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Curiosités et Anecdotes sur la flagellation

La Flagellation pénale

Essai érotique (Librairie des Bibliophiles, Paris, 1900)



Auteur :

Mots-clés :

Jean de Villiot, Curiosités et Anecdotes sur la flagellation, Librairie des Bibliophiles [Charles Carrington], Paris, 1900.


LA FLAGELLATION PÉNALE.
NOTIONS GÉNÉRALES.

La flagellation, sous les divers noms de flagellation, de fustigation, de peine du fouet fut un genre de punition fréquemment employé autrefois et l’on peut facilement s’en convaincre en consultant les annales du Moyen-âge jusqu’à même une période relativement récente.

De nos jours le courant de l’opinion publique s’est tourné contre l’usage de la verge et beaucoup soutiennent qu’un tel mode de châtiment ne doit pas être pratiqué et cela dans l’intérêt même de la justice parce qu’il ne tend, affirment-ils, qu’à endurcir en même temps qu’à avilir le criminel. En plus de son effet moral pernicieux, des raisons psychologiques sont aussi données pour en interdire l’application aux femmes ; les tissus du corps féminin sont plus vasculaires que ceux de l’homme et par conséquent plus disposés à la souffrance et à de permanents dommages causés par les cinglements de la verge. D’un autre côté, les défenseurs de cette pratique assurent que la flagellation est la punition la plus appropriée et la seule efficace pour certains crimes ; et que sur certaines natures, c’est sans contredit la crainte de cette punition qui semble avoir le plus d’influence. Bien que la flagellation appliquée sans distinction et d’une façon non judicieuse soit mauvaise que ce soit dans les écoles ou dans les prisons, les leçons du passé et l’expérience montrent que son application raisonnée est calculée pour favoriser les intérêts de la vertu et de la bonne conduite. Par exemple, la flagellation pourrait convenablement être introduite dans beaucoup d’établissements publics et des délits graves commis dans nos « Workhouses » pourraient être châtiés de cette façon. Nous ne plaiderions pas, certainement, pour un retour aux anciens procédés, tels que la flagellation donnée en pleine rue sur le dos d’un criminel lié à l’arrière d’une charrette ; d’autant plus que les condamnations pour vol avec violence et autres crimes de ce genre, nous le savons, sont très utilement aggravées d’une condamnation à la peine du fouet venant s’ajouter à celle de la prison et du « hard labour. » Il existe toutefois de nos jours une tendance à sacrifier la justice à la pitié et à traiter avec indulgence les criminels et l’on peut se demander si cette tendresse excessive n’amènera pas dans l’avenir des résultats désastreux. Mais laissons cette discussion et reprenons notre histoire.

Les Egyptiens ont immortalisé cette coutume sur leurs monuments et dans leurs hiéroglyphes. Les Juifs ont reçu d’une main libérale le nombre constitutionnel de coups de verges, ainsi qu’il appert de nombreux passages de l’Ancien Testament, tel que la réponse bien connue de Réhoboam à la députation envoyée par son peuple « Mon père vous a châtié avec des verges, moi je vous châtierai avec des scorpions, » sans faire mention des flagellations actuellement en usage parmi les nations de l’Orient, faisons observer de suite que le mode de châtiment, en ce qui concerne du moins les nations Européennes est un legs de la loi Romaine. Bien que la pratique en fut tombée à de certains moments presque en désuétude, elle tient une large place dans le code Romain, et les nations modernes l’ont approuvée en l’introduisant dans leurs actes législatifs. Tandis que la manie de la flagellation florissait, avec quelle vigueur ! dans les monastères, les verges et le fouet faisaient leur œuvre dans les prisons chaque jour et partout. Les hautes classes furent parfois exemptes de ce châtiment mais des passages d’ordonnances de Henri IV et de Louis XIV montrent que des nobles furent condamnés à être fouettés en public. Nous mentionnerons l’exemple de Boniface, Marquis de Toscane, père de la Comtesse Matilda et le plus grand prince d’Italie du temps, qui fut fouetté devant l’autel par un abbé pour avoir vendu des bénéfices, cela vers le milieu du XIe siècle. Wallam dit que le délit en question était beaucoup plus commun que le châtiment mais que les deux réunis donnent un bon exemple de ce qu’étaient les mœurs de l’époque. Les autres nations différent peu sous ce rapport. Dans toute l’Europe, des femmes de mauvaises mœurs étaient fouettées au coin des rues, d’autres et des jeunes filles moins dissolues l’étaient dans les maisons de correction et dans les prisons, beaucoup d’entre elles sur la partie inférieure du corps ; tandis que dans les galères, les criminels nus jusqu’aux reins étaient horriblement fouettés de verge. En Hollande on attachait les condamnés au pilori et on les flagellait sur la place du marché avec de longues verges ; ils recevaient toujours trente coups et souvent soixante ou soixante-dix sur le dos nu. Ce n’est que depuis peu que l’on a aboli dans ce pays la flagellation publique des femmes.

En Italie chaque district, chaque province, chaque ville eut à un moment sa méthode particulière de châtiment corporel. Le code criminel de Toscane publié par le duc de Toscane en 1786 montre que même à cette date la flagellation était considérée comme l’un des meilleurs appoints pour le maintien de la loi et de l’ordre. Au début de ce code, il est dit que le législateur ne l’a publié qu’après en avoir éprouvé l’utilité par une longue expérience, et qu’ayant de son autorité souveraine adouci toutes les peines depuis vingt-ans qu’il régnait, il avait vu les crimes diminuer d’importance et de nombre, certains mêmes ne plus se commettre. L’édit prononce ensuite l’abolition de toutes les peines capitales : la marque, l’estrapade, et tous les châtiments qui mutilent ; la torture, la confiscation des biens et des états. La proportion des châtiments aux crimes est ainsi indiquée : de légères amendes, n’excédant en aucun cas 300 couronnes ; la flagellation à huis clos ; l’emprisonnement ne devant jamais excéder un an ; le bannissement à une distance plus ou moins grande ; le pilori, sans bannissement ; le pilori, avec bannissement ; la flagellation en public ; la flagellation en public, le coupable monté sur un âne ; pour la femmes, internement dans une maison de correction pendant un an ou plus ; dans le cas d’internement à vie, punition remplaçant celle de la mort, revêtissement par le criminel d’un habit spécial portant écrit « dernier supplice » ; pour les hommes, condamnation aux travaux publics dans les mines de l’Ile d’Elbe ou sur les bateaux-sondes de Leghorn, etc., dans le cas où la peine serait prononcée pour plus de trois ans ; et si la condamnation est pour la vie, revêtissement comme pour les femmes d’un habit spécial, une double chaîne aux pieds rivée à un anneau, les pieds nus et assujettissement aux travaux les plus pénibles.

La fustigation, soit à l’aide de baguettes, soit à l’aide de verges, telles sont les divers modes d’infliction de ce genre de supplices que l’on trouve dans les plus vieux recueils de lois et dans les archives judiciaires de l’Allemagne. De multiples abus ont été commis à ce propos dans les maisons de correction. En Allemagne et en Suisse, les magistrats et les juges avaient un pouvoir presque illimité en cette matière, et pour les plus minces délits, condamnaient des malheureux à être fouettés avec un jonc. Dans certaines villes on plaçait les femmes condamnées dans une machine très ingénieuse et construite de telle sorte qu’elles n’y pouvaient faire le moindre mouvement et que les coups s’appliquaient avec une implacable uniformité. On peut encore voir une de ces machines dans l’ancienne prison de la Hague. Dans certains cas, les femmes pouvaient garder sur leurs corps au moins un vêtement voilant la chair et c’était une femme qui les flagellait, mais en général cette idée de faire un sacrifice de ce genre à la décence était écartée. Les femmes étaient fouettées par douzaine dans les cours de police en Hollande et le spectacle était jugé si intéressant que des personnes payaient les officiers pour avoir le droit d’y assister. L’Angleterre vit aussi donner à la flagellation une vogue considérable. Quand les domestiques étaient tous serfs ou esclaves, comme durant la période Anglo-Saxonne, la flagellation était la punition communément usitée pour tout délit ; c’est pourquoi, il n’était pas rare, ainsi qu’en témoigne l’histoire, de voir des domestiques flagellés jusqu’à la mort par ordre de leurs maîtres ou maîtresses.

Les canons ecclésiastiques et les collections des miracles locaux rapportent de nombreux récits du traitement cruel auquel furent soumises des femmes esclaves et les anciens manuscrits enluminés donnent des illustrations où l’on voit la méthode employée en Saxe pour administrer la verge. Dans l’un de ces manuscrits, le coupable est vigoureusement fouetté par deux exécuteurs. Le patient, entièrement nu, est attaché par les pieds et chaque exécuteur le flagelle à l’aide d’un très petit faisceau de verges. Dans une peinture de la version d’Alfric de la Genèse, l’homme fouetté, au lieu d’être attaché par les pieds est attaché par le milieu du corps et les jambes écartées dans la position la plus singulière. Les dames Saxonnes n’hésitaient pas à donner des verges à l’occasion de leurs propres mains à leurs femmes. Une histoire que raconte William de Malmesbury nous met au courant de cette particularité. Il dit qu’alors que le roi Ethelred était enfant il irrita un jour sa mère à un tel point que celle-ci n’ayant pas de fouet sous la main le battit avec des chandelles qu’elle trouva sous sa main et si vivement qu’il s’évanouit. Aux beaux temps de la reine Elisabeth, le Whipping-post (poste de flagellation) existait dans chaque ville et dans chaque village.

Voir en ligne : La peine infligée aux voleurs et aux étrangleurs

P.-S.

Texte établi par Nathalie Quirion et EROS-THANATOS.COM d’après l’essai érotique de Jean de Villiot, Curiosités et Anecdotes sur la flagellation, Librairie des Bibliophiles [Charles Carrington], Paris, 1900.



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