donner les habiles jardiniers de ce pays. Elle y verrait des jeunes filles aux yeux brillants et aux joues fraiches comme des roses, marchant d’un pas gracieux et portant des plateaux de laque chargés de tasses et de gâteaux. Et ces demoiselles avec un gai sourire se rendant chacune dans l’un des pavillons. Dans chacun de ces pavillons se tient un professeur attendant le retour d’une de ces charmantes filles portant des rafraîchissements, assis aux côtés de celles qui ont déjà pris place et qui sont prêtes pour la leçon. Il est impossible avouons-le qu’un étranger ne soit pas au comble de la surprise en voyant des coutumes si différentes des nôtres.

Le code criminel du Japon est cependant très sanguinaire ; la condamnation à mort est infligée pour des délits insignifiants, et en particulier même pour des vols de peu d’importance ; quiconque a dérobé ne serait-ce qu’un penny n’a aucune miséricorde à attendre. Le jeu est également puni de mort. Les homicides et tous les crimes punis de mort en Grande-Bretagne le sont aussi au Japon. Chacun doit subir le châtiment de son crime, et quand il s’agit d’un délit contre l’Etat, le châtiment frappe toute la famille du coupable ! Il existe bien des variétés de peines ; toutes sont horriblement cruelles : on enterre les coupables vivants, on les crucifie la tête en bas, on les fait déchirer eu quartiers par des chiens furieux, et dans certains cas on les jette vivants dans l’eau ou l’huile bouillante. Les nobles et soldats jouissent de cet étrange privilège d’exécuter sur eux-mêmes la sentence qui a été prononcée contre eux ; ils s’ouvrent eux-mêmes le ventre avec un grand sang-froid. On dit même qu’ils prisent très haut ce privilège et que lorsque la condamnation est prononcée, ils assemblent leurs amis, leur font très simplement leurs adieux et s’ouvrent, comme nous venons de le dire, le ventre avec sérénité.

Chez les Tartares Kirghiz, la flagellation est la punition commune pour les vols de chevaux. Le Dr. Eversmans, dans son Journal d’un voyage à Bokhara rapporte le fait suivant dont il fut le témoin oculaire : « Le criminel avait été d’abord condamné à mort, mais sa peine avait été commuée. Tout d’abord le coupable, en partie dépouillé de ses vêtements, les mains liées derrière le dos, le visage noirci de charbon fut trainé rapidement au milieu des tentes formant le campement et quand ses jambes se refusaient à le porter, on le frappait avec violence de courroies que tenait un homme marchant derrière lui. Il fut ensuite conduit une seconde fois à travers le village ayant dans la bouche une corde attachée à la queue d’un cheval sur lequel un homme était monté tandis qu’un autre marchant derrière l’aiguillonnait. Il fut ainsi trainé et fouetté. Quand cette douloureuse course fut terminée, on coupa la gorge au cheval et tous les témoins de cette scène prirent chacun un morceau de la chair encore chaude et palpitante de l’animal ; il n’en resta bientôt plus un morceau. Chez le même peuple, les délits ordinaires sont aussi punis par la flagellation et celle-ci est donnée avec un fouet au lieu d’un bambou, comme cela semble d’ailleurs assez naturel de la part d’un peuple de cavaliers.

Dans l’Inde le châtiment corporel est une des institutions établies. Les maitres en usent contre leurs serviteurs, les parents sur leurs enfants et tous les supérieurs sur leurs inférieurs. La flagellation n’excite aucune surprise dans ce pays et elle semble bien moins offenser la victime que l’étranger qui y assiste par hasard. Hyder-Ali appliquait les verges à tous ceux qu’il trouvait coupables quels qu’ils fussent : nobles, écuyers, percepteurs de taxes et même à ses propres enfants. La flagellation des percepteurs a lieu presque tous les jours ; on peut presque tous les jours voir un ou deux de ces hommes liés et fouettés de verges, leur chair déchirée à coups d’ongles et fouettés de nouveau.

La flagellation et la torture sont encore employées très fréquemment pour la perception des impôts. Le système était en usage sous tous les gouvernements indigènes et est encore employé d’une manière tacite par le gouvernement anglais. Les naturels sont habitués à un tel usage et la tradition a une telle force dans ce pays que l’on est en quelque sorte obligé d’avoir recours à des moyens de ce genre pour arriver à recueillir d’une manière satisfaisante les impôts.

Voir en ligne : La Flagellation dans l’Armée anglaise

P.-S.

Texte établi par Nathalie Quirion et EROS-THANATOS.COM d’après l’essai érotique de Jean de Villiot, Curiosités et Anecdotes sur la flagellation, Librairie des Bibliophiles [Charles Carrington], Paris, 1900.



 RSS 2.0 | Mode texte | Plan du site | Notice légale | Contact
Psychanalyse Paris | Psychanalyste Paris | Annuaire Psychanalystes Paris | Annuaire Psychanalyste Paris | Blogs Psychanalyse Paris